Category: Editorial

Projet boucle ferroviaire: Les cheminots acclament la signature de la convention

Les cheminots béninois réunis au sein de l’inter Syndicat des travailleurs de l’OCBN étaient, hier mardi 21 juillet 2015, dans les rues de Cotonou. A l’origine de leur manifestation, la célérité dans le dossier de signature de la convention de cession de l’exploitation du chemin de fer pour sauver leur emploi.

« Sa réussite contribuera à décongestionner le port de Cotonou, la circulation sur les principales voies d’accès à la ville de Cotonou, et à assurer une meilleure fluidité du trafic routier et la longévité du revêtement routier », scandaient les cheminots hier dans les rues de Cotonou pour soutenir le projet de Boucle ferroviaire dont la signature de la convention d’exploitation devait se faire en France, hier mardi. Ils se disent favorable à l’initiative. Leur soutien au projet, disent-ils, découle notamment de l’impact positif qu’il va induire sur le secteur des transports béninois, convaincus que le chemin de fer est un réel outil de développement et d’expansion économique. Leurs banderoles étaient frappées aux effigies des présidents du Bénin, du Niger et du PDG du Groupe Bolloré, le cortège a marqué un arrêt au Ministère des Travaux Publics et des Transports où une motion a été lue et transmise aux autorités. Dans leur déclaration, l’inter-syndicat des travailleurs de l’Ex OCBN a marqué son adhésion aux investissements annoncés par le Groupe Bolloré pour financer le projet de la boucle ferroviaire. Ceux-là qui ont payé un lourd tribut dans le déclin du trafic ferroviaire national voient en la création de Bénirail et la reconstruction de la voie ferrée, une réelle opportunité de relance du chemin de fer au Bénin. « Nous, cheminots, demandons aux Etats parties à la convention, d’accélérer le processus de sa signature », ont-ils affirmé. En soutenant un tel projet, les membres de l’inter-syndicat des travailleurs de l’ex OCBN ont insisté sur des préoccupations qui leur tiennent à cœur, à savoir, le préfinancement par le partenaire stratégique du règlement des dettes sociales de la défunte OCBN, le reversement de l’ensemble du personnel de l’OCBN dans la nouvelle société ainsi que la prise de participation des travailleurs dans la nouvelle société. Pour eux, il est nécessaire que cette réforme de dernière chance qui s’opère au niveau du chemin de fer béninois se déroule dans un climat politique et social apaisé. Aussi, fustigent-ils « les tapages médiatiques orchestrés ces derniers jours », dans le but d’empêcher l’évolution du processus devant conduire à la signature de la convention de concession de la réhabilitation, de la construction et de l’exploitation du chemin de fer reliant Cotonou à Niamey. Ils estiment d’ailleurs que la notification d’adjudication à laquelle fait souvent référence le Groupe Pétrolin, filiale de PIC/Network « un marché objet de l’appel d’offre du 04/08/2008 auquel cette dernière avait soumissionné et dont l’offre, à l’issue du dépouillement a été déclarée infructueuse. Partenaire stratégique du projet de relance du chemin de fer Cotonou-Niamey, le groupe Bolloré détient 40% du capital de Bénirail, la nouvelle société créée sur les cendres de l’Organisation Commune Bénin-Niger (OCBN). Les investissements annoncés par Bolloré ont démarré avec les travaux de réhabilitation de la voie ferrée Cotonou-Parakou pour un montant total de plus d’un milliard d’euros, soit près de 700 milliards F CFA. « Ceux qui mènent ce tapage ne semblent pas se soucier de la situation des travailleurs de l’OCBN qui végètent dans une misère ambiante avec dix-neuf mois d’arriérés, sans prise en charge sanitaire, contraints de s’éloigner provisoirement de leurs épouses et des enfants déjà déscolarisés », concluent-ils.

