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Editorial: La santé a un coût

L’accident de Benoît Dègla n’a pas pu camoufler l’obsolescence de notre système de santé. Aussitôt blessé, tout a été mis en œuvre pour « l’évacuer », de sorte que l’ancien ministre est aujourd’hui hors de danger. Son garde du corps a eu moins de chance, il a péri dans le drame. Son chauffeur, tout aussi gravement blessé que lui, n’a pu être « évacué ».
Chaque fois qu’une personnalité béninoise a des problèmes de santé, la coutume est ainsi de l’envoyer se faire soigner à l’étranger, dans des cliniques pour milliardaires de Pretoria, dans les hôpitaux hors de prix de Tunis ou à l’hôpital militaire du Val-de-Grâce en France. Tel ministre ou président d’institution a-t-il quelques démangeaisons à la gorge ? Il court pour exiger l’évacuation. Bien entendu, il existe des affections bien complexes pour lesquelles le plateau technique existant, n’est pas adapté. Nous ne le savons que trop, les efforts entrepris pour juguler la difficulté sont limités face aux ressources réelles mises à la disposition des  centres de santé. Là n’est pas le problème.
Il y a problème lorsque l’écrasante majorité des cadres trouve absolument normales et même obligatoires ces « évacuations ». Ceci arrive précisément parce que la plupart n’ont aucune confiance aux structures sanitaires de leur pays. Il est même à se demander si le ministre de la santé et ses enfants se soignent dans les hôpitaux  du pays. Tant il est vrai que la maladie appelée «évacuation» est aujourd’hui à la mode.
C’est en effet une mode soigneusement entretenue par nos élites qui y trouvent l’occasion de pavoiser aux frais de la princesse, dans une espèce de tourisme sanitaire très lucratif. Il existe dans des pays comme la Tunisie, l’Afrique du Sud ou même en France, une véritable niche dans laquelle s’engraissent de grands centres hospitaliers qui attirent  nos dirigeants incapables de réformer chez eux, leurs systèmes de santé. Il s’est trouvé au Bénin deux ministres femmes qui n’ont rien trouvé d’autre à faire que d’aller accoucher l’une en France, l’autre aux Etats-Unis. A l’époque, personne ne s’est indigné du fait que les enfants de pauvre soient livrés ici aux grèves perlées dans les hôpitaux publics, pendant qu’on utilise leur argent pour aller entretenir l’accouchement de ces ministres. Dans un pays comme les Etats-Unis, cette pratique eût été jugée et traitée d’apatridie grave, l’autorité coupable encourant le risque d’une véritable vindicte médiatique et populaire. Ici, c’est tout le contraire. C’est à peine si les gens ne sont pas admiratifs devant ce qui est regardé en fait comme le signe le plus éclairant de la distinction et de la classe.
Bien entendu, derrière tout cela, se profilent des émoluments cossus perçus sur le dos du contribuable, surtout lorsqu’il s’agit des politiques, présidents d’institutions ou anciens présidents qui perpétuent la ripaille, même sur leurs lits d’hôpital. La filière est donc juteuse et génère tout un système de rétro commissions payées par les hôpitaux, pour rémunérer leurs apporteurs d’affaires.  C’est pourquoi, je nourris l’espoir que la construction d’un hôpital de référence, qui figure au nombre des chantiers prioritaires de la table ronde de Paris de juin 2014, puisse permettre d’endiguer ce snobisme irritant. L’infrastructure verra le jour sous partenariat-public-privé et devrait enrayer cette dynamique ruineuse.
La question qui se pose également est de savoir comment nos établissements hospitaliers en sont arrivés à ce niveau de délabrement et de dénuement. Depuis les restrictions nées des programmes d’ajustement structurel, les hôpitaux publics sont démunis. C’est surtout pour y remédier que la ministre de la santé a lancé l’opération « 120 jours pour équiper nos hôpitaux », devenue depuis « Tous les jours pour équiper nos hôpitaux. » C’est une mendicité publique amplement justifiée par la précarité régnant dans nos établissements hospitaliers. Cela ne dépend pas vraiment de l’Etat, mais des institutions de Bretton Woods qui, depuis la fin des années 1980,  ont obligé les gouvernements successifs à maîtriser les dépenses de santé. On voit aujourd’hui les conséquences de cette politique dont le seul but n’était que budgétaire.
Ailleurs, ce type de politique a provoqué la résurgence d’épidémies autrefois vaincues, du fait de l’aggravation des faiblesses des services de santé. On impute ainsi à la Banque Mondiale, par exemple, la responsabilité de la brusque montée de la fièvre Ebola dans un pays comme la Guinée où  l’institution financière avait prétexté de réformes pour imposer des mesures drastiques ayant touché le secteur de la santé. L’aggravation des faiblesses du secteur sanitaire s’en est suivie.
En clair, le Bénin aura tout intérêt à équiper plus sérieusement ses services de santé. Ce faisant, on ne ferait pas seulement faire des économies à l’Etat.  On contribuera à lutter contre la maladie tout court.

Par Olivier ALLOCHEME

Processus de migration de l’analogique au numérique à la télévision tchadienne: Le gouvernement tchadien sollicite l’expertise de l’ISMA pour ses techniciens

Marcellin Zannou netDe par la qualité de ses enseignements, l’Institut Supérieur des Métiers de l’Audiovisuel reçoit désormais la confiance du gouvernement de la République du Tchad. Et pour preuve, le président Idriss Déby Itno vient de lui confier la formation des techniciens de la télévision nationale du Tchad. Ils ont nom José Damon inscrit en Ingénierie et Exploitation des Equipements, Christophe Koumbayé Robngué, inscrit, quant à lui, en Montage et Postproduction et puis Kassar Hamid Ahmat qui s’est aussi inscrit en Ingénierie et exploitation des équipements. Ils ont plusieurs mois à passer au sein de cet Institut afin d’avoir l’expertise nécessaire pour aider la télévision tchadienne à réussir ce passage obligatoire de l’analogique au numérique. Par cet acte, le Tchad vient confirmer, après la Centrafrique, la Guinée Equatoriale, le Gabon, le Togo, le Djibouti et le Burundi, à l’ISMA, le statut d’école de référence en matière de formation dans le domaine du cinéma et de la télévision, d’une part, et de la formation pour le passage au numérique qu’on lui connaissait. Profitant du premier module de cours qu’ils ont reçu, les nouveaux stagiaires de l’ISMA ont fait par de leurs attentes et impressions.

Ils ont dit

Monsieur Damon José inscrit en Ingénierie et exploitation des équipements: «…Nous sommes convaincus que nous allons rentrer avec des connaissances très poussées »

« Je suis venu à l’ISMA pour le renforcement de mes capacités techniques, puisque l’on ne finit jamais d’apprendre, bien que nous soyons anciens dans le domaine. Nous avons jugé utile de venir approfondir nos connaissances dans le cadre de la migration de l’analogique au numérique. Je suis ravi d’être à l’ISMA d’abord parce que l’administration de l’institut a pris toutes les précautions utiles pour nous offrir un accueil très chaleureux. Dès notre première prise de contact avec l’administration, ils nous ont permis de visiter intégralement l’ISMA, ce qui nous à permis de nous rendre compte que l’Ecole est dotée des équipements qu’il nous faut, des équipements de pointe. Nous sommes très fiers d’être ici et sommes convaincus que nous allons rentrer avec des connaissances très poussées ».

Monsieur ROBNGUE KOUMBAYE Christophe inscrit en Montage et Postproduction:« Je suis persuadé que je trouverai de la valeur ajoutée pour booster ma carrière»

« Je suis monteur à la télévision nationale tchadienne et c’est dans le souci de me perfectionner que je suis en ce moment inscrit à l’ISMA de Cotonou. Avec ce matériel de pointe dont dispose l’école, je suis persuadé que je trouverai de la valeur ajoutée pour booster ma carrière. »

Monsieur Hamid Ahmat Kassar inscrit en ingénierie et exploitation des équipements: « On a pu constater que l’ISMA dispose d’un parc matériel de dernière génération »

« On a pu constater que l’ISMA dispose d’un parc matériel de dernière génération, des équipements qui se rapprochent du nouveau pack de matériel acquis par la télévision tchadienne dans le cadre de sa migration vers le numérique. Cela me conforte et me donne plus de motivation pour poursuivre cette formation. »

Donatien GBAGUIDI

déclaration « Sous l’Arbre à Palabres » du Professeur Vicentia Boco, présidente du l’INPF au siège de l’événement précis: « Je suis contre les acteurs politiques qui manipulent les femmes »

Boco Vicentia netLes personnalités se succèdent au siège du quotidien L’Evénement précis, dans la rubrique atypique « Sous l’arbre à palabre ». Le mardi 4 février dernier, c’était le tour de la dame de fer, professeur Vicentia Boco, présidente de l’Institut national pour la promotion de la femme (INPF), ancienne ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique et ancienne directrice de campagne du candidat Boni Yayi. 89ème invitée de cette rubrique phare, le professeur de médecine, radiologie et imagerie à la retraite n’a pas mâché ses mots pour exprimer sa position sur les divers sujets de l’actualité nationale. A bâtons rompus avec les journalistes de l’Evénement précis et ceux venus d’autres organes de presse, elle a dressé le bilan de ses activités et de leurs  impacts sur la vie des femmes béninoises. Elle souhaite vivement que s’accroisse le nombre de femmes aux postes de prise de décision. Pas pour être des valets des politiciens, avertit l’ancienne ministre qui condamnent avec fermeté les acteurs politiques qui manipulent les femmes. Lisez plutôt l’intégralité des vérités du Professeur Vicentia Boco sous l’arbre à palabre.

Et si on en parlait

Quelles sont vos premières impressions en venant dans les locaux de l’Evènement Précis en tant qu’invitée de « Sous l’Arbre à Palabre » ?
L’Evènement précis est un quotidien avec lequel je collabore déjà depuis un certain nombre d’années et j’ai toujours félicité sa ligne éditoriale qui il me semble, fait preuve d’une certaine neutralité.C’est un plaisir pour moi de pouvoir échanger avec des journalistes reconnus de la presse béninoise. C’est aussi un honneur de pouvoir passer après 88 personnes, donner aussi mes impressions sur le Bénin en général, le travail que nous faisons, la part des uns et des autres etc.…Donc c’est un plaisir.

Madame la présidente, est-ce que c’était nécessaire de créer l’INPF avant de promouvoir la femme ?
Je vous remercie pour la question. Est-ce que c’était nécessaire, je dirai oui et non. Ce n’est qu’une manière de faire. L’institut est une voix parmi tant d’autres qui pourrait permettre si cet institut est bien utilisé, d’améliorer les conditions des femmes dans notre pays. Donc nécessaire ou indispensable, je dirai oui et non.L’institut a été créé comme un outil qui, à terme, doit permettre d’apporter des changements qualitatifs sur la situation des femmes. Cet institut fonctionne comme un petit laboratoire. En fait, on doit dire que c’est un petit laboratoire parce que le Bénin est deuxième ou troisième pays au monde à avoir une institution comme celle-là. Qu’est-ce que nous faisons ? Nous identifions par des études, par la recherche, par des interviews, par des rencontres avec les populations féminines prioritairement mais également avec les hommes tous âges confondus; (c’est-à-dire qu’on ne se limite pas aux adultes ou aux jeunes) les difficultés de l’ensemble de la population. Puis, nous essayons d’identifier en quoi l’apport des femmes en particulier pourrait améliorer cette situation et on se rend très vite compte que les femmes participent peu aux différents foras de réflexion. Je n’ai pas dit ‘‘prise de décision’’ car en la matière il faut observer que les réflexions, les discutions, les échanges qui permettent de prendre des décisions ne tiennent pas beaucoup compte de la position ou des besoins des femmes. Donc, après avoir identifié ces besoins,nous proposons à travers des recommandations et des axes d’action comment améliorer tel ou tel point. Voilàdonc ce que nous faisons. Evidemment, c’est un travail de longue haleine. Vous conviendrez avec moi que ce n’est pas facile parce que la situation des femmes n’est pas uniforme sur l’ensemble du pays et les problèmes ne sont pas les mêmes. Nous allons revenir peut-être sur les détails mais vous savez très bien que la situation des femmes globalement dans l’Ouest du pays par exemple n’est pas la même que les contraintes, les difficultés des femmes en région Sud ou dans le Nord. Donc, on ne peut pas globaliser. Même là, nous sommes obligés de faire attention pour ne pas dire des généralités. D’où l’intérêt d’études précises dans des localités, dans des régions, en tenant compte des us et coutumes des populations ou des sociétés dans lesquelles ces femmes doivent s’insérer parce qu’il ne s’agit pas de les couper de leur réalité. Ensuitenous faisons de la sensibilisation parfois envers ces femmes afin qu’elles soient responsabilisées par rapport à leurs propres choix, mais nous faisons également une veille stratégique pour savoir si nos recommandations sont prises en compte. Evidemment, les politiques, les décideurs sont également entretenus à travers des actions de lobbying visant à les sensibiliser pour mieux prendre en compte les femmes dans leurs actions quotidiennes. Nous faisons des plaidoyers auprès duGouvernement, de l’Assemblée et tous ceux qui devraient se saisir de nos résultats pour orienter leurs actions. Mais tout cela n’est pas facile. Donc, nous nous sommes rendu compte qu’il fallait pour potentialiser les résultats, une réorientation des stratégies en utilisant la méthode de recherche-action. C’est quoi la recherche action ? Comme je vous l’ai dit tout à l’heure, on identifie les besoins, les goulots d’étranglements, les difficultés, on fait des recommandations puis on choisit des populations cibles restreintes pour tester nos propositions et prouver qu’elles peuvent fonctionner. Et à ce moment-là, si nous démontrons que dans telle population, nous avons réussi à améliorer la participation des filles par exemple ou le maintien des filles à l’école et que ça fonctionne, on ne pourra plus nous dire : « c’est la théorie, c’est déconnecté de notre réalité, ça ne marchera jamais, c’est trop lent à venir, votre proposition n’apportera pas de résultat tout de suite, etc ». Car, c’est ce que nous entendons tous les jours. Donc nous essayons aujourd’hui de devenir une institution pas seulement de recherche-théorie, mais de la recherche-action. Là aussi, c’est difficile de convaincre les différentes autorités de cette nécessité, car dans notre structuration intellectuelle au Bénin, nous voulons tout et tout de suite, nous n’avons pas la patience d’attendre que notre travail porte ses fruits. Donc c’est difficile de convaincre les politiques parce qu’ils sont pressés d’avoir des résultats. En matière de société, vous savez bien que c’est très difficile d’induire des changements de comportement et qu’il faut du temps, de la persévérance et beaucoup d’engagement. Voilà ce que nous faisons.

Qu’est-ce qui a changé fondamentalement depuis que vous êtes à la tête de l’institut?
Je vais plutôt parler des types de recherches que nous avons faits et vous montrer quelques points sur lesquels nous avons insisté. Nous avons été installés fin 2009, nous avons commencé à fonctionner vers septembre 2010. Nous avons mis au moins six mois pour nous installer. Donc nous fonctionnons réellement depuis à peu près quatre ans. Dans ce délai de temps, nous avons fait 17 études qui ont porté sur différentes thématiques. Nous avons fait une étude sur la participation des filles aux formations scientifiques et techniques parce que nous nous sommes rendu compte que dans le monde aujourd’hui, les progrès économiques arrivent par la recherche scientifique et le capital scientifique des sociétés. Quand vous prenez un pays comme l’Inde qui est aujourd’hui à la pointe, tous ses jeunes ingénieurs ont été formés aux USA et l’Inde a fait la politique de rappeler ses jeunes ingénieurs qui sont dans le monde entier dans son pays en leur faisant des situations favorables et en les mettant au travail. Avant cela, il faut déjà avoir le capital humain dans lequel il y a les hommes et les femmes. L’étude a montré qu’il y a un déficit de femmes dans certaines formations. Dans certaines formations elles sont à peine est à peine 2%. Et la tendance est à la décrue. Nous avons donc tiré la sonnette d’alarme en demandant de renforcer la présence des filles dans ces domaines de manière à avoir à terme un grand capital scientifique humain capable de travailler au développement du pays pour l’industrie de demain. Nous avons également fait une étude sur l’apport des femmes aux revenus des ménages. Cette étude a montré que dans le milieu rural, 47% des revenus sont apportés par la femme. Je suis sûre que dans la tête de tout le monde, ce sont les hommes qui apportent l’argent dans le foyer et que ce sont les femmes qui le dépensent. En milieu urbain, c’est 66%. Cette étude a montré que ces revenus vont essentiellement à la satisfaction des besoins domestiques. Autrement dit, c’est la femme qui met son argent dans l’habillement des enfants, dans le marché, mais c’est l’homme qui va faire le crédit pour construire la maison, qui capitalise et la femme ne capitalise rien. Cela interpelle nos décideurs pour dire que si dans un ménage il est reconnu que la femme peut apporter des revenus, plus elle aura de revenus, mieux sera la situation des ménages, même si ces revenus ne sont pas mis à destination de structures fonctionnelles comme la maison, la voiture ou la télévision et que cela va plutôt dans les dépenses de marché. C’est quand même un apport car cela soulage l’homme de ses charges.
Nous avons fait également une étude sur la participation de la femme dans les postes de prise de décision et les résultats ont été publiés. Ces résultats ont montré que nous avons moins de 3,5% de femmes dans les conseils communaux au niveau local alors qu’à la fin des élections, il y avait 4,3%. Mais progressivement avec les contestations,les nominations et démissions, le nombre a diminué. C’est ce qui s’est passé à l’Assemblée aussi. A la suite de cette étude, nous avons démontré qu’au moins au niveau local, il fallait aux prochaines élections, au moins un minimum de 10% de femmes. Car c’est au niveau local que se prennent les décisions qui impactent réellement la vie quotidienne des populations à la base. Parce que c’est au niveau local qu’on décide de là où on va construire les centres de santé, les écoles, les salles de classes. Et là, il est nécessaire que les femmes y soient pour donner leur point de vue. Nous avons donc souhaité et fait du coup un certain nombre d’actions pour améliorer la participation des femmes aux postes de prise de décision.
La dernière étude qu’il me plait d’aborder, c’est la prise en compte du genre dans les politiques de santé. Cette étude montre que les programmes de santé sont neutres par rapport au genre. On ne fait pas la distinction entre les besoins des hommes et des femmes. Par exemple, dans le cadre du programme de traitement du Vih/Sida, les besoins des femmes lors des traitements ne sont pas les mêmes que ceux des hommes. Donc, lorsqu’on fait les campagnes, on ne cible pas de manière différente les hommes et les femmes. Or, non seulement les besoins, mais les risques ne sont pas les mêmes. La femme est beaucoup plus exposée que l’homme aux risques du Sida. Et il y a des précautions particulières à prendre par la femme. Or les campagnes ne tiennent pas assez compte de cela.
J’irai plus loin pour dire que même dans la politique en matière de santé reproductive, le programme ne s’intéresse qu’aux femmes et ne tient que peu compte des hommes. Or, ils ont aussi leur partition à jouer dans la politique familiale et maternelle. Donc, on ne peut pas dire que nous faisons la politique maternelle alors que c’est la politique familiale et pire, mettre de côté les hommes. Voilà les études importantes qui ont montré qu’il y a des failles au niveau des programmes.

