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Le triomphe de la vérité

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Baisse de l’effectif des candidats aux examens de fin d’année: La fraude scolaire en pleine régression


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Yves Kouaro Chabi, ministre des enseignements secondaire, technique et de la formation professionnelle

Comme l’année dernière, les effectifs de candidats aux différents examens de fin d’année ont baissé de façon visible. Cette situation provient surtout de la plateforme scolaire EducMaster qui contribue à éradiquer la fraude des collèges et lycées.

L’école béninoise se débarrasse peu à peu des fraudes qui l’ont rendue malade ces dernières années. Telle est la conclusion que l’on pourrait tirer au regard de la tendance baissière des effectifs de candidats enregistrée lors des examens de fin d’année. Par exemple, pour ce qui est du BEPC, l’effectif des candidats a connu une baisse de 17,96 % par rapport à 2021, étant passé de 119. 746 candidats contre un total de 145.959 l’année dernière. Cette même baisse s’observe au niveau du Baccalauréat 2022 où le nombre de candidats est passé de  82.958 en 2021 à 77.416 candidats en 2022, soit une régression de plus de 5.000 candidats correspondant à un taux d’environ 6,69%.

La plateforme EducMaster comme principale cause

« La Plateforme EducMaster est selon moi la base même de ce changement », affirme Alain T. Houssou, enseignant de PCT. Depuis 2018, la plateforme EducMaster a été mise en place au ministère des Enseignements secondaire, technique et de la Formation professionnelle par une équipe dirigée par le professeur Abdou Wahidi Bello.  Elle se charge de la gestion  des inscriptions, des notes, des effectifs et des différents personnels en place dans le secondaire. Comment cette plateforme a-t-elle favorisé cette baisse ? « Il y des candidats qui reprennent les classes dans le public et qui vont s’inscrire dans le privé en classe d’examen, surtout ceux qui reprennent la quatrième et la première et qui vont s’inscrire après en troisième ou en terminale. Ces cas étaient légion, mais aujourd’hui avec la Plateforme EducMaster, on a remarqué que cela a réduit les effectifs de façon drastique dans les classes de troisième et terminale », souligne Charles Ehouinsou, professeur de français.  Il est devenu presque impossible pour les élèves de passer d’une classe à une autre sans en avoir réuni les conditions. Résultats, au niveau des classes de quatrième et de première, les cas d’abandon sont élevés, bon nombre d’élèves étant réfractaires à l’idée de redoubler et se retrouvant coincés par le privé qui refuse dès lors de les accepter en classe d’examen du fait de la plateforme EducMaster.  Mais à cela s’ajoutent les taux de réussite observés aux différents examens l’année dernière. Avec 60,50 % de réussite en 2021, le BEPC a connu un taux de succès qui a dégarni bon nombre de classes, privant les classes de troisième d’un nombre important de redoublants. « Les forts taux de réussite aux examens ces dernières années ont aussi contribué à ce phénomène de baisse », estime Alain T. Houssou. Le ministre des enseignements secondaire Yves Chabi Kouaro l’explique  lorsqu’il soutient que : « la maîtrise du rythme scolaire depuis l’éradication des mouvements de débrayage et de grève a permis de ramener une stabilité dans le système ; stabilité dont les fruits commencent à mûrir avec, comme illustration tangible, le taux de réussite relativement important, pour ne pas dire inédit de 60,50 % de l’année dernière ». Les chefs d’établissement ont aujourd’hui une obligation de résultat, ce qui les contraint à éviter toute forme de favoritisme dans le recrutement des élèves, surtout dans les classes d’examen. A chaque rentrée, chaque directeur d’établissement est doté d’une lettre de mission qui l’oblige à faire un bon travail. Avec moins de 20 ou 30% selon les années, ils sont systématiquement relevés de leurs fonctions.

Une exception notable

Dans ce mouvement de baisse observé au niveau de l’enseignement général, on remarque toutefois que l’enseignement technique et les formations professionnelles font exception. Au Bac 2022, ils étaient 4.850 candidats de ces séries contre 4.027 en 2021, soit un taux de croissance d’environ 20,43%. Selon le directeur de cabinet du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Professeur Rogatien Tossou, cette hausse est la concrétisation de la vision du gouvernement d’orienter les apprenants vers l’enseignement technique. L’objectif visé est d’amener 70% des apprenants vers l’enseignement technique. Mais cela n’est pas sans inquiéter des acteurs du système éducatif dont certains soulignent les dangers d’une trop grande professionnalisation de l’enseignement.

Olivier Allotchémè

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