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Le triomphe de la vérité

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Bilan An 1 de Talon 2 : « Le Gouvernement en action »: Jean-Michel Abimbola présente un bilan élogieux au plan culturel


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Jean-Michel Abimbola, ministre en charge de la Culture

L’ambition et la vision de faire du secteur culturel un levier essentiel de l’économie et de propulser le Bénin au rang des destinations de rêve en cours, sont soutenues par des investissements massifs de plus de 600 milliards de francs CFA pour le compte du second quinquennat. Après un an d’exercice, le ministre du Tourisme, de la Culture et des Arts, Jean-Michel Abimbola a fait le point de réalisation des projets. Pour lui, le Bénin est en passe de devenir un hub touristico-culturel de qualité.

Emission-bilan An 1 de Talon 2 : « Le Gouvernement en action »

Entretien avec le Ministre du Tourisme, de la Culture et des Arts, M. Babalola Jean-Michel Hervé ABIMBOLA

(« En matière de tourisme, les investissements inédits en cours seront accélérés pour faire du secteur un levier essentiel de notre économie et propulser le Bénin au rang des destinations de rêve… ». Cette phrase forte du Président de la République extraite de son discours d’investiture du 23 mai 2021, est tout un programme. Une ambition et une vision soutenues par des investissements massifs de plus de 600 milliards de francs CFA dans le secteur pour le compte de ce second quinquennat.

– Après un an d’exercice, que peut-on retenir de la réalisation des projets et réformes contenus dans le PAG 2021-2026 ?

– Le Bénin est-il en passe de devenir hub touristico-culturel de qualité ?

Monsieur Babalola Jean-Michel ABIMBOLA, Ministre du Tourisme, de la Culture et des Arts met en lumière, pour vous, d’enrichissants éléments d’appréciation.)

Monsieur le Ministre, nous étions le 06 janvier 2022 au Palais des congrès de Cotonou, où a été lancé le Programme quinquennal 2021-2026 du Gouvernement. A quoi devrait-on s’attendre dans ce Programme quand on est Béninois amoureux du tourisme, de la culture et des arts ?

Je voudrais dire que le Ministre en charge de ces secteurs que je suis, a beaucoup d’honneur et d’émotions de se rendre compte qu’enfin dans notre pays le Bénin, le Gouvernement a décidé depuis 2016, de mettre le meilleur potentiel que nous avons au cœur des stratégies de développement pour la création de richesses et d’emplois au profit de la jeunesse. Le meilleur potentiel que nous avons au Bénin à savoir le patrimoine, la culture, les arts, et les potentialités touristiques. Les Béninois doivent alors s’attendre à ce qu’au bout de cinq (05) ans, nous puissions avoir une offre touristique densifiée et qui soit suffisamment à niveau pour que le Bénin puisse tenir toute sa place sur le continent et à travers le monde sur ce produit qui est devenu aujourd’hui un produit d’intérêt et de consommation à travers le monde, une véritable industrie, le tourisme. Nous pouvons également avoir au bout de ces cinq (05) années des infrastructures culturelles et artistiques majeures à savoir des institutions muséales aux normes internationales, des sites touristiques et nous nous rendrons compte que notre pays compte sur la scène internationale en matière d’art. Nous aurons également un environnement propice à l’éclosion et au développement des industries culturelles et créatives permettant de mieux professionnaliser ces secteurs qui étaient considérés avant comme des secteurs où on arrivait par accident ou en désespoir de cause. Désormais, ceux qui sont formés pour ces métiers pourront avoir de véritables emplois. Les uns et les autres se rendront compte que c’était évidemment un bassin qui était laissé à l’abandon alors qu’il pouvait apporter beaucoup aux populations et à notre pays. La perspective dans cinq (05) ans, c’est un tissu culturel artistique et touristique densifié, une offre largement à la hauteur permettant d’accueillir des visiteurs nationaux et internationaux et surtout un puissant moyen de révélation de notre pays aux africains et au-delà du continent africain. 

