Category: Politique & Actualités

Interpellation du gouvernement au sujet de l’évacuation du coton: Les députés préoccupés par la réussite de la campagne 2016-2017

Me Adrien Houngbédji epLe ministre de l’agriculture, Delphin Koudandé était ce jeudi 20 avril 2017, face aux honorables députés à l’Assemblée nationale pour répondre aux questions adressées au gouvernement. Il s’agit de deux questions d’actualité  relatives aux difficultés d’évacuation du Coton dans le cadre de la campagne cotonnière 2016-2017. Questions adressées au gouvernement par les députés Eric Houndété et Abdoulaye Gounou. Dans leurs interrogations, les Elus du peuple ont voulu connaitre les mesures prises par le gouvernement pour accélérer l’évacuation du coton graine et les raisons qui justifient la réduction drastique du tarif de transport des cotons. Prenant la parole, le ministre s’est d’abord réjoui des efforts consentis par les producteurs et qui ont permis de dépasser les prévisions attendues. « La quantité de coton graine égrenée est de 401 mille tonnes et en plus de ce qui reste à collecter dans les champs, la production globale sera de plus de 436 mille tonnes. », a-t-il annoncé. Au sujet des difficultés d’évacuation du coton vers les usines, le ministre de l’agriculture a expliqué que le plan d’évacuation avait été établi sur la base de la prévision globale de 350 mille tonnes. Le seuil de plus 400 mille tonnes, demande de ce fait, une réadaptation rapide compte tenu par exemple, de la spécificité  du département de l’Atacora, a-t-il ajouté. Quant à la question relative à la mouille qui selon l’honorable Gounou, pourrait engendrer la démotivation et des pertes énormes sur une bonne partie des productions, le ministre Koudandé a fait savoir qu’il s’agit d’un risque majeur inhérent à toutes les campagnes en raison des changements climatiques qui engendrent des pluies inattendues.

Les propositions des Elus du peuple

Les explications du ministre ne semblent pas convaincre la Représentation nationale. L’honorable Houndété a fait constater que le gouvernement n’a pas pu anticiper les surplus de production et l’imprévisibilité de la superposition de la campagne de riz et de la campagne de coton. Son collègue Abdoulaye Gounou n’accepte pas les raisons évoquées concernant la pluie qui est quotidienne dans la région de l’Atacora. Le gouvernement devrait selon lui, prendre toutes les mesures appropriées pour éviter les pertes énormes en vue et qui n’encouragent pas les producteurs. « L’année  prochaine, on risque d’avoir de la démotivation au niveau des producteurs si rien n’est fait en terme de subvention », a-t-il prévenu avant de s’interroger sur les raisons de la chute du tarif de transport dont la tonne passe de 22.000 francs Cfa à 13.400 francs. A la question orale du député Youssouffou Nouhoum Bida, relative à la diminution du prix de transport du coton, le ministre a répondu qu’il s’agissait de rapprocher les zones de production des usines pour mieux gérer l’acheminement. « Le gouvernement n’est pas intervenu dans la fixation du prix. C’est entre l’AIC et les transports. », a laissé entendre le ministre avant d’ajouter que la  présence du gouvernement dans le comité se justifie par sa volonté de rester en partenariat avec l’AIC pour conduire cette transition avant de lui laisser la charge à la structure. Pour l’auteur de la question, le Président de la république et son gouvernement doivent continuer à assumer leurs responsabilités pour éviter la chute de la prévision annoncée pour filière de l’or blanc béninois. Il a alors suggéré que l’Exécutif discute avec les transporteurs qui contribuent eux-aussi à l’économie nationale.

