Category: Editorial

Attaques contre l’opérateur économique de Djeffa: Sébastien Ajavon sur les traces du Général Kérékou

M AJAVON SebastienSeulement potentiel candidat à la prochaine présidentielle, Sébastien  Germain Ajavon est l’objet d’attaques et autres quolibets de la part des proches de certains candidats déclarés. Cependant, l’homme d’affaires n’a jamais pipé mot, n’a jamais répliqué. Il a le dos large et il fait comme si de rien n’était, à l’image de Mathieu Kérékou, de vénérée mémoire.

« Ombre de Lionel Zinsou. Il ne sera pas candidat…». Ce genre d’attaque devient de plus en plus récurrent à l’encontre de Sébastien Germain Ajavon. Mais contre toute attente, l’homme de Djeffa ne réagit pas face à ses détracteurs. Une posture qui, sous toutes les coutures, ressemble à celle de Mathieu Kékérou.
En effet, comme l’ancien président qui vient d’être rappelé à l’eucharistie éternelle, Sébastien Germain Ajavon est un leader qui encaisse beaucoup de coups sans en donner. Comme l’ancien président Kérékou, Sébastien Ajavon s’illustre par un comportement politique qui n’est pas versatile. Mieux, il ne fait pas de la loi de Talion « Œil pour œil, dent pour dent » une ligne principielle.
En effet, après les obsèques de Mathieu Kérékou où l’on recherche dans la classe politique, un digne successeur pour poursuivre son œuvre de tolérance et d’acceptation de l’autre, Sébastien Germain Ajavon qui apparaissait déjà comme un apôtre de la non violence l’est davantage.
En effet, alors que sous l’ère de la Refondation-Changement, il a été l’objet d’une animosité et d’une vendetta clairement affichées contre son empire financier, Sébastien Ajavon n’a jamais développé des velléités revanchardes contre la remise en cause de l’ordre public, ni contre celui qui incarne la volonté et la souveraineté du peuple. Cette ligne de conduite dans un contexte politique si particulièrement marqué par les prochaines joutes présidentielles, n’a pas changé chez Sébastien Germain Ajavon.
Et s’inscrivant dans cette logique d’apathie à la provocation, comme le faisait si bien Mathieu Kérékou lorsqu’il était au pouvoir dès 1996, Sébastien Ajavon démontre à plus d’un titre qu’il peut incarner la continuité de la légende de Mathieu Kékérou. Sébastien Germain Ajavon est considéré comme l’homme de la situation au regard des enjeux de la présidentielle de 2016. C’est l’homme de cœur qui sait partager ce que Dieu lui a donné. C’est le leader dont la vision de développement est compatible à celle de tous ces partis qui veulent le conduire sur le sentier de la glorification. Mais avant, Sébastien Germain Ajavon doit franchir le cap de l’acceptation de la candidature au nom de  cette grande coalition de formations politiques.

Wandji A.

Passation de charges à la tête de l’ANCB: Luc Atrokpo pour une décentralisation plus forte

Soulé Alagbé passe service au président entrant Luc AtropoAprès 7 ans à la tête de l’Association nationale des communes du Bénin (ANCB), l’ancien maire de Parakou, Soulé Alagbé, a passé le témoin à son successeur, Luc Atrokpo, maire de Bohicon. L’événement s’est déroulé dans une ambiance festive à Sun Beach hôtel de Cotonou, le mardi 15 décembre 2015 avec de nouveaux défis annoncés par le nouveau responsable de l’association.

« Mon équipe prend l’engagement de ne pas faire moins que le bureau sortant. Je prends les rênes de l’association avec grande joie et compte en donner davantage », a déclaré le président entrant, Luc Atrokpo, lors de la cérémonie de passation de charges. Saluant les avancées concrétisées par l’équipe du maire Soulé Alagbé, le maire de Bohicon, Luc Atrokpo, a très tôt présenté à ses collègues les prochains chantiers qu’il entend aborder. Promettant consolider les acquis qui lui ont été légués, il rêve de faire de l’ANCB une association plus forte. Avec son équipe, il sera question, précise-t-il, de travailler à faire des propositions au gouvernement sur la décentralisation béninoise. En outre, il rêve également d’une ANCB qui discute réellement avec le gouvernement sur les questions de développement. Il n’a pas occulté la lutte pour l’attribution de 15% du budget général de l’Etat aux communes et la délocalisation de l’ANCB dans ses propres locaux. Luc Atrokpo souhaite voir le Bénin toujours fier de l’avancée de la décentralisation. Pour l’atteinte de ces défis, Soulé Alagbé a invité tous les membres du bureau et élus locaux à accompagner les réformes en vue, afin de  faciliter l’atteinte des objectifs fixés. A cet effet, au nom du personnel, le secrétaire exécutif, Arnos Sossou a salué les actions du président sortant à l’endroit du personnel. Il a relevé, entre autres, la revalorisation du salaire, l’attribution de l’assurance maladie. Tout comme Luc Atrokpo, le personnel n’entend pas voir le départ de Soulé Alagbé comme une rupture avec l’ANCB. Précisons qu’il est annoncé un conclave pour définir les modalités de fonctionnement au cours de ce mandat qui court de 2015 à 2020.

Emmanuel GBETO

Prétendue inculpation en Suisse: Campagne d’intoxication pour démobiliser la troupe de Talon

talonLa candidature de Patrice Talon fait peur. Très peur. Alors, aucune invention ou intoxication n’est  désormais trop grosse pour le dissuader dans sa marche irréversible vers la Marina. Leur dernière trouvaille est assez cocasse puisqu’elle vient droit de la …Suisse.

Apparemment, les sept supposés « gros  dossiers » sortis contre Patrice Talon, lors d’un conseil des ministres réunis en octobre dernier ont été des pétards mouillés. Pourtant, le gouvernement s’était surpassé pour ne pas rater sa cible. De pseudo crimes économiques qui seraient « en souffrance » devant la justice, et datant parfois de Mathusalem, ont été recherchés et déterrés, dans la « noble » intention de nuire à un homme.