L’INPF face aux OMD
Le premier critère qui est l’enseignement primaire pour tous nous intéresse tous. Mais nous ne nous sommes pas focalisés sur celui-là qui est largement pris en compte. Mais tout ce que nous faisons est en concordance avec l’objectif 3 qui parle de l’égalité entre l’homme et la femme. Notre objectif principal est de réduire les inégalités entre les hommes et les femmes dans tous les domaines pour atteindre la promotion sociale des femmes. Donc toutes nos actions ne visent que cela. Maintenant, je voudrais faire remarquer que nous sommes déjà en 2015 et nous faisons déjà le bilan des OMD pour aller vers les Objectifs de développement (ODD). Vous avez entendu que le Bénin est en passe d’atteindre un certain nombre d’objectifs mais en tout cas, pas le 3ème.Nos actions futures viseront également à évaluer sur le terrain ce dont les femmes ont pu bénéficier de l’ensemble de ces programmes, évidemment si nous avons les moyens pour le faire !!!! Donc, nous nous situons plutôt à un moment charnière où toutes nos actions, nos études, nos actions de lobbying envers les politiques, les décideurs et bailleurs de fonds afin que les femmes soient mieux prises en compte.Nous sommes donc en train de préparer un bilan, non pas pour l’INPF, mais pour savoir si les femmes ont reçu satisfaction à partir de tous ces efforts déployés par les uns et les autres. Nous ne faisons que jouer notre rôle, qui est un rôle de veille.

Peut-on conclure que vos objectifs sont atteints en ce qui concerne la promotion de la femme depuis la mise en place de l’INPF ?
Je vois deux volets dans votre question. Je réponds séparément. Première question, est-ce que la femme béninoise se reconnait à travers nous ?  Deuxièmement, est-ce que nous n’avons pas l’impression de prêcher dans le désert ? Nous, nous sommes sur le terrain tous les jours et nous rendons compte de comment les femmes dans les villages, à la base vivent. Ceci à travers des échanges réguliers. Et je pus vous dire que les femmes à la base connaissent l’Institut, attendent beaucoup de l’Institut. Nous avons eu le temps de leur faire comprendre que notre rôle n’est pas de venir offrir des casseroles, des houes, sceaux, encore moins de l’argent. Nous leur avons bien fait comprendre que notre travail consiste à discuter avec elles, connaitre leurs besoins et être les porteurs de leurs messages. Depuis cette année, Nous avons pu installer des points focaux dans chaque région. Au début, la hiérarchie n’avait pas souhaité cela et on devait rester dans les bureaux. C’est après l’avoir convaincue que nous avons commencé à mettre en place nos points focaux qui serviront de relais de la base vers le sommet. Donc je réponds par un « oui », que les femmes qui ne voient pas l’institution comme concurrente, se reconnaissent en nous. Maintenant, les structures qui font à peu près les mêmes choses ou qui travaillent sur les mêmes thématiques, parfois nous voient comme concurrente et essaient de nous affaiblir. Pour moi, elles devraient nous considérer comme une structure partenaire. Chacun de nous, s’engageant à développer un volet des actions ou des réflexions à mener pour les femmes. Donc, nous ne pouvons pas être concurrentes, mais plutôt complémentaires. Et moi, je prône cela. Et je dis que le sujet est tellement important. En tout cas, je le pense ainsi et d’ailleurs, je ne me mets jamais en position de juge par rapport à ces structures et pourtant, il y aurait bien des insuffisances à relever parfois. C’est vrai qu’on n’a pas encore trouvé la clé pour résoudre cette équation. Toutes les personnes qui pourraient se mettre à cette table et apporter une toute petite contribution pour que la situation des femmes s’améliore sont les bienvenues.

Lecture des statistiques des femmes dans les institutions
Alors, je vais revenir sur deux points. La situation au niveau local. Nous n’avons pas eu de réélection des maires depuis. Donc on ne peut pas évaluer. C’est aux prochaines élections qu’on pourra en parler. Mais ce qui est certain, c’est que plus nous aurons de maires femmes, meilleure sera la gouvernance au niveau local. Pour des quantités de raisons que nous n’aurons pas le temps de développer ici. Pour n’en citer que quelques-unes : la manière de faire la politique des femmes est la plupart du temps différente de celle des hommes, et la préoccupation des femmes généralement vont au bien-être des populations ou des personnes qui les entourent. Donc, on a formaté les femmes sur cette manière de penser. Aujourd’hui, c’est au bénéfice de notre population et avant que les femmes politiques ne deviennent des bêtes politiques, c’est-à-dire ne pensent qu’à elles, avec tout le respect que je dois aux politiques politiciens, les femmes aujourd’hui ne sont pas encore des bêtes politiques. Donc nous devons profiter de cette opportunité pour les mettre à disposition pour le travail en faveur de nos populations. Pour moi, c’est une perte de potentialité que de ne pas utiliser les compétences de ces femmes et leur manière d’être aujourd’hui, pour améliorer les conditions de nos populations. Il peut avoir zéro femme au gouvernement ; ce n’est pas parce que des femmes sont au gouvernement que la situation va s’améliorer. Je le dis parce que la femme qui est au gouvernement ne fera que ce que son chef lui demande. Lorsque vous êtes dans un gouvernement, vous êtes obligés d’appliquer une politique qui est prédéfinie. C’est vrai que vous pouvez essayer d’influencer mais la marge est plus que tenue. Nous avons des exemples tous les jours dans notre pays. Par contre je pense que c’est plus facile lorsqu’on est dans les partis politiques. C’est donc dire que les femmes doivent tout faire pour intégrer les partis politiques. Je sais que ce n’est pas facile. Par contre, je crois qu’elles ne doivent pas viser l’intégration des partis politiques pour aller au gouvernement. Malheureusement, c’est ce qui se passe aujourd’hui. Et c’est un peu dommage. Je ne dirai pas la même chose pour l’Assemblée Nationale. Je dois encourager les femmes à aller à l’Assemblée Nationale. Et elles doivent essayer d’y aller. Car c’est là que se prennent les lois de la République qui gèrent notre vie. Même la loi de finances doit être votée par l’Assemblée. Si l’Assemblée identifie que peu de crédits ont été mis sur un programme en faveur de la réduction des inégalités, le gouvernement est tenu de revoir sa copie. Donc, il faut plus de femmes à l’Assemblée Nationale. Il faut aussi plus de femmes dans la gouvernance locale. Mais ce n’est pas gagné. Cependant, si à la suite des élections, on trouve zéro femme élue, je serai extrêmement déçue, mais je ne regretterai pas d’avoir fait ce travail. Je le dis parce que contrairement à ce qui se dit dans les différents milieux, nous voyons les femmes de la base commencer à réfléchir pour dire qu’elles ne sont plus seulement là pour subir et qu’elles souhaitent prendre en main leur destinée. Et ceci est important. Je veux que les femmes s’investissent à la base. Leur participation aux élections à la base est très importante.

Des stratégies déjà peaufinées pour favoriser l’élection massive des femmes aux prochaines joutes électorales ?
Oui, nous avons identifié les femmes potentielles candidates. Nous les avons formées et à la fin, plusieurs nous ont affirmé n’avoir jamais reçu de formation de ce niveau. Elles ont déclaré être candidates, mais avec ce qui a été dit, qu’elles ne savent plus si elles peuvent réellement le faire car il ne suffit pas de se faire positionner. Nous leur avons montré les contraintes, les exigences, les atouts pour être élues. Nous avons travaillé avec les chefs de parti sur toute l’étendue du territoire pour leur démontrer que c’est dans leur intérêt de positionner des femmes à des postes éligibles. Je crois qu’en la matière, on ne peut pas contraindre les partis politiques. On ne peut que les sensibiliser. Nous allons continuer à travailler avec les femmes qui seront positionnées en les aidant à faire le travail technique sur le terrain. Nous n’avons pas d’argent à leur offrir, mais plutôt l’accompagnement technique.

Rejet de la loi sur la parité entre homme et femme. Un échec pour l’INPF ?
Cela nous a fait très mal, mais plus profondément que vous l’imaginez parce que, lorsque cette loi est allée à l’Assemblée, j’ai fait un lobbying avec les députés. Ils m’ont dit : ‘’ Madame Boco, nous vous connaissons et sachons bien ce que vous défendez et ce que vous valez. Malgré toute l’estime qu’on a pour vous, on ne votera pas cette loi’’. J’ai poussé ma curiosité à savoir pourquoi, ils ne veulent pas voter cette loi. Le projet de loi avait pourtant été amendé avec la contribution de certaines Ong avec lesquelles nous avons travaillé. Ce projet a été envoyé à la commission des lois parce que nous avons estimé qu’elle ne peut pas être votée en l’état. Personnellement, j’ai très mal vécu ça, parce que j’ai estimé que la loi n’avait pas été formulée pour être votée. Je pèse bien mes mots. La loi disait quoi ? La loi disait :poussez-vous et donnez-nous la place. Or, ce n’est pas ça. La parité est bien sûr une affaire de droit, mais pas pour que la femme prenne le dessus. C’est une justice qui est réclamée pour que les femmes soient représentées à environ 50% dans les postes de prise de décision. Mais ce n’est pas comme ça.
Il faut que chacun comprenne cette nécessité. Il ne s’agit pas de l’imposer. Cette loi, il fallait la travailler déjà avec les députés et surtout, faire le lobbying autour, même dans les populations pour que celle-ci comprennent son bien-fondé. Elle est reportée sine die, ce qui veut dire qu’elle n’est pas classée aux oubliettes. J’espère que lorsque nous aurions passé ces périodes électorales et que nous serions plus au calme, nous allons revenir sur cette loi, essayer de mieux la reformuler, de trouver les moyens de la populariser un peu, de manière à obtenir l’adhésion d’un grand nombre de personne avant de la présenter à l’Assemblée. Pour nous, la parité n’est pas une fin en soi. Notre problème au Bénin, je le dis une fois encore, c’est d’aider les femmes à prendre leurs places dans la société. C’est tout. Notre société a changé. Avant, c’étaient les hommes qui faisaient tout. Aujourd’hui, les données ont changé. La femme peut aussi bien faire ce que l’homme fait si on lui en donne l’opportunité. C’est aussi simple que ça. Même si ce n’est pas 50%, vous-mêmes, les chiffres que vous avez donnés là sont totalement ridicules. Moi, je ne peux pas oser les dire à l’extérieur. J’étais dans un colloque de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), qui portait justement sur les femmes et les jeunes, où il y avait 27 ou 28 pays réunis. Le Bénin est parmi les plus mauvais dans le domaine de la représentativité des femmes. Le Bénin fait partie des pays qui ont le moins bien fait dans ce domaine-là même si nous crions partout que nous avons fait les micros crédits. Même ces micro-crédits que nous avons faits, il faut voir ce que ça apporte réellement aux femmes. Ce sont des réflexions qu’il va falloir progressivement faire. Les micro- crédits ont-ils réellement amélioré l’autonomisation des femmes ?

Comme vous l’avez expliqué, les femmes sont quasi inexistantes aux postes de décision. Quel est alors le rôle de l’INPF pour qu’on en soit encore là ?
Cette question fait partie de l’étude que nous avons faite sur la participation des femmes aux instances de prise de décision. Les enquêtes sont là, les populations ont participé et les enquêtes ont montré qu’il y a quatre ou cinq grands facteurs. Premier facteur, c’est qu’il y a moins de femme en capacité intellectuelle pour intervenir au haut niveau en politique. Les femmes qui interviennent en politique sont très souvent peu instruites et donc, elles restent souvent dans le rôle d’accompagnement des politiques. Elles font la mobilisation, elles font à manger pour les membres du parti. C’est elles qui s’occupent de la cantine, c’est elles qui font le folklore et qui dansent. Et, ceci vient du fait que beaucoup de femmes sont encore peu instruites. Donc, nous devons faire en sorte de veiller à l’amélioration de l’éducation des femmes. C’est le premier facteur le plus important. Le deuxième critère est que le témoignage des femmes qui sont allées en politique démontre que le milieu politique est hyper violent. Je ne dis pas simplement violent mais hyper violent. Ça veut dire que quand vous êtes en politique, on s’attaque à vous par tous les moyens possibles même si vous vous tenez sur vos gardes. On ira lancer à travers la presse des choses sur vous pour essayer de vous vilipender, de ternir votre image, parfois on inventera des choses sur vous etc… Donc, les femmes qui vont en politique sont maltraitées d’abord par les hommes et puis après par les femmes parce qu’elles font une sorte de concurrence, une sorte de leadership entre elles. Ce qui fait qu’elles ne se soutiennent pas. Ceci est dû au fait qu’elles sont peu nombreuses aujourd’hui. Si les femmes étaient nombreuses en politique, la concurrence qu’il y a entre elles, parce qu’elles veulent toutes être leader va s’atténuer automatiquement. Troisième facteur : je viens de parler de l’instruction et de la violence en politique qu’on peut corriger intelligemment. Ensuite, c’est le peu de moyens financiers des femmes, puisque la politique, ça coûte cher. Or, les femmes, si elles ont de l’argent, elles se disent, « mon argent, je l’ai gagné honnêtement, donc, je ne veux pas distribuer en politique puisque comme je ne peux pas voler après, ou si je ne peux pas tricher, je ne peux pas récupérer mes fonds ». Donc, les femmes, même quand elles ont les moyens financiers préfèrent le consacrer à leur famille, à leurs enfants, à leur milieu social etc… Tout simplement parce qu’elles n’ont pas le réflexe d’attendre « le retour sur investissement » comme ça se fait dans le milieu politique. Elles sont donc réticentes pour ça parce que « le retour sur investissement, » elles ne se sentent pas capables de l’appliquer. Le dernier critère, c’est qu’elles ont les charges de la famille. Les femmes, quand elles ont des enfants à bas âges, ont du mal à aller en politique et plus tard, c’est plus difficile de s’intégrer dans un parti. Aujourd’hui, il faut qu’on les aide à intégrer le milieu politique tout en ne visant pas responsabilités politiques ; mais une fois que leurs enfants sont un peu grands, et qu’il y a moins de contraintes, et que les hommes, comme nous le souhaitons, pensent à les aider un peu dans le ménage, elles seront mieux aguerries pour assumer des responsabilités. Et je crois, si vous regardez bien, les femmes qui sont en politique sont soutenues par leur conjoint. Et, beaucoup ne vont pas parce que les hommes ne les y aident pas. Et ça, c’est le 5ème critère : l’opposition de leurs conjoints parce que même quand elles le veulent, leurs conjoints sont réticents puisqu’elles risquent de voir ternir leur réputation. Donc, les hommes s’opposent souvent à ce qu’elles fassent la politique. Voilà les cinq facteurs ou critères que nous avons trouvés dans cette étude. Ce n’est pas nous qui l’avons inventé, ce sont des informations issues des enquêtes donc remontées de la base.