Germin DJIMIDO

Mission de Mobilisation de financement à la Banque Mondiale: Bio Tchané décroche 100 milliards pour le PAG

bio-tchane-okTout comme le chef de l’Etat, le président Patrice Talon qui séjourne à Paris depuis hier pour la recherche de financement pour le PAG, son ministre d’Etat en charge du plan et du développement, Abdoulaye Bio Tchané est à Washington depuis le mercredi 19 avril 2017, en mission de travail avec le groupe de la Banque Mondiale. C’est du moins ce qu’il confirme lui-même, à travers un message posté sur sa page Facebook, expliquant les retombés de cette mission de travail. En effet, le ministre d’État Abdoulaye Bio Tchané en mission aux États Unis avec ses homologues en charge du développement des pays membres du groupe de la Banque Mondiale, a déclaré un nouvel appui de 200 millions de dollars soit 100 milliards de FCFA consentis par la Banque Mondiale à l’endroit du Bénin. Le ministre d’État affirme que l’accent sera mis sur le volet social ainsi que les infrastructures routières, l’eau et l’énergie. « Avec mes homologues en charge du développement des pays membres du groupe de la Banque Mondiale, nous avons partagé les expériences respectives de nos pays, dans la recherche des solutions aux problèmes quotidiens de nos populations », a déclaré le ministre d’Etat, Abdoulaye Bio Tchané, dans son message. Dans son adresse, l’homme reste convaincu que les dividendes de cette rencontre constituent un pas supplémentaire pour le Bénin, dans la réalisation du Programme d’Actions du Gouvernement. Car, ajoute-il, « le financement de 200 millions de dollars consentis par la Banque Mondiale confirme son soutien indéfectible dans l’accompagnement du PAG ». Il urge selon le ministre d’Etat en charge du développement, de placer le volet social au cœur des priorités du gouvernement afin d’améliorer l’accès aux routes, à l’eau et l’énergie pour tous les Béninois. Abdoulaye Bio Tchané a, dans ce même message, exprimé au nom du gouvernement béninois, sa gratitude au Groupe de la Banque Mondiale pour ses efforts incessants en faveur du mieux-être de chaque Béninois. A la faveur de cette rencontre, le ministre d’Etat explique avoir eu un entretien avec Monsieur Seydou Bouda, administrateur du Benin à la Banque Mondiale. Avec ce diplomate béninois, le ministre d’Etat en charge du plan et du développement précise avoir convenu de mettre l’accent sur le projet Sahel Women’s Empowerment qui vise à améliorer la santé génésique et l’éducation des femmes et des filles. Toute chose qui confirme l’offensive diplomatique du gouvernement à mobiliser les ressources pour la réalisation des projets contenus dans le programme d’action du gouvernement. Et, dans cette dynamique, tous les membres du gouvernement sont impliqués d’une manière ou une autre, aux côtés du chef de l’Etat, le président Patrice Talon.

Yannick SOMALON

Agassa-Godomey: La Cour suprême annule toutes les élections

Un arrêt définitif vient de marquer la longue série de contestation des résultats de l’élection du chef de village d’Agassa-godomey, sis dans l’arrondissement d’Akassato, commune d’Abomey-Calavi. Il s’agit de la décision de la Cour suprême qui, lors d’une rencontre avec les conseillers dudit village hier, mercredi 19 avril 2017, a annulé toutes les élections. En effet, la pomme de discorde se déguste avec appétit entre les sept conseillers du village d’Agassa-Godomey. Le titre de Chef de village que porte Paulin Aplogan depuis 2015, a longuement été remis en cause par trois conseillers d’Agassa-Godomey, dont l’ancien chef dudit village, Germain Tovimè. Et pour cause, sa candidature en tant que personne proposée par la liste ayant obtenue la majorité absolue, les FCBE. Germain Tovimè qui estime être le seul désigné par cette liste ne conçoit pas la présence d’un autre membre des FCBE pour prétendre aller aux élections. Ses contestations ont conduit à une série de reprises du vote. Le dernier cas est celui du mardi 18 avril 2017, au cours duquel la commission de supervision de l’élection présidée par Léon Akpovi, a rejeté la candidature de Paulin Aplogan. Ceci, parce qu’il ne serait pas désigné par le Coordonnateur de l’Alliance FCBE de la commune d’Abomey-Calavi, l’Honorable Valentin Djènontin. Face à cette décision, Paulin Aplogan et trois conseillers du village se sont abstenus de voter, donnant ainsi la victoire à Germain Tovimè qui passe par trois voix pour et quatre abstentions. Mais, au lendemain de cette élection, c’est-à-dire hier, mercredi 19 avril 2017, la Cour suprême a sifflé la fin de la recréation. Elle a procédé à l’annulation des élections et convié les conseillers au calme et à la sérénité. D’après les informations qui nous sont parvenues, la Cour suprême a surtout notifié la possibilité d’avoir, pour l’élection de Chef de village d’Agassa-Godomey, deux candidats de la liste ayant obtenue la majorité absolue. Elle a promis faire parvenir, dans les tous prochains jours, une notification aux autorités communales en vue de l’organisation urgente du vote du nouveau chef de village. Cette décision vient régler de façon définitive les nombreux désaccords entre les sept conseillers d’un village, assoiffé de projets de développement pour le bien être des populations.