Emmanuel GBETO

Choix du candidat unique à la présidentielle de 2016: L’UN rejette les candidatures de Talonet du Gal Amoussou

Une réunion secrète s’est tenue entre les ténors  de l’Union fait la Nation, dans  la nuit du mercredi 15 au jeudi 16 juillet 2015 au siège de ce regroupement politique à Cotonou. Il aurait été, entre autres,  question de discuter des critères pour le choix  d’un candidat unique  de l’UN pour la présidentielle de mars 2016.   L’autre sujet majeur au menu aurait été l’examen des statuts  des nouvelles personnalités qui cheminent depuis  peu aux côtés des ténors, dont Joseph Djogbénou, Candide Azannaï et Claudine Prudencio qui sont en alliance avec l’UN depuis la veille des législatives du 26 avril 2015. Après les échanges sur ce sujet, les participants à cette réunion ont accepté que le candidat unique de l’UN soit un membre actif de l’un des partis qui le compose. Avec ce seul critère, le richissime homme d’affaires, Patrice Tallon, avec qui toute la classe politique avait collaboré pour les législatives et surtout pour  le contrôle du perchoir de l’Assemblée nationale est d’office disqualifié. Puisque ce dernier annonce de façon indécise sa candidature et compte, selon les indiscrétions, sur le soutien de l’Union fait la Nation, en l’occurrence.  Le même critère, sans doute, frappe aussi le Général Fernand Amoussou, jeune frère du président de l’Union fait la Nation, Bruno Amoussou, jusque-là indexé comme probable  candidat de l’UN alors qu’il n’a jamais été membre du Parti social-démocrate (PSD). Alors, ce critère l’élimine d’office. Il reste, dans ce beau monde, Emmanuel Golou, président du PSD et proche de Bruno Amoussou, EricHoundété qui est du parti Force Clé et qui a su s’imposer par sa façon de conduire le contrôle de l’action gouvernementale. Aujourd’hui premier vice-président de l’Assemblée nationale, il semble avoir plus de chance  pour  porter l’étendard de l’UN à la prochaine course à la présidentielle. Tout calcul fait, Patrice Talon et Fernand Amoussou ne peuvent plus compter sur l’UN pour leur candidature  en 2016.

La candidature de Talon plombée

Si les informations issues de cette fameuse réunion  secrète se confirment, l’un des plus gros perdants serait, sans doute, le richissime homme d’affaires, Patrice Talon. Sa candidature à la présidentielle 2016 étant de plus en plus agitée, il aura du mal à concevoir une nouvelle machine politique à la taille de l’UN dont il aurait été l’un des principaux bailleurs, ces dernières années. Il s’agit-là, en tout cas, d’un brutal coup de massue qui l’ébranlera.  A moins de 7 mois de la présidentielle 2016, il aura fort à faire, s’il doit aller à cette aventure, sans une Union fait la Nation qu’il a suffisamment huilée à l’occasion, notamment, des deux dernières élections, à savoir, les législatives, les communales et locales. Selon les indiscrétions, l’homme a tellement soutenu l’opposition béninoise, dans ses multiples actions, depuis qu’il a rompu les amarres avec le président Boni Yayi,  son ami d’avant ; qu’il ne devrait rien craindre, si en retour, il sollicitait le soutien de ses partenaires de l’heure, pour ses propres ambitions. Ce qui pourrait ne pas être le cas, au regard des nouvelles donnes qui se dessinent du côté de l’UN.

Yannick SOMALON

Elections locales et communales 2015: L’Alliance ABT dénonce destripatouillages sur les résultats par la Céna

Bio Tchané Abdoulaye EPLes résultats des élections municipales et communales proclamés par la Commission électorale nationale autonome (CENA) le mercredi 15 juillet 2015 ne sont pas du goût de l’Alliance Avenir pour un Bénin triomphant (ABT). Son président Abdoulaye Bio Tchané a dénoncé le partage équitable des sièges avec les Forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE) dans la commune de Bassila. C’était au cours d’une conférence de presse donnée  le jeudi 16 juillet 2015 à Cotonou.