On parle d’un investissement projeté de 700 milliards de francs Cfa dont 600 pour le PAG 2 dans les projets et réformes. A quoi doit-on s’attendre concrètement et en quoi ce programme diffère-t-il du précédent pour que ce qui concerne les volets culture, arts et tourisme ?

Il n’y a pas de discontinuité entre le premier et le deuxième mandat. Il faudrait qu’au-delà des deux mandats du Président Patrice Talon, nous puissions continuer dans cette dynamique, je parle en ce qui concerne la vision et l’ambition de développement de notre pays. Nous allons avoir un complément de 600 milliards de francs Cfa qui viennent s’ajouter à ce que nous avons déjà investi lors du premier mandat. C’est tout cela qui nous amène à peu près à 700 milliards de francs Cfa, soit plus d’un milliard d’euros. C’est inédit, c’est massif et c’est important. C’est la première fois sur notre continent qu’un pays africain dispose d’un programme volontariste, d’une politique publique suffisamment pensée et d’un investissement aussi massif dans ces secteurs qui généralement, sont considérés comme moins prioritaires, parce qu’au quotidien, nous avons le souci d’avoir la route, la santé, la lumière, etc, et nous avions oublié qu’il fallait avoir des secteurs pour occuper la jeunesse, pour enrichir la population et pour valoriser ce que nous aïeux nous ont légué.

De 2016 à 2022, avec ce PAG 2 que vous venez de lancer, est-ce que c’est profitable au pays ?

En ce qui concerne le tourisme, j’ai l’habitude de dire que c’est un peu comme le thé. C’est un infuseur direct auprès des populations. Quand un touriste vient dans votre pays, il ne va pas déposer son argent à la banque. Il consomme directement au bénéfice des populations. Elles sont directement impactées positivement. Quand nous créons un hôtel au-delà du fait que les gens viendront dans les chambres, vous imaginez toute l’économie qu’il y a autour parce ce qu’il faut des routes pour aller dans cet hôtel. Il faut qu’il y ait l’eau, l’électricité, l’internet. Il faut un niveau de qualité des soins de santé. Une fois que le client est là, il va manger, faire des sorties, visiter des sites. Tout ceci va directement au bénéfice des populations. Aujourd’hui, à travers le monde, il n’est plus question de douter de l’intérêt ou du bénéfice du tourisme. C’est une véritable industrie, un véritable moteur de croissance. En ce qui concerne la culture et les arts, indéniablement, vous avez vu ces derniers temps tout l’intérêt de la culture et des arts. Quand on parlait de la culture au Bénin, la plupart d’entre nous, pensait que c’était juste le folchlore, que c’était juste la musique. C’est une véritable économie. Vous avez vu l’exposition diptyque quand je prends juste l’exemple des arts. Des gens sont venus de partout au Bénin et de l’extérieur. Ils ont dû investir dans les moyens de transport. C’est également un fort bénéfice pour la jeunesse béninoise. Quand nous prenons le monde des arts plastiques, quand on disait celui-là est un artiste, chacun s’imaginait quelqu’un au bord de la rue en train de quémander sa pitance. Mais aujourd’hui, vous avez vu jusqu’à quel niveau on peut porter les artistes plasticiens. Sur la scène internationale, les artistes plasticiens béninois sont très appréciés et très côtés. Aujourd’hui, vous n’avez plus d’exposition majeure dans le monde des arts plastiques sans que le Bénin ne soit présent notamment, à travers ses artistes. Le Gouvernement veut mieux structurer tout ceci pour mieux relever les artistes plasticiens afin que cela profite au Bénin à travers des expositions, des événements majeurs et la construction d’un musée des arts contemporains à Cotonou.

Vous faites bien d’aborder l’exposition diptyque avec ce qui a été l’élément majeur de l’année 2022, la restitution de 26 trésors royaux ayant appartenu au royaume du Danxomè. On sent une sorte d’immersion dans l’histoire avec le processus qui a abouti à cette restitution, l’exposition des trésors royaux avec celle des œuvres d’art contemporain. Comment en est-on arrivé là ?