Mauvaise foi
Ainsi, pour mémoire, il y avait eu, entre autres, le dossier dit des 200 milliards, le dossier Sodeco, le dossier relatif à l’abus du système bancaire par Patrice Talon, le dossier relatif au « braquage » de recettes douanières, le dossier relatif au Programme de Vérification des Importations… La liste n’est évidemment pas exhaustive. Et le but visé à travers ces dossiers aussi rocambolesques les uns que les autres, était non seulement de couvrir d’opprobres le prétendant à la magistrature suprême, mais aussi et surtout,  de démontrer que l’arrêt de la Cour commune de justice et d’arbitrage (C.C.J.A) en date du 15 octobre 2015 était « arbitraire ». Faut-il le rappeler, cette décision de la C.C.J.A, respectable institution s’il en fût, commandait à l’Etat béninois de payer à titre de manque à gagner à Patrice Talon la somme de  129 milliards de francs Cfa et 2 milliards à titre de préjudice moral. Au lendemain de ce conseil des ministres qui a inquiété plus d’un, Patrice Talon a alors  fait une sortie pour répondre, point par point, à toutes les accusations dont il était l’objet. L’homme a sorti, en cette occasion solennelle, et devant les caméras, toute une panoplie d’arguments et de décisions de justice qui le mettaient hors de cause  depuis des lustres. Mais la mauvaise foi ne connaît pas de limites. Le syndicat des douaniers appelé à la rescousse par le Gouvernement pour répliquer à Talon, a plutôt étalé ses propres contradictions. Le ministre des Finances de l’époque, dame Adidjatou Mathys, est intervenue alors pour définitivement clouer le bec aux accusateurs. Depuis, silence radio.
Mais on se doutait bien que le gouvernement et son chef n’ont pas baissé la garde. Surtout que, de plus en plus, les annonces d’adhésions aux reformes de Talon, se multiplient et se densifient. De plus en plus, l’homme  gagne du terrain et s’installe dans le cœur de nombre de ses compatriotes. Pire, le candidat imposé par Boni Yayi à sa mouvance, pour faire face à la vague Talon, est carrément devenu un boulet pour sa propre troupe. La mouvance présidentielle se fissure et prends l’eau de tout côté, tandis que la barque Talon avance. Il fallait donc urgemment trouver une nouvelle parade.

Du réchauffé
Les dossiers locaux ayant été usés jusqu’à la corde, une nouvelle « invention » s’imposait. Et là, on peut dire que les apprentis sorciers de la mouvance présidentielle n’ont pas cherché loin. Ils ont tout simplement servi du « réchauffé » à leur commanditaire ; du réchauffé certes, mais  à la « sauce helvétique ». Juste pour faire plus sérieux devant les gogos. En effet, le compte-rendu du fameux conseil des ministres cité plus haut, faisait déjà cas du « marché P.v.i. frauduleusement retiré à la Société  Générale de Surveillance (S.G.S) et confisqué par Patrice Talon au profit de la société Bénin Contrôle qui s’est indûment associé à un partenaire Bivac arrivé en troisième position… » Curieux, la société suisse ne s’est jamais plainte et c’est le gouvernement béninois qui le fait à sa place. On a déjà longuement écouté les tenants et les aboutissants de ce dossier dont l’ancien premier ministre Pascal Koupaki, aujourd’hui candidat aux élections présidentielles. La campagne orchestrée aujourd’hui autour d’une pseudo plainte  déposée en suisse et qui aurait « inculpé » (sic) Patrice Talon n’est que vaine cabale. Le dessein inavoué parce qu’inavouable est de distraire le candidat Talon et ses innombrables soutiens dans le pays. Talon dérange. Et ses prestations structurées et bien argumentées donnent des maux de têtes aux médiocres et aux coupeurs de cheveux en quatre. Ils ont eu des maux de tête, après avoir observé le succès éclatant de Patrice Talon, face à la diaspora béninoise en France. Ils ont eu de l’urticaire, après avoir suivi le débat africain avec Patrice Talon sur Radio France Internationale. Désormais au bord de la crise de nerf, ils se débattent tel un diable dans un bénitier. Pourtant le meilleur reste à venir. Le pire sans doute pour eux. Ceux qui rêvent de voir Talon renoncer à ses ambitions présidentielles, à son désir de servir son pays, juste pour des bisbilles supposées avec la justice suisse, en seront pour leurs frais. Droit dans ses bottes, l’homme  a désormais appris à positiver, face à la violence ou à la grossièreté de certaines attaques : « Je suis le candidat objet de toutes les craintes, de toutes les critiques… Cela fait plutôt la promotion de ma candidature… », affirmait-t-il sur Rfi. Il faudra donc compter avec Talon. Le réformateur avance, et vous salue bien.

« Talon n’a jamais été convoqué ni appelé par la justice suisse, à ce jour », dixit Me Sévérin Quenum

Selon l’avocat de l’homme d’affaires joint au téléphone, « Patrice Talon n’a jamais été convoqué ni appelé à ce jour par la justice suisse ». Me Sévérin Maxime Quenum s’est empressé de déclarer que « cette prétendue procédure » n’est qu’une « cabale orchestrée » contre son client depuis l’annonce de sa candidature à l’élection présidentielle.
Rappelant que « dans un Etat de droit comme la Suisse, l’inculpation ou la mise en examen est toujours précédée tout au moins d’une convocation » et que « même si un différend peut l’opposer à ses anciens associés, l’affaire ne peut que ressortir du droit commercial pour être justiciable des juridictions commerciales comme c’est déjà le cas », Me Sévérin Maxime Quenum déclare apparemment confiant : « les adversaires de Talon feraient mieux d’aller le combattre sur le terrain des idées et du projet de société ». « Il ne cèdera ni à l’intimidation ni à la persécution tant il a conscience des enjeux. Abdiquer à cette étape serait lâcheté ni plus ni moins », a ajouté l’avocat.

Wandji A.

Candidature unique de la mouvance à la présidentielle de 2016: L’Alliance FCBE officialise le choix de Zinsou et dénonce les détracteurs

Le Coordonnateur national des FCBE,  Eugène AzatassouL’attente aura été longue mais non périlleuse pour l’alliance Forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE) qui procèdera le vendredi 18 décembre 2015 à l’investiture de son candidat, Lionel Zinsou, à l’élection présidentielle de 2016. C’est ce qu’a annoncé hier, mardi 15 décembre 2015, son coordonnateur national, Eugène Azatassou, face aux présidents de partis et mouvements membres de l’alliance. L’investiture de Lionel Zinsou fait suite à la phase des élections ayant conduit à sa désignation, longuement contestée par certains de ses membres. Les « zinsouphobes » rejettent en bloc la candidature de l’actuel premier ministre, en affirmant que sa désignation ne respecte pas les textes de l’alliance qui « dispose des personnalités de valeurs capables de défendre les couleurs FCBE », et que Lionel Zinsou n’est pas membre des FCBE. Ne disposant pas de fief politique, il ne respecte pas aussi les critères prédéfinis par la commission de candidature. Pour faire la lumière sur ces contestations et faire taire certaines déclarations tendant à semer la confusion dans les rangs des militants de la grande famille des cauris, le coordonnateur de l’alliance a confirmé la légitimité de la Commission de candidature ainsi que la conformité de la désignation de Lionel Zinsou aux critères de choix définis par ladite commission, composée de certains membres de la coordination nationale FCBE, des coordinations départementales FCBE et des personnalités tous membres actifs de l’Alliance conformément aux statuts de l’alliance. Il a annoncé la fin prochaine du processus de désignation du candidat Lionel Zinsou, suivie de son investiture le vendredi 18 décembre 2015. Il est à rappeler que les contestataires ont même invité la Cour constitutionnelle à se prononcer sur cette divergence de points de vue.

