Category: Santé & Environnement

Amélioration des requêtes dans le secteur de la santé: Les centrales syndicales insatisfaites, l’actualisation des revendications exigée

Les doléances des centrales syndicales sur le plan de la santé doivent être actualisées. C’est la conclusion des travaux de la session ordinaire de la Commission nationale permanente de concertation et de négociations collectives gouvernement/centrales et confédérations syndicales qui s’est tenue ce jeudi 02 février 2017 à l’Infosec de Cotonou.
Cette rencontre entre les centrales syndicales composées de l’Unstb, de la Cosi-Bénin, Cstb, Csa-Bénin, Cgtb, Csub, Cspib et les membres du gouvernement conduits par le Ministre d’Etat chargé du Plan et du développement, Abdoulaye Bio Tchané, avait pour objectif de procéder à la reprise de l’examen des revendications inscrites dans les cahiers de doléances des centrales et confédérations syndicales. Selon les explications du Ministre d’Etat, Abdoulaye Bio Tchané, à l’ouverture des travaux, il est question d’examiner en priorité les points de revendications du secteur de la santé et ensuite, aborder les autres points inscrits sur les cahiers de doléances.Des points retenus par les deux parties depuis la dernière rencontre de septembre 2016. En compagnie de ses collègues du Ministère de la Fonction publique Adidjatou Mathys, des enseignements maternels, primaires et secondaires, respectivement Karimou Salimane et Lucien Kokou, le Ministre d’Etat Abdoulaye Bio Tchané a justifié ce retard par les raisons liées aux concours de circonstance. A en croire le Ministre, la reprise de l’examen des revendications inscrites dans les cahiers de doléances des centrales et confédérations syndicales depuis la dernière rencontre de septembre 2016 n’est point l’expression d’un mépris de la part des membres du gouvernement encore moins un manque de considérations à l’endroit des partenaires sociaux. Le Ministre Abdoulaye Bio Tchané a réaffirmé l’engagement du gouvernement à œuvrer pour la consolidation et le renforcement de la culture du dialogue social au Bénin.Les travaux de cette session n’ont pas abouti à des conclusions heureuses. Et pour cause, la non-conformité entre les revendications présentées par le gouvernement et celles qui font objet de grève sur le terrain. Selon les propos du Secrétaire général de la CSTB, Paul Essè Iko,les satisfactions des ministres sont partielles et il faut actualiser les revendications en présentant les nouvelles, tant dans le secteur de la santé que de l’éducation, du privé, du développement rural, de la justice et autre. Une appréciation soutenue par son collègue de la Cosi-bénin, Noel Chadaré. « Il y a des problèmes qui continuent de subsister et rien n’est presque pas fait dans ce secteur. Il y a un sentiment d’insatisfaction parce que tout n’a pas été mis dans le document », a-t-il expliqué. Les travaux de la session ordinaire ont donc été suspendus ; Ils reprendront le jeudi 9 février prochain et se pencheront sur les questions liées à l’enseignement.

Rastel DAN

Performances du système sanitaire du Bénin: EVA-Bénin 1, une contribution efficace à l’amélioration de la prise en charge pédiatrique de l’infection à VIH

Au Bénin comme dans la plupart des pays africains, la prise en charge de la personne infectée à VIH et plus particulièrement de l’enfant demeure une préoccupation majeure. C’est dans ce contexte que, pour contribuer à la mise en œuvre de réponses efficace en Afrique de l’ouest et du centre, a vu le jour l’Initiative EVA, « Enfants et VIH en Afrique » avec pour objectif de promouvoir des stratégies nouvelles afin de combler le gap du VIH pédiatrique sur le continent. A l’issue de la mise en œuvre de la phase 1 de cette initiative au Bénin, les résultats sont prometteurs.

Promouvoir la vision par la formation en l’occurrence des séminaires, échanges d’expériences et formations en ligne et mener des plaidoyers pour améliorer la prise en charge pédiatrique sur toute l’étendue du territoire national. Cette ambition est celle de l’initiative EVA, un regroupement de 16 centres dans 11 pays d’Afrique de l’ouest et du centre (Burkina-Faso, Burundi, Cameroun, Mali, Niger, Centrafrique, Côte d’Ivoire, Sénégal, Tchad, Togo et Bénin) et le Maroc qui conjuguent leurs efforts, partagent leurs expériences et pratiques afin de réduire le gap du VIH pédiatrique sur le continent africain à travers notamment la promotion d’approches nouvelles. Au Bénin, deux centres sont impliqués dans cette importante initiative de coopération sud-sud. Il s’agit du service de pédiatrie du Centre National Hospitalier Universitaire Hubert Koutoukou Maga (CNHU-HKM) et celui de l’Hôpital d’Instruction des Armées (HIA) de Cotonou. Pour le Professeur Marcelline d’Almeida , Responsable de la prise en charge pédiatrique du VIH-SIDA au CNHU-HKM, « si le Bénin peut se féliciter d’un bon taux de dépistage chez la femme enceinte de l’ordre de 90,8% et de l’accroissement significatif du nombre de sites de prise en charge des enfants infectés passé de trois (03) en 2002 à 92 en 2015 pour une couverture de 87%, les indicateurs de performance des sites de prise en charge pédiatrique restent à améliorer ». Face à cette situation, le Docteur Hounmènou de l’hôpital de Béthesda de Cotonou exhorte à trouver des solutions idoines pour palier « le manque de renouvellement des équipements et de réactifs, les ruptures de stock d’antirétroviraux ainsi que les difficultés de soutien psycho-social et économique d’une part et la rétention des enfants dans la file active surtout, les patients venant des communes éloignées d’autre part ». Dans cette perspective, « l’initiative EVA est venu à point nommé », selon le Chef du service Pédiatrie de l’Hôpital d’Instruction des Armées, le Médecin Colonel Alain Azondékon, pour contribuer au renforcement des capacités des acteurs de prise en charge dans la perspective de meilleurs résultats au profit su système sanitaire Béninois.