Il faut savoir que depuis les indépendances, les intellectuels africains, notoirement les intellectuels béninois, souhaitaient la restitution des œuvres qui nous ont été légitimement pris. Plusieurs personnalités, plusieurs hommes politiques à travers les différents régimes ont essayé. Mais c’était toujours des demandes de principe. Il n’y avait pas une volonté, une dynamique encore moins une méthodologie. Il faut reconnaitre que nous avons eu la conjonction de deux éléments importants pour y arriver. Il y a eu dans un premier temps la volonté du Gouvernement à travers son chef, le Président Patrice Talon qui très tôt, a marqué cette volonté à travers une demande au Gouvernement français du Président François Hollande. Cela n’avait pu aboutir. Mais le Gouvernement béninois ne s’est pas découragé. Nous avons eu ensuite un écho du côté français avec l’arrivée du nouveau Président Français, un président plus jeune et plus moderne qui a dit oui. Il faut donc saluer la vision et la volonté du Président Talon et le courage du Président Emmanuel Macron. En tant que tel, nous avons un certain nombre de pays et institutions à travers le monde qui nous sollicitent pour que nous puissions expliquer la méthode béninoise. La méthode béninoise n’était pas une méthode agressive, encore moins une méthode de revendication. La méthode béninoise était une méthode pensée et qui était ancrée dans la vision de développement économique. Une méthode de coopération bilatérale entre la France et le Bénin au bénéfice des populations. Cela rentrait dans une vision. La preuve, nous n’avons rien improvisé de tout ce que nous faisons jusque-là. On a vu aujourd’hui sur le site toutes les franges de la population : les grands intellectuels, les professeurs agrégés d’université, les bonnes dames du marché, nos têtes couronnées, les enfants, etc. C’est une joie pour le Gouvernement de voir l’intérêt des populations béninois. C’est un franc succès. Je peux vous avouer que je suis étonné par ce succès qui a dépassé largement nos attentes puisque nous avions mis la jauge à un certain niveau et nous l’avons dépassé plus de deux ou trois fois. Pourtant, l’exposition n’était pas ouverte tous les jours. Elle était ouverte les jeudi et vendredi en demi-jour et les samedi et dimanche en journée. Nous avions eu en moyenne 4.155 visiteurs par jour. C’est énorme, quand vous comparez les chiffres à ceux des musées à l’international. Des gens pouvaient se demander comment nous comptions les visiteurs. Euh bien ! Le Bénin sait bien faire les choses également aujourd’hui. Nous avions mis en place une équipe de l’INSTAD, une équipe de médiateurs culturels et une équipe de la sécurité du palais présidentiel. Ces trois équipes faisaient les statistiques, et après elles étaient analysées par les équipes de l’INSTAD de façon scientifique.

On voit donc que c’est un gain positif pour le Gouvernement qui a eu l’idée de rapatrier ces œuvres et d’y associer les œuvres contemporaines. Est-ce que ça vous met une certaine pression dans le Programme quinquennal qui vient de démarrer par rapport aux autres projets?