Nous allons parler des fistules obstétricales. Ces femmes victimes de ce mal sont souvent écartées du monde. Quelle est l’appréciation de l’INPF ?
Vous voulez mon appréciation ? Il faut simplement retenir que la fistule obstétricale n’est pas une fatalité. Ça, c’est la première chose. Donc, plutôt que d’avoir à traiter les malades, il vaut mieux faire de la prévention. Alors, pour moi, la première solution, c’est d’améliorer la prise en charge des femmes pendant l’accouchement, donc mieux accompagner l’accouchement des femmes. Parce que les fistules sont dues aux accouchements dystociques, longs et difficiles et surtout chez les filles jeunes. Les grossesses précoces sont les plus grandes pourvoyeuses de fistules. Donc, pour moi, la première solution, c’est la prévention. La prévention en améliorant le plateau technique médical et de la prise en charge. Il y a des choses qui se font là-dessus mais tant qu’il reste à faire, c’est que rien n’est fait. C’est vrai qu’aujourd’hui, le Ministère de la santé a mis du matériel dans les centres sanitaires jusqu’à la périphérie, mais vous convenez avec moi qu’il n’y a pas de ressources humaines. Il y a des maternités aujourd’hui qui sont sans électricité, sans eau. Moi j’en ai visité, où il y a une seule sage-femme, elle ne peut pas faire la garde 24h/24, 365 jours sur 365 jours. Personnellement, j’estime que le Bénin a fait beaucoup d’efforts dans la construction des services de santé, dans l’équipement des services de santé de la périphérie. Mais, notre Etat doit encore faire un gros effort dans le recrutement et la formation des ressources humaines en matière de santé. Ce n’est pas sans raison qu’on parle d’hôpitaux morts et tout ça. C’est parce que le personnel médical et paramédical est un chainon important dans la prise en charge en matière de santé. Simplement parce que sans ce personnel, il n’y a pas de soins. La machine peut rester là, mais s’il n’y a personne derrière pour la faire tourner ou bien pour interpréter les choses ou pour faire les gestes qu’il faut, ça ne sert à rien. Vous le savez très bien. Notre Etat est plus enclin à acheter du matériel qu’à former les ressources humaines. Je crois que vous comprenez de quoi je parle. Donc, nous devons beaucoup miser sur la formation et sur le recrutement de ressources humaines pour nos formations sanitaires, leur compétence par des formations de qualité. C’est la première chose à faire. Ensuite, faire la sensibilisation pour éviter les grossesses précoces. On pourrait, par exemple, mettre en place un programme de suivi spécifique des grossesses précoces, dès qu’elles sont identifiées. Lorsque vous avez une fille de 16 ans par exemple qui arrive dans une maternité ou bien que dans une école on se rend compte qu’elle est enceinte, qu’on ne la renvoie pas simplement chez elle en disant : « allez accoucher et après vous revenez et nous on va vous reprendre pour que vous puissiez continuer vos études ». Aujourd’hui, tout le monde est d’accord là-dessus. Mais, est-ce qu’il y a pour ces filles, un système de prise en charge pour ces grossesses-là afin de les aider de sorte que les parents qui ont honte de dire que leur enfant est enceinte ne puissent pas les cacher dans un coin quelque part pour qu’au moment d’accoucher, elles se retrouvent dans des endroits non sécurisés ? C’est comme ça qu’arrivent les fistules. Nous devons faire des efforts pour que le personnel soit mieux formé, que les grossesses précoces soient mieux prises en charge et que les programmes de santé et de populations qui, aujourd’hui s’occupent beaucoup de la contraception s’occupent encore plus de ces aspects. Maintenant, qu’est-ce qu’on peut faire pour ces femmes atteintes de fistules obstétricales ? Il y a des programmes qui ont été mis en place et des campagnes de traitements. Mais la réalité est qu’une fois que les femmes sont atteintes de ces fistules, on les cache. Donc les gens ne les sortent pas alors qu’on ne peut pas passer de maison en maison pour savoir s’il y a un cas de fistule. En fait, je pense qu’il nous faut un réseau d’indicateur, ou d’alerte dans les villages en périphérie, et dans les maternités de façon à ce que quand un accouchement est difficile, qu’on mette en place un système de suivi de ces femmes de manière à repérer la lésion à temps. Et parce que la fistule ne se découvre pas au moment de l’accouchement, la lésion est faite pendant l’accouchement et les conséquences ne se voient que plusieurs semaines ou plusieurs mois après.

L’activité principale des femmes béninoises se limite aux micros crédits, aux marches de soutien, au meeting et autres. Quel ressentiment avez-vous quand vous voyez ces choses ?
Vous savez que je suis contre. Je suis absolument contre. Je ne l’ai jamais caché et je ne sais pas si vous m’avez jamais vu marcher. Ce n’est pas sans raison. Alors, je vais vous dire. Pour moi, cette pratique n’est pas simplement déplorable, elle est punissable parce qu’elle s’appuie sur la faiblesse et la fragilité des femmes. C’est une forme d’abus sur ces femmes déjà pauvres. Je ne condamne pas les femmes parce que nous les avons interrogées. Elles nous disent : quand je vais au marché, le bénéfice que je fais en rentrant chez moi n’atteint pas ce qu’on me donne lorsque je vais faire une marche. Donc, au lieu de m’asseoir et vendre à longueur de journée mes «kluiklui», et n’avoir que 50F ou 100F de bénéfice dans une journée et même parfois 0F de bénéfice en fin de journée, je préfère aller à une marche pour qu’on me donne 1000F. Vous allez la condamner ? On ne peut pas les condamner. Nous devons simplement travailler à ce que leur bénéfice dépasse les 1000F qu’on leur donne et nous aurons réglé le problème. C’est très important ce que je suis en train de dire. Une chose est de dire aux politiques : arrêtez d’utiliser les femmes. Mais, ça leur est tellement facile !!! Tout le monde veut la facilité et il faut vraiment une grandeur d’esprit pour essayer de résister. Donc, à la fois nous condamnons la pratique, à la fois nous aimerions la voir arrêter. Ça ne nous grandit pas et parfois quand je vois les hommes politiques faire ça, je n’ai aucune estime pour eux.

Mais vous ne l’avez jamais dit au chef de l’Etat dont vous étiez la directrice de campagne.
Le chef de l’Etat connait toutes mes idées. Je crois que j’ai toujours eu la parole franche avec lui aussi et je crois qu’on se connait assez bien.

Ça veut dire qu’il ne suit pas les conseils de son entourage ?
Je ne dirai pas ça. Je dirai plutôt que les priorités ne sont pas les mêmes. J’insiste sur ce sujet-là. La seule solution, c’est d’améliorer les conditions de vie des femmes, d’abord en les éduquant mieux en leur apprenant à gagner de l’argent et à s’autonomiser. La vraie bataille, c’est celle-là et c’est dans ça que je m’engage et que je suis engagée, pas seulement là où je suis mais partout où je suis. Peut-être que vous ne le savez pas, mais dans toutes mes autres activités, c’est prioritairement sur cela que j’insiste.

Parlons 08 mars parce que nous nous y approchons. Est-ce la journée du 08 mars ou bien le mois ou le trimestre de 08 mars ?
Pour moi, c’est tous les jours qu’on peut célébrer le 08 mars.

L’année du 08 mars alors ?
Pourquoi pas. Parce que c’est tous les jours que nous devons travailler pour l’amélioration des conditions des femmes. C’est tous les jours que nous devons avoir cette priorité et pour moi, chaque jour où quelqu’un se lève pour dire, j’analyse la condition des femmes, j’apporte quelque chose à la situation des femmes, je fais quelque chose pour la femme afin qu’elle soit un peu mieux, quel que soit le jour de l’année pour moi, c’est positif. Donc, le 08 mars c’est quoi ? Revenons au 08 mars. C’est une journée qui a été identifiée par les Nations-Unies pour que le monde entier, au moins une fois par an pense à la situation des femmes. Ça ne veut pas dire que tous les autres jours, on ne doit pas y penser. La deuxième réponse, c’est que le 08 mars, c’est aussi la fête des femmes. C’est donc ce qui justifie un peu les festivités. Mais, c’est aussi où des réflexions sont menées. Ce jour-là, plus particulièrement, on fait des réflexions sur la situation des femmes. Donc, le 08 mars, on ne doit pas refuser qu’il y ait des festivités. Mais, il ne peut pas y avoir que des festivités, il faut aussi qu’il y ait des réflexions, des recommandations, des propositions, etc… Des activités qui permettront d’améliorer les conditions des femmes.

Il y a souvent des fêtes pour la journée. Etes-vous pour ou contre cette manière de faire ?
Et j’ai toujours été contre. L’Institut n’a jamais fait de fête pour le 08 mars. Nous avons un budget pour ça. Notre budget pour la première année, nous l’avons utilisé pour faire une étude sur les formations techniques. Nous avons toujours utilisé notre budget pour faire des actions concrètes, pour faire soit des études soit des formations sur le terrain pour les femmes. On nous l’a même reproché en disant que nous n’avons pas théoriquement en étant institut, le droit de faire des travaux de terrain. Et nous avons répondu non. C’est notre argent. On nous a dit de faire la fête, mis nous avons préféré faire des études. On ne peut pas aussi nous en vouloir pour ça.

On pourrait appeler ça détournement de fonds ?
Non, on va dire chevauchement d’attribution. Le 8 mars prochain, je vous le dirai puisque ce n’est pas encore balisé mais, c’est une action intellectuelle. Vous serez certainement mis aux faits mais nous ne ferons pas de foulard et autres.

Vous êtes ancienne ministre de l’enseignement supérieur. Au mois de décembre, tous les acteurs du monde de l’enseignement ont été conviés aux états généraux de l’enseignement. Quand vous avez eu les conclusions de ces assises de l’éducation, avez-vous le sentiment que la plaie a été réellement pansée ?
Vous m’amenez sur un terrain pointu et je vais vous répondre franchement. Je n’ai pas encore eu les conclusions. J’ai demandé et je vais les avoir. Une fois que je les aurai analysées, je pourrai répondre clairement à votre question. Je n’ai pas suivi vraiment les débats. Je crois que le forum a essayé d’identifier en partie les insuffisances de notre formation et y a proposé des solutions. Permettez sans être revancharde de rappeler que, quand j’étais au Ministère, j’ai été la première à convier à des assises des chefs d’entreprises. Mon discours était que la formation doit s’arrimer à nos besoins économiques. Nous avons mis 8 ans pour revenir à ça, nous aurions pu faire mieux depuis 8 ans. Donc, le forum a essayé de faire des propositions pour que les insuffisances de la formation que nous donnons aujourd’hui soient corrigées. Permettez que je le dise les conclusions que j’ai eues m’ont donné le sentiment que nous ne sommes pas allés au fond des questions. Permettez-moi de poser cette question. Est-ce que former des gens à foison dans des universités sans aucun espoir de travail, c’est travailler ou donner des chances à notre pays de se développer ? Pour moi, c’est une bombe à retardement. Est-ce que déconcentrer les universités et mettre des centres universitaires dans les 77 communes améliore la qualité de la formation ? Je ne crois pas. Je crois que comme ça se fait dans l’économie, dans l’éducation, nous devrions avoir un axe central. Et cet axe dorsal devrait être défini en fonction des besoins identifiés du moment. Je donne un exemple : à un moment donné, nous nous sommes rendu compte qu’on n’avait pas de statisticiens. Donc, nous avons donné des bourses pour aller former des statisticiens et nous avons poussé des gens vers cette formation. Mais à un moment donné, il faut dire stop, jusqu’à ce qu’on revienne à une formation continue pour que l’économie puisse se développer de manière à ce qu’il n’y ait plus de chômeurs. Aujourd’hui, nous avons des besoins énormes dans différents domaines en particulier dans le domaine scientifique. Je prends le domaine de l’environnement. Nous n’avons pas encore fait des formations qu’il fallait dans le domaine de l’environnement ni pour la sauvegarde, ni pour l’exploitation rationnelle de nos potentialités en la matière. Nous n’avons rien fait. Nous formons des environnementalistes pour aller rester dans les bureaux. Donc pour moi, le problème de l’éducation est loin d’être résolu et je ne sais pas si le forum est allé au fond.

L’une des questions face à laquelle vous étiez réticente quand vous étiez au gouvernement est relative aux doléances des étudiants à rendre gratuit l’enseignement supérieur. Après votre départ, le verrou a été sauté. Avez-vous l’impression que le gouvernement a bien pris l’option de décréter la gratuité de l’enseignement supérieur ?
La gratuité de l’enseignement supérieur a été une volonté du chef de l’Etat. Il a même voulu plus que ça et le moins difficile pour notre Etat était de prendre en charge les inscriptions. Ce verrou a été sauté comme vous dites et ça a été signé. Mais, je crois qu’il n’y a pas eu assez d’explications sur la proposition. Déjà à l’époque, les études que j’avais faites montraient que la charge financière pour l’enseignement supérieur était insoutenable pour notre budget. Parce que ça fait un appel d’air vers les universités. On dit : vous êtes inscrits gratuitement et tous les bacheliers vont s’inscrire même s’ils ne vont pas au cours. On a alors dit : si vous redoublez, on ne vous reconduit pas l’inscription. Mais s’il redouble là et va s’inscrire en 1ère année dans une autre filière ? Tous les jeunes vont s’inscrire, même s’ils vont dans d’autres formations ailleurs. Ils vont s’inscrire à l’université pour bénéficier de la carte d’étudiant qui ouvre la porte à certains droits comme la prise en charge dans les hôpitaux, les restaurants. Même s’ils ne font pas la formation, ils prennent la carte d’étudiant pour pouvoir bénéficier de certains droits. C’est humain. A mon avis, je crois que cette question devrait être revue, repensée et qu’on puisse peut-être mettre des critères pour voir dans quel cas, c’est sûr que certains étudiants voudront avoir les inscriptions gratuites et pas tout le monde. Je crois que chaque fois qu’on met quelque chose en place, il faut l’évaluer. Le système de bourse que j’avais mis en place a été évalué un certain nombre de fois et reconduit malgré les insuffisances. Mais je crois qu’il est suffisamment crédible même s’il est un peu tributaire de la qualité de ceux qui sont chargés de l’appliquer. Il faut évaluer la gratuité des inscriptions. Il faut se donner le temps et le courage d’évaluer, voir les distorsions, ce qui a ou n’a pas marché, on revoit et on prend des solutions. Je crois que la gouvernance c’est aussi ça. Se remettre en cause, revenir sur des décisions qu’on avait prises et mieux expliquer aux gens quels sont les objectifs mais aussi la finalité à pouvoir aider un certain nombre d’étudiants qui sans cette gratuité ne pouvaient pas s’inscrire. Est-ce qu’on les aide réellement ? Parce que ça coûte cher aussi d’aller à l’université tous les jours C’est difficile d’avoir une chambre sur le campus mais ça soulage déjà un peu les parents.

Quels sont vos projets qui sont en train d’être concrétisés actuellement avec l’actuelle équipe rectorale ?
Je crois que je travaille assez avec l’équipe rectorale qui est là. Je crois que nous avons des échanges informels avec le recteur et toute l’équipe. Personnellement en ce qui nous concerne, nous avons lancé en collaboration avec l’UAC, la formation en genre et nous attendons pour que ça démarre. Parce que nous nous sommes rendu compte que le problème du genre, donc la réduction de l’inégalité entre les hommes et les femmes et la prise en compte équitable des hommes et des femmes, n’est pas suffisamment abordé au niveau de l’Université. Pour qu’il soit pris en compte, il faut que ceux qui pensent et appliquent les programmes gouvernementaux, publics soient formés en matière de genre. On s’est rendu compte que c’est parce que les gens ne connaissaient pas qu’ils ne savent pas l’appliquer. Donc, on a mis en place cette formation qui doit démarrer incessamment. Ce sera une formation diplômante, universitaire, sur deux ans. Les personnes travaillant déjà pourront venir se former de manière à avoir des compétences en genre. Et ça peut rentrer en compte dans d’autres formations.

Avez-vous déjà vérifié votre nom sur la lépi ?
Oui, non seulement j’ai mon nom sur la Lépi, mais j’ai envoyé à tous ceux qui sont sur mes réseaux le lien pour vérifier et j’ai fait démultiplier à un certain nombre de personnes pour vérifier leurs noms sur la Lépi.

Avec cette opération, avez-vous le sentiment que nous tendons vers la Lépi consensuelle tant souhaitée pour des élections apaisées ?
La Lépi est assez bien nettoyée parce que le fait que les gens vont vérifier sur le terrain, aura permis d’enlever les doublons. Maintenant la Lépi telle qu’elle est aujourd’hui, personnellement devrait faire consensus, c’est ce que je pense. Maintenant, nous sommes en politique. Peut-être que ça n’arrange pas tout le monde. Mais, il faut que ça arrange tout le monde parce que c’est de la paix de notre pays qu’il s’agit. Au lieu de perdre son temps à se combattre, ça permettra qu’enfin, on parle des problèmes de développement.