Des activités à résultats probants pour le Bénin

Mis en œuvre au Bénin par les services de pédiatrie du HIA et du CNHU-HKM, le projet « EVA Bénin 1 » a permis la mise en œuvre de diverses activités dont l’organisation de sessions de renforcement des capacités des acteurs impliqués dans le traitement des enfants infectés à VIH ainsi que des activités sur site. L’atelier de formation sur le VIH pédiatrique des 08 et 09 septembre 2016 au Chant d’oiseau à Cotonou et la formation nationale des médecins pédiatres des sites de prise en charge du VIH chez l’enfant organisée les 29 et 30 novembre 2016 à l’Institut des Sciences Biomédicales Appliquées (ISBA)  de Cotonou au profit de médecins, pédiatres, infirmiers impliqués dans la prise en charge du VIH pédiatrique dans différents départements du Bénin s’inscrivent dans cette dynamique d’amélioration continue des compétences des ressources humaines. Suscitant un vif intérêt au sein des participants, ces deux ateliers ont été l’occasion d’un diagnostic approfondi de l’infection à VIH tel que vécu dans dix (10) principaux sites de prises en charge de l’enfant exposé ou infecté par le VIH au Bénin. Par ailleurs, si la prise en charge de l’enfant dans le contexte du VIH a été effective au Bénin  depuis environ quinze (15) ans après la mise en place progressive des médicaments ARVs sur les premiers sites de prise en charge de l’enfant infecté au VIH, leur reconnaissance a été longtemps retardée et est restée dissoute dans la grande masse des sites adultes avec les difficultés aussi bien d’ordre organisationnelle que programmatique qui ont jalonné le chemin des sites de prise en charge communautaire (PEC) au Bénin. Aussi, dans le cadre des activités de renforcement des compétences de ces sites, le projet « EVA Bénin » s’est évertué à les accompagner à travers un soutien financier destiné à la formation, le renforcement des outils de gestion de site et le partage des expériences documentées. A l’issue de ce processus, il a été procédé à la mise en place d’une plateforme de réflexions stratégiques et d’actions permettant de redresser la tendance et surtout de faire des nouveaux plans stratégiques de prévention et de prise en charge de l’infection à VIH au Bénin, un succès dans le contexte de la stratégie du Fast track 90-90-90 qui veut que d’ici l’an 2020, 90% des malades connaissent leur statut, 90% des personnes infectées reçoivent un traitement et 90% des personnes qui sont sous traitement, aient une charge virale indétectable. Or, l’Afrique de l’ouest et l’Afrique centrale d’où proviennent les seize (16) centres impliqués dans le projet à l’échelle continentale, sont encore loin de ces objectifs. Par ailleurs, l’un des acquis salués par les professionnels de la santé à travers la mise en œuvre du projet « EVA Bénin 1 » est la réalisation et la formation à leur utilisation d’outils techniques et pédagogiques de plaidoyer et mobilisation des ressources notamment d’un guide pratique de prise en charge des enfants vivant avec le VIH) contribuant ainsi à améliorer les prestations et les performances des différents sites de prise en charge pédiatrique.

Dans cette logique, les acteurs de mise en œuvre du projet n’ont pas été oubliés. Ainsi, Tanguy Bognon du HIA et Sossou Mahougnan du CNHU-HKM ont bénéficié de stages de perfectionnement respectivement au Ghana et au Sénégal. En outre, la présence remarquable du Médecin Colonel Alain Azondékon du HIA au sein du Conseil d’administration en qualité de Chargé du partenariat et de la mobilisation des ressources au sein du Réseau EVA basé à Dakar au Sénégal, est loin d’être un fait anodin. Il est un éloquent témoignage de la crédibilité dont jouit le Bénin au sein de ce creuset de formation des acteurs de santé à la prise en charge globale pédiatrique de l’infection à VIH en Afrique francophone. En somme, depuis son démarrage, le projet « EVA Bénin » peut se réjouir d’avoir fait tâche d’huile en bien peu de temps ; son plus grand mérite n’étant pas dans le nombre de ses activités mais l’impact de celles-ci sur les performances dans la prise en charge pédiatrique au Bénin.

Wandji A.

Dr Akouavi Ahouandjinou Kiki, médecin radiologue-échographiste sur le vieillissement: « La vieillesse est un état d’esprit »

Le vieillissement en bonne santé. C’est le sujet qu’aborde, dans l’interview qu’elle a bien voulu nous accorder, Dr Akouavi Ahouandjinou-Kiki, la présidente de l’Association des médecins  retraités du Bénin. Médecin radiologue-échographiste admise à la retraite depuis le 1er juillet 2013, Dr Ahouadjinou-Kiki revient sur les comportements à éviter et conseille sur ceux à adopter pour passer une bonne vieillesse.

L’Evénement Précis : Dr Kiki Ahouandjinou, les personnes âgées vieillissent-t-elles bien au Bénin ?

Dr Akouavi Ahouandjinou-Kiki : Ça dépend. Je prends le cas des médecins. Si nous avons créé l’Association des médecins  retraités du Bénin, c’est parce que nous avons constaté que les médecins, après des décennies de travail bien accompli sont délaissés une fois à la retraite. On a des aînés qui ne voient plus, qui ne peuvent plus marcher, qui sont cloués dans des fauteuils et qui restent dans leur coin. Ce n’est pas normal. Après la retraite, il  y a une autre vie que nous devons mener. Aller à la retraite, c’est changer d’activité. Nous luttons   et notre slogan, c’est rester actif pour bien vieillir, et vieillir  en bonne santé.

Justement, quels  modes de vie adopter, selon vous, pour vieillir en bonne santé ?
Pour vieillir en bonne santé, il faut avoir une bonne hygiène de vie, savoir ce que son corps demande. Il faut écouter son corps. Moi, je ne fais pas de régime, j’écoute mon corps. Si mon organisme n’accepte pas un aliment,  je ne le mange pas. Je suis aussi « tout-terrain », toujours en activité. Pour vieillir en bonne santé, il faut être en activité, il faut travailler. L’oisiveté est à combattre.