Au contraire, c’est enthousiasmant. Je vais vous faire une confidence. Vous n’ignorez pas que j’avais déjà été Ministre de la culture sous un autre régime. J’avais d’autres équipes avec moi et nous avions le même enthousiasme. Nous n’avions peut-être pas les mêmes possibilités, les mêmes moyens qu’aujourd’hui. Aujourd’hui, nous pouvons totalement nous déployer. C’est donc une joie pour nous de pouvoir montrer aux populations béninoises qu’il n’y a pas que le business ordinaire que nous connaissons mais qu’il y a des choses nobles qui peuvent également enrichir intellectuellement et matériellement. Vous avez pu voir qu’au lancement de cette exposition, le monde entier était au Bénin. Nous avions les plus grands marchands d’art, les plus grandes galeristes, les grands collectionneurs, les présidents des musées en France et ailleurs. Nous avions des commissaires et curateurs, la presse spécialisée, parce que c’est un évènement majeur. Nous avions toutes les catégories de visiteurs. Très franchement, c’est une grande satisfaction et ce n’est pas étonnant que le Président de la République ait dit : « C’est ça le Bénin révélé ». C’est ce que nous voulons pour le Bénin dans tous les domaines, que nous puissions tenir la dragée haute. Quand quelqu’un vient dans une exposition au Palais de la Marina et prochainement dans les musées en construction, il doit pouvoir se demander : « Suis-je au Bénin? Suis-je au Japon ? Suis-je aux Etats Unis ? » Une fois dans les rues, il doit se demander « Suis-je dans un pays d’Afrique ? » On ne doit plus dire : le Bénin est un pays d’Afrique mais on doit dire : « le Bénin, un pays tout simplement ». Voilà ce que nous sommes en train de faire et je voudrais que chaque Béninois puisse être fier de cela. Le Président de la République et tout le Gouvernement se donnent du mal et j’espère que demain, les Béninois seront tous fiers de ce que nous faisons. Pour moi, c’est simple, je suis dans une matière qui réunit les gens, une matière où tous les Béninois, quels que soient leurs origines, leurs philosophiques, leurs bords politiques, devraient être fiers de leur culture. Voilà pourquoi nous le faisons avec enthousiasme.

Nous allons rester sur cette question du patrimoine culturel pour évoquer d’autres évolutions enregistrées au cours de ces douze derniers mois ; la question de ces restitutions au plan national

Tout ça n’est pas un hasard. C’est structuré et bien pensé. Quand nous parlons de restitution d’œuvre, c’est vrai que nous avons commencé par la France, un pays avec lequel nous avons eu une histoire particulière, mais nous sommes dans une dynamique pour récupérer des œuvres partout où ces œuvres se trouvent, mais pas toutes les œuvres. Nous avons également au plan continental, au plan national donc chez nous, des collectionneurs d’œuvres qui ont un intérêt patrimonial, un intérêt emblématique pour le Bénin. Nous sommes dans cette dynamique et nous discutons avec les uns et les autres. Nous avons réussi à avoir un accord avec Monsieur POPOVIC qui a une collection importante que nous avons inventoriée. Nous sommes parvenus à un accord avec lui et il a fait une donation à l’Etat béninois d’une centaine d’œuvres (…) Nous discutons avec d’autres institutions privées, confessionnelles publiques, en France, au Bénin, ou ailleurs pour que l’Etat puisse non seulement avoir la possibilité d’inventorier, mais également avoir la possibilité de récupérer au profil du patrimoine national un certain nombre d’œuvres. Ce n’est donc pas disons un coup en passant et nous poursuivons également cette dynamique en France, en Europe, en Amérique, en Afrique et également au Bénin. Nous avons lancé avec l’école du patrimoine africain (EPA) prise comme bras technique, un inventaire du patrimoine national et cet inventaire a permis aujourd’hui d’inventorier à peu près 3000 œuvres à travers tout le territoire béninois. Nous avons vocation à recommencer cet inventaire parce que nous avons beaucoup communiqué là-dessus mais peut être certains ont eu des appréhensions pour dire que si l’Etat sait que j’ai telle ou telle pièce, c’est peut-être pour me saisir la pièce. Non pas du tout (…) Donc nous avons besoin de cet inventaire national du patrimoine. Même chose pour le patrimoine immatériel. Pour ce qui concerne le patrimoine immatériel, les termes de référence sont déjà prêts et très bientôt, nous allons également lancer cet inventaire. Nous sommes en train d’y travailler notamment, avec l’UNESCO. Nous sommes en train de rattraper des années de désinvolture. Nous y allons progressivement et je suis persuadé qu’on va y arriver et chacun comprendra là où nous voulons aboutir.

Notre pays regorge d’un patrimoine culturel assez riche, que faites-vous pour le révéler davantage. Je prends par exemple le processus d’inscription du Koutamakou et la Gaani.