« Nous nous sommes trompés, nous vous avons trompés ». Quand vous avez entendu les déclarations de l’une de vos compatriotes femme députée à l’Assemblée nationale, quelle a été votre réaction en tant que directrice de campagne de Yayi Boni ?
Je crois que lorsque j’étais directrice de campagne et que je faisais campagne, les gens me disaient : « Ah Madame Boco, c’est toi qui nous as dit de voter ». Je leur disais : « votez et nous ferons le bilan ». Un premier bilan a été fait en 2011. La population béninoise a estimé qu’il y avait eu des dysfonctionnements et que tout n’avait pas bien marché. Même le chef de l’Etat l’a reconnu. Mais, la majorité du Bénin a décidé de le reconduire pour le second mandat. Donc, il est légitime. La gouvernance qui est là est notre choix à tous, pas seulement à nous qui avons fait campagne. Mais attention, j’ai aussi dit que nous devons évaluer. Moi je suis dans la position d’un évaluateur parce que je me suis mise dans cette situation là dès le début et je ne l’ai pas caché.

Et à mi-parcours, quelle évaluation avez-vous fait ?

Même à mi-parcours, je reconnais qu’il y a eu beaucoup de dysfonctionnements. Je reconnais qu’il y a eu des choses qui ont été faites. Nous n’allons pas faire le bilan aujourd’hui. Il y a beaucoup de choses qui ont été faites et il y a des choses qui auraient pu être mieux faites. Mon regret est que les choses qui ont été faites auraient pu l’être encore mieux grâce à une meilleure gouvernance et les populations auraient été mieux impactées dans leur vie quotidienne. Ce qui s’est fait au Bénin est parti de bonnes idées. Si vous regardez bien au départ, il y a toujours une bonne idée pour tout le monde. Est-ce parce que les acteurs ne sont pas à la hauteur ? Est-ce parce qu’ils sont incompétents ? Est-ce parce qu’ils ne sont pas forcément à la bonne place ? Il va falloir évaluer, comme je le dis, à la fin des 10 ans. Moi je l’ai toujours dit. Il va falloir évaluer à la fin des 10 ans, ce qui a marché, bien marché, pourquoi ça a marché, ce qui n’a pas marché et pourquoi ça n’a pas marché. Et la 3ème partie, comment faire pour que nous n’ayons plus cela. Je crois que chaque politique le fait individuellement mais après, il faudra mettre en place des structures qui vont le faire réellement, scientifiquement, pas pour condamner nécessairement des gens, mais surtout pour que nous sachions à l’avenir qu’il y a des erreurs qu’il ne faut plus jamais commettre. Je crois que c’est l’avantage que nous pouvons tirer de ces 10 ans de gouvernance.

Le projet Alafia est quand même un grand moyen pour tout le gouvernement au Bénin ?
Je sais et disons que le projet Alafia, nous l’utilisons tous les jours et nous menons toutes nos actions à partir de l’Agenda Alafia 2025. Sur ce document, la version qui est connue est une version allégée mais ce document a identifié beaucoup de difficultés que nous connaissons aujourd’hui. Il y a assez de problèmes que nous vivons aujourd’hui. Notre insuffisance est que nous ne lisons pas et ne nous cultivons pas assez. Et que nos politiques sont des politiques politiciens et que ce n’est pas de la politique reposant sur la technicité. Ils devraient s’inspirer tout le temps de ce document, de ces choses écrites, de ce qui a été fait avant, de ce qui est fait ailleurs pour prendre leurs décisions.

Pensez-vous que le phénomène de la mutilation génitale est éradiqué au Bénin ou il y a une résistance ?
Il n’y a pas trop de mutilations génitales au Bénin, sauf dans deux petites régions. On ne peut pas comparer la situation du Bénin avec celle des pays du Sahel. Ça n’a rien à voir. Donc, on ne peut pas superposer. C’est ce que je vous disais tout à l’heure. Quand on globalise trop, on fait des erreurs.

Avez-vous accès à l’Ortb ?
Oui. Je pense oui. Vous m’avez déjà vu plusieurs fois à l’Ortb. J’ai fait des émissions sur l’Ortb.

Il y a des politiques qui se plaignent du fait de ne pas y avoir accès. Pensez-vous que l’Ortb devrait fermer les portes à certains?
Je suis d’accord avec vous que la politique actuelle de l’Ortb n’est pas la meilleure parce qu’une gouvernance qui ne veut pas entendre son opposition est une gouvernance qui se fourvoie. De la parole de l’opposant nait la contradiction et la parole de l’opposant vous permet de voir ce que vous faites mal et bien et de vous corriger. Une politique qui veut des résultats doit nécessairement entendre son opposition.

Madame Vicentia Boco se préoccupe-t-elle de sa blouse ?
Qui ? Moi ? Je suis tous les jours en blouse.

En conclusion
Je dirai que je crois quand même que nous faisons une erreur de penser que la réduction des inégalités entre les hommes et les femmes soit la bataille d’une certaine catégorie. Lorsqu’on regarde bien, on voit que dans les pays où les femmes ont été mises à peu près au même pied d’égalité que les hommes, il y a plus de justice. Le niveau social est plus équilibré. Donc, c’est un facteur de progrès pour les sociétés. Il faut que nous aussi nous voyions ça comme un facteur de progrès pour notre société. C’est essentiel. Et c’est ça qui va entrainer les changements que nous souhaitons pour notre société. Deuxièmement, je souhaiterais dire que ce n’est pas l’affaire de quelques-uns seulement. Nous, on est là seulement comme des porte-paroles. Mais c’est l’affaire de tout le monde. Si un mari sait qu’en quittant sa maison, que s’il était renversé par un véhicule, ce qui peut nous arriver à tous, la femme qu’il a laissé a la possibilité de prendre en charge les enfants, il aurait une inquiétude en moins. Je crois qu’il faut voir la chose dans ce sens. J’entends des jeunes dire, les femmes qui sont trop instruites ‘’j’en veux pas chez moi’’. Mais, ils ont tort. Parce que, de la femme instruite, on peut apprendre beaucoup de choses. Vous êtes complémentaires. Car, ni l’homme ni la femme ne maitrise tout. Un couple qui ne s’enrichit pas mutuellement est un couple qui n’est pas épanouissant. Donc, même pour l’homme, l’épanouissement est le fait d’avoir une conjointe avec qui il peut échanger, s’enrichir. Il est important de rappeler cela aux jeunes qui ont des réflexions superficielles. Notre éducation aujourd’hui n’est pas profonde. On n’apprend plus aux enfants le fondement de la société. Donc, nous devons être des éducateurs plus que des enseignants. Cela suppose que nous devons apporter le savoir-être, le savoir-vivre. Nous devons apprendre à nos enfants les vraies valeurs auxquelles ils doivent s’attacher.

Carte d’identité

« Je ne sais que m’occuper des autres »

Née à Natitingou un certain 22 janvier 1949, et originaire de Savi (Ouidah), département de l’Atlantique, Vicentia Boco, ne se définit que comme Béninoise à part entière. « Je ne suis ni du sud, ni du nord. Je suis Béninoise et je n’ai qu’une seule politique, le Bénin », avoue-t-elle. De parents enseignants, elle a connu le pays au gré des différentes affectations de ceux-ci. Du reste, elle passe son CEP en 1959 et décroche un Bac série D en 1968. « A l’époque, il me semblait que la médecine était le meilleur moyen pour rendre service. En plus de cela, j’ai choisi une discipline qui n’existait pas au Bénin, la radiologie », affirme l’ancienne ministre qui est le premier Béninois spécialiste de cette discipline.   C’est qu’elle aime se mettre au service des autres. «  Mon père et ma mère m’ont faite ainsi. Je ne sais m’occuper que des autres », dit-elle. Mais pour en arriver là, le chemin aura été long, long et dur. Entrée en Belgique, elle fait trois ans de médecine avant de tout recommencer à zéro en France, sans bourse. C’était le commencement de sa carrière professionnelle en France en 1974. Au bout du rouleau, la voilà médecin, elle fait un peu d’anesthésie réanimation avant de choisir  la radiologie, qui est aujourd’hui un instrument clé de la médecine. « Avant on traitait à l’aveugle. Aujourd’hui, la médecine pose d’abord un diagnostic, ce qui passe souvent par l’imagerie », argumente Vicentia Boco.  Mais au pays, personne n’avait encore idée de ce que pouvait représenter cette science inconnue. Elle enseigne un temps au Collège Polytechnique Universitaire (CPU, aujourd’hui EPAC) et finit  à la Faculté des sciences de la santé (FSS). Chef du service d’imagerie médicale du CNHU, elle devient vice-doyen de la faculté, directrice de l’école des assistants sociaux et de kinésithérapie en 2003. Elle fut même un temps Conseillère technique à la santé et aux affaires sociales du président Nicéphore Dieudonné Soglo. Sa carrière politique démarre réellement en 2006 lorsqu’elle a assuré la direction de la campagne du candidat Boni Yayi.  Elle a été par la suite chargée de mission du Président de la République avant de remplacer le Professeur Nago devenu Président de l’Assemblée nationale. Vicentia Boco a été nommée ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, département  qu’elle a dirigé de Juin 2007 à Octobre 2008. A ce poste, elle s’est évertuée à poursuivre les réformes initiées dans le domaine de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique par son prédécesseur. C’est sous sa tutelle que l’Université d’Abomey-Calavi a entamé la concrétisation du système LMD, l’inscription gratuite des étudiants non secourus et non boursiers et la suppression des concours d’entrée aux écoles universitaires. Elle a également poursuivi la politique de renforcement des infrastructures universitaires. Dans le cadre de la déconcentration du système d’Enseignement Supérieur, des sites ont été négociés et obtenus. Il s’agit du site de Kétou, Adjohoun,  Adjarra, Abomey, Bohicon, Zakpota, etc.   Autrefois Présidente d’honneur du parti Forces Coalisées pour le Changement (FCC) après sa sortie du gouvernement, elle est demeurée très importante dans le dispositif politique du Président Boni YAYI qui le lui rend bien en la propulsant en 2009 à la tête de l’Institut national pour la Promotion de la Femme (INPF), poste qu’elle assurait cumulativement avec ses fonctions de Médecin, Chef Service Radiologie, au Centre National Hospitalier Universitaire (CNHU) Hubert K. MAGA. Depuis fin 2014, elle s’est libéré de sa blouse avec son admission à la retraite et se consacre entièrement à l’institut.

Intimité

Tout-terrain assumée

Vicentia Boco est déjà grand-mère de trois petits enfants. A table, elle se définit comme un tout terrain, « parce qu’effectivement, je n’ai pas de préférence particulière », dit-elle. Elle mange de tout mais préfère l’eau à toute autre boisson. Comme sport, elle fait de la gymnastique et de la marche. Comment allie-t-elle alors vie professionnelle et vie familiale ? Ses enfants lui reprochent encore ses absences fréquentes par le passé, mais son mari l’était tout autant. A la retraite depuis l’année dernière, c’est une activiste convaincue de la cause de l’enfant et de la femme qui a eu la chance de naitre dans une famille qui lui a donné toutes ses chances. Elle cherche aujourd’hui à aider les femmes à s’accomplir malgré leurs conditions difficiles.

 

La Rédaction

Déclaration suite aux décisions de la cour constituionnelle et de la Haac: Akuété Assèvi réclame son rétablissement au poste de Directeur général /Onip

Akuété Assévi DG ONIPM. Akuété Assèvi réclame justice dans le dossier relatif  à son limogeage par un arrêté ministériel de la tête de l’Office national d’imprimerie et de presse (ONIP) en février 2014.  Il s’est exprimé à l’occasion d’un point de presse organisé hier mercredi 11 février à la Maison de Médias ‘’Thomas Mègnassan’’. Devant les journalistes, le conférencier a démontré l’injustice dont il est victime de la part du gouvernement en dépit de la décision de la Cour constitutionnelle qui demande son rétablissement dans ses fonctions de directeur général de l’office. En réalité, selon les explications du conférencier, il reste et demeure le directeur général de l’Onip  pour avoir été nommé en Conseil des ministres  en mai 2012 suite à un appel à candidatures de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac) pour un mandat qui court jusqu’en mai 2016.

La Cour constitutionnelle et la Haac rejettent le limogeage
En réalité, en 2014, le plaignant a adressé un recours à la Cour constitutionnelle sollicitant son arbitrage. En son temps, la Haute juridiction avait déploré, à travers la décision Dcc 14-151 du 19 août 2014, l’absence d’un fondement pour l’arrêté N°2014-016/MCTIC/DC/SGM/CTJ/DRH/DRC/SA du 05 février 2014 contraire à la constitution. Après cela, la Haac a, lors de sa session du jeudi 18 septembre 2014 au mardi 20 janvier 2015, invité le Gouvernement à se conformer à la décision de la Cour constitutionnelle qui exige la réintégration du plaignant dans ses fonctions de directeur général de l’Office.

L’arbitrage du chef de l’Etat attendu
Le conférencier a appelé à l’arbitrage du chef de l’Etat, Dr Boni Yayi qui reste, selon lui, le seul en mesure de trancher l’affaire. A en croire Akuété Assèvi, le président de la République est le garant du respect de la Constitution béninoise, et en conséquence, devra se saisir du dossier pour faire respecter le droit comme il a su souvent le faire dans d’autres dossiers. «  C’est du chef de l’Etat seul que viendra la lumière qui dissipera  les ombres des hommes au cœur sombre….. C’est lui qui doit donner les instructions pour l’exécution  de la décision de la Cour constitutionnelle pour me rendre justice en ordonnant de me remettre mon mandat », a-t-il martelé. Pour l’histoire, il a rappelé à tous les ministres en charge de la communication, en ce qui concerne les nominations dans les organes de service public, le cas de feu Clément Houénontin, ancien directeur de la télévision nationale.

Emmanuel GBETO

Affaire Dangnivo: La Fesyntra-finances exige de retrouver Alofa

Metongnon okLa Fesyntra Finances exige du Gouvernement de tout mettre en œuvre pour retrouver l’assassin présumé de Pierre Urbain Dangnivo, le charlatan Codjo Cossi Alofa évadé, le 03 février, de la prison d’Akpro Missérété où il était détenu. C’est à la faveur d’une rencontre qui s’est tenue hier entre les membres du bureau exécutif du syndicat du Ministère des Finances. Après analyse des informations reçues au sujet de « l’évasion » spectaculaire du sieur Codjo Cossi Alofa, la Fésyntra Finances fait un rappel des événements de 2010 et exige que le Gouvernement retrouve le détenu en fuite.