«  La Céna a annoncé un partage équitable des sièges de conseillers violant de facto l’article 399 du code électoral ». C’est à travers ces mots que le président de l’Alliance ABT, Abdoulaye Bio Tchané, a exprimé sa désapprobation au sujet des résultats des élections proclamés par la Céna en ce qui concerne la commune de Bassila. Selon ses explications, l’arrondissement de Manigri situé dans la commune de Bassila a vu ses populations leur accorder massivement leurs voix. Ce qui prouve que, non seulement, l’Alliance ABT a obtenu la majorité dans cet arrondissement mais qu’elle a gagné trois (3) sièges contre un (1) pour les FCBE. Preuves à l’appui, Abdoulaye Bio Tchané a expliqué que les résultats proclamés par la Céna sont contraires au document récapitulatif distribué aux journalistes et qui montrent la nette domination de ABT. « Par quelle équation, formule ou magie, arrive-t-on à un partage égal des quatre sièges de Manigri entre les deux listes », s’est-il demandé. Impatient de voir la Céna revenir sur ces résultats, Abdoulaye Bio Tchané a mis l’accent sur sa détermination à défendre la démocratie contre les tripatouilleurs. « Je me bats pour tout cela et rien ni personne ne pourra m’arrêter dans ce combat pour le mieux-être de nos populations. Aucune tentative d’intimidation ne marchera car ma détermination est totale », a-t-il martelé. Toujours dans ce même registre, le président de l’Alliance ABT a aussi dénoncé les résultats annoncés par la Céna dans les communes de Parakou, Copargo, Ouaké et Natitingou qui ne sont pas conformes aux procès verbaux des bureaux de vote sillonnés par les militants de l’Alliance.

Rastel DAN (Coll.)

Pascal Todjinou ‘’Sous l’arbre à palabre’’: « Les résultats des examens sont fonction de ce qui se passe dans le système éducatif »

Pascal TodjinouLe secrétaire général de la Confédération générale des travailleurs du Bénin (CGTB), Pascal Todjinou, était de passage sous la rubrique ‘’Sous l’arbre à palabre’’ du quotidien l’Evénement Précis, le vendredi 17 juillet 2015. Il était question pour le syndicaliste de se prononcer  sur l’actualité nationale, dont les résultats des examens de fin d’année, les élections communales et la gouvernance sous le président Boni Yayi. Avec son franc parler habituel, Pascal Todjinou qui est le 92ème invité de la rubrique phare ‘’Sous l’arbre à palabre’’ du quotidien l’Evénement Précis, estime que les résultats des différents examens sont fonction de ce qui se passe dans le système éducatif béninois.

A en croire ses propos, l’année académique a été sans mouvement et malgré cela, le BEPC n’a donné que 30,16% et le Bac 36,85%. « Ces résultats sont fonction de ce qui se passe dans le système éducatif béninois. Je le dis parce que nous avons copié un programme du Canada que nous sommes venus coller chez nous sans savoir les conditions dans lesquelles il est exécuté au Canada ni les paramètres qui y concourent. Les APC ne sont pas faits pour le Bénin », a laissé entendre le syndicaliste. Il a poursuivi en faisant le point des activités de la confédération dont il a la charge et affirmé que la CGTB se porte très bien. « Nous sommes 07 syndicats au départ mais aujourd’hui, la CGTB compte plus de 150 syndicats et je puis vous assurer que c’est la seule confédération qui forme ses syndiqués sur les techniques de négociation et de lutte syndicale », a  précisé Pascal Todjinou. Pour avoir été président de la Commission électorale nationale autonome en 2008, il ne comprend pas les raisons qu’avance la Céna 2015 en ce qui concerne l’organisation des élections. A l’en croire, la Céna qu’il a dirigée en 2008 n’a eu que deux mois pour préparer les communales et locales et ce, sans moyens. « La Céna de Tiando a été installée en juillet 2014, ce qui veut dire qu’ils ont eu un an pour organiser les communales et locales.  De plus, ils ont eu assez de moyens contrairement à la Céna que j’ai dirigée où le Gouvernement me doit encore près de deux millions de francs Cfa de primes », a expliqué Pascal Todjinou. Le syndicaliste n’a pas apprécié la façon dont les élections sont organisées sous le président Boni Yayi et pense que le mieux serait de dépolitiser totalement cette institution pour des élections transparentes et crédibles au Bénin. Père de cinq enfants, Pascal Todjinou est statisticien de formation qui a occupé d’importants postes de responsabilité au Ministère du développement et de l’analyse politique avant d’intégrer le monde syndical. Pour lui, il n’y a pas d’âge pour être syndicaliste et  une relève de qualité est celle-là qui serait autosuffisante et pourra résister aux tentations inhérentes au monde syndical.

Yannick SOMALON

De 800 conseillers communaux en 2008 à 493 en 2015: Les FCBE reculent mais confirment leur suprématie

Après les résultats des élections communales  du 28 juin dernier, le parti de l’alliance des Forces Cauris pour un Bénin Emergent (Fcbe) a maintenu sa position de premières forces politique du Bénin. Une confirmation qui permet aux Fcbe de contrôler un bon nombre des communes sur les soixante-dix-sept que compte le pays.