DECLARATION DE LA COORDINATION NATIONALE FCBE AU SUJET DES DERNIERES PRISES DE POSITION DE MESSIEURS Karimou CHABI SIKA, Alexandre HOUNTONDJI ET Marcel DE SOUZA
Chers amis de la presse ;
Militantes et militants de l’Alliance FCBE ;
Mesdames et messieurs ;
Depuis quelques jours, certains de nos camarades s’illustrent dans des sorties médiatiques pour s’attaquer aux résultats des travaux de la commission de candidature FCBE pour l’élection présidentielle de février 2016. Plusieurs aspects évoqués par nos camarades ci-dessus nommés participent bien de nos procédures internes. Il s’agit :
1- du processus ayant conduit à la désignation de Monsieur Lionel ZINSOU comme candidat de l’Alliance,
2- de la conformité du choix aux critères préalablement définis,
3- de la part prise par le Docteur Boni YAYI dans le processus,
4- du déploiement des militants sur le terrain pour annoncer la nouvelle ; etc.
Au demeurant, la Commission de Candidature elle-même, comme à l’accoutumée, est composée de certains membres de la Coordination Nationale FCBE, des Coordinations départementales FCBE et des personnalités tous membres actifs de l’Alliance conformément à nos statuts. Toujours selon nos procédures, les résultats des travaux de la Commission seront restitués au Conseil National déjà convoqué à cet effet pour le vendredi 18 décembre 2015.
Pour éviter que les propos de nos camarades ne sèment la confusion dans l’opinion publique, nous devons faire des clarifications sur trois points. Il s’agit de ceux relatifs à la légitimité du comité de candidature et à la posture de nos camarades comme défenseurs de l’Alliance FCBE. La sortie de messieurs Karimou CHABI SIKA, Alexandre HOUNTONDJI et Marcel de SOUZA, appelle de notre part quelques remarques :
1- Par certains comportements (prises de position publique ou actes d’indiscipline notoire), ces camarades se sont volontairement mis en marge de l’Alliance FCBE. Le fait qu’ils se mettent dans une Alliance dénommée « la nouvelle marche soyons nous-mêmes » sans aucune référence à FCBE avec en son sein un candidat qui a refusé de faire passer son dossier par FCBE en est une preuve patente. Nos camarades devraient savoir qu’ils ne peuvent pas être en dehors d’une organisation politique et exiger en même temps leur participation à un processus mis en place pour régler un problème interne à ladite organisation.
2- Les manœuvres de ces camarades visent la déstabilisation de l’Alliance. C’est comme cela qu’il faut percevoir leur appel du pied à la révolte des autres candidats à la candidature. Sous le prétexte de la lutte pour la démocratie et l’Etat de droit, c’est en fait leurs intérêts personnels qu’ils visent. En effet, auparavant, ces camarades n’ont jamais critiqué le fait de mettre en place des commissions pour établir la liste des candidats aux différentes élections. Ils en ont même bénéficié. Sinon, qu’ils nous disent alors comment ils ont été désignés et élus en 2007, 2011 ou 2015 comme députés. On ne peut donc pas mettre en doute la conformité du processus et la légitimité du candidat FCBE. Les militants de l’Alliance FCBE tiennent à leur organisation comme à la prunelle de leurs yeux. C’est pour nous, le seul gage de préservation des nombreux acquis des quinquennats du Docteur Boni YAYI et de poursuite du développement du Bénin par l’amélioration et l’approfondissement de ces acquis. Nous ne pouvons donc tolérer les menées de déstabilisation d’où qu’elles viennent.
3- Il reste que parfois, au cours de leur entrevue, messieurs Karimou CHABI SIKA, Alexandre HOUNTONDJI et Marcel de SOUZA se positionnent comme des défenseurs de l’Alliance FCBE qu’ils ont contribuée à construire. Si c’est le cas et qu’il s’agit d’une différence sur des questions d’approche entre eux et nous, nos camarades devaient se rapprocher de la Coordination Nationale et faire part de leurs ressentiments. Toutefois, ils doivent savoir trois choses importantes :
a) le processus de désignation de notre candidat à l’élection présidentielle de février 2016 est en voie d’achèvement et ne peut être repris surtout qu’ils ont été informés et n’ont pas daigné faire acte de candidature ;
b) dans le contexte politique actuel marqué par le règne de l’argent dans l’animation de la vie politique, l’Alliance FCBE ne saurait tolérer des comportements visant sa déstabilisation ;
c) l’Alliance FCBE n’est la propriété privée de personne. Elle est
l’émanation d’une vision incarnée par son Leader Charismatique le Docteur Boni YAYI.
Vive l’Alliance FCBE !
Vive la démocratie béninoise !
Vive le Bénin !

Rastel DAN (Coll.)