COMMUNIQUE AUX TRAVAILLEURS ET AU PEUPLE A PROPOS DE «L’EVASION» DU PRESUME ASSASSIN DE PIERRE URBAIN DANGNIVO

Le Bureau Exécutif de la Fesyntra-finances s’est réuni ce jour mercredi 11 février 2015 pour analyser l’information donnée au sujet de « l’évasion » spectaculaire le 03 février 2015, de la prison de Missérété, du sieur Codjo Cossi ALOFA, charlatan et présumé assassin de Pierre Urbain DANGNIVO, porté disparu le mardi 17 Août 2010 avec sa voiture. A l’issue de cette rencontre, le communiqué ci-après a été rendu public.
1- Le rappel du film de certaines incohérences qui mettaient déjà à nu une mise en scène.
Qu’il vous souvienne que, dès l’annonce de la disparition de Pierre Urbain DANGNIVO le 17août 2010 avec son véhicule, les travailleurs du Ministère en charge des finances, le 23 août 2010 ont donné l’alerte par un avis de recherche, suivi des actions diverses de protestations et avec l’appui de la presse privée, cette disparition est devenue un problème national.
La revendication essentielle se résumait ainsi qu’il suit : l’Etat étant garant de la sécurité des personnes et des biens, doit aider à rechercher et retrouver Pierre Urbain, en mettant en place une cellule de crise composée de militaires, gendarmes, policiers, douaniers, du procureur de la République et donner tous les moyens nécessaires pour accomplir sa mission.
Du 23 août au 31 août 2010, le gouvernement fit la sourde oreille et ne donna aucune suite à cette revendication objet des différents mouvements. La Fesyntra en application d’une recommandation de l’assemblée générale du 27 août saisit les confédérations et centrales syndicales de même que certaines organisations de la société civile. C’est alors que le Chef de l’Etat se décida le 1er septembre 2010 par la facilitation du Président du Conseil Economique et Social de rencontrer les organisations syndicales. Le chef de l’Etat servira qu’il n’était ni au courant de la disparition de DANGNIVO ni des mouvements au Ministère des Finances.
Le 19 septembre 2010 sur deux chaînes de télévision simultanément (ORTB et GOLF-TV) le conseiller spécial aux affaires politiques du Chef de l’Etat le sieur Alexandre HOUNTONDJI et le DG/ ARCHA Maxime HOUEDJISSIN déclarent péremptoirement que dans la famille DANGNIVO, c’est l’habitude des gens de cette famille de disparaître et de donner le cas de Joachim DANGNIVO le frère de Pierre Urbain. La FESYNTRA- FINANCES dément et fait descendre d’Abidjan Joachim, à Cotonou et au sit- in du mardi 21 septembre 2010, le présente comme un trophée aux travailleurs et aux médias. Entre temps un évènement important s’était produit le 20 septembre 2010. Il s’agit de l’audience accordée par le chef de l’Etat à la famille DANGNIVO où le Président de la République demandait de prier et que s’il plaît à Dieu, on retrouverait DANGNIVO sain et sauf.
Chose curieuse, le 27 septembre 2010, le journal l’Evènement du jour, le seul quotidien sur la kyrielle qui paraît au Bénin informe que Pierre Urbain DANGNIVO serait mort et que l’exhumation du corps est prévue l’après midi à Womey. Consternation, tristesse et désolation au ministère des finances. A 10 heures, la famille DANGNIVO informe la Fesyntra-finances qu’elle est invitée par le Ministre de la justice Grégoire AKOFODJI qui lui propose de faire une délégation pour assister à l’exhumation du corps de leur fils. Une exhumation en catimini donc. Malgré cela, le lieu fortement militarisé fut envahi par une population curieuse et tous les secrétaires généraux des centrales et confédérations syndicales sans oublier des éléments de la garde présidentielle et le présumé assassin menotté.
Le corps exhumé était dans un état de putréfaction avancée, et n’était même pas celui de DANGNIVO. C’est dans le rejet de cette scène macabre que sont intervenus les propos du ministre de la justice, les condoléances du procureur de la République, et de l’Ambassadeur de France au Bénin qui a été reçu par le chef de l’Etat dans la soirée de ce 27 de retour précipité d’une tournée dans le nord du pays.
Le compte rendu de tant de contre vérités, de torture des travailleurs et des parents ne pouvait ne pas surprendre et révolter tout démocrate et tout travailleur au sit-in du 28 septembre au MEF.
En réaction à cette mise en scène odieuse de l’exhumation, une gigantesque marche fut organisée le mercredi 6 octobre 2010 par les organisations syndicales du pays sur le ministère de la justice pour exiger toute la lumière et la vérité sur l’affaire DANGNIVO et surtout que ce dernier soit retrouvé sain et sauf. La réplique maladroite du pouvoir dans la même soirée est ce communiqué du ministre de l’intérieur interdisant toutes manifestations de rue entrant dans le cadre de l’affaire DANGNIVO sur toute l’étendue du territoire national.
Le mardi 12 octobre 2010, une marche autorisée par la mairie de Cotonou pour la sauvegarde des libertés, organisée par l’Organisation pour la Défense des Droits de l’Homme et des Peuples (ODHP) est interdite. La bourse du travail fut impénétrable et devenue un camp de concentration pour la police, la gendarmerie, l’armée. Même l’artillerie lourde a été déployée contre des manifestants pacifiques avec un seul objectif : réprimer et réduire les travailleurs et le peuple au silence pour que plus jamais on ne parle du dossier DANGNIVO.
Dans le journal l’Indépendant n°1009 El Hadj Diallo déclare l’affaire DANGNIVO une affaire non lieu. Le 09 janvier 2011, le conseiller technique du chef de l’Etat aux affaires monétaires et bancaires Marcel de SOUZA déclare sur Golf TV que le dossier DANGNIVO sera vidé le 1er février 2011 devant la cour d’assises et que le corps exhumé à WOMEY est bel et bien celui de DANGNIVO selon les légistes allemand, français et béninois.
A sa suite le conseiller spécial Amos ELEGBE déclare comme dans un aveu que chaque régime à ses scandales et que la disparition de DANGNIVO en constitue un sous le régime de YAYI. Et pour faire taire le peuple, la HAAC interdira l’évocation par les opposants des scandales comme l’affaire DANGNIVO, ICC SERVICES, CEN-SAD etc. pendant la campagne électorale de 2011.

2- L’âme innocente de Pierre Urbain DANGNIVO crie vengeance et comme l’œil de Caen suivant Abel
Tout le peuple a constaté les immixtions répétées des conseillers spéciaux et du Chef de l’Etat lui-même dans ce dossier. Alors qu’une enquête était en cours, sans une décision du juge, le corps a été exhumé et placé sous scellé. En se substituant au juge, le Chef de l’Etat a fait recours aux médecins légistes français et allemands pour faire examiner ledit corps. On aurait même coupé les doigts de ce macchabée pour conclure qu’il serait bien le corps de DANGNIVO ;
Annoncé plusieurs fois malade et même mort dans cette prison de Missérété la plus sécurisée du Bénin pour ne pas dire de l’Afrique, c’est de l’évasion du présumé assassin qu’on nous parle aujourd’hui. Or, le procureur général de Cotonou dans sa conférence de presse en date du 23 juillet 2014 déclarait : «… pour l’affaire de l’ancien cadre du ministère de l’Economie et des Finances, Urbain Dangnivo porté disparu depuis le 17 août 2010, la procédure évolue normalement et n’est pas mise sous boisseau. Le dossier serait mûr et connaîtra bientôt de jugement. La grande difficulté de la justice est qu’elle n’est pas encore parvenue à mettre la main sur le cerveau présumé qui aurait assassiné ce cadre béninois » cf le journal la Nation n° 6036 du 24 juillet 2014. Alors à qui profite l’évasion d’Alofa ? Comment a-t-il pu organiser cette évasion ? A-t-il été finalement tué ? Etait-il réellement l’assassin de Pierre, sinon après les différentes auditions, le cerveau présumé de l’assassinat dont parle le procureur général, serait-il différent du charlatan Alofa, un repris de justice qu’on nous avait présenté dans une bicoque avoir tué son client et enterré dans sa concession ? A quel jeu veut jouer encore l’exécutif dans ce dossier à travers la conférence de presse du Ministre de la justice ? Dans tous les cas la garde du prisonnier incombe entièrement au gouvernement qui doit répondre de ce qui est arrivé au détenu. La fesyntra-finances, exige du gouvernement de retrouver Alofa. Le Bureau Exécutif demande aux travailleurs de rester mobilisés et de se tenir prêts en temps opportun à toutes actions.

Fait à COTONOU, le mercredi 11 Février 2015

Pour le Bureau Exécutif de la FESYNTRA-FINANCES

Le Secrétaire Général Fédéral

Laurent METONGNON

Edito: L’emploi au secours de la politique

Les emplois pleuvent depuis le palais de la Marina. Conviés lundi à faire leurs vœux au chef de l’Etat, les jeunes et leurs organisations faîtières se sont confondus en remerciements devant Boni Yayi. Ils se sont entendus promettre qu’environ 16.000 emplois directs leur seront offerts cette année. Très précisément, l’administration publique va créer 15.876 emplois au titre de cette année, dont plus de 8.000 dans la Fonction publique.
L’Agence nationale pour la promotion de l’emploi (ANPE) a été sommée de reprendre 1.500 stagiaires ayant achevé un an de stage au sein de l’administration publique depuis décembre 2014.  L’Agence prévoit le recrutement de 3.750 nouveaux stagiaires. Ce sont des mesures sociales dont personne ne peut contester la justesse. Dans un contexte où les recrutements au sein de l’administration publique ne se font qu’à petite dose homéopathique, le lot des  chômeurs et des débrouillards a grossi pour atteindre des seuils critiques ces dernières années. Trouver de solution à ces fléaux est dès lors d’une urgence républicaine. Le problème est donc connu. Ce sont les solutions proposées qui peuvent porter à caution.
Car, derrière la magnanimité enjouée du locataire de la Marina, se cachent deux nécessités absolues. La première est d’ordre politique. Il ne vous aura pas échappé qu’à la veille des élections présidentielles de 2011, plusieurs centaines de nominations ont été effectuées au sein de l’administration publique. Les cadres ainsi postés ont été vertement sommés d’aller faire campagne pour le chef de l’Etat dans leurs villages. Ce fut un coup de génie que personne n’a vu venir. Le cadre béninois qui rêve de nomination, depuis son coin de bureau, sent comme une main divine se poser sur ses épaules dès qu’il entend son nom au soir des conseils des ministres. A l’époque, ils s’étaient répandus dans les villages, en néophytes zélés, bavant et écumant du yayisme à temps et à contretemps. Le K.O est venu parachever le travail. Ce qui se passe aujourd’hui, à la veille des prochains scrutins, ressemble étrangement à l’opération d’alors. Imaginez des dizaines de milliers de désespérés à qui une lueur d’espoir est subitement miroitée, et vous pourrez mesurer l’ampleur du coup politique qui a été fait ce lundi.   Même si quelques-uns verront bien qu’on instrumentalise leur misère, la grande majorité verra que Yayi est un messie descendu droit du ciel pour sauver ce pays. Voilà donc pour le premier facteur.
La deuxième nécessité à laquelle répondent les mesures sociales de lundi dernier est d’ordre purement économique. Je m’explique.
On peut légitimement s’étonner qu’au moment où la plupart des pays dans le monde réduisent la voilure de leur fonction publique, le Bénin navigue à contre-courant.  Mais en réalité, le Fonds National des retraites du Bénin (FNRB) est en crise. L’audit actuariel de ce fonds qui s’occupe de payer les retraités béninois,  un audit réalisé en septembre 2009 par le cabinet Actuaria, a conclu depuis lors que si rien n’est fait, le solde financier du FNRB va se dégrader régulièrement et fortement. Il devrait passer de 12 milliards en 2008 à 23 milliards en 2015,    30 milliards en 2020 et finalement à 40 milliards en 2058. En clair, c’est un déficit qui se creuse chaque année et menace directement les retraités de notre pays.
A la base de ce problème se trouve en fait le gel des recrutements observé au Bénin depuis 1987, gel rendu obligatoire par la crise des années 80 et notamment le programme d’ajustement structurel (PAS). Depuis lors, on observe un déséquilibre notoire entre le nombre de nouveaux retraités et celui des agents nouvellement recrutés. Selon les résultats de l’audit déjà cité, le FNRB a vu, sur les années récentes, ses effectifs de bénéficiaires augmenter d’environ 6% par an, pendant que les cotisants alimentant le système n’augmentaient, eux, que de 1% par an. C’est une évolution divergente   qui creuse le déficit et l’aggrave d’année en année.  Tout ceci oblige l’Etat à recruter non seulement pour combler les départs massifs à la retraite, mais aussi pour résorber un déficit devenu inquiétant.
Les annonces de lundi, pour fracassantes qu’elles puissent paraitre, étaient nécessaires au double plan politique et économique. Il ne nous reste plus qu’à plaider maintenant pour que l’Etat s’occupe d’encourager la création d’emplois dans le secteur privé par des mesures concrètes. Car, on l’oublie souvent, le secteur  privé est, de loin, le premier pourvoyeur d’emplois, le seul en tout cas qui mérite d’être promu dans une nation moderne comme le Bénin.

Par Olivier ALLOCHEME

Réflexion scientifique sur la vie d’un chef d’Etat: Des révélations spirituelles sur Boni Yayi

Boni Yayi site« Nous dédions cet article en l’honneur du peuple béninois et de son président,  son Excellence,  Docteur Thomas Boni Yayi afin que les uns connaissent mieux les autres pour la paix du Bénin : Amen,   Amen,  Amen, RA ». C’est par cette dédicace que le métaphysicien béninois, Maître AmoussaRahimi a conclu ce travail scientifique qu’il vient de faire sur le président Boni Yayi. Un travail que nous avons choisi de publier en deux parties pour rendre fluide sa lecture. Vous y découvrirez des révélations qui renseignent fort bien sur les attitudes et faits du président de la République qui porte ce signe. La seconde partie toute aussi riche en révélations sera publiée dans notre prochaine parution.

DESTINEE  DES  CANCERS (Première partie)

Quatrième signe du Zodiaque, le cancer (22 juin au 22 juillet) a pour hiéroglyphe deux spirales exprimant les changements représentés  par les vagues de la Vie. Signe lunaire, le cancer signifie le retrait sur soi, la sensibilité, la timidité et la ténacité. Avec le cancer, surgit tout un univers aquatique. Et il est symbolisé par l’écrevisse ou le crabe, animal d’eau vivant sous une carapace protectrice. Aussi, à l’esprit des Eaux, s’associe intimement une valeur d’interne, d’intime ou d’intérieur qui rappelle que les ébauches et préfigurations de la vie renaissante, germes œufs et bourgeons sont entourés de coquilles, matrices, écorces et  enveloppes destinées à abriter le pouvoir de résurrection  enfermé dans ces cuirasses. Au signe Cancer, se trouve associée la lune, à la figure blafarde et à la lumière cendrée, le rôle du Cancer est celui de la MEDIATION, de la MEDIUMNITE, du MILIEU. Il  marque le  milieu de l’année, il relie le monde formel et l’informel, il est le seuil de la réincarnation, le passage du Zénith vers le nadir. Les êtres marqués de ce signe jouissent d’un grand pouvoir secret propre à favoriser les renaissances futures. Le Cancer est représenté par un SCARABEE, symbole de l’âme. Ce signe est de nature aqueuse,  son signe opposé est le Capricorne. Le Capricorne représente la face  cachée du Cancer, indiquant à l’homme de quitter les basses régions de l’Atlantique afin de s’élever au-dessus des brumes et ainsi  évoluer. Les motivations du Cancer sont aussi puissantes  que son symbole, le crabe et son élément, l’eau. Rappelons-nous que l’eau use le rocher à force de persévérance et que le crabe recule d’un pas pour avancer de deux : sa capacité de survie est  considérable. En Egypte, la constellation du Cancer était parfois représentée par deux tortues appelées les « Etoiles  de la mer ». On peut rapprocher  le nom du Cancer à Cana, ville où Jésus fit son premier miracle consistant étrangement à changer l’eau en vin. Le Cancer cache une partie de sa nature et se dissimule derrière un masque pour rire ou pour pleurer. Les anglais nomment le cancer MOON CHILD ou ENFANT  de la LUNE. Aussi le cancer est le seul à connaître les secrets de la lune et il visite souvent les régions inconnues de cet astre. Le cancer à l’art de se déguiser et de se transformer pour émouvoir et amuser : c’est sa signature, sa particularité que de nous faire rire aux larmes et pleurer dans le même temps. Le Cancer s’intéresse à tout ce qui a trait à la naissance et par opposition, à la fin de la vie, et à la mort. Aussi s’assurer une fin de vie confortable peut devenir pour le Cancer une fixation. Il devient alors grippe-sou et dans certains cas, avaricieux par peur de manquer de quelque chose. Le Cancer doit apprendre très tôt que la sécurité n’est pas une affaire d’argent mais de Mentalité. Ainsi, le Cancer vivra plus heureux. Ce qui est certain, avec un ou une cancer, le bonheur a des résonnances diverses, des consonances qui nous sont étrangères. Le Soleil ne correspond pas aux cancers.