Partir avec plus de 800 conseillers communaux à l’issue des élections communales et locales de 2008, les Forces Cauris pour un Bénin Emergent (Fcbe) sont revenu au soir du 28 juin dernier avec 493 conseillers communaux. Malgré cette  chute, ils sont toujours la plus grande force politique du Bénin. Cela étant parce que l’Union fait la Nation qui le suit a 205 conseillers suivis du PRD qui totalise 132 conseillers communaux. Mais, ces deux parti ne sont pas représentatifs dans toute les communes du Bénin comme les Fcbe qui ont minimum un conseiller dans l’une des 77 communes du pays. Même à Porto-Novo où le Prd a confirmé sa suprématie, les Fcbe ont ne serais qu’un conseiller. Ce qui leur permettra sans doute de contrôler une bonne partie des communes du Bénin. Et, ceci, à parti de la commune de Parakou, celle de Banikoara, de Zagnanado, de Karimama, de Malanville, de Kérou et autres surtout dans le septentrion. Mais, il urge de reconnaitre les temps difficiles que traverse ce parti avec le départ des ténors qui ont vu naître ce parti et qui ont fait grandir ce dernier. Il s’agit notamment du président Mathurin Nago qui dirige aujourd’hui les Fdu, de Sacca Lafia qui n’est plus des Fcbe, de Nicaise Fagnon, et bien d’autres qui sont devenu avec le temps des adversaires politique des Fcbe. Certes, cela n’a pas émoussé les ardeurs des militants à la base qui continuent de confirmer leur attachement à ce parti. Mais, la plus grande inquiétude aujourd’hui est de savoir ce qu’adviendrait les Fcbe après le règne de Boni Yayi.

Yannick SOMALON

Edito : L’immolation de la qualité

Les résultats des examens de fin d’année ont montré le sombre visage de l’éducation nationale. Les notes officiellement traficotées au BEPC ont donné un taux de réussite de 30,16%, c’est-à-dire qu’environ 70% des candidats ont échoué cette année. Et cela n’a été possible que parce que l’on a été obligé de racheter jusque dans l’ordre de 7 de moyenne, au moins. Les maquillages indécents orchestrés dans les cabinets ministériels, de concert avec les enseignants eux-mêmes, permettent jusqu’ici de nous mentir à nous-mêmes. Et il ne se trouve aucune autorité, aucun président d’institution, pas même celui du Conseil national de l’éducation pourtant dirigé par le respectable professeur Paulin Hountondji, il ne se trouve personne, disais-je, pour demander que l’on arrête tout au moins de mentir sur une chose aussi sacrée : l’avenir de nos enfants, c’est-à-dire, l’avenir de ce pays.

                J’ai été personnellement sidéré de remarquer une chose. A l’examen du CEP, le résultat national était  de 89,61%, c’est-à-dire, près de 90%. On a frôlé les scores staliniens de 99% obtenus il y a presque une décennie, dans l’euphorie fabriquée des nouveaux programmes. Et pourtant, à moins d’un mois de l’examen final de cette année, la plupart des examens blancs organisés dans les circonscriptions scolaires ont donné des résultats nettement moins dithyrambiques. On a eu droit à moins de 50% dans bien des cas. Et voilà qu’au sprint final, nos enfants sont devenus des génies. Rendons grâce à Dieu.

                Mais ce qui m’intéresse ici, c’est la qualité même des produits qui sortent de cet engrenage de mensonge. Personne ne peut le nier, malgré les chiffres tripatouillés à l’envi, le système éducatif béninois s’enfonce dans une crise abyssale. Il y a bien entendu, de gros efforts qui sont faits en matière d’infrastructures, de recrutement d’enseignants, ou encore en termes de taux brut de scolarisation. Malgré cela, il y a eu des décisions politiques de gratuité et de reversement mal pensées qui détruisent tout ceci.

                De sorte qu’on peut affirmer que la qualité du système éducatif ne correspond pas du tout aux dotations budgétaires consenties dans le secteur. Qu’on le veuille ou non, le budget de l’éducation est le poste le plus important du budget national. 25,23% en 2014, 20,84% en 2015, la part de l’éducation dans les allocations budgétaires au Bénin depuis plus d’une décennie, ne descend jamais en-dessous de 20%. Bien entendu, elle évolue en dents de scie avec une remarquable irrégularité. Ce sont près de 221,5 milliards de FCFA en 2014 et 216,5 milliards en 2015 avec une flopée de partenaires bilatéraux et multilatéraux.

