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Le triomphe de la vérité

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Evaluation de la gouvernance des Etats: Washington félicite le régime Talon pour son combat contre la corruption


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Le ministre d’Etat Abdoulaye Bio Tchané, se faisant ovationner par les panélistes et la directrice générale du FMI, Christine Lagarde assise à ses côtés

L’exemple du Bénin sert désormais à illustrer les efforts des Etats dans le cadre de la campagne du Fonds Monétaire International (FMI) en faveur d’une meilleure gouvernance. L’institution qui totalise 189 Etats membres a choisi le ministre d’Etat en charge du plan et du développement pour animer un panel sur le sujet dans le cadre des Réunions du Printemps du Fonds Monétaire International (FMI) et du Groupe de la Banque Mondiale à Washington ce dimanche 22 avril 2018. Le thème développé au cours de ce panel est : « Rétablir la confiance en luttant contre la corruption ». En dehors d’Abdoulaye Bio Tchané, il y avait Christine Lagarde, Directrice Générale du FMI, Lea Giménez Duarte, Ministre des Finances du Paraguay, Penny Mordaunt, Secrétaire d’État au Développement International du Royaume-Uni, et Patricia Moreira, Directrice générale du Secrétariat international de Transparency International. La modération était assurée par Greg Ip, Économiste en chef pour le journal américain The Wall Street Journal. Le ministre Bio Tchané n’a pas manqué de souligner les initiatives prises par le gouvernement dans le cadre de sa lutte contre la corruption, en mettant l’accent sur les principes de base : « Dans un environnement de corruption généralisée, l’une des choses les plus visibles, c’est que les gens ne sont pas sanctionnés. Il y a bien sûr des lois mais personne n’a intérêt à ce qu’elles soient appliquées. Le premier signal permettant de montrer que les choses vont changer, c’est de mettre fin à l’impunité, de sanctionner les gens, jusqu’au niveau le plus élevé si possible. » Ceci passe, a-t-il indiqué, par le retour de la confiance des citoyens vis-à-vis du système judiciaire. « Le second facteur, c’est le leadership politique engagé pour la lutte contre la corruption », a-t-il noté avant d’ajouter que les organisations de la société civile ont un rôle crucial à jouer : « Une société civile forte est indispensable dans la lutte contre la corruption partout dans nos pays », a-t-il dit. Les actions anticorruption citées sont, entre autres, la bancarisation du paiement des salaires et du paiement des impôts.  « Je pense que c’est un bon exemple, comparable à ce qui s’est passé en Afghanistan où en un mois, la bancarisation du paiement des salaires a fait disparaitre des poches de détournement », a indiqué Christine Lagarde qui a aussi salué les efforts du Bénin notamment en ce qui concerne la transparence dans la gestion des marchés publics.

Une nouvelle politique du FMI

Au cours des échanges, la directrice générale du FMI a annoncé la mise en place par son institution d’un nouveau cadre réglementaire pour permettre à ses équipes, lors de leurs missions annuelles sur le terrain, d’évaluer de manière régulière «la nature et la gravité de la corruption». Ce nouveau cadre sera mis en application dès le 1er juillet prochain. Pour Christine Lagarde, l’élaboration d’un programme d’aide du FMI pourrait être l’occasion «de mettre un maximum de pression» pour exiger des informations complètes. Le Fonds entend s’attaquer aux acteurs privés, dont les multinationales, qui se livrent à des pratiques de corruption ou qui contribuent au blanchiment d’argent. L’institution s’apprête à examiner si les Etats « criminalisent et jugent le versement de pots-de-vin à des fonctionnaires étrangers et s’ils disposent de mécanismes adéquats pour éradiquer le blanchiment et la dissimulation d’argent sale». A cet égard, la Directrice Générale du FMI a annoncé que son institution pourrait demander à examiner le détail des contrats des entreprises, que ce soit dans les secteurs minier, de la construction et des télécommunications. Patricia Moreira, DG de Transparency International a rappelé, pour sa part, que « 57% des gens à travers le monde pensent que leurs gouvernements ne font pas assez d’effort dans la lutte contre la corruption ».

Olivier ALLOCHEME

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