Edito: Déclarations d’hypocrisie

Les déclarations de soutien à Lionel Zinsou se multiplient au sein des FCBE. Elles battent toutes des records d’hypocrisie et de confusion. Dans la mise en scène orchestrée hier à Parakou, le présentateur de la motion de soutien à Zinsou n’arrivait pas à prononcer le nom du candidat. Rachidi Gbadamassi présent, on a tout entendu, sauf vive Lionel Zinsou ! Candidat imposé du haut du sommet, mais candidat de consensus, le premier ministre vient moissonner en terre inconnue, avec le soutien d’acteurs qui se moquent bien de lui.
On pourrait croire que la troupe FCBE obéit au doigt à son chef qui a choisi son dauphin. Et le dauphin est si difficile à défendre qu’il faut les pressions les plus insoutenables pour que la troupe suive. Là-dessus, il faut tirer un coup de chapeau à Boni Yayi. Dans l’environnement difficile qui est la politique béninoise, il a réussi le tour de force d’amener un parfait intrus  à prendre ce que tout le monde convoitait chez les Cauris : le dauphinat. Presque tous les grands leaders FCBE ont défendu le franco-béninois ou sont sur le point de le faire. A l’exception notable de Karimou Chabi Sika en disgrâce depuis les législatives, ils se sont dit prêts à mener la bataille pour la victoire de Zinsou. Nous nous attendons à voir bientôt la machine FCBE  se mettre en branle pour le porter au pinacle. Seulement, tout ceci est trop beau pour être vrai.
On assiste simplement à la poutinisation des FCBE utilisées par Yayi pour reconquérir le pouvoir en 2016. Il tente l’impossible pour rester dans l’ombre ou même régner en premier ministre tout puissant, ce qui lui permettrait de gérer la réalité du pouvoir. Ceci se ferait avec un président fantoche, enfoncé dans ses rêveries françaises, incapable au surplus de mettre le pied dans le pays réel. Lionel Zinsou voulait un bout de territoire à diriger pour appliquer ses théories afro-optimistes, Yayi le lui offre sur un plateau d’argent.
Il faut tout de même une certaine gageure pour prétendre au fauteuil présidentiel alors même que, hormis le patronyme, tout votre passé  jure une autre nationalité. On peut certifier que Lionel Zinsou n’a jamais vécu un an d’affilé au Bénin avant d’avoir été nommé premier ministre. Il vient implémenter dans un pays qu’il prétend  sien la pire incongruité qui se puisse imaginer dans l’espace politique français. Il veut obliger les Béninois à voter pour un homme qui ne s’est senti pleinement Béninois qu’il y a moins de sept mois. Il faut être Boni Yayi, un homme qui ne croit qu’aux rapports de force et aux coups tordus, pour semer cette zizanie dans sa propre famille politique. Il faut être Boni Yayi, un homme qui a bénéficié de l’onction populaire alors qu’il sortait de nulle part, pour vraiment y croire.
Car, au fond, en dehors de son expérience internationale que l’on vante avec peu de conviction, les FCBE mêmes ne connaissent que très peu Lionel Zinsou. Comment réussir en quelques mois une transmutation intellectuelle comparable à un virage à 180° pour croire en un homme qu’on ne connait pas, avec qui on ne partage presque rien sauf une nationalité  encore fragile ? Comment ? Comment enfin amener la population à adhérer à cette mise en scène hollywoodienne, dans un contexte de haute concurrence ? Telles sont les véritables questions qui se posent aux leaders FCBE.
Sorti de nulle part, Lionel Zinsou tente bien évidemment de récolter là où il n’a pas semé. Ouvrier de la 25ème heure, c’est un homme sans base et sans électorat qui vient faire de la politique en terrain miné du Bénin. Les Béninois vont lui réserver une surprise  que les générations raconteront. Et il en est des Béninois comme de tout autre peuple digne qui sait se faire respecter. Le vrai visage de ses soutiens sans conviction ne tardera pas à s’afficher dans les jeux de couloir qui feront rage d’ici quelques semaines.

Par Olivier ALLOCHEME

Débat politique sur la présidentielle au Bénin: Patrice Talon donne des éclairages sur sa vision, Alèkpéhanhou s’engage à ses côtés

Les électeurs béninois en savent un peu plus sur la vision de trois probables candidats à l’élection présidentielle de février 2016. Sur le plateau de l’émission ‘’Le Débat Africain’’ de la Radio France Internationale, hier dimanche 13 décembre, Patrice Talon est revenu sur ses motivations, sa vision et ses priorités pour le Bénin en 2016. Il faut noter qu’il était conjointement sur l’émission avec les potentiels candidats, Emmanuel Golou et Fernand Amoussou qui ont défendu également leur point de vue sur la gestion du pays.
La ritournelle est connue : que va chercher un opérateur économique en politique ? Pourquoi ne pas continuer à accompagner d’autres candidats ? A ces questions de l’animateur Alain Foka, Patrice Talon a été droit au but. « Est-ce que cela relève du métier de quelqu’un de vouloir participer à la reconstruction de son pays ? Le Bénin va très mal aujourd’hui sur tous les plans et tout le monde le sait. Il est évident que ceux qui sont conscients de la chose et qui ont la certitude qu’il y a des solutions tentent vainement de trouver un porteur. S’ils n’y arrivent pas, pourquoi vouloir trouver toutes les fois le salut dans l’autre. Alors, ce sera les autres qui devraient faire l’effort et le sacrifice. » Il n’a pas caché que la présidentielle du 28 février 20I6 est un challenge. Face aux critiques sur son implication à visage découvert dans la politique, il est resté égal à lui-même. « La vie évolue. Les objectifs, les rêves et les défis changent. On peut avoir été un opérateur économique et devenir un homme politique d’autant que la vie de la cité conditionne le bien-être. Quand on a l’impression soi-même qu’on ne vit plus bien, que le pays va mal et qu’on ne peut même plus jouir de ses grâces, on peut vouloir contribuer à réformer les choses, à rénover la cité et à restaurer l’économie afin, qu’à nouveau, on ait la joie de vivre», a-t-il précisé. Profitant de cette tribune, il a battu en brèche les critiques faisant croire à sa revanche sur Boni Yayi. Cependant, il a avoué  qu’on peut, à raison, prendre la revanche sur la vie quand à la fin d’un régime,  les fruits n’ont pas tenu la promesse des fleurs. « Quand on a un talent, une chance et une grâce, on souhaite bien que l’environnement général vous permette d’aller le plus loin possible.»

« Je suis un homme passionné. J’aime les défis »