On assiste, de nos jours, à une explosion de cancers, chez les personnes d’un certain âge, et de plus en plus chez des gens plus jeunes. Comment l’expliquez-vous ?

Je mets en cause l’environnement, l’hygiène de vie aussi. Il y a des pratiques que nous avons aujourd’hui que nos parents n’ont pas connues. Je ne dis pas que ces maladies n’existaient pas à leur temps. Peut-être qu’elles étaient très peu connues, parce qu’il n’y avait pas de moyens de diagnostic développés pour pouvoir déceler ce genre de pathologies. Certains mouraient de ces pathologies sans qu’on n’arrive à les diagnostiquer. Il faut reconnaître aujourd’hui que, s’il y a extension de ces pathologies, c’est compte-tenu aussi de nos pratiques. Prenons l’exemple des tumeurs du sein. Il y a des tumeurs qui sont bénignes et il y en a qui sont malignes,  et moi j’attribue ça un peu à l’hygiène de vie, au comportement, et aux troubles hormonaux. Ces troubles hormonaux sont quelques fois liés  au comportement de chaque femme. Vous entendrez des gens dire qu’il ne faut pas faire ci, et d’autres dire que c’est ça qu’il faut faire. Les gens sont désorientés, ils ne savent pas toujours quel comportement  adopter, et ça favorise aussi certaines choses, parce qu’ils sont en conflit. C’est pourquoi je dis qu’il faut écouter son organisme et ne pas faire du suivisme.

Détaillez un peu ces pratiques que vous venez de mettre en cause
Il y a, par exemple, des gens qui se livrent aux activités sexuelles précocement, qui utilisent des produits qu’il ne faut pas utiliser, qui ont des pratiques sexuelles peu recommandables. L’origine de ces produits qu’ils prennent est quelques fois douteuse. Il y a des produits traditionnels, et des produits, si on peut le dire, modernes, que les gens utilisent sans savoir si c’est de cela que leur organisme a besoin. Tout ceci peut favoriser ces pathologies et il y a, comme je l’ai dit,  les troubles hormonaux. Nous n’avons pas le même mode de vie que nos parents. Aujourd’hui, on voit des femmes enceintes incapables de mener certaines activités. Il y a des ‘’grossesses précieuses’’ alors que nos mamans enceintes, allaient au champ, au marché, faisaient tout et accouchaient facilement, sans problème. C’est pourquoi je dis aujourd’hui qu’il y a l’environnement qui ne nous rend pas la tâche facile. Il y a la pollution, et toutes ces choses que nous consommons ne sont pas des produits sains. C’est tout cela qui nous crée des problèmes.

Comment y remédier, selon vous ?
Il faut sensibiliser, il faut informer la population sur certaines pratiques à bannir. L’ex ministère de la famille avait voulu qu’on travaille ensemble, qu’on essaie de sensibiliser la population sur certaines pratiques à adopter pour éviter certaines maladies. Certes ce ne sont pas toutes les maladies qu’on peut éviter, mais on peut prévenir.

Quel est votre secret pour rester jeune?
Je n’ai aucun secret. Pour rester jeune,  il faut toujours être en activité. Je n’aime pas l’oisiveté, j’aime travailler. Je l’ai fait tout au long de ma carrière. Je continue de travailler, je milite dans des associations qui me permettent d’être en forme. La vieillesse est un état d’esprit. Moi, je suis jeune et je resterai toujours jeune. Pour moi, c’est maintenant que commence la vie.

Réalisé par Flore S. NOBIME

Dossier maraichage à Cotonou: Des produits chimiques très dangereux dans vos plats

Les maraîchers de Cotonou et de ses environs fournissent des biens essentiels à l’alimentation de la population. Avec la croissance rapide des villes au Bénin, le taux d’urbanisation a beaucoup évolué, passant de  26,5 % en 1979,  36 % en 1992,  38,85 % en 2002, à 44% en 2015. Tout ceci entraine des besoins alimentaires accrus. Le maraichage apparait dès lors comme un recours essentiel de la population. Elle constitue la forme la plus explicite et la plus développée de l’agriculture urbaine. Elle a été reconnue  dès 1991 dans la  lettre de déclaration de politique de développement rural de 1991.  Dans une étude datée de 2010 et intitulée « Agriculture urbaine et valorisation des déchets au Bénin : une approche de développement durable », Hygin Faust Kakai, Alban Gilles Kakai et Armelle Grey Tohouégnon notent que sur les douze périmètres maraîchers de Cotonou, on dénombre plus de 600 chefs d’exploitation et plus de 400 ouvriers agricoles qui y travaillent de façon permanente. Ils desservent les marchés de Cotonou tels que Ganhi, Saint-Michel, Gbégamey.

Une productivité limitée

La production maraîchère à Cotonou se fait généralement sur des espaces publics non aménagés à cet effet. Par exemple, le site maraîcher de Houéyiho apparait, comme le plus important, compte tenu du nombre d’intervenants qui y travaillent. Il appartient en fait à l’ASECNA (Agence pour la Sécurité de la Navigation Aérienne en Afrique et à Madagascar). C’est depuis 1972 que celle-ci a permis aux demandeurs de s’y installer. Houéyiho demeure ainsi le site de maraichage  le plus ancien  de la ville. Dans leur étude, Hygin Faust Kakai, Alban Gilles Kakai et Armelle Grey Tohouégnon notent que la trop grande exploitation du site sur une longue période « et l’utilisation souvent anarchique des engrais chimiques et autres matières synthétiques, ont fini par lessiver le sol… et par l’appauvrir ». En augmentant les apports chimiques au sol, les producteurs ont pensé doubler leurs productivités. Malheureusement, ils aboutissent à l’acidification voire la salinisation du sol.  La présence et la dominance d’agents pathogènes ou destructeurs, les contraignent à faire recours aux pesticides achetés sur le marché. Larves et insectes  de toutes sortes constituent les ennemis des plantes. Ils obligent les producteurs à se tourner vers les pesticides chimiques dont les effets sont  parfois dangereux. Certains font recours aux biopesticides (extraits aqueux de neem, jus d’ail, etc.)  qu’ils jugent trop chers. Importés souvent du Togo ou du Ghana, ces produits bio ne sont toutefois pas répandus chez les producteurs.

