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Festival international du poivre d’Ahita: Le poivre du Bénin se fraie son chemin à Sakété


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Un festival international du poivre s’est tenu ce vendredi 25 novembre 2022 à Ahita, dans la commune de Sakété. C’était l’occasion pour  les passionnés de cette épice d’égrener ses bienfaits pour l’économie de ce village et celle du Bénin, sans oublier les exigences d’une plante qui porte de nombreuses promesses.

De quoi s’agit-il : A Ahita, dans la commune de Sakété, département du Plateau, pousse une plante herbacée qui fait vibrer les passionnés. C’est le poivrier. Il donne le poivre qui est, après le safran et la vanille, la troisième épice la plus chère au monde. Le docteur Mamoudou Alao Afolabi, chirurgien béninois vivant en France depuis plus d’une trentaine, a décidé d’en faire une culture intensive à Ahita, un petit village dont le sol a des prédispositions pour la culture du poivre. Il s’agit du  poivre de Penja qui a obtenu en 2013 la toute 1ère  IGP (Indication Géographique Protégée) africaine, au Cameroun. « Nous allons faire de ce village l’épicentre du poivre au Bénin », annonce le docteur Alao, au milieu de sa plantation. Quatre hecatres de poivriers soigneusement entretenu par un personnel rompu à la tâche. C’est ici, au milieu des champs, que le chirurgien a eu l’idée d’inviter des passionnés venus de France, du Bénin et du Cameroun pour le premier festival international du poivre d’Ahita. L’événement a eu lieu ce vendredi 25 novembre 2022.

Pourquoi cultiver le poivre : Dans un premier temps, les festivaliers, une quarantaine, ont eu droit à une phase théorique qui s’est déroulée au centre universitaire de Sakété situé toujours à Ahita. A cette occasion, la parole a d’abord été donnée à Justin Fouda Ayissi, un expert en culture du poivre venu du Cameroun. Pour lui, il est temps que les Africains se débarrassent des cultures esclavagistes qui ne font que l’appauvrir davantage. Et de citer le cacao, le café et toutes ces cultures industrielles qui enrichissent plutôt l’Occident. Une tonne de poivre coûte environ 5 millions sur le marché local et beaucoup plus sur le marché international. « En Afrique, dit-il, le poivre à lui tout seul peut rendre riches des communautés entières. »   Et c’est pourquoi, le docteur Alao rêve de changer la vie des habitants d’Ahita. Certains de ceux-ci ont des pieds de poivriers depuis des décennies à l’arrière-cour de leurs maisons. Et il entend en faire un label qui marquera le développement du village. Déjà, d’autres amateurs tentent l’expérience dans la région.

S’agit-il d’argent facile : Mais il faut calmer tous ceux qui pensent qu’il s’agit d’argent facile à gagner. « Le poivrier demande beaucoup de travail, de la rigueur et surtout de la passion », rectifie le docteur Mamoudou Alao Afolabi. Il s’agit surtout d’un travail d’équipe, conduit par des ouvriers déterminés et formés. Dans sa plantation, les poivriers montent vers la cime de leurs tuteurs, des hysopes. Mais il a trouvé un autre arbre qui pousse tout aussi bien dans la région, pour remplacer l’hysope : il s’agit du sablier appelé en fon “Danmanlia” à cause de ses épines. On l’aura compris, le poivrier pousse et se développe toujours autour d’un tuteur qui soutient son ascension. Les deux plants se développent ensemble. D’où un double travail pour le planteur qui doit nettoyer son champ au moins trois fois par an pour empêcher les herbes de concurrencer avec la plante. Et quand on lui demande pourquoi il investit autant d’argent et d’énergie dans une culture qui met environ quatre ans avant de pouvoir les premières grappes, le docteur rappelle que nous avons à faire à une plante pérenne qui, quand elle commence à donner, vit pendant au moins 50 ans.

Par ailleurs : Le poivre est aujourd’hui une spéculation agricole développée dans seulement quelques pays dans le monde. Les plus gros producteurs sont le Vietnam, l’Inde et le Brésil qui contrôlent un marché toujours vorace. La production est en effet largement en-dessous des besoins réels. Résultats, le prix du poivre sur le marché international ne cesse de grimper depuis quelques années.  

Olivier Allocheme

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