Rastel DAN

rencontres politiques en vue de l’amélioration de la gouvernance: Talon mobilise les députés révisionnistes et la Coalition de la Rupture

Patrice-TalonLe chef de l’Etat, soucieux de la réussite de son mandat présidentiel, vient  d’entreprendre une démarche de gestion participative. Le candidat de la coalition de la rupture à l’élection présidentielle de mars 2016, a rencontré la semaine écoulée les membres de cette alliance politique qui l’a porté en triomphe, il y a un an. En effet, après sa sortie médiatique et les réactions qui s’en sont suivies, Patrice Talon s’est montré réceptif des critiques et suggestions des uns et des autres et entend tendre la main aux ténors de sa famille politique qui pourraient bien l’aider à réussir sa mission pendant les quatre prochaines années. Selon nos sources concordantes, le chef de l’Etat a échangé avec les acteurs de cette coalition qui ont réaffirmé leur engagement à soutenir ses actions pour un réel développement du Bénin. S’il est vrai qu’aucun homme ne peut à lui seul, construire une nation, il faut tout de même reconnaitre la détermination du Président Talon à engager un nouveau processus de développement du Bénin. Certes, les amarres n’étaient pas rompues mais elles ont été resserrées. En témoignent les actions des partisans du régime, notamment, le soutien de la soixante de députés qui a donné son quitus pour la prise en considération du projet de révision constitutionnelle introduite par le chef de l’Etat. Et le groupe parlementaire Bénin Uni et Solidaire (Bus) que préside le député Aké Natondé ne se lasse pas d’intervenir à l’Assemblée nationale pour soutenir les initiatives gouvernementales.

Germin DJIMIDO

Adoption de la loi fixant les zones économiques spéciales: Le Bénin doté d’un véritable instrument de développement

Assemblée Nationale voteLes députés de la 7ème législature réunis en séance plénière, mardi 18 avril 2017 à Porto-Novo, ont examiné et adopté à l’unanimité, la proposition de loi fixant les zones régimes économiques spéciales en République du Bénin.