De nombreuses contraintes

Parmi les contraintes liées au maraichage à Cotonou et ses environs, on peut noter :

-         La faible performance des variétés disponibles

-         La non valorisation des potentialités existantes pour le développement des cultures de contre-saison (périmètres aménagés sous exploités ou abandonnés à la suite de panne de système d’irrigation ou de problème d’organisation des producteurs)

-         La non disponibilité d’intrants spécifiques adaptés à la production maraichère

-         Difficultés d’accès des producteurs aux équipements de maraichage

-         L’absence d’un système d’agrément des intrants utilisés dans le maraichage

-         La faiblesse de l’encadrement des maraichers par les CERPA et les ONG

-         L’insécurité foncière en milieu urbain et périurbain

-         Pénibilité de l’arrosage et la non-maitrise de l’eau

-         Le coût élevé des intrants

-         L’insécurité foncière

-         Problèmes majeurs pour l’environnement et la santé

L’intensification de la production a provoqué la perte de la fertilité accélérée des sols, d’où la nécessité de procéder à des apports réguliers.

Gestion des ravageurs: Les maraichers abusent des pesticides

Dans une thèse de doctorat  en Gestion de l’Environnement soutenue en juillet 2013 à l’Université d’Abomey-Calavi, et intitulée « Durabilité de la production maraichère au sud-Bénin : un essai de l’approche écosystémique »   Claude Comlan Agbatan AHOUANGNINOU a recensé en 2009 pas moins de 24 préparations commerciales de pesticides chez les producteurs. La majorité des préparations commerciales insecticides sont des concentrés émulsifiables (EC). Les fongicides recensés sont des formulations de poudres mouillables (WP). Le nématicide DIAFURAN 50G est le seul granulé recensé. Ces pesticides recensés, indique-t-il,  appartiennent en majorité aux familles des organophosphorés, des pyréthrinoïdes, des carbamates et des benzimidazoles.  Les formulations de TOPSIN M (Méthylthiophanate 700 g/Kg), de LAMBDASUPER 2,5EC (Lambdacyhalotrine 25 g/L), de SHERPHOS 280EC (Cyperméthrine 30 g/L+Triazophos 250 g/L), de CONQUES C88EC (acétamipride+cyperméthrine) et de MANEBE sont les plus utilisés.  Les biopesticides LASER 480SC (Spinosad 480 g/L) et BIOBITE (Bacillus thuringiensis) ont été retrouvés également. Le SHERPHOS 280EC et le CONQUES C88EC sont deux préparations commerciales recommandées en production cotonnière, mais qui se retrouvent en maraîchage. La grande majorité des producteurs ne respectent pas les dosages recommandés et les délais de carence exigés par le fabricant. Ils mélangent aussi différentes préparations commerciales dans un pulvérisateur à dos contenant de l’eau à des concentrations qui leur conviennent.  On notera ainsi que tous les maraîchers utilisent des pesticides principalement les insecticides   et des fongicides et des nématicides.  Mais on retiendra aussi qu’ils utilisent des fertilisants chimiques comme l’urée et le NPK. De plus en plus, certains ont recours aux matières organiques (fiente de volailles et compost de déchets solides ménagers). Toutes les sept catégories d’exploitation maraîchère utilisent les engrais chimiques et organiques.   L’utilisation des fientes de volailles et du compost permet aussi de valoriser les déchets issus de l’aviculture, des ménages et des sites de production tout en réduisant les coûts de production qu’induirait une production à base uniquement de fertilisants chimiques (urée et NPK) qui sont plus polluants pour l’environnement.

Le surdosage est de règle

D’une manière générale, les doses d’engrais chimiques (urée) ne sont pas respectées. Les études de Claude Comlan Agbatan AHOUANGNINOU ont conclu que pour la grande morelle par exemple, l’apport d’urée est d’environ  333,33 Kg/ha en moyenne. « Ces doses appliquées sont supérieures à celles recommandées qui sont de 75 à 150 Kg/ha (INRAB, 2006) », souligne le chercheur.   Les biopesticides disponibles sur le marché LASER 480 SC (Spinosad 480 g/L) et le BIOBIT (Bacillus thuringiensis) n’arrivent toujours pas à éliminer tous les ravageurs détruisant les cultures maraîchères. Ils sont moins dangereux pour les agroécosystèmes et diminuent le risque de présence de résidus dans les aliments produits, mais certains ont une action moins rapide ou nécessitent un environnement spécifique pour être efficaces ou pourraient avoir un impact sur des organismes non cibles utilisés dans le biocontrol. Pour les maraîchers, leur production ne serait pas compétitive sur le marché sans usage des pesticides chimiques. En clair, pour rentabiliser leurs planches et les mettre à l’abri des ravageurs, les producteurs se voient obligés de faire massivement recours à des pesticides.