Le Koutamakou est un habitat typique d’une certaine région de l’Atacora que nous partageons avec une partie du Togo. Mais nous avons à peu près le périmètre où vous avez les habitats typiques Tata Somba, vous avez 2/3 à peu près du territoire qui est sur le territoire béninois et seulement 1/3 sur le territoire togolais. Mais curieusement, le Togo est arrivé à faire classer comme patrimoine de l’UNESCO, l’équivalent de notre Koutamakou et nous on n’y était pas parvenu depuis longtemps. C’est un chantier que nous avions pris à bras le corps et nous sommes très optimistes et d’ici peu, le Koutamakou sera également classé comme patrimoine de l’humanité. Avec l’UNESCO, nous travaillons également pour que la Gaani soit également considérée comme un patrimoine immatériel. Nous sommes véritablement en train de faire en sorte que le patrimoine immatériel béninois puisse être valorisé.

Parlons du volet contemporain de l’exposition Art du Bénin, d’hier et d’aujourd’hui : De la restitution à la révélation. Quelles énergies ont été mises en œuvre pour parvenir à cette exposition offerte en parallèle à celle des trésors royaux

En réalité, le fil conducteur c’est de dire, les Béninois et le monde découvrent que le Bénin a un génie. Les gens disent ce génie, c’est d’il y a 200 ans, 300 ans. L’idée, c’est de montrer que ce génie est le fil conducteur du Bénin. Et nous avons toujours ce « aziza » qui existe chez nous aujourd’hui au Bénin. Il fallait mettre en écho, en dialogue le passé dont nous sommes fiers et dire que ce n’est pas seulement le passé. Mais le Bénin présent, le Bénin futur est un Bénin de talent, un Bénin de génie. Il suffit d’en être conscient et de le valoriser. C’est ce que nous avons voulu faire et je pense que la démonstration est faite justement à travers cette exposition. Quand on va voir le trône de Guézo, on est estomaqué, on se dit : c’est wow ! C’est très grand, c’est majestueux et surtout la finesse du travail, la beauté, l’esthétique. Après on se dit malheureusement, c’est un âge d’or, le Bénin d’aujourd’hui, ce n’est plus ça. Alors pour convaincre les visiteurs que le Bénin n’est pas tombé, on leur dit d’avancer un peu et d’aller voir ce que font nos plasticiens, nos contemporains. Et là, ils se disent rassurés. (…) Le Bénin a du talent. Il faut qu’on soit conscient et il faut qu’on travaille à ce que nos talents soient fructifiés, valorisés et profitent également à l’ensemble des Béninois et pourquoi pas à l’universel.

Quelle avancée peut-on enregistrer dans le domaine des arts au titre de ces douze derniers mois.

Aujourd’hui, concrètement, nous avons une Galerie nationale. C’est une institution majeure importante qui va permettre de structurer le marché de l’art et de révéler les artistes plasticiens béninois. Vous savez également que nous avons l’ambition de créer d’ici trois ans le Musée d’art contemporain de Cotonou. C’est une infrastructure majeure. Vous savez que le Bénin a participé à l’exposition Dubaï 2020 qui a eu lieu en 2022, du fait de la pandémie. Le pavillon Béninois et la Journée du Bénin ont permis de révéler aux yeux du monde l’art et le talent du génie béninois. Vous savez qu’il y a eu au Bénin, à Ouidah au Centre culturel de rencontre international (CCRI) John Smith, la résidence artistique de trois artistes africains dans le cadre de la réalisation d’une œuvre à mettre sur la coiffe de Ariane V et qui va partir dans l’espace en fin d’année 2022. C’est une affaire mondiale. Cette résidence devrait se passer en Allemagne. Le Bénin a discuté avec les uns les autres et avec Ariane espace. Ils ont décidé ainsi vu que le Bénin était capable d’héberger cette résidence ou qu’il n’y avait pas d’artiste béninois. Vous savez également qu’en ce moment, se déploie le Programme « Hors les Murs » dans le cadre de l’exposition diptyque, à savoir le Festival graffiti « Effet graff » avec des artistes majeurs du Bénin et d’ailleurs. Une délégation importante du Bénin était également à la Biennale de Venise et à la Biennale de Dakar. Sur la scène de l’art, le Bénin veut prendre toute sa place. Nous ne sommes qu’au début. Vous avez par ailleurs, au niveau de la Galerie nationale, un travail majeur qui se fait et les Béninois se rendent compte que nous commençons à avoir une collection nationale qui devient un patrimoine de l’Etat, et qui sera exposé dans le musée en construction. Nous avons une dotation de 500 millions de francs CFA pour la Galerie nationale pour l’acquisition des œuvres d’art contemporain tous les ans. Je peux vous rassurer que l’Etat rentre dans une dynamique de marché pour que les artistes puissent vivre de leur art.