Après la suspension, le jeudi 23 mars dernier, les travaux d’examen de la proposition de loi fixant les zones régimes économiques spéciales en République du Bénin, ont été poursuivis et achevés ce mardi à l’hémicycle. Les députés présents à la séance, ont à nouveau suivi la lecture du rapport de la Commission du Plan de l’équipement et de la production avant de poursuivre le débat particulier. Selon ledit rapport, il s’agit d’un arsenal juridique visant à créer et à promouvoir les zones économiques spéciales (ZES) afin d’attirer les investisseurs nationaux et étrangers. Mieux, le souci du Législateur à travers l’initiative de ce texte, est de valoriser certaines régions du Bénin en les dotant d’infrastructures modernes afin de faire d’elles de véritables pôles de promotion et de développement économique. Tout en appréciant l’initiative, les députés Augustin Ahouanvoébla, Jean-Eudes Okoundé, Nassirou Arifari Bako, André Okounlola, Bénoit Dégla et autres ont apporté quelques amendements au texte afin de mieux recadrer les objectifs fixés. A en croire l’honorable Bako, c’est un instrument qui  présente un intérêt technique moderne pour la rentabilité des entreprises. Il a retracé certaines mesures contenues dans le texte et qui selon lui, rassurent quant au contrôle de l’exonération fiscale et douanière pour éviter de porter préjudice à l’économie nationale. Son collègue André Okounlola s’est, quant à lui, intéressé à la construction des infrastructures qui permettront de valoriser ces régions en vue de l’exploitation des nombreuses potentialités dont regorge chaque région du pays. D’autres élus du peuple sont intervenus pour exprimer des inquiétudes relatives aux difficultés éventuelles liées à la création des ZES et proposer des mesures nécessaires à prendre en vue de la viabilisation des nouvelles zones économiques créées. Ils ont alors insisté sur la construction des infrastructures essentielles de base afin d’attirer véritablement les investisseurs nationaux et étrangers. Dans son intervention, le représentant du gouvernement, Me Joseph Djogbénou a souligné qu’en référence aux objectifs du Programme d’actions du Gouvernement (PAG), certaines mesures visant à rendre le Bénin plus attractif aux investissements sont nécessaires. Il a de ce fait, salué l’initiative de cette loi qui vise à développer toutes les zones géographiques, promouvoir les initiatives économiques locales, contribuer à la prospérité des industries installées dans ces zones en vue d’un véritable essor économique du Bénin. Le Garde des Sceaux a ensuite rappelé la philosophie générale du texte qui est de stimuler la production locale avant d’apporter quelques explications par rapport aux exonérations. Après adoption des trois derniers titres, l’ensemble du texte a été voté à l’unanimité des députés présents et représentants.

Germin DJIMIDO

Le Prof Tévoèdjrè reçoit le médiateur de la république et le Président du CES et déclare: « Je n’ai pas à faire une opposition politicienne à 88 ans, je veux tirer la paix par un autre chemin »

Albert Tévoédjrè ok« Je n’ai pas à faire une opposition politicienne à 88 ans. Je n’en ai pas besoin ». C’est cet extrait de l’entretien exclusif du professeur Albert Tévoédjrè avec une équipe de la rédaction de « L’Evénement Précis » qui vient démentir toutes les intentons prêtées à l’homme au sujet d’une quelconque opposition politique en préparation contre le régime du Président Patrice Talon. Selon ses propos, l’initiative d’échange avec certaines personnalités du monde politique, social et économique béninois réside dans la démarche de l’ancien médiateur de la république de rechercher un « carrefour en vue de se concentrer sur la volonté du peuple de sortir de la misère ». A cet effet, après l’ancien président de la république, Nicéphore Soglo et l’ex-ministre Candide Azannaî, le Prof Albert Tévoédjrè a reçu à son domicile ce mercredi, deux autres personnalités pour échanger avec elles sur des questions d’ordre social. Lire le verbatim de l’entretien qu’il nous a accordé au terme des échanges.