I) PORTRAIT DU CANCER
Le Cancer a des mains agiles, dont l’une est d’une force exceptionnelle, sorte de «  pince de crabe ». Le Cancer a un système lymphatique lent et paresseux qui l’oblige à se mettre régulièrement en action. Il a besoin d’exercice, de danse, d’expression corporelle pour garder la forme et se défouler. Il doit avoir une stricte discipline de vie pour rester jeune un peu plus longtemps. L’estomac du Cancer est délicat et il aura une longue vie s’il surveille ses poumons fragiles et évite tout ce qui peut déclencher les maladies cardio-pulmonaires, pneumonie, pleurésie, péricardite, hypertrophie stomacale, sclérose hépatique, calculs biliaires, coliques hépatiques, gastro-entérite, péritonite. Le Cancer doit, à partir d’un certain âge, surveiller la prolifération de ses cellules car sa résistance physique n’est pas des plus fortes. Il ne doit jamais aller jusqu’à épuisement car la remontée est lente et pénible. La prévention constitue la clé de stabilité du Cancer.
Tout Cancer est observateur et réceptif à l’enregistrement des souvenirs…Il est caractérisé par les paramètres suivants : l’attention spontanée, la rêverie, la défiance, l’activité mentale subjective, l’obstination tenace, l’hospitalité, l’esprit de famille traditionnaliste  et parfois
des états mentaux capricieux, instables, irréalistes, timides ou fantasques, épris de nouveauté et de voyage mais n’étant bien que chez lui.
Le plus remarquable chez le Cancer, c’est sa tendance maternelle et paternelle, son instinct de protection, son besoin de nourrir, de sécuriser financièrement ses ouailles, sa famille, ses dépendants. Il a aussi un  Instinct Patriotiqueremarquable. Que l’on partage ou non ses opinions, il est sincère, c’est indéniable et il peut aller aux extrêmes pour prouver qu’il a raison.
Dans ses traits positifs, nous avons la bonté, la sensibilité, l’imagination puissante. Un des plus grands secrets du Cancer : sa fragilité aux ambiances et à la température. La pleine lune affecte surtout les femmes du signe et les accouchements sont plus nombreux ainsi que les règles pénibles et le caractère inégal. La nouvelle lune affecte les hommes du signe. Ils deviennent mécontents, difficiles et n’ont qu’une idée en tête : faire l’amour. Vous savez désormais  comment calmer un Cancer.
Le Cancer adore tout ce qui est calme et sécurisant, c’est-à-dire, la lecture, les jeux intelligents et d’apprentissage (dames, échecs, jeux  de stratège et questionnaires etc.). Possédant une mémoire phénoménale, il n’oublie jamais une chose apprise et est doté d’une « mémoire photographique ». Ainsi, il lui est facile de reconnaître les endroits, les costumes et les habitudes d’une famille, d’un pays. Tout Cancer qui développe ses facultés intellectuelles et artistiques devient un créateur de génie ou devient assez intelligent pour tirer parti des gens et des situations où la destinée le placera. Le Cancer est un signe féminin. Aussi, les  facultés réceptives chez lui sont plus importantes que les facultés motrices qui poussent à l’action. Introverti, il ne va pas aisément vers les autres  et ceux-ci doivent mériter sa confiance et ce n’est pas facile. La fatalité l’escorte et il tente tant bien que mal de s’en faire une alliée.
La femme Cancer ne doit pas accepter de jouer le rôle de victime, car elle en ajoutera ainsi à son malheur, à elle-même, et à ses progénitures avec une suite de conséquences fâcheuses et potentiellement dramatiques. Possédant des qualités de meneuses,  femme d’affaire, la femme Cancer doit utiliser ses qualités pour minimiser les risques de dépendance affective et matérielle. Elle se doit d’être financièrement autonome. Indépendante, la femme Cancer est exposée à moins de risques. En se retroussant les manches et à l’aide de l’énergie potentielle psychique qui la caractérise, elle peut faire tomber les obstacles et mener une vie comme elle l’entend.
Le Cancer est un signe cardinal, c’est-à-dire, dès la naissance, la volonté domine toutes les autres facultés. C’est  le seul signe qui ait la triple qualité d’être à la fois féminin, cardinal et d’eau, capable donc d’efforts considérables et d’une patience angélique mais pouvant se réfugier dans le négativisme presque total pour se refaire des énergies. Chez le Cancer, les grandes poussées d’énergie correspondent aux heures de gloire et de succès social et professionnel. La grande chance du Cancer, c’est cette volonté qu’il met en œuvre à travers les temps de repos, la création et la gestation de projets. Tant que le Cancer utilise, exploite cette volonté, sa  vie lui appartient. Le Cancer doit prendre conscience de la puissance de sa volonté. Beaucoup se trompent sur cette puissante volonté du Cance les croyants doux et passifs. Quelle erreur ! Le Cancer est un torrent d’eau bouillante et bien malheureux qui se met sur son chemin et voudrait l’empêcher d’atteindre son but. Le cancer vient toujours à bout de toutes les vicissitudes de la vie. La volonté est l’arme secrète du cancer. Mais il doit travailler à maîtriser sa trop grande émotivité, son  hypersensibilité, son tempérament changeant associé à ses  sautes d’humeur souvent redoutables, sa trop grande inclinaison à l’apitoiement sur son propre sort, sa tendance à la rancune, à des rages impuissantes, à la violence intériorisée ou  extériorisée, selon les circonstances. Ne l’oubliez jamais : le Cancer ne pardonne et n’oublie jamais l’offense reçue et ceci en raison de sa grande mémoire et aussi à cause d’un orgueil presque démesuré qu’il a l’art de bien cacher. Le Cancer exerce sa volonté subtilement, imperceptiblement. Qui ne regarde pas vivre le Cancer attentivement ignore sa puissance et son pouvoir. Bien qui s’en sont pris au Cancer sont surpris par sa force et le courage avec  lequel il affronte l’adversité et résiste à la pression. N’oublions jamais, face au Cancer, l’image de l’eau qui use le rocher à force de le frapper. L’eau du Cancer n’est pas une eau dormante : avec le Cancer, il y a toujours anguille sous roche ! Le Cancer est un oiseau de nuit qui fait souvent de l’insomnie. Il adore la mer mais doit être très vigilant avec elle. La lune lui accorde une énorme imagination dont contrôle difficilement les  effets. Il est rarement prédateur et sa popularité auprès des deux sexes lui procure  tout ce dont il a besoin. Il n’aime que rarement le vedettariat : il préfère l’anonymat. Il est souvent plus difficile à comprendre  qu’un autre signe parce que régi  par la lune et ceci explique qu’il est  plus complexe, plus romanesque, plus capricieux plus rêveur et plus idéaliste que les autres. Il répond à la nature et à sa nature, tout simplement. Et il ne faut jamais sous-estimer un Cancer, homme ou femme. Comme le phénix, il renaît sans cesse de ses cendres. Plus fort que lui, il n’y a  que le soleil dont il apprend très jeune à fuir les rayons ravageurs. Jupiter le « grand bénéfique » confère au Cancer une protection occulte et réelle. Aussi, traversant mers et mondes, le natif sait qu’il s’en tirera. Et c’est cette assurance qui explique qu’il prend des risques parfois sérieux avec une sorte d’indifférence hautaine. Il sait que Jupiter le protège : c’est son assurance santé et sécurité.
La capacité émotive du Cancer est gigantesque et gère en grande partie sa vie. Ses émotions  atteignent parfois le paroxysme. Le sensationnalisme n’est pas absent de ses relations émotionnelles. La mère joue un rôle prédominant dans sa vie. Le milieu familial est rarement idéal et cause souvent peines et conflits au natif.Les besoins d’amour et de protection du cancer étant insatiables, aucun parent ne réussit à passer cet examen parfaitement. Les relations émotionnelles du Cancer sont intenses ou, au contraire, inexistantes. Elles se limitent parfois au travail, au bureau et  dans l’exercice de ses fonctions. Si vous aimez un Cancer, comprenez le message, vous serez moins malheureux. Rien de simple ne satisfait vraiment le Cancer en matière d’amour et d’affection. Il a besoin d’émotions fortes mais il n’oublie point que « qui trop embrasse mal étreint » sinon il finit parfois seul, mais heureux d’avoir brassé tant d’émotions et de s’en  être tiré indemne en se réfugiant dans le rêve. L’animal  fétiche du cancer est le chat. Lorsque l’on laisse le cancer en paix, alors il est un adorable gros chat ronronnant de plaisir et de satisfaction, sans agressivité ni méchanceté. La chaleur du foyer, voilà de quoi le cancer a besoin pour s’ancrer dans la réalité : chaleur et sécurité affective sont essentielles à la survie du cancer. Les sources changent, mais les énergies sont toujours disponibles quelque part dans l’éther pour le cancer. Le point fort du cancer, ce sont les affaires. C’est un meilleur vendeur.
Le cancer est à l’aise dans  l’immobilier et les placements, la médecine, la chimie et la biochimie, la restauration, l’hôtellerie, les  bars, la cuisine, dans les maisons d’accueil, hôpitaux foyers nourriciers, écoles maternelles et garderie. Les enfants vont chez le cancer naturellement et lui font confiance. L’eau et les produits de l’eau lui réussissent.
Le Cancer est attiré par le transport maritime et la pêche. Il voue un intérêt particulier à l’histoire, à l’histoire de l’art, au droit criminel et international, à la politique locale et internationale, à la politique   locale internationale. Le métier d’artiste satisfait ses envolées artistiques et créatrices. Il excelle en tant que thérapeute interprète des rêves, tarologie, cartomancien numérologue, psychologue, psychiatre et psychanalyste. L’Astrologie et ll’astropsychologue lui sont naturelles. Pour l’attachement à ses racines, nous ne pouvons qu’aimer le cancer : c’est fatal. Le   cancer amoureux est attentif aux besoins du conjoint ou du partenaire de vie. Il redoute la solitude. Hommes ou femmes,  les natifs du cancer ont le sens maternel très développé. L’homme cancer aime sa progéniture. Sachant que l’amour passion ne dure pas chez lui, le cancer explore différentes sortes d’affections et de sentiments. Tous les natifs du cancer désirent connaître les joies de la famille si importante pour eux. Possédant une imagination qui conditionne leur vie, les natifs  du cancer n’ont que rarement besoin d’avoir recours à l’infidélité physique. Et  s’ils le font, ce n’est pas pour longtemps. Ils reviennent toujours au foyer. Les amours du cancer  peuvent sembler illogique et incompréhensibles vues de l’extérieur tant qu’ils sont heureux, à quoi bon se poser des questions. Ils sont heureux, à quoi bon se poser des questions. Peu démonstratif en public, il est passionné et exigeant. Peu démonstratif en public, il est passionné et exigeant au lit. Pour plaire au cancer, il faut lui en donner beaucoup et pour le satisfaire, encore plus… Pour se réaliser sexuellement, il lui faut de la magie, du décor, de l’ambiance. Sensible  aux  sons  et  aux  odeurs, le Cancer aime s’entourer de meubles anciens et de photos souvenirs.
Du côté des nourritures terrestres, le crabe demeure l’aphrodisiaque naturel du cancer ainsi que les poissons et les fruits de mer avant et après l’amour. ainsi qu’un petit verre d’alcool car la chaleur rend le cancer plus performant,  le cancer est lent à se décider et à passer à l’acte. Il faut attendre sa décision et accepter ses caprices. Et cela  n’est pas donné à tout le monde. Autant il est difficile d’attirer le cancer dans ses filets, autant il n’est pas aisé de s’en défaire. Le cancer a la mémoire longue : il vaut mieux ne pas le trahir: c’est  ad vitam aeternam ou rien. Ne l’oublions pas. Il faut être audacieux et agressif pour plaire au cancer tout en n’oubliant qu’il n’est pas du genre à être démonstratif en public. Les  marques  d’affection prodiguée par le cancer sont rares. Si vous vous attendez que le cancer vous comble de compliments et de cadeaux et déclare son amour pour vous devant la famille et les amis, il  vaut mieux quitter cet être renfermé et un peu sauvage. Le cancer est le signe  qui favorise la vie de couple et de famille. Il aime les enfants, la maison, le confort du foyer. Le cancer a un rapport difficile en nourriture. Et si c’est un homme, occupez-vous de son estomac. C’est par là que l’on  conserve  l’homme cancer. La femme cancer apprécie qu’on lui cuisine de bons petits plats à l’occasion où alors amenez-là au restaurant. D’ailleurs, tous les cancers sont bien au restaurant. Le cancer aime les chats et la musique. Le cancer étant un signe d’eau, il doit  surveiller permanemment le fonctionnement de sa lymphe. Car, les problèmes lymphatiques entraînent une mauvaise digestion, provoquant alors des maladies de la peau, de vessie et l’hydropisie. Et afin de remédier à cette situation de manière naturelle, il faudra bouger et fatiguer son corps autant que son esprit pour pouvoir avoir un sommeil réparateur. Sinon voilà les insomnies. Il faut au cancer, des exercices réguliers sous surveillance médicale ou thérapeutique qui stimuleront son système et empêcheront les blocages d’énergies responsables  de maladies et d’angoisse. Or, l’exercice et le cancer sont des ennemis. Aussi, faudra-t-il pour le cancer, assez d’efforts et de volonté pour garder la forme….
La suite dans notre prochaine parution

Le Coordonnateur des Ateliers M6
Mr AMOUSSA A. RAHIMI
97081075 /95955924

Entretien sur le Fonds d’appui au développement des communes: Zacharie Gbodjeydo défend la gestion du FADeC et invite à voter des lois pour sa pérennisation

Zakari Gbodjeédo netLe secrétaire permanent de la Commission nationale des finances locales (CONAFIL), Zakarie Gbodjéydo était l’invité de l’émission « Tour de contrôle » de ce samedi 7 février sur Golfe Tv. La question sur le Fonds d’appui au développement des communes (Fadec) a été clarifiée par cet ancien directeur, entre autres, des services financiers de la commune d’Abomey-Calavi et des ressources financières et du matériel au Ministère de la Famille et de l’économie maritime. Au cours de cette émission, le secrétaire permanent de la CONAFIL qui est une structure sous tutelle du Ministère de la Décentralisation, de la gouvernance locale, de l’administration et de l’aménagement du territoire, s’est rendu compte de ce qu’on peut appeler délit d’un côté et de dysfonctionnement parce que les objectifs au niveau des communes ne sont pas les mêmes malgré l’accroissement des fonds mobilisés pour le développement des communes. De ce pas, il rassure les partenaires techniques et financiers de la correction des nombreux dysfonctionnements qui existent et promet aux honorables de prendre en compte leurs recommandations et de les aider à voter des lois pour que l’instrument Fadec soit pérennisé. Acteur clé du Fadec, il a levé le voile sur cet outil qui est aujourd’hui sujet à polémiques. Il a annoncé que, cette année, seront transférés aux communes 44.735.177.700 fcfa soit une augmentation de 14 milliards par rapport à 2014.

Golfe TV: Le Fadec a été institué quand et pour quelle raison ?
Le Fadec a été institué en 2008 à travers le décret 2008-276 portant création du Fonds d’appui au développement des communes. Ce décret institue que le Fadec est un mécanisme de financement du développement des communes. Il a été institué parce qu’à l’arrivée de la décentralisation, le législateur a prévu des compétences pour les communes. Au nombre de ces compétences, on a les compétences propres, les compétences partagées et les compétences déléguées. Quand nous prenons les compétences propres, les communes sont compétentes pour mener les actions concernant le développement local, l’aménagement du territoire, l’habitat, l’urbanisme, le plan de développement, les infrastructures et le transport, l’environnement, l’hygiène et l’assainissement, le traitement des déchets, l’enseignement maternel et primaire pour les communes ordinaires. Mais pour les communes à statut particulier telles que Porto-Novo, Cotonou et Parakou, on a ajouté l’enseignement au niveau secondaire. Pour ce qui concerne les compétences propres des communes, nous pouvons toujours compter l’alphabétisation, l’éducation des adultes, la santé. Nous avons les services marchands et l’aménagement des bas-fonds, par exemple. On parle de compétences partagées parce que l’Etat aussi concourt à la mise en œuvre de ces compétences, c’est-à-dire, lorsque je prends les programmes d’enseignements, bien qu’on ait dit que les communes sont compétentes en matière d‘enseignement maternel et primaire, les programmes d’enseignement maternels et primaires sont fixés par l’Etat. C’est normal, puisque si chaque commune décide de fixer son programme d’enseignement, nous aurons à l’intérieur d’un même pays plusieurs programmes d’enseignement. C’est pourquoi l’Etat a gardé cet aspect de l’enseignement.

Depuis, il n’y a pas eu de concertation mais une sorte de consensus autour du résultat auquel vous parvenez ensemble
Tout à fait. Jusqu’à aujourd’hui, on n’a jamais remarqué de contestations puisque tout se fait devant les 9 maires et devant les membres de l’administration à la limite devant les fonctionnaires de l’ANCB et quelques fois devant les partenaires.

Donc, les critères de répartition sont bien connus et vous en tenez compte à chaque fois qu’il est question d’allouer des crédits aux différentes communes au titre du Fadec ?
Tout à fait.

En 2008, à l’institution du Fadec, quelle a été l’assiette budgétaire consacrée au fonds ?
En 2008, à l’institution du Fadec, la cagnotte répartie était de 7.970.737.000 F Cfa. En 2009, nous avons réparti 9.970.737.000 F Cfa. En 2010, 8.14.828.600 F Cfa.

On est passé de 9 milliards à 8 milliards
Oui, parce que cela dépend des partenaires. L’Etat donne sa part et ça dépend de combien les partenaires aussi apportent. Je dois reconnaitre que la part de l’Etat a connu une augmentation d’année en année. En 2011, il y a eu une sorte de boue. Nous sommes passés à 15.865.699.425 F Cfa. En 2012, nous avons chuté et on est descendu à 7.369.067.000 F Cfa.

C’est quand même surprenant qu’on passe de 15 milliards en 2011 à 7 milliards en 2012. Il y a comme un décroissement de la moitié
Oui. Comme je l’ai dit, cela dépend des engagements des partenaires. Vous allez constater qu’en 2013, il y a eu encore, une évolution fulgurante. Nous sommes passés à 26.228.526.011 F et en 2014 à 130.802.581.808 soit au total de 2008 à 2014, 106.222.376.844 F transférés aux communes par le Gouvernement du Docteur Boni Yayi. Et lorsque je dis 100 milliards, vous ne pouvez pas voir ce que cela représente dans une commune. Souffrez que je vous dise ce que cela représente par commune. Lorsque je prends, par exemple, le département de l’Alibori, la commune de Banikoara a eu de 2008 à 2014, 1.967.266.354 F, le Borgou a eu 2.853.371.138 F. La maire d’Abomey-Calavi n’a pas eu ces ressources. Cela veut dire que si on l’avait eu, on allait mieux faire. Je ne dis pas que ceux qui sont là aujourd’hui ne font rien. En plus des ressources propres des communes, voilà ce que l’Etat apporte pour accélérer le développement à la base.

Comment peut-on consolider le développement lorsque, par exemple, en 2012, on a dégagé plus de 7 milliards et 15 milliards alloués en 2011. Les infrastructures qui auraient été réalisées avec les montants alloués aux différentes communes, comment peut-on consolider les acquis lorsqu’on sait que l’année suivante, on va connaitre une chute ?
Le Fadec n’est pas destiné à l’entretien des bâtiments mais à la construction, aux investissements.

Que peut-on faire avec l’argent du Fadec ?
Il faut qu’on précise bien puisque ça fait partie de la polémique actuelle. Il faut qu’on précise les différentes catégories de ressources que nous transférons aux communes.