Quatre réformes majeures dans le domaine de la culture : le CNOA, le Fonds de bonification de crédits pour les entreprises et industries culturelles, la création d’une agence de production de contenus et au niveau du Bubedra. Parlez-nous en très rapidement.

Il s’agit évidemment du Conseil national des organisation d’artistes (CNOA). En réalité, ça fait environ 15 ans que nous rêvons tous, le pouvoir public et les acteurs privés concernés, de pouvoir fédérer l’ensemble des artistes dans une même structure comme on le fait pour la chambre de commerce, pour les artisans, afin que ce conseil soit l’interlocuteur majeur et valable de l’Etat en ce qui concerne la définition des politiques publiques. Nous y sommes parvenus enfin cette année en 2022. Ce CNOA va nous permettre d’opérationnaliser la maison de l’artiste. Et c’est la maison de l’artiste qui va permettre demain de pouvoir donner un statut plus honorable aux artistes. Cela permettra d’identifier un artiste professionnel, un artiste semi professionnel et un amateur. C’est à travers cette structuration que l’Etat va pouvoir apporter son appui aux secteurs des arts et de la culture et créer l’environnement favorable à l’éclosion de l’industrie culturelle et créative. Nous allons également faire la nomenclature des métiers artistiques et culturels et d’ici quelques semaines, nous allons mettre en ligne le Portail culturel. Nous avons également une autre réforme majeure : la dématérialisation du système de collecte des redevances de droit d’auteur au niveau du BUBEDRA. C’est un vrai problème pour les artistes avec le système de piratage. Nous avons une autre réforme qui concerne le financement de la culture. Comment financer de façon efficace la culture ? Nous entendons de temps en temps, des artistes dire que ça fonctionne mal au Fonds des Arts et de la Culture (FAC) ou que le soutien qu’on leur apporte n’est pas suffisant comme financement. On peut améliorer le système. Nous sommes en train d’y réfléchir. Nous ne désespérons pas de pouvoir trouver la bonne formule pour y arriver. Nous avons par ailleurs, le fonds de bonification qui va permettre l’éclosion des industries culturelles et créatives. Quand vous avez un projet artistique ou culturel et vous allez voir une banque, je suis persuadé qu’il y a 100% de chance qu’on vous dise non. L’Etat veut donc mettre en place un mécanisme pour donner des garanties et pour donner des bonifications d’intérêt pour que vous puissiez créer des entreprises dans le domaine culturel. Nous avons également d’autres réformes dans le domaine du livre et de la lecture.

Nous allons aborder à présent les avancées dans le domaine du tourisme. Monsieur le Ministre, que pouvez-vous dire à ce sujet ?