P

ourquoi tout cet investissement n’a pas vraiment servi à améliorer la qualité du produit final, c’est-à-dire le niveau des enfants ? La première raison est d’abord, l’approche dite par compétence, le nouveau programme, pour ne pas le nommer. C’est la calamité numéro un, et c’est sans commentaire.

                Il y a ensuite que la préoccupation des différents gouvernements depuis 2006, ne semble pas avoir été la qualité de notre système. Aujourd’hui, les chiffres de scolarisation maternelle et primaire sont très élevés, notamment avec les différentes gratuités instaurées. Seulement, l’accompagnement devant soutenir ces mesures n’a pas suivi et ne suivra  pas non plus. Le coût financier est tout simplement prohibitif, s’il faut améliorer à la fois la qualité du système et le taux  de scolarisation. Il y avait un choix politique à faire, l’Etat béninois a fait celui du nombre à des fins électorales, au détriment de la qualité. La conséquence directe, c’est que le système, à terme, sera difficile voire impossible à réformer, sauf à appliquer une thérapie de choc.

 Quelle est alors la troisième raison qui empêche le système de s’améliorer ?

                C’est la qualité des enseignants eux-mêmes. Les mesures de reversement prises il y a quelques années, n’auraient jamais dû être prises de la façon massive que l’on a vue. On a reversé tout le monde, sans tenir compte des profils réels des bénéficiaires. Ce fut une mesure à caractère politique qui a eu le mérite de stabiliser les enseignants concernés, mais en empêchant plus tard, une réelle formation de ceux-ci. Car, le danger, c’est qu’on ne peut faire plier du bois sec. Le mal qui a été fait risque d’impacter des générations entières de Béninois et constituer même une source de déstabilisation du pays.

                Le ver est donc dans le fruit. Les dotations budgétaires ne suffisent pas à résorber les problèmes de l’enseignement. Il faut encore que l’autorité consente à ne pas utiliser le secteur éducatif à des fins politiques.

Olivier ALLOCHEME

Ajournement à l’Assemblée de deux projets d’accords: L’affaire de disparition des 3 milliards des Pays-Bas fait courir le Gouvernement

Gouvernement Yayi IIILes députés exigent du Gouvernement le rapport d’étude réalisé en décembre 2014 sur le programme néerlandais pour l’eau dont la gestion de l’une des phases défraye la chronique depuis peu. Il lui est également demandé de faire parvenir la note d’acception actualisée délivrée par l’Etat danois pour ce projet ; document qui témoigne de l’engagement de la partie néerlandaise et le rapport d’audit ayant conduit à la suspension actuelle de l’appui néerlandais au Bénin. Le projet étant, par ailleurs, financé par plusieurs sources, la représentation nationale a exigé du Gouvernement l’identification d’un financement alternatif afin de l’achever au cas où les Néerlandais vont suspendre leur financement. Des documents qui devront être réunis et apportés à la Commission des finances de l’Assemblée nationale en vue de la production d’un nouveau rapport. Sur la question du rapport d’audit, l’honorable André Okounlola a fait savoir qu’il n’est pas encore disponible parce que l’audit se poursuit sur le terrain. Son collègue du PRD, Augustin Ahouanvoébla soutient, par contre, que la Représentation nationale a le droit d’exiger des documents d’appui du projet puis de dévoiler qu’il y a eu un audit réalisé par le cabinet SCJ et dont le rapport est déjà disponible. «Le Gouvernement ne doit donc plus protéger ce rapport. Nous voulons être rassurés que ce projet ne sera pas un nouvel éléphant blanc », a-t-il lâché. Pour sa part, le député Rachidi Gbadamassi a plaidé pour l’avancement du dossier afin de sauver les populations de Parakou. « Les populations de Parakou souffrent, elles restent parfois une dizaine de jours sans eau. Le parlement dispose de tous les moyens pour contrôler le Gouvernement », a-t-il laissé entendre. Pour Barthélémy Kassa, c’est une question préjudicielle qui a été vidée en concertation et il serait donc inutile de continuer à retarder les choses. Le député Abdoulaye Gounou a également plaidé pour l’évolution du dossier. « Si nous devons nous attarder sur cette question préjudicielle, la conséquence, c’est que nous prenons en otage les populations de la ville de Parakou et ses environs. Quelle sera l’incidence du contenu de ce rapport d’audit recherché sur la suite du dossier ? », s’est-il interrogé. Le député Marcel De Souza a également évoqué le caractère urgent du projet puisqu’il s’agit de l’eau. Il a soutenu que le rapport recherché n’est pas encore disponible parce que l’audit n’est pas encore achevé.