« Ce qui me motive aujourd’hui, ce n’est pas créer de nouvelles entreprises de plus, ce n’est pas gagner davantage de marchés. J’ai eu assez de succès pour chercher aujourd’hui à vivre autrement, à relever d’autres défis parce que je suis un homme passionné. J’aime les défis », a réaffirmé Patrice Talon. A propos des critiques formulées contre sa candidature pour se mettre à l’abri des ennuis judicaires, il sourit et affirme : « c’est amusant de l’entendre dire ».  Il a surtout rabattu le caquet à ses détracteurs : « Il n’y a aucune affaire, aucun procès, aucune poursuite qui m’inquiète et qui pourrait justifier que j’aille chercher une telle fonction aussi valorisante, juste pour cela. Mais, il faut bien dire quelque chose sur TALON. Je suis le candidat objet de toutes les craintes, de toutes les critiques, de toutes les railleries… Cela fait plutôt la promotion de ma candidature.» Il n’a résisté à fournir des explications dans l’objectif de dissiper les craintes de ses compatriotes. « On ne peut pas être, à la fois, commerçant et président de la République. On ne peut pas être, à la fois, les deux. Mais on peut avoir été opérateur économique et devenir un chef d’Etat. On peut avoir été un militaire et devenir un chef d’Etat. Dans l’environnement qui est le nôtre, l’accès à cette fonction n’est interdit à personne. Pour peu que les uns et les autres ont la vocation d’apprendre quelque chose à leur nation et à leur génération.» Il a ajouté que rien ne permet de concilier les deux. Aussi, a-t-il fait savoir le processus de son retrait des affaires est en cours. « Dans quelques semaines, ce sera entièrement terminé. Les formalités sont pratiquement terminées. » Abordant quelques unes de ses priorités, Patrice Talon a éclairé les auditeurs sur sa vision en ce qui concerne les secteurs de l’économie, de l’énergie et de l’emploie des jeunes. « Il faut impérativement s’attaquer à tout ce qui contribue à l’étape où nous en sommes », a indiqué Patrice Talon. Pour ce faire, il a estimé qu’il faut impérativement réformer le modèle politique afin de créer une nouvelle dynamique. « Il faut créer ce déclic en redonnant confiance à tous les Béninois.» Toute modestie gardée, Patrice Talon a confessé : « J’ai le réflexe de la compétence, de ce qu’il convient de faire pour avancer. » Et pour y parvenir, il a appelé tous les Béninois à être vigilants.

Wandji A.

Obsèques du général défunt: Le Général Mathieu Kérékou inhumé à Dassagaté, après des hommages inédits

Dépouille KérékouAprès les cérémonies d’adieu  grandioses  à Cotonou,  la dépouille mortelle du général Mathieu Kérékou, a  parcouru des centaines de kilomètres, avec la même ferveur, avant l’euphorie de Natitiongou, sa ville natale. Elle s’y repose depuis samedi dernier au quartier Dassagaté, en compagnie à côté de Maman Yokossi,  la chère mère du Général.
Un dernier voyage d’une rare effervescence. De Cotonou  à Natitingou, en passant par Porto-Novo, Bohicon, Savè, Parakou, N’ Dali, Djougou, l’impressionnant cortège qui transportait ce vendredi, la dépouille mortelle du Général Mathieu Kérékou  a fait grand bruit sur tout le parcours. Des populations et autorités des villes traversées ont bravé le vent sec d’harmattan qui sévit en ce moment, pour dire un dernier au revoir à ce grand homme d’Etat. Amassées tout le long des voies à chaque escale  du cortège,  des jeunes, femmes et sages scandaient à cœur joie et en harmonie, le fameux slogan, «Kékéréké » de la belle époque,  où Général était encore au pouvoir. L’apothéose se réalise à l’entrée du cortège à Natitingou ce vendredi aux environs de 18h30min.  L’immense foule qui attendait  la dépouille de Mathieu Kérékou, depuis des heures,  traduit l’accueil historique  que réserve pour une dernière fois, les filles et fils de cette commune qui a vu naître Mathieu Kérékou,  il y a 82 ans. Il y avait mort d’homme. Mais c’était également comme une fête dans une ville remise à neuf pour vivre cet évènement, qui a également suscité le déplacement de plusieurs personnalités béninoises, en provenance de Cotonou. De géants effigies du général trônaient un peu partout dans la ville, comme ses nombreuses banderoles, où sont inscrites des messages fort émouvants ; « Va en paix, mon général, nous ne t’oublions jamais ». « Mon général, tu as vécu. Tu es éternellement un grand homme ».
Le jour suivant, à savoir,  le samedi 12 décembre fut encore époustouflant. Le stade omnisport de Natitingou, qui accueillait,  la messe d’enterrement du Généra et  les derniers hommages, était exceptionnel, parés. Les tribunes officielles, comme ceux devant abriter les participants et le catafalque étaient si bellement aménagées,    qu’on croirait à un grand instant de joie. Manière sans doute solennelle pour saluer le départ de cette terre d’un grand  chef d’état,  dont le décès survenu, le 14 octobre 2015 dernier a laissé tout un peuple dans  l’émoi.
Ils étaient tous présents. Têtes couronnées de Natitingou et d’ailleurs, sages et notables venus de presque toutes les communes du septentrion, autorités locales, personnalités publiques de haut rang, etc. Un parterre à la  grandeur de l’illustre disparu, avec en peton, le chef de l’Etat béninois, Boni Yayi et son homologue,  togolais, Faure Gnassigbé. Quant  arriva sur les lieux, la dépuille mortelle à 10h45min,  les coups de cañon,  la fanfare de la gendarmerie et des ovations nourries s’entremêlèrent dans un bruit assourdissant dont les échos s’échappèrent sur les  nombreuses montagnes avoisinantes. La messe de circonstance a été présidée par  l’Evèque de Natitingou, Pascal Nikoué, qui n’a pas manqué de glorifié le général. «Voici  un homme qui a le plus contribué à l’amour de la patrie, qui avait en esprit le bien commun » a-t-il affirmé, ajoutant que «si la nation l’honore aujourd’hui, ce n’est nullement parce qu’il n’avait jamais commis d’erreur, mais c’est parce qu’il a reconnu ses erreurs en demandant pardon à son peuple, à un moment donné de l’histoire de notre pays ». Et de finir, son homélie par ces mots : « notre société  a besoin de modèle. Mathieu Kérékou en est un. Que son exemple serve à tout le monde »
Entre autres intervenants,   l’ancien ministre Pierre Osho a aussi salué la grandeur de l’homme, lui qui fit  l’un de ses fidèles compagnons et camarade de lutte depuis la période révolutionnaire. « Ni infaillible, ni parfait, Mathieu Kérékou, était simplement un authentique descendant de notre terroir, un vrai chef » a-t-il clamé. « Il avait un sens aigu de l’Etat et du devoir national, le respect de l’autorité, de la loi, l’esprit de rigueur et de responsabilité » a-t-il aussi dit.
«Papa, si nous avions su que nous t’aimions tant, nous t’aurions aimé davantage. Nous promettons de demeure tes dignes héritiers. Nous avions l’intime conviction que ton âme est déjà entré au paradis » a  affirmé,  très émotionnée, l’une des filles du  général.
Le Chef de l’Etat,  Boni Yayi, pour une dernière fois, a aussi  rendu hommage au Général, et comme pour immortalisé davantage sa mémoire,  a décidé de donner son nom au Lycée militaire des jeunes filles de Natitingou, désormais baptisé,  Lycée Militaire de Jeunes Filles  Général Mathieu Kérékou.
Après ces derniers hommages au stade de Natitingou, la dépouille  mortelle a été conduite vers sa dernière demeure au quartier Dassagaté de la ville, où elle a été inhumée  dans un mausolée, à côté de la mère du Général, Maman Yokossi, décédée depuis 1986.

