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Le triomphe de la vérité

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Edito: Le retour de Paris


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Les maires FCBE ont donné le top des manifestations pro-Yayi qui vont se généraliser bientôt pour célébrer le triomphe de Paris. Messes et meetings ont commencé à bourgeonner de-ci de-là pour dire les hauts faits de l’homme qui réussit par le coup de baguette, à nous bombarder de 10.000 milliards de FCFA pour les cinq prochaines années.
C’est en effet d’un nouveau départ qu’il s’agit. En dehors du défi économique et managérial que constituent les résultats de la table ronde de Paris, il y a évidemment une véritable campagne de marketing politique qui a été lancée depuis l’hexagone.  Derrière les chiffres astronomiques agités, se cache le désir de donner de la gouvernance Yayi une image de prospérité et d’efficacité. Dire que tout ceci vient de l’étranger, c’est dire aussi que l’on veut signifier au dernier paysan béninois que les Blancs (nos si chers yovos) soutiennent le régime Yayi. Et que sans lui, ils ne nous soutiendront jamais. Il a fallu Boni Yayi pour qu’ils nous déversent tant de milliards qu’il sera difficile au pays de les gérer. L’illusion que ces montages sèment dans la tête du bas-peuple, valide en espèces sonnantes et trébuchantes la gestion économique du régime Yayi. Elle le place sur un nuage de bonheur. Le peuple de la rue, celui des vulcanisateurs, des chauffeurs ou des débrouillards n’attend pas grand-chose dans notre pays : les milliards de chez les Blancs.
Les acteurs de la mouvance présidentielle dont la plupart  ont mordu à l’hameçon, ne se font pas prier pour montrer leur « soutien » au Chef de l’Etat. Ne pas le faire relèverait du péché. Et pour un député ou un maire en quête de renouvellement de mandat, c’est un signe de forfaiture, une entorse qui se sanctionne au sein de la mouvance par des suspicions de trahison et de copinage avec l’opposition. Des fiches peuvent pleuvoir alors à la Marina pour dénoncer le traitre et positionner d’autres noms pour les prochaines joutes électorales. Pour ne pas connaître cette vindicte, tout le monde préfèrera les formules habituelles : prières, meetings, conférences de presse…
Et dans cette logique, tous ceux qui inviteront à regarder de plus près les chiffres avancés à Paris vont être les cibles privilégiées de la future bataille. C’est eux les vrais apatrides que l’on invitera à lyncher par médias interposés. Pourtant, il suffirait de creuser un peu plus pour se rendre compte que la plupart des engagements émanent des institutions internationales. Celles-ci ont certainement « fait des efforts », mais le volume des appuis ne devrait pas être loin des enveloppes prévues pour la période 2014-2018 qui correspond d’ailleurs à celle où se mettront en place les financements annoncés. En clair, les chiffres de Paris proviennent des investissements à réaliser par la Banque Mondiale, le FMI, la BIDC et autres Fonds Kowétien sur cinq ans au Bénin. En clair encore, tous  ces chiffres concernent leurs engagements, tous secteurs confondus et pendant cinq ans.
L’on n’oubliera pas de préciser que si vraiment l’écrasante majorité du financement obtenu à Paris provient des institutions internationales, il ne peut s’agir que de dettes à rembourser tôt ou tard. Là encore, il ne s’agit pour le moment que d’intentions de financement dont il faut attendre la concrétisation.
La chance de Boni Yayi, c’est d’avoir une mouvance qu’il a réussi à dompter à la force du poignet. Les félicitations lui seront distribuées sur la base des illusions entretenues. Le peuple analphabète et ignorant acclamera le roi des perles (« Djè Hossou ») et laissera entendre ce que j’entends  déjà : c’est la première fois que…
La bataille de la table ronde ne fait que commencer. Au moment où les plus lucides prient pour ne pas tomber dans un nouveau piège du régime, les observateurs les plus sceptiques y trouvent une gigantesque opération de séduction.  Tout compte fait, le Chef de l’Etat a déjà lancé le mot. Devant les Béninois de la diaspora, il a laissé entendre qu’il est temps d’instaurer une nouvelle mentalité et une nouvelle gouvernance.
A mon sens, le véritable challenge politique devant naître de Paris réside dans la mise en place des conditions d’une nouvelle gouvernance. Elle devrait tourner dos aux pratiques clientélistes actuelles  pour s’inscrire résolument sur la voie de l’efficacité et de la performance.

Par Olivier ALLOCHEME

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