Des documents témoins

La commission des finances a fait remarquer qu’il y a défaut d’information et a invité le Gouvernement à apporter des documents témoins qui puissent rassurer la Représentation nationale. Une question parajudiciaire s’est donc posée et sur laquelle les députés se sont prononcés. Mais le véritable goulot d’étranglement, c’est la situation confuse autour de la disparition des trois milliards des Pays-Bas destinés à renforcer le système d’alimentation en eau potable au Bénin. Une affaire qui a conduit à la réalisation d’un audit et aux poursuites judiciaires contre les coupables. Le président de séance a alors décidé d’ajourner le débat jusqu’à ce que les conditions requises ne soient réunies. L’ensemble du texte sera donc renvoyé à la Commission, l’Assemblée nationale se réunira pour apprécier le nouveau rapport des travaux à la séance plénière du mardi 21 juillet 2015. Sans tambour ni trompette, le deuxième dossier a subi le même sort. Il s’agit du projet de loi portant autorisation de ratification de l’accord de prêt dans le cadre de la construction d’une centrale thermique à Maria-Gletta, Phase II.

Un accord de prêt de la Boad rejeté

Le premier dossier également abordé hier par les députés est le projet de loi portant autorisation de ratification de l’accord de prêt signé à Cotonou le 07 avril 2015 entre la République du Bénin et la Banque Ouest africaine de développement (BOAD) dans le cadre du financement partiel du projet de renforcement du système d’alimentation en eau potable dans la ville de Parakou et ses environs. Selon le présent rapport, l’objectif global de ce projet est de renforcer l’approvisionnement en eau potable et d’y améliorer la qualité et la qualité de la desserte, conformément aux normes en vigueur, contribuer à l’accroissement du taux d’accès en eau potable à travers la réalisation du barrage d’Okpara et l’augmentation de la capacité de traitement de l’eau ; la création de plus de cinq mille emplois pendant la réalisation du projet. D’un coût total de 15,408 millions de francs Cfa, la Boad contribue à la réalisation du projet à hauteur de 8 milliards. Ses autres sources de financement sont le programme de financement néerlandais ORIO à travers une subvention d’un montant de 5.925.000.000 de francs CFA hors taxes, la SONEB pour un montant d’1.483.000.000 de francs CFA hors taxes. Lors des travaux en Commission, les députés se sont préoccupés du taux d’intérêt « trop élevé alors que l’on n’est pas encore sûr des retombées sociales du projet et la situation des autres projets d’alimentation en eau sur l’ensemble du territoire, notamment, celui de Djougou ».

Wandji A.

Elections communales: La Céna décale la proclamation à ce jour

Emmanuel Tiando EPL’attente a été longue, mais également vaine. Les nombreux hommes des médias qui se sont rués  hier au siège de la Commission électorale nationale autonome (Cena) ont  dû se replier, un à un. L’ambiance était au grand suspens au siège de cette institution, dont la sécurité surplace a été renforcée pour la circonstance.  Tout semblait pourtant prêt pour la proclamation, aux premières nouvelles de la soirée. Mais rien n’y fit jusqu’au moment où nous mettions sous presse. Selon certaines indiscrétions,  les dernières impressions des documents portant les résultats ont dû faire trainer les choses hier jusque tard dans la nuit. A 23 heures, il était rapporté de certaines sources internes que les données d’une vingtaine d’arrondissements, étaient encore en traitement au niveau de la cellule informatique de la Cena. Et ce n’est qu’après que les 5 membres devraient se réunir pour délibérer, certainement  dans la  nuit profonde. Les uns indiquaient vers 02 heures, les autres évoquaient une proclamation à l’aube. Les vas-vient incessants des véhicules de certains membres de la Cena dans la nuit d’hier en disaient, en tout cas, long sur le non achèvement des travaux au niveau des techniciens maison.  D’autres sources  susurrent plutôt des désapprobations internes autour des résultats traités. Bref, c’était un vrai imbroglio.  Même si aucune décision sortant de l’institution n’a donné de précision sur l’heure exacte à laquelle la proclamation sera faite,   certains ont fini par se convaincre de ce que rien n’était plus possible.   Ce sera ce mercredi en fin de compte ?  Peut-être.