Christian Tchanou

Mobilisation des Fcbe de Parakou autour du candidat unique de la mouvance: Gbadamassi dit «oui» pour Lionel Zinsou

FCBE Parakou et GbadamassiC’est à  l’hôtel la Couronne d’or de Parakou  que le député de la huitième circonscription électorale Rachidi Gbadamassi et les membres FCBE de Parakou ont fait une déclaration de soutien à la candidature de Lionel Zinsou. Cette sortie médiatique qui a eu lieu dans la soirée du dimanche 13 décembre 2015, fait suite  à la rentrée politique effectuée en début de semaine écoulée  par l’honorable Rachidi Gbadamassi.
« C’est une décision collégiale, c’est une décision de la grande famille politique Fcbe. Ne regardez pas la personne de Rachidi Gbadamassi puisque au-delà de ma modeste personne, il y a la base qui a été consultée. C’est la raison pour laquelle vous avez autour de cette table, des Imams, des têtes couronnées, des sages et les représentants à divers niveau de notre société ». C’est en ces termes que le  député de la huitième circonscription électorale, Rachidi Gbadamassi a planté le décor de la conférence de presse consacrée au soutien des membres Fcbe de Parakou à la candidature du premier ministre Lionel Zinsou à la présidentielle de 2016. « Je vous invite à aller annoncer la bonne nouvelle à la base. Le temps d’un meeting géant s’annonce pour dire officiellement ce choix mais ce serait après le conseil national de l’alliance Fcbe », a poursuivi l’ancien maire de Parakou, Rachidi Gbadamassi. A sa suite,  Boni Douarou, 2èmeadjoint au maire de Parakou et porte-parole des membres Fcbe de la cité des Kobourou a lu la déclaration solennelle de soutien à la candidature de Lionel Zinsou, à la présidentielle de février 2016. A en croire ses propos, le premier ministre Lionel Zinsou est le choix de la grande famille Fcbe et par ricochet, de son leader charismatique, le président Boni Yayi. « Les membres Fcbe de la commune de Parakou déclarons notre soutien indéfectible à cette candidature et invitent toute la population de Parakou à un géant meeting le samedi 19 décembre prochain », a laissé entendre Boni Douarou. Il faut noter qu’à cette séance, étaient présents, les membres du conseil communal de Parakou, les membres de l’association de développement de Parakou, d’anciens députés et le ministre de la fonction publique, Aboubakar Yaya.

Yannick SOMALON

Edito: L’économie verte

logo journalLors de son récent passage à Cotonou, l’artiste américain Akon a présenté les grandes lignes de son projet «  Akon lighting Africa »  qui a déjà permis de déployer 1500 lampadaires solaires   à Pahou et ses environs ainsi que 2000 kits solaires. Pas plus tard qu’en ce début du mois de décembre 2015, le premier ministre Lionel Zinsou a lancé le projet Lumière Pour Tous destiné à impacter environ quatre millions de personnes pour un montant d’environ 25 milliards de FCFA. Voilà des initiatives centrées sur l’économie verte et dont l’Etat et les acteurs privés vont clairement profiter.
A l’heure où la COP 21 tire à sa fin, acteurs politiques, chefs d’entreprise et même artistes, tout le monde se mobilise autour des enjeux climatiques et de leurs exigences économiques. Autant le dire tout de suite,   l’effervescence climatique n’est en rien d’essence commerciale ou mercantile. C’est un impératif de sauvegarde de la planète dans un monde en pleine déchirure. Mais il y a un fait. La correction des comportements nuisibles à l’environnement génère de nouvelles demandes auxquelles l’industrie tente de s’adapter.
Il y a eu certainement des frontières très fragiles entre la morale et les affaires lorsqu’en juillet dernier le chanteur sénégalo-américain Akon présentait son projet « Akon Lighting Africa ». Car derrière son offre généreuse se profilait une société, Solektra International, dirigée par  Samba Bathily, PDG d’un holding malien et qui était en réalité le prestataire pour lequel s’activait Akon et son aréopage de stars. Solektra a déjà électrifié près de 500 communautés et créé environ 5 000 emplois. À chaque fois, l’entreprise finance un projet pilote, démontre son savoir-faire, puis répond à des appels d’offres. Grâce à ses partenaires, elle dispose d’une ligne de crédit de 1 milliard de dollars (environ 500 milliards de FCFA). Ce qui permet de préfinancer les équipements, souvent peu abordables pour les autorités locales. Cet exemple montre, s’il en était besoin, que l’économie verte est définitivement devenue une filière à explorer.
L’Union Européenne a créé  le Fonds fiduciaire UE-Afrique pour les infrastructures afin de soutenir l’initiative des Nations unies communément appelée «Sustainable Energy for all». Justement cette initiative de Ban Ki Moon communément appelée SE4ALL   vise à réaliser  un accès universel aux energies renouvelables. Elle est appuyée par le Fonds Vert pour le Climat qui a pu mobiliser en  jusqu’en 2014 environ  61,8 milliards de dollars en termes de financements publics et privés mobilisés par les pays développés à l’appui d’actions climatiques dans les pays en développement, afin de remplir l’engagement pris en 2010 à Cancun. Les pays développés s’étaient en effet engagés à mobiliser  100 milliards USD par an d’ici à 2020 pur faire face aux défis climatiques.  Plus des trois quarts du total estimé des financements climatiques ont soutenu des activités d’atténuation, un sixième environ a été consacré à l’adaptation et une faible proportion a appuyé les deux objectifs.
Mais la question qui se pose est de savoir quelles parts les entreprises de notre pays peuvent prendre dans l’exécution des tâches liées à cette nouvelle économie qui se met en place.  Le groupe des négociateurs africains à la conférence internationale sur le climat (COP21) de Paris souhaite limiter le réchauffement climatique à, au moins, 1,5 degré par rapport à l’ère pré-industrielle à l’horizon 2100 contre un seuil de 2% réclamé par plusieurs autres pays. Il n’est pas décent de signifier qu’il s’agit d’une aubaine dans l’économie réelle. Mais la vérité a besoin qu’on la dise. Les lampes et autres panneaux solaires, les aménagements urbains et périurbains, l’agriculture écologique et toutes ses   potentialités d’exportation sont de nouvelles opportunités  qui doivent être appréhendées par une stratégie publique clairement définie. En un mot, nous devrons capter la manne climatique.