Je voudrais dire que le tourisme, la culture et les arts sont un ensemble. Je dirai que les matières premières du tourisme, c’est la culture et les arts. Quand nous créons des musées, des attractions sur l’histoire ou des éléments balnéaires, c’est pour alimenter la culture et le patrimoine. La France n’a pas de pétrole mais elle a des idées et elle n’a que deux choses : l’agriculture à travers la Politique agricole commune (PAC) de l’Union Européenne et la culture à travers l’exception culturelle française. Pourtant, c’est ce qui nourrit la France en plus de quelques industries et quelques chercheurs. Le Bénin peut aussi faire pareil. Nous aussi n’avons que l’agriculture et le tourisme alimenté par la culture et les arts. En ce qui concerne le tourisme, nous sommes en train de structurer l’offre touristique et il y a un investissement massif pour son accroissement. Quand un visiteur veut venir au Bénin et constate que nous n’avons que Ganvié, il faudrait qu’il soit vraiment intéressé par ce type d’attraction pour venir au Bénin. Mais quand vous lui dites : Au Bénin, nous avons Ganvié, nous avons également le Parc national de la Pendjari, nous avons une station balnéaire, de l’historique, du culturel, du muséal, nous avons une palette d’offres bien restructurée, il est excité. Ceci permet de capter différents types de touristes au profit du développement de notre pays. Et c’est ce que nous sommes en train de faire actuellement : Investir dans l’accroissement de l’offre.  Comme annoncés, les premiers produits seront disponibles, notamment à Ouidah avec la réhabilitation à l’identique de la Place aux enchères et du Mémorial de Zoungbodji dont les travaux sont déjà achevés ; la réhabilitation du monument de la Porte du Non-retour qui sera achevée au prochain trimestre et les travaux d’aménagement de la Route l’esclave qui sont en cours. Au troisième trimestre de cette année, nous allons mettre en service le Musée international de la mémoire et de l’esclavage (MIME) à Ouidah au sein du Fort Portugais. Dans ce Fort Portugais, la Maison du Gouverneur est déjà totalement achevée. Et le volet patrimonial de l’exposition publique diptyque va rejoindre Ouidah. Ces produits sont déjà prêts. Nous avons également d’autres produits qui seront disponibles avant la fin de cette année, notamment, les deux premiers couvents dans le cadre de la « Route des couvents ». Il s’agit d’un couvent à Adjarra et d’un autre couvent à Ouidah. Les travaux de construction d’autres couvents vont démarrer afin de mettre en tourisme ce produit touristique. A terme, nous prévoyons une quinzaine de sites, couvents et/ou forêts sacrés. Sur Ganvié, il y a beaucoup de travaux en cours à travers la mise en œuvre d’un projet majeur. Mais nous avons déjà fait les aménagements provisoires à l’embarcadère et réorganiser les services. Vous savez que par le passé, à l’embarcadère touristique de Ganvié, c’était un « fourre toi ». Aujourd’hui, nous sommes en train de nettoyer et d’assainir. Ce n’est pas encore ce que nous voulons avoir à terme mais c’est un produit dont les travaux ont véritablement démarré. Il en est de même pour le Plan d’organisation spatiale déjà disponible (avec la zone d’infrastructures publiques, la zone d’activités commerciales et des réceptifs hôteliers, les zones d’habitation et les couloirs de circulation, etc). Nous avons démarré la réhabilitation des équipements sociocommunautaires et des habitats lacustres, au cours du troisième trimestre, l’aménagement de trois marchés flottants, la construction des habitats lacustres et la remise des sites de l’embarcadère d’Abomey-Calavi et de la route Akassato-Sô Ava et pour le réseau d’eau potable. Il y a également le renforcement des produits touristiques ouverts au quinquennat passé, notamment la « Route des Tata ». De nouvelles actions de revitalisation de la faune (potamochère Roux, Eland de Derby, autruche à cou rouge) sont en cours au niveau du Parc national de la Pendjari, l’amélioration des pistes touristiques et l’offre hôtelière. Pour ce qui concerne la construction du Palais royal de Nikki, les études sont achevées, la sélection de l’entreprise est en cours et les travaux débuteront au second semestre de cette année. Sur Abomey, nous avons dans le cadre du “chantier école” qui s’ouvre courant juillet-août, des équipes pour la formation des artisans dans tous les corps de métier du musée. A Porto-Novo, la rénovation du Musée ethnographique Sènou ADANDE s’achèvera au cours du prochain trimestre. Les travaux du musée Honmè débuteront également pendant ce trimestre.

Allons à présent sur le front hôtelier avec la signature en Octobre 2021, des contrats avec le Club Med. Il y a également le Sofitel et sur la route des pêches, des d’infrastructures touristiques qui sortent de terre. Parlez-nous en.