Christian Tchanou

Conseil National des Chargeurs du Bénin: Hervé Fangnigbé prend la main pour la continuité

Syrus Hervé Fangbigbe DG du CNCBLe directeur général entrant du Conseil national des chargeurs du Bénin a pris officiellement les rênes de cet office des mains de la directrice générale sortante, la ministre Nadine DakoTamadaho. La cérémonie de passation de charges a eu lieu hier mardi 14 juillet 2015 à Cotonou.

Après 18 mois de gestion à la tête du Conseil national des chargeurs du Bénin, l’ancienne directrice générale, Nadine Dako, actuelle ministre de l’Emploi des Jeunes et des PME, a passé le témoin  à son successeur, Syrus Hervé Fangnigbé. En effet, après un tête-à-tête entre les deux autorités, place a été faite aux allocutions. Dans ce chapitre, c’est l’association des femmes du CNCB qui a tenu à remercier la directrice générale sortante. Par la voix de sa présidente Danielle Ahouanvoèkè, l’AF/CNCB  a estimé que Nadine Dako a été une chance pour le CNCB. A en croire la directrice générale sortante, son passage à la tête du CNCB a été très enrichissant et plein de réformes. Nadine DakoTamadaho a fait un bilan sommaire de ses 18 mois et invité le personnel à continuer à œuvrer aux côtés du nouveau directeur pour la sauvegarde des acquis du CNCB. Quant à Syrus Hervé Fangnigbé, le directeur général entrant du CNCB, il a fait le vœu de s’engager ensemble avec ses collaborateurs, aux côtés du ministre de tutelle et du président de la République pour l’atteinte des objectifs qui lui sont assignés afin de relever les défis qui s’imposent à l’Office. « Je voudrais, sans aller trop dans les détails, rassurer la directrice générale sortante de même que l’ensemble du personnel du CNCB que les réformes et les grands chantiers se poursuivront avec ma marque et dans la dynamique de la préservation des acquis de l’office et du personnel. Je ne ménagerai aucun effort pour me rendre disponible pour engager un dialogue franc et sincère dans un cadre bien défini pour un climat plus apaisé. J’attacherai du prix au travail bien fait, à la discipline et au respect des textes en vigueur dans notre office et dans notre pays », a-t-il martelé. Suite à ses propos et sous  la supervision du directeur de cabinet du Ministère de l’Economie maritime et des Infrastructures portuaires représentant le ministre de tutelle, le directeur général entrant, Syrus Hervé Fangnigbé a reçu des mains de Joseph DellaHoundjo, directeur général par intérim sortant les charges pour exercer pleinement ses nouvelles fonctions.

Yannick SOMALON

Sécurité routière à Cotonou: Houndégnon déploie la police pour le contrôle

Louis Philippe HOUNDEGNON DGPN

Louis Philippe HOUNDEGNON DGPN

Annoncée pour prendre effet hier mardi 14 juillet 2015, l’opération de contrôle de port de casque obligatoire, de circulation sur la piste cyclable et de contrôle de port de ceinture de sécurité n’a rien apporté. Les hommes en uniformes faiblement déployés au niveau de chaque rond point, en passant par le carrefour Bidossessi, Bénin marché, Cica Toyota, Etoile Rouge n’ont eu qu’à observer les usagers de la route qui étaient dans les normes. A l’exception de quelques-uns qui n’avaient pas leurs casques et qui n’ont pas été inquiétés par les forces de l’ordre, tout le monde était au pas. C’est dans ce même état qu’ils ont fait le constat que chaque motocycliste avait respecté l’usage de la piste cyclable. Cette assiduité des populations  a ravi le girecteur général de la police nationale, Louis Philippe Houndégnon, qui a adressé ses mots de remerciements aux usagers de la route, qui se sont conformés aux décisions du port de casque, de piste cyclable et de ceinture de sécurité au volant. Ceci sans la répression des hommes en uniforme. Alors, il a invité les autres usagers qui s’obstinent à se mettre dans les rangs pour assurer une meilleure circulation routière.

Rastel DAN (Coll.)