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Le triomphe de la vérité

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Dossier spécial Coupe du monde Brésil 2014/Wabi Gomez, ancien sélectionneur des Ecureuils, décortique le mondial brésil: «J’ai apprécié les entraineurs des équipes sud-amércaines »


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Il existe et demeure le seul et unique sélectionneur béninois d’origne à avoir qualifié le Bénin pour la Can en 2008. Il suit aussi de très près depuis Atrokpocodji à Godomey, la coupe du monde au Brésil. Il s’est intéressé à l’organisation de la compétition, au niveau des équipes en place et aux philosophies de jeu proposées par les différents techniciens. Il dit ses propositions pour voir un Bénin émergent au football.

L’Evénement Précis: Vou êtes un ancien entraineur des Ecureuils du Bénin. Vous suivez actuellement la coupe du monde. Que pensez-vous de l’organisation et du niveau des équipes ?

Wabi Gomez : Je pense que l’organisation  est parfaite lorsqu’on regarde tout ce qui se passe à la télévision. Le calendrier des matches est suivi à la lettre. Les stades sont magnifiques et sont toujours pleins. Par rapport au niveau de la compétition, je peux dire qu’il est bon et très appréciable même. On a eu droit à de très bons matches qui ont retenu l’attention du monde entier.

Parlons de votre domaine. Quel est le niveau général du coaching des 32 pays à mi-parcours ?
Bon ! (hésitant)…Pour parler de coaching…ben … je dirai que personnellement j’ai apprécié les entraineurs des équipes sud-amércaines. Lorsqu’on voit la compétition à ce niveau, ces équipes ont émreveillé le monde entier et démontrent que ceux qui travaillent récoltent les fruits de ce qu’ils font. Et quand on revient en Europe et qu’on voit un peu l’Espagne, l’Angleterre et consorts, ils disent déjà au revoir à la compétition bien que là il y a beaucoup d’éléments à prendre en considération à savoir que lorsque je prends le cas de l’Espagne, ce sont des joueurs en fin de cycle. La deuxième chose c’est que le championnat national et les compétitions continentales ont usé ces acteurs. L’Angleterre a commencé par miser sur sa jeunesse actuellement. Les cadres qui sont là n’arrivent pas à mieux orienter les jeunes parce que fatigués par les championnats aussi. Lorsque vous mettez ces aspects ensemble, on est un peu déçu. En Afrique, on a actuellement un genou à terre. Mais grâce au Ghana, à la Côte d’Ivoire, au Nigéria et à l’Algérie qui ont fait des sorties remarquables lors de leur 2ème journée, l’Afrique peut placer au moins deux en huitièmes.

Comment voyez-vous le niveau du footballeur africain par rapport aux autres ?
Là il y a beaucoup à dire. Les Européens et les Sud Américains qui émergent aujourd’hui sont plus forts au niveau de la tactique. Nous en Afrique, on ne commence pas tôt le travail avec les joueurs. Nos joueurs n’ont pas une connaissance tactique dès le bas âge. C’est seulement lorsqu’ils vont en Europe qu’ils apprennent les bases tactiques. Ce qui n’est pas normal. Il faut maintenant combler forcement ce vide. Entre ce que les joueurs africains font en clubs et en équipe nationale, c’est le jour et la nuit. Il faut le football à la base dans les pays africains pour surtout travailler le côté tactique et la gestion du temps avec les cadets et les juniors.  Regardez bien les pays africains à cette compétition. Ils gèrent mal les derniers instants. Le cas du Ghana, de la Côte d’Ivoire et de l’Algérie est édifiant. Il y a le nivellement de nouvelles équipes. C’est le cas de l’Iran, du Costa Rica, le Chili…Ce sont des pays qui travaillent en profondeur.

Il y a deux entraineurs africains à cette compétition. Comment les voyez-vous par rapport aux autres ?  
J’ai une admiration particulière pour le coach ghanéen. Il a montré son niveau à travers le jeu proposé par son équipe. C’est une équipe qui monte en puissance. Kwesi Appiah est en train de montrer qu’il y a de la valeur en Afrique et qu’on peut faire confiance à un technicien du continent. Je suis satisfait de ce que fait mon collègue ghanéen. A un degré moindre, Keshi aussi qui a commencé par retrouver ses sensations. On aimerait voir un Nigéria plus conquérant pour juger de la valeur réelle du coach Keshi.

Comment faire pour qu’un jour le Bénin se retrouve à un tel niveau ?
Quand on aborde le football béninois, d’aucuns en font un problème de personnes. Les dirigeants pensent qu’on les traite d’amateurs, de voleurs, d’apatrides. Il y a un travail de fond à faire pour le football béninois. Il faut qu’on fasse un choix. Lorsqu’on dit qu’on veut travailler à la base, ce n’est pas seulement envoyer les joueurs dans les compétitions internationales. Il faut insister sur la formation réelle de nos enfants dès le bas âge. Ce travail, c’est un ensemble et ce n’est pas seulement la technique. Le Béninois est doué naturellement. Là où le bât blesse, c’est surtout au niveau tactique. Les cadets qui ont gagné dernièrement au Togo sont où actuellement ? Les juniors éliminés par le Congo ? Il faut revoir la formule du championnat national (1ère et 2ème divisions). Il faut mettre les moyens à disposition des clubs. Il faut motiver les vainqueurs de la compétition pour qu’on puisse voir le niveau réel du footballeur béninois dès qu’il est motivé. Les équipes aussi doivent avoir à leur tête des techniciens huppés. Tout ceci aura une répercussion sur le Onze national.

Que peut-on retenir en guise de conclusion ?
Je tiens à vous remercier. C’est vraiment un plaisir que vous me faites. Je n’ai pas la prétention d’avoir tout dit. Je souhaite qu’un jour mon pays se retrouve à ce niveau. Nous en avons les moyens et les joueurs. Il faut qu’on soit indulgents les uns envers les autres. Il faut l’union sacrée autour de ce football béninois. C’est ensemble que nous pouvons changer le cours des choses.

Propos recueillis par José Mathias COMBOU

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