Prof Albert Tévoédjrè, ancien médiateur de la république

« Ce matin j’ai eu l’honneur d’avoir deux visites importantes chez moi, celle du Médiateur de la république et celle du Président du Conseil économique et social. Nous avons échangé sur la situation sociale. Nous savons très bien que tout le monde souhaite qu’une attention plus grande soit portée à l’éradication de la pauvreté. On ne peut pas faire cela sans qu’il y ait des personnalités, des institutions qui s’intéressent vraiment à ce problème. J’ai donc eu la chance ce matin de parler avec le Médiateur de la république et avec le Président du Conseil économique et sociale et je suis persuadé que leur intelligence, leur structure sont en mesure également de contribuer à ce qu’on puisse concerter pour l’éradication de la pauvreté dans une coordination nationale de grande valeur. C’est la raison pour laquelle j’ai voulu échangé avec eux. Et je crois que j’ai été très bien compris. Nous continuerons les discussions. Car, il faut arriver dans un climat apaisé en dehors de toutes polémiques politiciennes, à ce que des personnalités comme Nicéphore Soglo et d’autres du monde politique arrivent aussi à mettre de côté les problèmes qui vont nous diviser et à se concentrer sur la volonté du peuple de sortir de la misère. C’est ça la priorité ! Le président Soglo l’a dit, je l’ai dit et d’autres l’ont dit. Et je pense que nous devons arriver à trouver un moyen de créer là, un carrefour qui permet toutes tendances confondues de nous retrouver et de régler par-là, les milliers de problèmes qui peuvent nous préoccuper. (…)
Nous avons œuvré pour l’arrivée du président et nous voulons qu’il réussisse. Maintenant, nous sommes des hommes libres et responsables. Quand nous voyons des choses qui peuvent se faire autrement, nous le disons. C’est tout. Je suis ouvert à tout le monde. J’ai demandé à voir tout le monde, mais j’ai choisi d’aller vers le concret, vers le social. Je n’ai pas à faire une opposition politicienne à 88 ans. Je n’en ai pas besoin. Je ne veux tirer rien de là. Je veux tirer la paix par un autre chemin. Le chemin du dialogue inter religieux et interculturel, porteur des projets conjoints des religions pour le développement, porteur des projets conjoints de la société civile pour le développement. C’est ça que je veux. Et quand on fait ça, tous les autres problèmes seront résolus. Le reste, il y a des jeux politiques qui doivent se faire normalement. Me mettre dans un combat inutile, c’est fini. A 88 ans, je n’en ai pas besoin. Dites-leur ça fortement ! »

Propos recueillis : Germin DJIMIDO

Après la démission du ministre délégué Candide Azannaï: Le Chef de l’Etat prend en main le ministère de la défense et procède à 18 nominations en Conseil des ministres

Le peuple béninois n’aura pas droit à un remaniement ministériel comme le pensent certaines personnes, après le départ de l’ancien ministre de la défense, Candide Azanaï, du gouvernement. En tout cas, pas de sitôt. Puisque le poste vacant du ministre de la défense du gouvernement sera désormais assuré par le chef de l’Etat le président Patrice Talon lui-même. En effet, selon des sources concordantes, c’est à travers une correspondance adressée au président du parlement que le chef de l’Etat a notifié sa décision de garder le portefeuille délégué et d’assurer sa pleine responsabilité à la tête du ministère de la défense. En clair, le Président de la république, Patrice Talon est en même temps le ministre de la défense nationale pour le moment. Ce cumul du portefeuille de la défense avec les fonctions du chef d’Etat n’est pas proscrit par la loi fondamentale. Aussi,  le président Patrice Talon n’est pas le premier chef d’Etat béninois à  cumuler ces deux fonctions. Ce qui veut dire que cette notification à l’assemblée nationale met fin à tout soupçon de remaniement dans la mesure où le seul poste vacant du ministère de la défense est déjà occupé par le chef de l’Etat lui-même. C’est d’ailleurs à ce titre que le chef de l’Etat, le président Patrice Talon a procédé lors du conseil des ministres de ce 19 avril 2017, à la nomination des membres du cabinet du ministère de la défense. Au nombre de 18, ces nouveaux promus au cabinet du ministère de la défense sont rattachés directement au président de la République qui répond à son tour du ministre de la défense.

Yannick SOMALON

Suite à son divorce avec Patrice Talon: Ajavon abandonne ses ministres et se positionne en opposant au régime

Sébastien Ajavon EPavonA la suite d’une sortie médiatique largement relayée par la presse béninoise, Sébastien Ajavon, arrivé troisième lors des dernières joutes présidentielles, s’est penché sur l’an 1 de gestion de l’actuel locataire du Palais de la Marina. Il a fait le tour des questions brûlantes de l’actualité nationale. A travers cette sortie, il est clair désormais que la nuit de miel entre les deux amis d’hier est rangée au placard.