Par Olivier ALLOCHEME

Hommage au Général Mathieu Kérékou: Mobilisation d’‘’Adieu’’ au grand camarade de lutte

OBSEQUE JOURNEE DU 10 DECEMBREDémarré depuis le mercredi 09 décembre 2015, les cérémonies marquant les obsèques du président général Mathieu Kérékou se sont poursuivies hier jeudi au Stade de l’Amitié de Kouhounou. Plusieurs chefs d’Etat de la sous-région ouest  africaine ont honoré de leur présence cette cérémonie aux côté du président Boni Yayi.
Après l’hommage militaire dû à son rang au quartier général des Forces armées Béninoises, le mercredi dernier et la veillée de prière au domicile du défunt, la cérémonie des obsèques du général Mathieu Kérékou est  rentrée dans sa phase la plus active hier jeudi. Toute la journée durant, la dépouille mortelle du Grand Camarde de lutte est exposée au stade de l’Amitié recevant les recueillements en signe d’hommages des populations et personnalités à divers niveaux. En effet, très tôt dans la matinée de ce jeudi, les présidents Faure GNASSINGBE, de la République Togolaise, Issoufou MAHAMADOU, Président de la République du Niger, Muhamadu BUHARI, Président de la République Fédérale du Nigeria et leurs différentes  délégations  ont foulé le sol béninois. Ils ont participé aux côtés du président Boni Yayi à la cérémonie officielle d’hommage en l’honneur de l’illustre disparu.  Dans son discours funèbre, le président Boni Yayi a rappelé les souvenirs tant bien même du passage du Général à la tête du pays que l’héritage qu’il a laissé à tout le peuple. « Le souvenir de tant d’années passées à la tête de notre Etat restera toujours vivace dans l’esprit des Béninoises et des Béninois pour qui, malgré votre départ pour la cité céleste, vous continuerez d’être présent spirituellement parmi eux et dans leur vécu quotidien. La grande mobilisation que l’on observe actuellement en ces lieux est un témoignage vivant et la preuve de la grande estime et de la haute considération que vos compatriotes ainsi que nos frères et sœurs des pays voisins ont pour vous », a-t-il laissé entendre. Le Chef de l’Etat a fait part également des sages propos à lui adressés par l’illustre disparu le O6 avril 2006 lors de la passation de charge entre les  deux hommes. Le courage, la foi et l’abnégation sont les mots doux et forts à lui transmis par le feu président, a-t-il rappelé. Aussi, le désir ardent du Général Mathieu Kérékou, malgré étant à terme de mandat et laissant le témoin à son successeur est la lutte contre la corruption, l’impunité le renforcement des institutions de la république, la bonne gouvernance et la sauvegarde de la démocratie chèrement acquise,  a confié le président Boni Yayi. Tout en saluant la grande mobilisation du peuple béninois tout entier et la présence du président Nicéphore Soglo, le président Boni Yayi a exprimé au nom du Peuple béninois et de son gouvernement, ses vifs et sincères remerciements à leurs Excellences Messieurs Faure GNASSINGBE, Président de la République Togolaise, Issoufou MAHAMADOU, Président de la République du Niger, Muhamadu BUHARI, Président de la République Fédérale du Nigéria, qui ont honoré de leur présence ladite cérémonie. « Je sais que n’eut été le poids de l’âge, le Président ZINSOU serait aussi avec nous. J’adresse mes salutations aux Présidents de nos Institutions Constitutionnelles et légales, aux Responsables des Confessions religieuses, aux Têtes couronnées, Sages et Notables ainsi qu’à tous mes chers concitoyens », a ajouté le Chef de l’Etat. La cérémonie d’hommage s’est poursuivie toute la soirée avec les chorales religieuses. La journée d’aujourd’hui sera consacrée selon le calendrier des obsèques, au déplacement de la depouille  mortelle de Cotonou à Natitingou avec les différentes escales dans les villes de Porto-Novo, Bohicon, Dassa, Savè et Parakou.

Oraison du Dr Boni Yayi, Président de la République, Chef de l’Etat, Chef du Gouvernement à l’occasion de la cérémonie officielle d’hommage national au feu Président Mathieu Kérékou

Cotonou, le 10 décembre 2015.

Mon général,
En ce moment de grande tristesse et de profonde émotion, le devoir de mes charges m’amène à m’adresser à vous en cette circonstance particulière pour vous exprimer, au nom du Peuple béninois et en mon nom personnel, notre affection et notre reconnaissance à l’heure fatidique de vous faire nos Adieux.
Mes Collègues, les chefs d’Etats des pays frères et amis sont accourus à Cotonou, pour se joindre au Peuple béninois tout entier afin de vous rendre des hommages dignes de votre haut rang, saluer votre mémoire et soutenir votre Nation, la Nation Béninoise que vous avez tant aimée et pour laquelle vous avez consacré votre vie et consenti d’énormes sacrifices.
Que dire devant cette assemblée plongée dans un silence pesant que lui impose l’immobilité glaciale du sommeil éternel dans lequel vous vous êtes endormi !
S’il y a une lueur de réconfort à laquelle nous nous agrippons, c’est la certitude que le Bénin, au-delà de la douleur de cette séparation physique, honore un de ses plus dignes fils rentré dans l’immortalité.
Mon très cher et respecté Général,
Le souvenir de tant d’années passées à la tête de notre Etat restera toujours vivace dans l’esprit des béninoises et des béninois pour qui, malgré votre départ pour la cité céleste, vous continuerez d’être présent spirituellement parmi eux et dans leur vécu quotidien.
La grande mobilisation que l’on observe actuellement en ces lieux est un témoignage vivant et la preuve de la grande estime et de la haute considération que vos compatriotes ainsi que nos frères et sœurs des pays voisins ont pour vous.
Ils n’ont pas une meilleure manière de l’exprimer que par leur présence parmi nous.

Bien aimé Président,
Je me souviens, comme si c’était hier et non sans émotion de vos propos aimables, lourds de sens et combien édifiants à mon endroit, le 06 avril 2006, au moment de la passation des charges.
Sans vouloir trahir la confidence, il me paraît impérieux de lever un coin de voile de nos entretiens dans le souci d’édifier notre Peuple sur les riches enseignements que j’en ai tirés.
Le premier enseignement est la réalité de notre difficile marche vers l’édification d’un pays uni, prospère, à économie compétitive, de rayonnement culturel et de bien être social. A ce propos, vous m’avez recommandé beaucoup de courage, d’abnégation et de patience.
La deuxième leçon qui m’est restée est relative à l’approfondissement de notre démocratie, la qualité de nos institutions, la lutte contre la corruption et l’impunité. Autant de défis à relever et qui nécessitent selon vos propos de nous mettre ensemble pour hisser notre pays au rang des Nations modernes.