Pourquoi parlez-vous de catégories de ressources ?
Il y a le Fadec fonctionnement et le Fadec investissement. Le Fadec fonctionnement est destiné à aider les communes dans l’exercice de leurs fonctions, dans l’accomplissement de leurs missions, c’est-à-dire, les communes qui sont des prolongements de l’Etat, fournissent des services à la population tels que l’état civil. Dans ce cas, l’Etat aide les communes à prendre en charge certains besoins de fonctionnement

Est-ce qu’au moment d’allouer les ressources financières vous essayez de nuancer ?
Tout à fait. Tout est clair, les communes sont informées. Le montant destiné au fonctionnement est connu, de même que celui destiné pour les investissements. Mais au niveau des investissements, il y a deux volets. Nous avons le Fadec investissement non affecté et le Fadec investissement affecté. Pour ce qui concerne le Fadec fonctionnement, cela ne peut couvrir toutes les dépenses de fonctionnement des communes. C’est insuffisant, mais c’est une aide. L’Etat participe, contribue mais ne peut pas, à lui seul, prendre en charge toutes les dépenses de fonctionnement des communes. Par contre, pour ce qui concerne les dépenses d’investissement, nous avons la dotation Fadec non affectée. Pour cette dotation, l’investissement auquel la commune doit affecter cette ressource doit être un investissement relevant du domaine de compétence de la commune. Cet investissement doit être inscrit dans son plan de développement communal (PDC).

Donc, il ne faut pas utiliser les ressources du Fadec investissement non affecté pour des travaux relevant de la compétence de l’Etat central ?
Pas du tout. C’est ce qui donne des dépenses inéligibles à la fin. Toujours pour ce qui concerne le Fadec non affecté, il est interdit d’acheter des véhicules, de construire des bâtiments à caractère religieux, de construire des hôtels, des auberges, des résidences puisque l’objectif premier est de contribuer à la réduction de la pauvreté. Or, les dépenses que je viens de citer ne contribuent pas directement à la réduction de la pauvreté. Ça dépend du véhicule. Si c’est un véhicule pour le plaisir du maire, maintenant si c’est peut-être des véhicules pour aider certains agents à aller dans les villages se trouvant dans les chefs-lieux de la commune. Autant leur prendre des motos. On n’a pas dit interdiction des motos. Les communes ne sont pas autorisées à prendre des venues de France. Vous voyez ce que coûte un véhicule neuf. Si le peu de ressources que les partenaires de l’Etat mettent à la disposition des communes doit aller à la satisfaction des besoins de luxe, ce n’est pas bon.

C’est parce que les ressources sont maigres que vous essayez d’être rigoureux dans les dépenses qui sont éligibles au titre du Fadec non affecté?
C’’est parce que les dépenses doivent aller dans la lutte contre la pauvreté. C’est l’objectif principal du Fadec.

Mais les véhicules et les matériels roulants sont quand même indispensables dans l’accomplissement de certaines tâches ?
Je suis d’accord avec vous, mais les ressources Fadec ne sont pas les seules ressources que les communes gèrent. Les communes gèrent les fonds issus de la collecte des impôts au niveau local. C’est aussi un facteur de motivation puisque si le maire dit qu’il veut utiliser de bons véhicules, qu’il fasse accroitre sa capacité à mobiliser les ressources propres.

Le Fadec investissement affecté, existe-t-il ?
Oui. Il ne s’utilise que pour ce à quoi il est destiné. C’est-à-dire que le Fadec investissement affecté par le Ministère de la Santé à travers le mécanisme Fadec ne peut qu’aller en direction de la construction, de la réfection des centres de santé ou de leur équipement au niveau des arrondissements ou des villages. Le Fadec investissement éducation ne peut qu’aller dans les investissements liés à la réhabilitation ou à la réfection, à la construction des écoles primaires et maternelles. Il en est de même pour le Fadec investissement agriculture qui ne peut qu’aller dans les investissements liés à l’agriculture.

Et ensuite, le Fadec fonctionnement. Lorsque vous débloquez les ressources financières bancables du Fadec à une commune, c’est en bloc ?
Non

Le Fadec investissement non affecté est à part et le Fadec investissement affecté parvient aussi à part. Ce n’est pas mélangé ?
Non. Ce n’est pas mélangé. Tout est détaillé à travers les bordereaux de transmission.

Quand vous prenez la ville de Cotonou au titre des 7 années d’exercices, ce sont toutes ces ressources financières qui sont allouées dans le cadre du Fadec toutes catégories confondues qui font plus de 9 milliards de FCFA pour Cotonou ?
Tout à fait et pour l’année 2015, permettez-moi de passer.

Ce sont des projections puisque le budget est voté
Le budget est voté et la Conafil a déjà statué dessus.

Je crois qu’en 7 ans, les choses ne se sont pas passées comme le Gouvernement l’aurait souhaité. Il y a eu beaucoup de dérives et de dérapages dans la gestion des ressources financières obtenues au titre du Fadec. Aujourd’hui, quels sont les résultats des différents audits que vous avez commandités ?
Les audits sont prévus par l’article 11 du décret instituant le Fadec qui a prévu que les communes et les structures intercommunales qui bénéficient du Fadec seront soumises au contrôle de l’IGAA et de l’IGF. Dans le cadre de la mise en œuvre de cet article du décret, nous sommes déjà à la 4ème édition des audits. Tout n’est pas rose et tout n’est pas aussi mauvais.

Vous avez écouté l’honorable Aholou Kèkè qui s’offusque de ce que les ressources financières obtenues grâce au Fadec ont été utilisées pour la rénovation d’un dispensaire. Est-ce qu’il y a matière à s’affoler ?
Avant de répondre à cette question, je tiens à remercier les députés pour la qualité du travail abattu pour leur rapport. Le président de la Commission, le rapporteur Akotègnon, tous les autres membres sont des aînés, des intellectuels, donc des gens qui connaissent quelque chose aux finances publiques et qui ont géré d’une manière ou d’une autre dans notre pays. Je les respecte. Je respecte tous les membres de la commission. Je ne suis pas venu ici pour répondre aux députés mais je suis obligé d’opiner sur ce qui a été dit. Nous avons distingué ce qui a été dit en plénière, au sein de l’hémicycle, du rapport. Vous savez que l’hémicycle, c’est le lieu, par excellence, du jeu politique. Moi, je ne suis pas politicien. Tout ce qui a été dit était dit devant moi puisque j’ai accompagné mon ministre. En ce qui concerne les déclarations, certainement que Porto-Novo n’a pas tout passé, ils sont allés au-delà. Il y a un député qui a dit, par exemple, qu’on a construit 1 Km de route à 4 milliards. J’ai parcouru le rapport, je n’ai pas vu. Moi, j’appelle ça des faits voisins.

Le député n’a pas dit que c’est grâce au Fadec ?
Justement.

Vu que le Fadec a permis aux parlementaires de voter la mal gouvernance au niveau des communes de façon générale, chaque député a quand même donné des exemples dont il a connaissance
Combien sommes-nous à rechercher le document et à le lire ? C’est peut-être dans les rangs des intellectuels curieux d’en savoir davantage. Mais, par contre, ce qui a été dit au sein de l’hémicycle a été médiatisé, relayé et ça a été dit à l’occasion de la présentation du rapport sur le Fadec.

Donc, ça prête à confusion ?
Ça prête à confusion. C’est pourquoi j’ai dit que l’assemblée est le lieu de l’expression politique. Moi, je ne suis pas politicien. Les partenaires nous accompagnent dans le processus du Fadec. C’est l’argent du contribuable et lorsqu’on dit que c’est mal géré, on ne les encourage pas à aborder davantage le Fadec. Or, ce dont je viens de parler n’est pas dit dans le rapport.

Vous avez parcouru le rapport et vous vous êtes rendu compte qu’il y a eu des synthèses qui ont pour interprétation d’insinuer la mal gouvernance ?
Non. C’est pourquoi je dissocie ce qui a été dit du contenu du rapport. J’ai aussi entendu dire que les maires utilisent 55% du Fadec pour se payer les salaires et indemnités. Non, peut être 55% du Fadec fonctionnement mais quand Aholou Kèkè globalise pour dire 55% du Fadec, ça veut dire que tout ce qui est impliqué dans l’investissement est compris. Ce qui n’est pas possible.

Donc, vous cautionnez qu’environ 55% du Fadec fonctionnement servent à payer les indemnités ?
Non, je ne le dis pas. J’ai dit, peut-être. Mieux, j’ai parcouru le rapport et je n’ai pas vu 55% affectés aux salaires. Je l’ai parcouru et je n’ai pas vu. Mais par contre, c’est ce que j’ai vu qu’elle a dit. Quand je vais revenir sur le rapport, pour les bâtiments administratifs, les maires consacrent 30 à 55% à la construction des bâtiments administratifs.

Le Fadec fonctionnement le permet ?
Non, le Fadec investissement non affecté. Mais là, ils ont fait des propositions pertinentes.

Construire des bâtiments, c’est toujours pour améliorer les conditions de l’administration. Pourquoi acceptez-vous que ce financement soit éligible au Fadec non affecté ?
C’est éligible. Il faut construire les hôtels de ville, les centres d’arrondissement pour permettre aux populations d’aller bénéficier des prestations de nos communes librement et dans de bonnes conditions.

A quoi sert alors le Fadec fonctionnement ?
Il permet à l’Etat d’aider les communes à supporter leurs charges de fonctionnement. Le paiement de salaire, d’indemnité, de fournitures de bureau etc.

C’est curieux que des administrations communales ne soient pas en mesure de payer les salaires de leurs personnels sur fonds propres ?
On n’a pas dit que les administrations ne sont pas en mesure de le faire. Les subventions que les gens recevaient avant 2008, c’est au plus 5 millions pourtant les communes arrivaient à payer leurs salaires, supportaient le taux de fonctionnement.

Est-ce que c’est une contribution ou une prise en charge entière ?
C’est une contribution. Une commune comme Cotonou ne peut pas se contenter du Fadec fonctionnement pour payer les salaires. C’est peut être à peine 20% de la masse salariale.

C’est peut être à ce niveau qu’il y a beaucoup de vols. Ce sont les populations à la base qui se plaignent et disent qu’il y a mal gouvernance dans les communes.
Je vais en arriver. J’ai écouté aussi un député parler de vol de parcelles. C’est des faits voisins au Fadec. Mais, tel que ça a été relayé, pour nos partenaires, c’est le Fadec qui est toujours mal géré.

Je crois que les députés qui ont eu des propos dans ce sens ont eu quand même à nuancer et dire que ce n’est pas le Fadec qui pose problème mais d’autres faits de mal gouvernance dans les communes.
Ce qui a été dit est bien. Puisque j’ai lu tout le rapport, il y a eu des choses pertinentes. Un exemple, ils ont dit que les maires consacrent 30 à 55%. Notre audit a révélé que sur 1.300 projets initiés autour du Fadec pour 2013, environ 400 concernent la construction de salles de classes mais plus de 200 concernent la construction de ces bâtiments, hôtels de ville, arrondissement et consorts. Vous convenez avec moi que ces bâtiments coûtent plus chers que les écoles. Si on consacre seulement 200 projets pour ça et 400 pour l’école, en termes de coût, les 200 projets vont dépasser les 400.

Mais ça ne peut pas poser un problème puisque ce n’est pas du Fadec qu’il s’agit
Le problème qui se pose est que ces dépenses ne contribuent pas directement à la réduction de la pauvreté. Voyez sous quel angle ils ont parlé.

Mais le problème ne se poserait pas si ces dépenses ont été prises en charge par le Fadec indiqué
C’est pris en charge par le Fadec indiqué mais ils estiment que l’objectif principal qui est la réduction de la pauvreté ne sera pas atteint. Ils invitent la Conafil à déterminer un pourcentage au-delà duquel les maires ne seront pas autorisés à investir. Si nous envoyons 100.000 dans une commune, qu’on dise au maire que c’est peut être 20.000 que vous pouvez consacrer à la construction de ces bâtiments. C’est un sujet qui nous tient à cœur et sur lequel nous allons réfléchir. Ils ont dit aussi que lorsque vous prenez les plans de développement de notre commune, la première page concerne le développement de l’agriculture. Mais lorsque nous envoyons le Fadec, il est rarement utilisé dans les activités agricoles.

C’est normal puisque c’est le Fadec investissement agriculture qui peut être utilisé pour l’agriculture
Non. Le Fadec non affecté aussi peut l’être mais, sur les 1.300 projets dénombrés en 2013, seulement 8 sont allés vers l’agriculture. Or, dans votre PDC, vous avez dit que c’est l’agriculture qui est le moteur du développement. Les députés ont souligné cela et nous devons attirer l’attention des maires là-dessus.

C’est une inadéquation entre les priorités et le contenu du PDC
Oui. On n’a pas lié les dépenses budgétaires au PDC. Ils ont parlé des dépenses inéligibles dans leur rapport. C’est-à-dire que le Fadec, dans une commune ordinaire, a servi à la construction d’un Collège d’enseignement général. Or, les communes ordinaires ne sont pas compétentes dans l’enseignement secondaire. Mais là, il y a un problème. Le maire est le premier et le dernier recours des populations. Le commissariat de Godomey est en location et c’est la mairie qui paie. La brigade de Cococodji a été construite par la mairie de Calavi. Il en est de même à Pobè et un peu partout. Or, ces dépenses ne sont pas du ressort de la compétence communale.

Quand l’Etat démissionne et que le maire a le dos au mur, il est contraint. Donc, vous justifiez certaines dépenses inéligibles. Et il y a des maires qui en abusent pourtant !
Justement, c’est l’abus que je condamne et je demande la détermination de la performance qui compte pour 17%.

Si vous diminuez les ressources pour une commune parce que, dans la gestion, la mairie n’aurait pas été performante, vous ne sanctionnez pas le maire ?
C’est une réflexion dont je suis le champion et je l’ai toujours défendue. Nous sommes en train d’actualiser les manuels de procédure. Nous devons tendre vers les sanctions orientées vers les individus pour que ce soient les individus coupables qui soient sanctionnés, et non les populations. Les députés ont aussi parlé de la gestion des marchés publics.

Il y a eu, à ce niveau, une succession de devis ?
Moi j’appelle ça dysfonctionnements.

Surtout quand, dans une commune de l’Atacora, par exemple, où le maire passe un marché de 5 millions de FCFA, la commission parlementaire d’enquête demande les différents soumissionnaires. On a trouvé que le dossier du soumissionnaire adjudicataire. Cela est appelé dysfonctionnement ?
Non. On peut parler de dysfonctionnement parce que l’archivage dans notre pays dépend de l’importance que nous donnons aux archives. Les services des archives sont les moins lotis et on ne les considère même pas. Déjà au niveau central, dans les décrets types, le gouvernement a prévu les DIP (Direction d’informations et de pré-archivage) pour donner à l’archive toute sa valeur. Lorsque ce sont des faits graves, il y aura des commissions d’enquête.

Poursuivez votre analyse du rapport
Ils ont parlé de la motivation et de la gestion du personnel. Tous nos rapports en ont parlé et nous en sommes conscients. C’est pour cela que le Ministère a transmis à l’Assemblée depuis 2012 ou 2013, le projet de loi portant statut de la Fonction publique territoriale où les problèmes de gestion du personnel seront résolus avec le vote de cette loi. Donc, la solution est encore avec eux. Les députés ont souligné deux problèmes qui concernent la Conafil en tant qu’institution. Ils ont dit que le retard dans le transfert des ressources ne permet pas aux communes de faire la gestion. Nous prenons acte de cette recommandation et nous ferons de telle sorte que les ressources soient affectées à temps. Ils ont aussi dit que les communes ne sont pas vite informées des montants affectés. C’est vrai puisque c’est en janvier que la Conafil a statué sur la répartition de 2015. Or, les mairies ont voté le budget 2015 depuis novembre passé. Donc, ils n’ont même pas su les montants et sont obligés de recourir à un collectif budgétaire. Ce qui traine. Or, sans inscrire le montant au budget, ils ne peuvent pas l’exécuter, selon le principe de l’universalité. Donc, ils sont obligés de courir à un collectif budgétaire. A notre niveau, nous avons vu cet aspect qui a été aussi relevé par nos audits. Nous devons corriger de telle sorte que la session devant répartir les sous de 2016 se tienne au plus tard en novembre pour que nous puissions communiquer les montants à temps. Ce sont des députés patriotes et cela se justifie par la conclusion de leur rapport. Ils ont dit, dans la conclusion, que « de façon unanime, les différents acteurs de la gestion du Fadec jugent ce pont comme un atout pour le développement à la base de notre pays. Le Fadec représente, en effet, entre 11 à 45% du budget des communes. C’est pourquoi des solutions idoines doivent êtres trouvées pour pérenniser et aborder ces ressources ». Ils ont vu la pertinence de l’existence du Fadec.

Tout en laissant la responsabilité au gouvernement de poursuivre les maires qui ont brillé dans la mauvaise gestion des ressources financières.
Le gouvernement prendra ses responsabilités.

Lorsque vous avez parcouru le rapport, avez-vous remarqué que les communes où il a été relevé des faits de mal gouvernance ou de dysfonctionnements graves sont des communes tenues par des maires qui sont peut être politiquement proches du gouvernement ?
Ce sont toutes les communes toutes tendances confondues. Même les audits n’ont pas tenu compte de la coloration politique des maires pour pondre leur rapport. C’est un rapport objectif qui tient compte des faits tels qu’ils sont dans les communes. Donc, la politique n’a pas trop pesé.