On le voyait venir depuis des jours. A la fin de chaque journée, les Béninois se demandent toujours le jour où le président du patronat parlera. Désormais c’est fait. Le « Roi de la Volaille » rompt le silence et se positionne comme un leader politique sur qui il faut compter pour les prochaines compétitions électorales et surtout la présidentielle de 2021. Il l’a fait savoir à travers un entretien de 90 minutes sur sa propre chaine de télévision « Sikka TV », relayé par plusieurs médias locaux. Au cours de cet entretien, le troisième de la dernière présidentielle de 2016 a abordé les sujets brûlants de l’actualité nationale. Il a surtout donné son point de vue sur la première année de gouvernance de l’actuel locataire du Palais de la Marina. Ce qui ressort essentiellement de cette sortie très attendue, est que les deux amis d’hier ne sont plus en odeur de sainteté. Il l’a dit clairement « je ne suis plus comptable en rien des actions du gouvernement ». D’ailleurs, il ne se reconnait plus dans les actions que mènent ses ministres au sein de l’équipe gouvernementale. Il a déjà demandé à maintes reprises à ses trois ministres de se retirer. Il en avait demandé six et a obtenu trois. Les problèmes avaient déjà commencé dès l’installation de cette équipe gouvernementale de Patrice Talon. Le débat sur l’interdiction des manifestations des étudiants a aussi divisé les deux hommes. Il affirme avoir rencontré le chef de l’Etat à cet effet. «Comment un président peut interdire le droit d’association, ce qui existait et dont il a abondamment profité. Même si les jeunes ont eu à faire des actes répréhensibles, il fallait mettre la sécurité… C’est encore là que vous pouvez les contrôler, pas en dehors de l’université. », a-t-il clamé. L’un mis dans l’autre, le président du patronat se démarque totalement des actions de l’actuel président et se positionne comme un homme politique. «Je suis désormais un homme politique ». Une déclaration similaire à celle de Talon qui affirmait, il y a quelques jours, qu’il ferait désormais de la politique.

Opposition désormais ouverte

Même s’il ne le dit pas ouvertement, il est loisible de constater que rien ne sera plus comme avant, entre l’ex-couple Talon-Ajavon. Talon veut désormais faire la politique. Son ex-allié, Ajavon a les mêmes ambitions que lui. Sur le terrain, les coups vont pleuvoir. Cette sortie de ce dimanche montre clairement que Sébastien Ajavon « déclare la guerre » à Patrice Talon. Il se positionne désormais comme l’un des opposants farouches au système actuel. Ceci est d’autant plus vrai que les propos de Joël Ahoffodji, porte-parole de l’homme de Djeffa, ont été clairs, hier sur Radio France Internationale (RFI). Pour le directeur de Sikka TV, « il prend du recul, il décide de laisser les affaires et de devenir un acteur politique. Il dit qu’il apportera son soutien à toutes initiatives qui contribuent à la réduction de la pauvreté et au développement du Bénin. Mais partout où il y a mal gouvernance, où il y a la corruption, où il y a les marchés gré à gré, partout où il y a des situations floues…, il donnera son avis comme un acteur politique. Un acteur politique positionné et marqué comme opposant, on peut le dire ainsi, puisqu’il a demandé clairement à ses trois ministres de quitter le gouvernement Talon. Cette fois-ci, il est clair. Il se dit qu’il ne se sent plus lié par un engagement vis-à-vis du président Patrice Talon. », conclut Joel Ahoffodji.