Les légumes, l’eau et les sites sont contaminés

L’emploi massif des pesticides contamine les eaux et les sols. Les taux de toxicité sont si élevés que certains maraichers ont choisi de déménager carrément vers de nouveaux  sites, dans la commune d’Abomey-Calavi. Là, ils pratiquent le maraîchage biologique qui présent moins de risque pour la santé humaine. Dans une étude publiée en avril 2011 et intitulée « Comparaison de la pollution en métaux toxiques du sol, de l’eau et des légumes sur trois grands sites maraichers du Bénin », Luc Koumolou, Patrick Edorh et Armelle Hounkpatin notent que sur les sites maraichers  de Houéyiho, Godomey et même Aplahoué (dans le Couffo), les eaux et les sols sont pollués en métaux toxiques comme le plomb, l’arsenic et le cadmium. « Il est toutefois très difficile d’établir clairement le lien entre la contamination de l’eau, des sols et la qualité sanitaire des légumes cultivés », disent les chercheurs. En réalité, tous les maraîchers reconnaissent  le danger que peuvent causer les pesticides sur la santé humaine, notamment pour eux-mêmes. Irritation de peau, céphalées, irritation des yeux ou du nez,  fatigue, douleurs articulaires, toux et   vertige sont les principaux troubles qu’ils enregistrent.  En cause, une minorité d’entre eux disposent de pulvérisateurs et de masques de protection pour se protéger lors des épandages de pesticides. Après l’opération d’épandage, certains utilisent  plusieurs moyens prophylactiques pour éviter d’éventuels effets secondaires causés par les pesticides qu’ils manipulaient. La grande majorité se lave les mains ou prennent  systématiquement un bain à l’eau et au savon. Pour Agonlinsou Benoît, maraicher rencontré sur le site de Houéyiho, ce qui est efficace c’est le lait qu’il convient de prendre après cette opération.

Des risques pour la  santé des consommateurs

Après avoir étudié 14 spéculations et 40 échantillons de légumes collectés dans six marchés de Cotonou et de sa périphérie,  Claude Comlan Agbatan Ahouangninou conclut que « des résidus de pesticide ont été retrouvés en faible quantité dans des légumes produits ». Auteur d’une thèse de doctorat en Gestion de l’environnement soutenu en 2013  à l’université d’Abomey-Calavi,  ce chercheur souligne des résidus de pesticide ont été détectés dans   des légumes sur  les marchés de Godomey, Haie-vive, Gbégamey et de St-Michel.  Ils sont présents aussi  dans les feuilles de laitue, de basilic, dans la tomate et dans le poivron.

Olivier ALLOCHEME

Nettoyage et assainissement de l’espace côtier : 434 brigadiers mobilisés sur les plages de Sèmè-Podji

lancement-de-la-campagne-a-la-plage-de-sekandjiLe top de la campagne nationale de salubrité et de sécurisation des plages dans la commune de Sèmè-Podji a été donné le mercredi 14 décembre à Sèkandji. 434 brigadiers et 38 superviseurs sont mobilisés pour exécuter le travail et faire des plages de Sèmè-Podji, les plus propres du littoral béninois.
Faire des neuf plages de la commune de Sèmè-Podji, les plus belles de tout le littoral béninois. C’est le défi qu’entendent relever les 434 brigadiers et 38 superviseurs mobilisés dans le cadre de la campagne nationale de salubrité et de sécurisation des plages du littoral béninois. Officiellement lancées lundi à Cotonou par le ministre du Cadre de vie et du développement durable (Mcvdd), les opérations ont connu leur démarrage à Sèmè-Podji par une cérémonie officielle. Y ont pris part, le préfet du département de l’Ouémé, Joachim Apithy, le maire de Sèmè-Podji, Charlemagne Honfo, et la directrice de cabinet du Mcvdd, Jeanne Josette Acacha. Le préfet, qui est revenu sur le bien-fondé de cette initiative gouvernementale, a annoncé que 434 brigadiers et 38 superviseurs sont mobilisés pour nettoyer de fond en comble, les 9 plages de Sèmè-Podji, à commencer par celle de Sèkandji, qu’il a qualifiée de « trop insalubre». Le maire Charlemagne Honfo a invité ces brigadiers et l’ensemble des citoyens de la commune à faire preuve de rigueur et à adopter les bonnes habitudes visant à maintenir les plages propres et surtout et à faire de celles de Sèmè-Podji, les plus propres du Bénin. Le maire a apprécié le lancement de cette opération à un moment où sa commune s’apprête à accueillir le pèlerinage annuel des chrétiens célestes. Il a d’ailleurs profité de l’occasion pour lancer un appel afin que les plages soient propres aussi bien avant, pendant qu’après le pèlerinage. La Directrice de cabinet du Mcvdd a, pour ce qui la concerne, invité les agents nettoyeurs à se conformer aux prescriptions qui leur ont été données à savoir, balayer tout ce qui est étranger sur les plages et laisser les plantes du littoral qui, elles font partie de l’écosystème, de même que les coquillages.

Flore S. NOBIME

Lutte contre la criminalité faunique au Bénin: Trois trafiquants emprisonnés à la prison civile de Lokossa

trois-trafiquants-arretesLa justice décide du sort d’un nouveau lot de spécialistes trafiquants d’ivoires. Il  s’agit de Gérard Gbénonchi, Mongbégnon Kpétodé et Jean-Luc Eki.  Interpelé pour trafic d’ivoire à Aplahoué, ils écopent tous de quatre mois de prison ferme. La sentence est tombée le jeudi 8 Décembre 2016 au tribunal de première instance de deuxième classe d’Aplahoué. En dehors de l’emprisonnement, ils doivent chacun, une amende de100.000F Cfa. Le juge qualifiant les faits, a parlé de détention de défense d’éléphant, espèce intégralement protégée. Et l’article 153 de la loi n°2002-16 du 18 Octobre 2004 portant régime de la faune en République du Bénin, « punit d’une amende de 100 000 à 500 000F et/ou d’un emprisonnement de 3 mois à 3 ans,  quiconque  détient des animaux sauvages sans le permis requis ; fait circuler des trophées ou des dépouilles sans certificat d’origine ; commercialise la viande de chasse en dehors des cas permis … ». Et ces trafiquants ont été pris en fragrant délit, les éléments des commissariats d’Aplahoué et d’Azovè avec le soutien technique du programme: ‘’Appui à l’Application des Lois sur la Faune et la Flore (AALF-BENIN). Ils ont voulu commercialiser un morceau d’ivoire pesant 2 kilogrammes. Cette condamnation de ces trafiquants à quatre mois de prison plus amende, vient après les décisions des tribunaux de Cotonou et de Natitingou qui ont condamné respectivement les trafiquants à 2 mois et 3 mois d’emprisonnement ferme. Certes, la justice prononce des sentences suivant les articles de la loi citée supra. Mais il est vivement souhaité que les décisions soient plus dissuasives pour décourager les braconniers et trafiquants afin de protéger les ressources naturelles. Prononcer la peine maximale à l’encontre des trafiquants serait un exploit que la justice béninoise ferait dans le sens de la lutte contre la criminalité faunique. C’est vrai qu’il n’est jamais tard pour mieux faire. Mais au regard des massacres que subissent les éléphants, les espèces intégralement protégées en général, la justice jouerait vraiment sa partition à travers des décisions plus corsées, pour accompagner le gouvernement dans la lutte contre la criminalité faunique au Bénin.