Mon Général,
La flamme de la démocratie que vous avez allumée en 1990 à la faveur de la Conférence des Forces Vives de la Nation demeure une boussole pour nous. Dès lors, prenant en compte cet héritage, nous avons entrepris des réformes au plan économique afin de soutenir le renouveau démocratique.
Ainsi, nos efforts ont permis au Bénin de se retrouver dans le peloton des pays dont le taux de croissance est en constante amélioration. Cependant, des poches de pauvreté subsistent encore. C’est pourquoi, nous devons redoubler d’efforts pour continuer de travailler dans un esprit de sacrifice, d’amour de la patrie, de solidarité, de conscience professionnelle.
Ce jour du 06 avril 2006, vous n’avez pas occulté la problématique de la gouvernance. Vous m’aviez même confié que du fait de l’ampleur de l’impunité et de la corruption, le Bénin apparaît de plus en plus délaissé par ses cadres avides d’intérêts particuliers, bafouant la règle fondamentale de l’éthique et de l’intégrité publique.
Oui ! La bonne gouvernance est une combinaison homogène et cohérente de facteurs tels que le processus politique transparent, prévisible et ouvert, la bureaucratie imprégnée d’une éthique professionnelle, la présence d’hommes politiques responsables de leurs actions (imputabilité), la participation de la société civile à la gestion des affaires publiques, les procédures et institutions régies par la règle de droit.
Au total, la bonne gouvernance apparaît comme un intrant de premier plan dans le processus de développement économique.
Vous m’avez fait part ce jour du 06 avril 2006 de la gravité de cette situation marquée par la dégradation de la qualité de la gouvernance dans notre pays.
A ce jour, la sauvegarde de l’intégrité publique et citoyenne demeure toujours un chantier et défi dans notre pays en dépit des réformes accomplies. Nous n’avons pas encore obtenu une union sacrée de tous, institutions publiques comme privées, citoyens et citoyennes. C’est un voyage et nous devons mettre fin à cette démission collective.

Mon Cher Général,
Pour être fidèle à votre mémoire, les filles et fils du Bénin doivent prendre la mesure de la gravité de l’heure et rester attachés à la Nation qu’ils doivent servir par dessus tout. A cet effet, aucun sacrifice n’est de trop.

Mon très Cher Président,
Votre disparition survient au lendemain de l’adoption par les Nations Unies des Objectifs du Développement Durable. Nous vous faisons la promesse d’œuvrer pour qu’à l’horizon 2030, notre pays soit au rendez-vous de ceux qui auraient réalisé des progrès notables dans l’élimination de la pauvreté, qui a toujours été au cœur de vos préoccupations.
Certes, les dérèglements climatiques constituent un obstacle majeur pour les pays à vocation essentiellement agricole comme le Bénin mais, fort heureusement, la planète entière en a pris conscience et nous avons bon espoir que les mesures seront collectivement prises pour y faire efficacement face.
Le prérequis pour relever les défis ainsi énumérés nécessite un climat de paix et de sécurité. Malheureusement, le terrorisme a pris des proportions telles que la communauté internationale se doit d’en apporter des réponses appropriées pour une paix durable. Nous en faisons une priorité au niveau de la sous région. Du reste, l’intégration sous régionale était également un de vos soucis majeurs. Vous avez mené ce combat avec vos pairs des pays voisins en faisant progresser les idéaux de nos communautés économiques régionales.

Messieurs les Chefs d’Etat,
Mes chers compatriotes,
Je n’ai pas la prétention d’avoir entièrement cerné les enseignements contenus dans la longue et riche expérience de notre regretté Président, mais je puis affirmer que pour perpétuer sa mémoire et poursuivre son œuvre de construction d’une nation solidaire et prospère, nous devrions collectivement prendre des engagements dont au premier chef le sens de la responsabilité, l’esprit d’abnégation, l’amour de la patrie, une éthique et une morale fortes.

Président KEREKOU,
Merci de votre sympathie paternelle et de votre affection qui ne m’ont jamais fait défaut jusqu’à ce 14 octobre 2015. En ce moment où vous amorcez votre voyage ultime vers la maison du Père Céleste, je reste convaincu qu’il ne s’agit que d’une séparation apparente car vos œuvres témoigneront toujours de votre présence parmi nous.
Pour graver davantage votre nom dans notre mémoire et nos cœurs afin que la postérité ne vous oublie jamais, je déclare solennellement la décision prise par le gouvernement de la République du Bénin de donner votre nom à un lieu de grandes rencontres, fruit de vos efforts pour votre Peuple, le Stade de l’Amitié de Cotonou qui s’appellera désormais Stade de l’Amitié Mathieu KEREKOU.
Je ne puis terminer mon propos à votre endroit sans saluer la présence réconfortante de nos distingués hôtes venus nous soutenir et vous témoigner de leur généreuse affection.
J’exprime, au nom du Peuple béninois et de son gouvernement, mes vifs et sincères remerciements à leurs Excellences Messieurs Faure GNASSINGBE, Président de la République Togolaise, Issoufou MAHAMADOU, Président de la République du Niger, Muhamadu BUHARI, Président de la République Fédérale du Nigeria et les délégations qui les accompagnent. J’associe à ces remerciements les Chefs d’Etat et de Gouvernement qui ont manifesté le désir de prendre part à ces hommages mais dont les agendas n’ont pas permis d’être parmi nous aujourd’hui. Je ne saurais oublier tous ceux qui de par le monde ont manifesté leur compassion à notre pays par des messages de condoléance.
Permettez moi de saluer également la présence de mon aîné, le Président Nicéphore SOGLO. Je sais que n’eut été le poids de l’âge, le Président ZINSOU serait aussi avec nous. J’adresse mes salutations aux Présidents de nos Institutions Constitutionnelles et légales, aux Responsables des Confessions religieuses, aux Têtes couronnées Sages et Notables ainsi qu’à tous mes chers concitoyens.
Je n’oublie pas les membres du Corps Diplomatique ainsi que les Représentants des Organisations internationales accréditées au Bénin. Merci pour vos marques de compassion et votre soutien en ces moments de recueillement.

Mon Général,
La Nation reconnaissante, dans la ferveur priante, vous dit Adieu et prie Dieu Tout-Puissant, Le Très Miséricordieux de vous accueillir dans son royaume céleste.

Merci mon Général !
Merci Président Mathieu KEREKOU !
Merci notre Grand Camarade de Lutte !
Dormez en paix et que la terre vous soit légère !

Yannick SOMALON