José Mathias COMBOU

Politique nationale: Soglo chez Tévoédjrè hier

Nicéphore Soglo epLa morosité ambiante qui sévit dans les ménages depuis quelques mois préoccupe certains dinosaures qui ont œuvré pour l’avènement du régime de Patrice Talon. Nicéphore Soglo et Albert Tévoèdjrè ne restent pas indifférents face aux cris de détresse des populations qui croupissent dans la douleur, depuis quelques mois. Accompagné d’une délégation composée entre autres de l’actuel maire de Cotonou, Léhady Soglo et de Ganiou Soglo, l’ancien président de la république du Bénin s’est rendu au domicile de l’ancien médiateur de la république à Porto-Novo. Au cœur des échanges, la situation économique que traversent le Bénin et toute l’Afrique et qui se manifeste par la cherté des denrées alimentaires. A sa sortie d’audience, le président Nicéphore Soglo a fait comprendre qu’ils ont fait un tour d’horizon très riche de l’actualité sociopolitique nationale et les mesures à prendre pour redonner espoir aux agriculteurs, aux femmes et aux jeunes. Voici les impressions du président Soglo au terme des échanges.
Nicéphore Soglo : « (…) Tout le monde sait le rôle que nous avons joué, l’année dernière, pour empêcher que la Françafrique ne prenne pas le dessus à nouveau dans notre pays. Au bout d’un an, il me parait parfaitement légitime surtout en cette occasion de lui rendre visite. L’impatience, la misère de la population au quotidien, nous la vivons. La maladie, mon épouse l’a dit très gravement. Elle n’a fait que dire à haute voix ce que tout le monde pense trop bas. L’urgence, c’est la pauvreté et ce n’est pas par hasard que je suis venu, le lundi de Pâques. Qu’est-ce que les juifs attendaient en colonie romaine ? Ils attendaient un dernier pour les libérer. Et un homme est venu, il s’appelle Jésus. Il est venu libérer les pauvres et les femmes et on l’a crucifié. (…) Nous avons échangé dessus parce que nous subissons la pression de la population malheureuse. Les cris des femmes dans les marchés. On a échangé pour voir ce qu’on peut faire pour notre pays. Moi, personnellement, je pense à la CEDEAO, un marché de 335 millions d’habitants qui a besoin d’avoir une monnaie unique et une armée fédérale pour que nous ayons enfin la possibilité pour que nos enfants ne prennent la méditerranée pour leur tombeau… »

Germin DJIMIDO 

Franck Kpassassi, porte-parole de la jeunesse ABT à propos de la suspension de l’honorable AffoTidjani: « Il ne s’agit pas d’une radiation »

Franck KPASSASSI EpLe porte-parole de la jeunesse de l’Alliance pour un Bénin triomphant (ABT), Franck Kpassassi, a saisi l’occasion des micros et caméras de « Café Médias Plus », pour porter la lumière sur les réelles raisons de la suspension de l’Honorable Affo Tidjani de cette alliance politique. C’était le vendredi 14 avril dernier à la Maison des Médias.

« L’alliance ABT est une école politique où les règles demeurent comme telles. Elle n’entend pas s’écarter de ses idéologies et valeurs. Tant sur le plan structurel que fonctionnel, cette alliance reste et demeure attachée à sa ligne de conduite ». Ce sont les premières déclarations du second invité du 139ème numéro de Café Médias Plus sur la rigueur qui s’applique pour faire respecter les idéologies de cette famille politique. « La suspension de l’honorable Affo Tidjani est un acte d’idéologie, de préservation des valeurs intrinsèques de l’alliance ABT », a déclaré l’invité. Pour lui, l’alliance ABT est dotée d’une ligne de conduite que suivent ses membres. Donnant les raisons de la suspension, Franck Kpassassi a évoqué le rejet par l’honorable de la recevabilité du projet de révision de la constitution. A l’en croire, ce dernier n’a nullement formulé d’observations ni de propositions à l’encontre dudit projet au sein de l’alliance ABT. Il a par ailleurs expliqué que sa suspension n’est nullement une radiation de l’alliance ABT, mais plutôt un rappel de Affo Tidjani qui précisera dès lors sa vraie position. A travers cette sortie médiatique, Franck Kpassassi a de nouveau réaffirmé au nom de la jeunesse de l’alliance ABT toute leur confiance totale au gouvernement de Patrice Talon. Selon lui, le Programme d’action du Gouvernement augure d’un lendemain meilleur à la jeunesse béninoise. « Beaucoup ont intérêt que le Président Patrice Talon échoue, mais nous, jeunes, nous n’avons point intérêt », a insisté l’invité, tout en invitant la jeunesse à ne s’interroger qu’à ce qu’elle peut apporter au développement de leur pays.

Rastel DAN