Emmanuel GBETO

Lauréate du Prix du leadership de l’économie verte: Dr Juliette Biao Koudénoukpo honore le Bénin et l’Afrique

dr-juliette-biao-koudenoukpo-prixL’ancienne ministre de l’Environnement, Dr Juliette Biao Koudénoukpo , a décroché le mardi 6 décembre 2016, le prestigieux Prix du leadership de l’économie verte dénommé « AFRICA GREEN FUTURE LEADERSHIP ». Décerné dans le cadre de la 6e Edition du World LEADERSHIP CONGRESS & AWARDS,  tenue à l’ile Maurice, ce prix honore le Bénin et l’Afrique tout entière.

Le Bénin a de quoi être fier, très fier même, car l’une de ses filles, Dr Juliette Biao Koudénoukpo,  fait partie,  depuis le 6 décembre dernier, des lauréats du World LEADERSHIP CONGRESS & AWARDS. Le prestigieux événement dont la 6e édition s’est tenue, cette semaine à l’île Maurice et a récompensé le meilleur des meilleurs d’Afrique. La béninoise, fierté de toute une nation y a décroché le prestigieux prix de  l’économie verte : « AFRICA GREEN FUTURE LEADERSHIP». Réputée pour son leadership dans le domaine de la gestion des ressources naturelles et de l’environnement, la béninoise a été primée par un panel impressionnant de membres du jury. Ce panel a œuvré sur la base de recherches menées par des professionnels choisis dans toutes les régions du monde pour produire la liste des lauréats parmi lesquels Dr Juliette Biao Koudénoukpo, en lice dans la catégorie du leadership de l’économie verte. Ce prix brillamment décroché vient couronner 26 années d’expériences avérées de la béninoise dans le domaine de la gestion des ressources naturelles et de l’environnement, aussi bien en termes de connaissances techniques, politiques que managériales. Il est à relever et à bien préciser ici que c’est bien à titre personnel, et non en sa qualité de Directrice et Représentante Régionale du Programme des Nations Unies pour l’Environnement, Bureau Afrique, que Dr Juliette Biao Koudénoukpo a reçu ce prix. Au cours de la soirée qui l’a sacrée, l’ancienne ministre de l’Environnement a prononcé un discours sur la consommation et la production durables, devant les 150 cadres supérieurs, et chefs d’entreprises de renom dans le monde en plus des professionnels de divers pays ayant pris part à la cérémonie de remise des prix. Le LEADERSHIP WORLD CONGRESS & AWARDS met en avant, ceux qui ont démontré un leadership dans la création d’opportunités d’affaires par lesquelles la croissance et le développement sont possibles. Le prix de Dr Juliette Biao Koudénoukpo, vient renforcer la crédibilité de la béninoise à la tête du Bureau Afrique  pour le Programme des Nations Unies pour l’Environnent.

Flore NOBIME

Lutte contre la criminalité faunique: Un trafiquant d’ivoire condamné à Natitingou

les-deux-etaient-arretes-a-porga-okUn trafiquant d’ivoire vient d’être condamné à trois mois d’emprisonnement ferme. Le verdit a été donné par le tribunal de première instance de Natitingou. C’était le mardi 06 décembre 2016. Il était impliqué dans une opération de trafique d’ivoire avec un camarade où ils ont été arrêtés, le vendredi 11 Novembre 2016 à Porga ,  vers la frontière Bénino-Burkinabé. Au cours de l’audience, le procureur a requis 6 mois d’emprisonnement ferme pour le sieur Y. Mamoudou, et la relaxe de  I. Karim. Le juge, prenant ses décisions sur son intime conviction, confirme la mise en liberté du sieur Karim, au bénéfice du doute. Car, il  estime qu’il a juste accompagné son ami Mamoudou sur les lieux de la transaction, et il n’y a aucune preuve justifiant son implication dans ce trafic. Cependant, Y. Mamoudou est condamné à trois mois d’emprisonnement ferme avec 100.000F CFA d’amende et 100.000F CFA de dommages et intérêts au profit de l’administration du parc. Certes, il faut prendre acte de la décision du juge, mais il n’est pas exclu qu’on signale que, même si Karim n’est pas propriétaire des produits, il devrait être pris comme un complice. Et l’article 166 de la loi n°2002-16 du 18 Octobre 2004 portant régime de la faune en République du Bénin stipule que  » les complices sont punis comme les auteurs principaux et condamnés solidairement aux amendes, frais dommages-intérêts et restitutions ». Avec cette décision, la « tolérance zéro contre le commerce illégal de la vie sauvage », que prône la communauté internationale est en sursis. Car c’est sous ce thème que la journée mondiale de l’environnement a été célébrée le 5 juin 2016.  Et opinant sur ce thème, Ban Ki-moon, Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies s’est indigné et a fait savoir que « l’heure est grave. Des éléphants sont massacrés pour leurs défenses… ». Ce qui voudra dire qu’il faut inverser la tendance. Et pour le faire, aucune mesure de clémence ne devrait être observée à l’endroit des trafiquants. La lutte se poursuit.