Si nous disons que nous voulons restructurer l’offre touristique et faire venir des visiteurs internationaux, si nous voulons être au même niveau que les grands pays, il faudrait que nous ayons des réceptifs de qualité pour les accueillir. Voilà pourquoi le Gouvernement a signé avec des grandes marques pour rehausser le niveau du Bénin. Pour ce qui concerne le village de vacances, il est important de préciser que c’est 330 chambres, 5 étoiles. Pour ce qui concerne le Sofitel dont les travaux avancent très vite, c’est le nouveau Sofitel 5 étoiles plus, c’est la dernière génération de Sofitel, presque un palace. Ce sera ce troisième type de Sofitel au monde et le premier en Afrique avec 200 chambres. C’est magnifique et nous en serons tous fiers. Pour les grandes marques, nous allons avoir le BANYAN TREE qui est une marque de référence. Nous avons déjà signé avec l’une de ses marques majeures, le Dhawa 5 étoiles, qui sera à la Marina à Ouidah. Nous avons également d’autres infrastructures hôtelières qui viennent. Nous avons également en cours, le développement du complexe Alédjo – Eldorado et Banyan Tree resorts Avlékété. Nous faisons également des investissements confortatifs avec l’accroissement et le confort dans l’offre hôtelière de la Pendjari (nouveau lodge). Quelle est l’idée derrière tout ça ? Quand vous êtes un visiteur et vous avez la certitude que vous avez les marques majeures, les marques de référence qui vous garantissent la qualité, vous êtes rassuré. Cela ne veut pas dire qu’il n’y aura pas les autres types d’hôtel (4 étoiles, 3 étoiles, 2 étoiles, 1 étoile). Mais l’Etat veut tirer le marché béninois vers le haut notamment, à travers ces marques majeures. Pour ce qui est des réformes structurelles du tourisme, le Gouvernement travaille sur les nouvelles conditions d’autorisation et de classement des établissements d’hébergement, de restauration et assimilés ; sur les nouvelles conditions d’agréments des agences de voyage ; sur une nouvelle règlementation du métier de guide de tourisme. Et nous aurons à terme, de nouvelles conditions d’exploitation et un système d’octroi des licences et agréments des établissements d’hébergement. Tout ceci pour une modernisation de la gouvernance du secteur. Nous avons également fait un grand pas dans la mise en place d’un Compte satellite du tourisme expérimental à travers l’élaborationd’une nouvelle nomenclature des métiers et produits touristiques du Bénin et d’un nouvel outil performant pour mesurer les flux touristiques et la contribution au Produit intérieur brut (PIB). Vous savez également que nous travaillons sur le renforcement du capital humain avec la mise en œuvre du Programme de renforcement de capacités de 54 guides du tourisme en attendant celui de 700 professionnels du THR.

Que devrait retenir les Béninois de cet entretien ?

La première chose que je veux dire à mes compatriotes, c’est de faire confiance au Gouvernement pour faire éclore la culture et l’art du Bénin. C’est pour dire aux Béninois qu’à travers la culture l’art et le patrimoine, nous serons chacun fier de notre culture et nous serons des ambassadeurs de notre culture pour révéler notre pays à nous-mêmes et au reste du monde. Je voudrais également dire que l’investissement qui est fait est un investissement massif, c’est un travail méthodique que nous faisons. C’est un travail lent parce qu’on ne voit pas tout de suite les effets. Mais on commence à voir que ça frémit. On commence à se rendre compte du potentiel que nous avons. Je veux dire que ceux qui jusque-là n’osaient pas épouser les métiers de la culture, du patrimoine, des arts, du tourisme, c’est le moment de le faire. Les prochaines années, il y aura une effervescence. Les artisans, les paysans et autres diront : pourquoi je n’ai pas fait un métier de patrimoine, un métier de tourisme, de l’hôtellerie ou de la restauration. Je voudrais également saluer tout le secteur privé mobilisé au côté du Gouvernement et je voudrais que sous l’impulsion du Président Patrice Talon, avec l’enthousiasme et l’engagement de tout le Gouvernement, la culture, le tourisme et les arts seront une source d’enrichissement, une source de fierté pour notre pays le Bénin.

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