Quand vous faites une lecture politique du rapport, est-ce que vous arrivez à la conclusion qu’il y a eu plus de maires FCBE qui sont mis en cause dans des dysfonctionnements graves ?
Non. Même au niveau des communes dirigées par des maires de l’opposition, on a constaté des dysfonctionnements. Les erreurs et les dysfonctionnements n’ont pas de couleur politique, comme d’ailleurs la répartition des fonds Fadec n’a pas de couleur politique.

Il a fallu que certains maires soient soupçonnés de mauvaise gestion des ressources financières dont ils ont bénéficié grâce au Fadec pour qu’il y ait revirement politique à leur niveau, c’est-à-dire, que ce sont des maires qui appartenaient à des partis politiques de l’opposition et dès que les accusations ont commencé, on les a vu tout de suite vers la mouvance présidentielle ?
Moi, je n’ai pas constaté puisque depuis le 12 ou le 13 où le rapport a été envoyé à l’Assemblée nationale, il n’y a pas encore eu revirement spectaculaire.

Pensez-vous que la proximité politique d’un maire avec le Gouvernement est constitutive d’une quelconque immunité au bénéfice de ce maire pour ne pas être poursuivi au cas où on va relever à son niveau une quelconque mal gouvernance financière du Fadec ?
Pas du tout. Puisque nos audits sont réalisés par des inspecteurs assermentés donc des gens qui sont supposés être neutres, indépendants donc sans parti pris. Deuxième chose, lorsqu’on remarque des dysfonctionnements et qu’on doit constituer une mission de vérification, c’est souvent des équipes pluridisciplinaires constituées de personnes assermentées : l’IGF, l’IGE donc, à priori, la coloration politique ne doit pas influencer l’activité de ceux-là.

Avez-vous l’impression qu’il y a une interprétation politisée du contenu du rapport par les députés ?
On est en période pré-électorale et tous les coups sont permis. Moi, je ne suis pas politique.

Quels sont les montants qui sont déjà retenus au profit de chaque commune pour le compte de l’année 2015. Combien de milliards de FCFA le gouvernement a fixés pour le Fadec ?
Avant de communiquer le montant, je remercie tous les partenaires, l’Union Européenne, la Coopération suisse, les Pays-Bas et autres. Cette année nous allons transférer aux communes 44.735.177.700 fcfa.

44 milliards soit une augmentation de 14 milliards par rapport à 2014 ?
Voilà l’effort essentiel que le gouvernement du docteur Boni Yayi fait au titre de 2015.

Là, ce sont toutes les catégories de Fadec qui sont comprises ?
Oui, c’est la cagnotte des partenaires et de l’Etat. Mais l’Etat contribue pour plus de 50% des 44 milliards.

Pour la ville de Cotonou
Au titre de 2015, la ville de Cotonou aura 2.039.587.026 FCFA

Le Fadec investissement non affecté s’élève à combien dans les 2 milliards ?
1.076.558.017 FCFA.
C’est dans ça qu’on a les travaux d’assainissement
Oui. La construction des écoles, des centres de santé, comme c’est une commune à statut particulier.

Pensez-vous que c’est suffisant pour que la ville de Cotonou soit propre parce qu’aujourd’hui, Cotonou est sale. Les populations se plaignent tous les jours. On sent des efforts au niveau des équipes municipales, mais les résultats sont en deçà des attentes de la population. Pensez-vous que c’est suffisant si même on prend 500 millions du milliard pour rendre la ville de Cotonou propre ?
Justement, je vais donner une réponse nuancée. La première, c’est la même équipe qui est là. A la première mandature, ils n’avaient pas reçu ces ressources. Donc les ressources de l’Etat viennent maintenant en apport. Si la ville était moyennement propre, avec ça, la ville devrait être propre. Deuxième chose, nous devons tout faire pour que nos villes s’autofinancent. Cherchons le budget de la ville de Cotonou, je suis sûr que ça ne peut pas dépasser 5 à 9 milliards. Nos populations sont prêtes à commettre toutes les bêtises mais à ne pas payer les impôts.

Je pense que les Cotonois ont compris votre appel à la citoyenneté, à plus de réalisme. Votre appel aux Cotonois à vite payer leurs impôts pour pouvoir permettre aux équipes de la municipalité de réaliser les travaux d’assainissement et autres. On va prendre maintenant la ville de Porto-Novo.
Pour 2015, Porto-Novo doit s’attendre à 758.485.991 FCFA, le Fadec investissement non affecté fait 330.534.686 FCFA.

Ça suppose que même si la mairie de Porto-Novo ne consacre que ces 330 millions à l’assainissement de la ville, il n’y aura pas de problèmes d’assainissement à Porto-Novo en 2015 ?
Apparemment, c’est insuffisant mais ça peut aller si la ville arrive à faire la politique de ses moyens.

Je parle d’assainissement parce que ce n’est pas chaque année qu’il faut construire des bâtiments administratifs alors que l’assainissement se fait de façon régulière.
J’avoue que les besoins sont énormes et c’est pourquoi le gouvernement s’emploie à augmenter les ressources.

Mais sur le terrain, il n’y a pas eu une progression dans les résultats
Non, il y a une progression dans les performances comme je l’ai démontré à travers les audits.

Vos critères de performances ne sont pas les mêmes que ceux de la population
Nous travaillons pour que le système soit performant, qu’il soit le plus favorable à produire des effets positifs.

Et pour Parakou ?
Parakou aura 608.827.255 FCFA. Le Fadec non affecté fait 276.344.408 FCFA.

Si on met les 276 millions pour assainir Parakou, je crois qu’en Décembre 2015, Parakou sera la ville la plus propre au monde ?
Ce ne sont pas seulement ces ressources que l’Etat mobilise au niveau des communes. Si vous suivez bien l’actualité, il y a beaucoup de projets pilotés par le gouvernement et qui prennent en compte l’assainissement. Mais les villes aussi paient.

S’il n’y a pas que ces ressources qui soient mises à la disposition des communes pour pouvoir exercer leurs compétences, c’est une raison de plus qu’on n’ait rien à reprocher à certaines villes en termes d’assainissement et de salubrité
Oui, les dirigeants font des efforts. Mais, ce n’est pas encore ça. Ils n’arrivent pas à combler nos attentes. Au niveau du Ministère, nous allons les aider davantage.

Prenons au pifomètre Abomey-Calavi qui est la plus peuplée
Non, c’est Cotonou qui est la plus peuplée, mais Abomey-Calavi est une cité dortoir. Et c’est pour cela que sa répartition est la plus élevée. Abomey-Calavi doit s’attendre à 593.054.760 FCFA et le non affecté qui tient compte des facteurs est de 453.827.655 FCFA.
Pour Cobly, la commune de Cobly fait 369.174.639 FCFA. C’est un effort
Dans la Donga, la mairie de Bassila a 461.839.834 FCFA et la dotation non affectée fait 307.405.269 FCFA pour 2015.
Dans le Zou, la commune de Zangnanado a 266.968.636 FCFA et une dotation non affectée de 175.909.917 FCFA
A Savè dans les Collines, 324.803.749 FCFA dont 231.606.288 FCFA de dotation non affectée ; A Lokossa dans le Mono, 339.794.367 FCFA dont 250.259.367 FCFA de dotation non affectée
Lalo dans le Couffo, 341.962.945 FCFA contre 241.217.830 FCFA de non affectée ; dans l’Atlantique, la commune de Kpomassè a 303.032.964 FCFA dont 200.636.971 FCFA non affectée ; dans l’Ouémé, la mairie de Dangbo a 347.864.485 FCFA toutes dotations comprises. La dotation non affectée fait 243.195.645 FCFA ;
Dans le Borgou/Alibori, précisément dans la commune de Tchaourou , c’est 554.971.796 FCFA
La mairie de Malanville a 489.034.505 FCFA dont 371.000.000 FCFA de dotation non affectée, la commune de Sakété a 332.956.376 FCFA dont 214.639.166 FCFA de dotation non affectée.

Quelle est la commune qui a le montant est plus bas?
Je me rends compte que c’est Covè 234.371.710 FCFA dont 143 millions de dotation non affectée.

Ça suppose qu’il faut relever le défi du décaissement accéléré. Il faut qu’il y ait moins de lourdeur administrative pour que ces fonds puissent véritablement impulser le développement local
Tenant compte des observations faites par les députés, nous allons exploiter leur travail et devons prendre toutes les dispositions pour accélérer le service de mise à disposition du transfert des fonds. Ceci dit, le manuel de procédures a prévu aussi les délais. Le premier décaissement doit se faire en février. Ce qui fait 30%, en mai 40% et le dernier en septembre.

Pour l’ensemble du Fadec que ce soit affecté ou non affecté ?
Non, il s’agit du Fadec non affecté.

Et les autres ?
Le Fadec affecté est en avril. Mais la lourdeur, les différentes procédures fait qu’on accuse quelque retard. Et les retards les plus remarquables sont les dernières tranches. Déjà, les partenaires et le Ministère des Finances, tout le monde est conscient de l’enjeu et ça fait partie aussi des critères évalués par nos partenaires pour aborder davantage de Fadec.

Qu’est-ce que les partenaires pensent de la gestion du Fadec par les bénéficiaires ?
Nous faisons un travail méthodique. Lorsque nos auditeurs terminent l’audit, ils font un dossier au maire. Arrivés au niveau préfectoral, ils font une restitution sommaire au préfet. De retour, ils apprêtent les rapports qui sont soumis à la Conafil qui valide les rapports qui font l’objet de restitution au niveau de chaque département et chaque commune par l’équipe de la Conafil assistée des inspecteurs. Ce rapport est transmis au gouvernement. Voilà le travail. Les partenaires prennent connaissance du rapport. Les inspecteurs qui ont fait le travail présentent le rapport aux partenaires.

Vous êtes au Secrétariat permanent de la Conafil. Est-ce que les partenaires sont satisfaits ?
On échange sur le contenu du rapport et là où ils ne sont pas d’accord, ils nous le disent, nous apportons les corrections et ensemble nous établissons une feuille de route.

Votre conclusion
Je tiens à rassurer les partenaires techniques et financiers que c’est vrai que tout n’est pas rose. Mais tout n’est pas aussi mauvais et que nous allons prendre les dispositions pour corriger les dysfonctionnements qui existent encore et qui perturbent. Je tiens à dire aux députés que nous avons pris bonne note de leurs observations. Nous allons en tenir compte et mettre en œuvre leurs recommandations. Qu’ils nous aident à voter des lois pour que l’instrument Fadec soit pérennisé.

Propos transcrit par Rastel DAN

Tractations pour les prochaines élections: Idrissou Bako installe 49 coordinations FCBE à Malanville et Karimama

Idrissou BAKO DG SONAPRA49 coordinations des localités de Malanville et de Karimama ont été installées, avec à l’appui, la remise d’une lettre de mission aux responsables pour faire triompher les Cauris dans la première circonscription électorale. C’est à ce travail que s’est attelé le week-end dernier, le chef de file des Cauris des communes de Malanville et de Karimama, Idrissou Bako.
Deux raisons fondamentales ont motivé cette sortie des responsables du bureau politique des FCBE de cette région. Primo, rencontrer les militants, partisans et sympathisants de ce regroupement de partis et associations politiques qui partagent les idéaux du président Boni Yayi. Secundo, redynamiser la base avec l’installation officielle des coordinations des 49 villages de Dendigana et remettre à chacune sa lettre de mission pour les échéances électorales à venir. Ainsi, ils sont plusieurs centaines de militants à avoir répondu présents pour définir ensemble les stratégies qui leur permettront de mieux affronter les prochaines échéances électorales. Les différents responsables de ces coordinations des Cauris de Malanville et de Karimama ont rassuré leur frère Idrissou Bako et se sont dit convaincus de la capacité de ce regroupement à s’imposer lors des prochaines élections. Après ce périple, Idrissou Bako s’est confié à la presse. Pour lui, « le terrain divisé profite aux adversaires politiques du président Boni Yayi et ils sont nombreux. Voilà pourquoi nous devons travailler pour un succès éclatant au sein des Cauris de la 1ère circonscription électorale… ». C’est pourquoi, il a invité tous les responsables des cellules de base à travailler d’arrache-pied pour convaincre les militants indécis et fidéliser les autres pour qu’il n’y ait pas de défection au sein de la famille cauris de cette zone qui doit reconnaissance au chef de l’Etat, Boni Yayi, pour ses différentes réalisations. A travers la mise en place des cellules de base, c’est le travail de proximité qui vient d’être renforcé. Ces cellules sont investies pour le travail de développement à la base. Faisant d’une pierre plusieurs coups, Idrissou Bako a exhorté les militants et militantes à consulter la Liste électorale informatisée provisoire pour pouvoir jouir du droit de vote très prochainement.

Wandji A.

Déclaration des leaders de l’Alliance Soleil sur les prochaines élections législatives de 2015: « Le président Yayi Boni est en fin de mandat, il n’a plus besoin de majorité à l’Assemblée »

A la cérémonie d’installation des structures à la base de l’Alliance Soleil, le week-end dernier dans le septentrion, différentes personnalités ont affiché leur ambition d’obtenir la majorité aux élections législatives prochaines, arguant que Boni Yayi est partant et n’a plus besoin d’une majorité parlementaire.
« Le président Boni Yayi est en fin de mandat et n’a plus besoin de majorité parlementaire », a déclaré ce week-end Modeste Kérékou, ancien ministre de Yayi, désormais membre de l’Alliance Soleil. « Le président a dit, lui-même, qu’à la fin de son deuxième et dernier mandat, il veut se consacrer à l’évangélisation, qu’il veut être pasteur. Je ne pense pas qu’un pasteur a besoin d’avoir de majorité à l’Assemblée nationale. Il y a une multitude de ministères évangéliques dans le Bénin », a aussi affirmé Modeste Kérékou. La raison est toute trouvée pour Issa Saley, également membre de l’Alliance Soleil qui a invité les populations du Nord à les soutenir lors des législatives. « Il faut faire en sorte qu’on prenne les 27 députés dans le septentrion. C’est cela qui va nous permettre de pouvoir mettre un de nos frères à la Marina, le 6 avril 2016 », a-t-il dit. Antoine Dayori, un autre leader n’a pas manqué de démontrer la certitude de la victoire de l’Alliance sur les FCBE. «Non seulement nous allons résister, non seulement nous allons rayonner mais surtout nous avons la certitude que nous allons remporter des victoires inattendues. Cette victoire va surprendre nos adversaires politiques », a-t-il annoncé. Pour lui, le ralliement des populations est donc nécessaire pour permettre à l’Alliance d’obtenir la majorité aux prochaines élections législatives.

Ils ont dit

Général Gbian Robert : « Je vais évoluer aux côtés de l’alliance »

« Ma présence parmi vous ici n’est pas un fruit du hasard. Vous savez que tous ceux qui sont autour de cette table, membres de l’Alliance Soleil sont des amis de vieille date. Ce sont des frères avec qui j’ai beaucoup d’affinités. Apporter votre soutien à l’Alliance Soleil, le soutenir comme vous l’avez fait lors de sa création est tout naturel. Je me sens très proche des membres fondateurs de l’Alliance Soleil. Je vais évoluer aux côtés de l’alliance à qui je souhaite bon vent pour la victoire dans le présent et dans le futur ».

Débourou Djibril : « Nous prenons les choses par le bon bout afin de gagner le maximum de sièges à l’Assemblée nationale »

« Les échéances s’approchent. L’alliance avance et s’organise pour mieux affronter les prochaines élections qui s’annoncent. Je pense que nous prenons les choses du bon côté. Nous prenons les choses par le bon bout afin de gagner le maximum de sièges à l’Assemblée nationale en faveur de notre alliance ».

Dayori Antoine : « Nous avons la certitude que nous allons remporter des victoires inattendues »

« Ce ne sera pas facile parce que nous affrontons la coalition gouvernementale qui ne veut pas baisser les bras. Nous savons que nous aurons les bâtons dans les roues. Ils auront des pressions, ils feront des tentatives pour débaucher les membres de notre alliance. Mais je pense que nous allons résister. Vu la détermination et l’engagement des différents membres de l’alliance et surtout l’engagement et l’enthousiasme de la population au niveau du septentrion, nous pensons que nous allons résister. Non seulement nous allons résister, non seulement nous allons rayonner mais surtout nous avons la certitude que nous allons remporter des victoires inattendues. Cette victoire va surprendre nos adversaires politiques ».

Soule Sabi Moussa: « Quitter FCBE ne veut pas dire abandonner le président Yayi Boni »

« C’est vrai que nous avons créé l’alliance suite à certaines observations au niveau de la grande famille des Forces cauris pour un Bénin émergent. Quitter FCBE ne veut pas dire abandonner le président Yayi Boni. Ceux qui l’ont compris de cette façon, nous les avons classés dans les rangs de ceux qui souffrent d’une myopie politique. Et cela nous empêche d’avancer ».