Emmanuel GBETO

Journée mondiale de la lutte contre le VIH/SIDA: Les Ong RID et IFA sensibilisent les jeunes à Porto-Novo

whatsapp-image-2016-12-01-at-19-14-39-okLa Communauté internationale a commémoré ce jeudi 1er Décembre 2016, la Journée internationale de la lutte contre le VIH/Sida. Au Bénin, le consortium des organisations non gouvernementales de référence RID (Recherches et Initiatives pour le Développement Durable) et IFA  (Institut François Abiola) n’est pas resté en marge de l’évènement. Les responsables de ces deux organisations engagées au service de la jeunesse, ont réuni plusieurs dizaines de jeunes au siège de l’institut IFA à Porto-Novo. L’objectif de cette initiative a été d’entretenir les participants sur les moyens de prévention et de lutte contre ce mal afin de les amener à convaincre d’autres jeunes gens. Avec des chiffres alarmants, le directeur de l’Institut François Abiola (Ong-Ifa), M. Elvis Adjibodou, a souligné qu’il s’agit d’une maladie qui persiste depuis plusieurs décennies malgré les efforts conjugués des organismes publics et privés dans le monde. Raison pour laquelle, le consortium des organisations RID et IFA s’engagent à contribuer au renforcement de la lutte contre ce mal qui gangrène la jeunesse béninoise, africaine et celle du monde et qui, selon ses propos, ralentit considérablement l’élan de développement des dirigeants africains. Le directeur de RID-ONG, M. va ajouter que le virus du Sida détruit les bras valides notamment, dans les pays africains où le niveau d’instruction est très peu élevé. Il a lancé un appel à l’endroit des autorités politiques afin qu’elles développent d’autres stratégies de sensibilisation de la couche juvénile et assurer une véritable prise en charge des séropositifs au cours de l’année 2017 pour freiner le taux de contamination. Après ses mots introductifs, un film documentaire relatant l’état des lieux du combat contre le mal et les attitudes des jeunes qui les exposent fréquemment à la maladie, a été présenté aux participants. Il y avait de la matière pour toucher ces jeunes, leur faire prendre conscience du mal. Ils ont été visiblement convaincus sur la nécessité de se protéger à chaque instant, afin d’éviter de s’exposer au virus du Sida. « Toi SIDA, maladie sans frontière, tu ne passeras plus par moi !!! Moi Ambassadeur de l’Ong-IFA, je m’engage « No Condom, No Sex », ont-ils entonné ensemble sous forme d’engagement commun à lutter contre la propagation du virus.

Germin DJIMIDO

dr-imorou-ali-bah-chabi-okLutte contre le VIH au Bénin
« Le Bénin fait partie des meilleurs élèves en matière de mise sous ARV », dixit Dr Imorou Ali Bah Chabi, Coordonnateur du Pnls»
La communauté internationale a célébré ce jeudi 1er décembre, la 29e journée mondiale de lutte contre le VIH sida. En marge d’un atelier de restitution et d’adoption des recommandations OMS 2015 sur la prévention, les soins  et le traitement pour le VIH et les hépatites virales, la semaine dernière, Dr Imorou Ali Bah Chabi, le Coordonnateur du Programme national de lutte contre le sida (Pnls) au Bénin, est revenu sur la situation de la pandémie au Bénin « On a des estimations qui nous permettent de dire qu’il y a 70.000 béninois qui sont porteurs du VIH ». La prévalence du VIH, de 1,2%, est stable au Bénin depuis 2006. Toutefois, relève Dr Bah Chabi, des disparités existent avec des taux élevés au sein de certaines populations cibles. Il en est ainsi des hommes ayant des rapports sexuels avec les hommes, des utilisateurs de drogues injectables et des travailleuses de sexe. Ces dernières ont une prévalence VIH de 16%, souligne-t-il, révélant au passage qu’« un béninois sur deux qui se contamine, se contamine par l’intermédiaire d’une travailleuse de sexe ». Seuls 53% des porteurs du virus ont pu être dépistés et parmi ceux-ci, 65% se trouvent être des femmes. Ceci a son explication. « Chaque année au Bénin 500.000 femmes tombent enceintes et quand elles vont dans les maternités, nous les dépistons systématiquement. Et nous arrivons à dépister au sein de ces femmes-là, environ 4.000 nouveaux cas chaque année. Pour le reste, nous avons 2000 hommes », explique-t-il.  Pour lui, « les hommes devraient pouvoir accompagner leurs femmes à la consultation prénatale et pourvoir être dépistés en même temps  qu’elles, pour pouvoir accompagner la lutte contre le VIH ». Un souhait difficilement réalisable à l’heure actuelle puisque les hommes se montrent plutôt réticents. « Ils sont toujours en train de refuser de faire le dépistage », déplore-t-il, alors que les hommes ont une grande partition à jouer dans la lutte contre le virus. « Il faut que chaque homme puisse se faire dépister pour pouvoir accompagner la lutte contre le VIH. (…) Si tous les Béninois porteurs du VIH sont dépistés et mis sous ARV, nous allons mettre fin à l’épidémie du VIH sida parce que tous ceux qui sont sous ARV ne contaminent plus les autres ». Le Coordonnateur du Pnls a aussi évoqué la situation des enfants et des adolescents béninois porteurs du VIH. « Nous sommes à 53% de dépistage. A l’intérieur de ces 53% nous avons à peu près 5% qui sont des enfants. Selon lui, à ce niveau, le problème est celui de la sous notification des enfants dont les mamans n’ont pas été dépistées pendant leur grossesse et qui ont accouché à domicile. Nous avons à peu près 2.000 enfants que nous avons couverts sur près de 6.000 que nous attendions. Donc, nous avons à peine 30% d’enfants couverts contre près de 50% d’adultes couverts. La  couverture, au niveau des enfants, est faible parce qu’ils ne sont pas demandeurs de soins spontanément », a-t-il expliqué. Concernant la prise en charge qui a permis la réduction sensible du nombre de nouvelles infections, Dr Bah Chabi s’est montré plutôt satisfait des progrès réalisés par le Bénin, 3e meilleur élève en la matière après le Burkina-Faso et l’ile Maurice. « Le Bénin fait partie des meilleurs élèves en matière de mise sous ARV. Nous avons 49% de mise sous ARV contre 25% pour la moyenne communautaire », a-t-il dit, se réjouissant des recommandations OMS 2015 qui permettront, une fois adoptées par le Bénin, « de rendre le traitement précoce, efficace et plus simple, avec, par  exemple, des protocoles thérapeutiques avec une formule à un comprimé par jour».

Flore S. NOBIME

Lutte contre le VIH et les hépatites
Les acteurs passent en revue les recommandations OMS 2015

Partager avec tous les acteurs clés, les nouvelles recommandations OMS 2015 sur la lutte contre le VIH et les hépatites virales. Tels sont les objectifs globaux de cet atelier. Au cours des deux jours qu’ont duré les travaux, il s’est concrètement agi, pour les participants, de se pencher sur ces recommandations en vue de leur adoption et de leur adaptation au contexte béninois. Les participants se sont aussi attelés à élaborer une feuille de route adéquate pour la mise en œuvre effective desdites recommandations. L’opérationnalisation de ces recommandations amènera à définir de nouvelles cibles en matière de prévention et de prise en charge. A l’ouverture officielle des travaux, Dr Bah Chabi Ali Imorou, le Coordonnateur du Pnls a déclaré que ces recommandations font suite à celles déjà éditées par l’OMS en 2002, 2003, 2006, 2010 et 2013, et visent essentiellement à faire en sorte que le traitement ARV soit initié plus tôt. Si l’OMS, en 2013, demandait de commencer le traitement quand les patients avaient des CD4 inférieurs à 500, l’institution, en 2015, encourage à initier le traitement dès qu’une personne est dépistée séropositive, a-t-il notamment déclaré. Les recommandations OMS 2015 passées en revue à Bohicon concernent aussi la simplification du traitement, a ajouté le coordonnateur du Pnls. « Ces recommandations visent aussi à faire en sorte que le traitement soit de plus en plus simple. Les recommandations 2015 proposent de mettre les patients sous un protocole constitué seulement d’un comprimé par jour pour leur prise en charge », a-t-il expliqué, n’occultant pas les défis programmatiques et financiers découlant desdites recommandations que « le Bénin trouve un intérêt particulier à adopter et à adapter ». Dr Bertin Affedjou, en lieu et place du représentant résident de l’OMS a d’abord salué le Bénin pour «les efforts considérables fournis par les acteurs de la lutte contre le sida au niveau du pays ». Concernant le volet des hépatites, Dr Affedjou a relevé les actions importantes déjà menées, «notamment la sensibilisation et le plaidoyer à divers niveaux, et l’élaboration d’un plan stratégique national de lutte contre les hépatites qui est en attente d’être validé ». Il a dit la confiance qui est la sienne avec la tenue de l’atelier de Bohicon, quant à l’atteinte par le Bénin des  90 90 90 de l’ONUSIDA dans la vision de mettre fin à l’épidémie du VIH sida d’ici les 15 prochaines années.

Flore S. NOBIME

Décisions du conseil des ministres: Le Ramu supprimé, l’Arch instituée

Pascal Irénée Koupaki   l'hésitant candidatL’état de vulnérabilité des populations inquiète le gouvernement de la rupture. Le dispositif actuel de protection sociale révèle que seulement 8,4 % de la population sont couvertes par l’assurance maladie. Aucun mécanisme de protection sociale n’existe pour les acteurs du secteur informel, qui représentent 95 % de la population active. Pour marquer un nouveau départ au bien-être social des populations, le gouvernement du Président Patrice Talon a œuvré pour une meilleure résolution des problèmes de protection sociale. Il s’agit du projet d’Assurance pour le renforcement du capital humain (ARCH). Il  vise en réalité, à reconstruire le système de protection sociale dans une perspective de renforcement du capital humain. Ce projet a été présenté par le Ministre d’Etat Secrétaire général de la Présidence de la République, Pascal Irenée Koupaki, lors du compte rendu du conseil des ministres du vendredi 18 novembre 2016. Plus important et pertinent que le Régime d’assurance maladie universelle (Ramu) initiée par le gouvernement de Boni Yayi, le projet comporte un volet formation, crédits et l’assurance retraite et prend en compte les artisans, les conducteurs de taxi-motos, les commerçants, les vendeurs et vendeuses des marchés, agriculteurs, transporteurs, artistes, bref tous les acteurs du système informel. Il sera une combinaison de services de protection sociale aux populations. Ces services comprendront l’assurance maladie, la formation, le crédit, la retraite et divers filets sociaux, qui seront gérés par une Agence nationale de protection sociale et des Agences départementales. Ceci, dans une approche de ˝faire-faire˝ et de recours à des partenariats public-privé. Pour bénéficier de ces services, un dispositif a été mis en place pour recenser les bénéficiaires dans la base nationale de données biométriques qui sera réalisée en 2017. Pour engager la traduction de cette volonté du gouvernement dans les faits, le Conseil a adopté un décret portant création d’un Comité national de pilotage. Sa mission est d’élaborer le document du projet « Assurance pour le Renforcement du Capital Humain » et de définir un mécanisme global de protection sociale permettant aux acteurs ciblés d’accéder aux services sociaux de base à fournir par l’Agence Nationale de protection sociale à des coûts réduits. Une action qui vient répondre à la promesse faite par le chef de l’Etat, Patrice Talon, d’assurer la Sécurité sociale à ces couches.

 Rastel DAN