Category: Editorial

Présidentielle de 2016: L’UDD Wologuèdè opte pour Sébastien Ajavon

le président de l'Udd Wologuèdè, Zéphirin KindjanhoundéLes populations de la commune de Zogbodomey et environs réunies autour de l’honorable Zéphirin Kindjanhoundé, président du parti Union pour une dynamique démocratique (UDD Wologuèdè) ont tenu un meeting  suite au troisième conseil national du parti.  Elles ont, au cours de cette grande messe politique qui s’est tenue le samedi 14 novembre 2015 sur le terrain de sport du Collège d’enseignement général 1 de Zogbodomey, déclaré leur flamme à Sébastien Ajavon pour la présidentielle de 2016. C’était également l’occasion pour Zéphirin Kindjanhoundé d’inviter la classe politique à choisir un candidat unique et de taille pour 2016.

A  l’issue du troisième conseil national de l’UDD Wologuèdè, Zéphirin Kindjanhoundé et les siens ont fait leur  choix pour la présidentielle. Ce choix s’est porté sur Sébastien Ajavon. En effet, c’est l’une des banderoles  qui a planté le décor de ce meeting : « La classe politique est invitée à rompre avec la stratégie politicienne de la candidature multiple aux élections présidentielles par le système d’émiettement des voix ». Juste pour inviter la classe politique à plus d’objectivité et d’union autour des candidatures sérieuses.   A en croire le  secrétaire général du parti, Isidore Agbogladja Houénafon, le parti UDD est  fidèle à sa devise  qui est le Bénin : ‘’Le Bénin d’abord’’. «  C’est dans ce cadre que le parti va porter son choix sur un homme de conviction par large consensus.  Dans cette perspective, l’UDD Wologuèdè s’engage à accompagner ce candidat sans condition à la victoire, dès le premier tour », a-t-il précisé. Le représentant des jeunes de l’UDD Wologuèdè, Bienvenu Ayênan Ogougla, a affirmé quant à lui, que par rapport au choix du parti, les militantes et militants ne perdront pas du temps. A son tour, Zéphirin Kindjanhoundé a remercié tous ses militants pour avoir participé à la rencontre d’Allada. « Nos réflexions d’Allada ont fait ressortir l’option soit de désigner un candidat au sein du parti, soit de soutenir un candidat capable de diriger le Bénin au vu de ses qualités ». Après un large consensus dit-il, le choix s’est porté sur un homme de conviction. « Cet homme, oui chers invités et militants, c’est bien Sébastien Germain Ajavon dont la candidature est une évidence. Nous ne sommes pas venus susciter une candidature, mais nous sommes dans la dynamique d’accompagner Sébastien Ajavon à la victoire dès le premier tour », a clamé  Zéphirin Kindjanhoundé. Il  a, pour finir, exhorté la classe politique à  une large adhésion autour de cette candidature de référence qui, selon ses propos, rassure tout Béninois.

Yannick SOMALON

Présidentielle 2016: Nouvelle et ultime rencontre entre Yayi et les ténors FCBE

Yayi et AbiolaAprès une première rencontre, tenue  il y a quelques semaines dans le cadre des préparatifs pour la présidentielle 2016, au niveau de l’alliance,  Yayi était à nouveau face  aux ténors des Forces Cauris pour un Bénin Emergent (FCBE). C’était hier dans la soirée au Palais des Congrès à Cotonou. Et comme  à la dernière rencontre,  tout s’est déroulé hors caméra. Selon les indiscrétions, cette nouvelle séance entre le chef de l’Etat et sa famille politique, a permis d’évaluer les candidatures enregistrées récemment par la Coordination nationale des FCBE pour la compétition des élections primaires annoncées. Il était dit, que ces candidats devraient plancher hier devant l’assistance pour  faire valoir les raisons de leur inscription à ces primaires. Mais d’autres sources proches des FCBE, ont rapporté que rien n’y fit. L’épreuve orale annoncée n’aurait pas eu lieu. Il y aurait  quand même au eu  de véritables discussions et des  recommandations sur les nouvelles consignes à suivre et directives à prendre pour aller au bout du processus. Les sujets qui fâchent n’ont pas été non plus occultés, selon les mêmes  sources qui rapportent que certains  «candidats de taille » alors évoqués pour la bataille de la candidature unique auraient exprimé leurs désapprobations, pour avoir été mis à l’écart depuis que le processus a été enclenché. Beaucoup d’autres déclarations et faits auraient été aussi enregistrés à cette même rencontre. Nous y reviendrons.

Wandji A.

Edito: Le deuil et la farce

logo journalC’était en janvier dernier. Boko Haram avait  exécuté  près de 2000 personnes, femmes et hommes, enfants, jeunes et vieux. Amnesty International parla de  « pire massacre  jamais perpétré » par le groupe islamiste. L’organisation non gouvernementale souligne   que des centaines de corps, trop nombreux pour être comptés, demeurent éparpillés dans la brousse au Nigeria. Qu’a fait le gouvernement béninois devant cette  tragédie qui se déroulait pourtant à son nez et à sa barbe ? Rien. Le 02 avril 2015, l’université de Garissa, au Kénya, a été attaquée par les Shebab. 148 personnes, principalement des étudiants, avaient été abattues de sang froid par les terroristes. Y a-t-il eu un seul geste des autorités béninoises pour rendre hommage à ces Africains abattus par les assassins ? Non, rien du tout.
Le 11 janvier 2015, après l’horreur de Charlie Hebdo, le chef de l’Etat avait trouvé les moyens d’aller marcher sur les bords de la Seine, lors de la marche mémorable ayant réuni  des leaders du monde entier. Le Bénin avait décrété, déjà en ce moment, un deuil national accueilli avec des moqueries un peu partout. Cette fois encore, pour les attentats du 13 novembre, le Bénin n’a rien trouvé d’autre à faire que de décréter un deuil national de 24h et de faire son cinéma habituel.
Soyons clair. En observant l’attitude du gouvernement béninois lors du massacre de Charlie Hebdo, on remarquera simplement qu’il a conservé une cohérence dans l’action concrète. Deuil national en janvier, deuil national en novembre, Boni Yayi ne saurait être condamné à ce niveau d’anachronisme. Mais en novembre comme en janvier, il y a comme une émotion sélective qui saute aux yeux. L’incongruité en sus.

Emotion sélective, car lorsque les mêmes assassinats sont perpétrés par les mêmes fous contre des Africains,  il y a un silence assourdissant des autorités béninoises. Les meurtres idiots perpétrés chaque jour au Nigeria par Boko Haram auraient exigé tout au moins des gestes symboliques tout aussi forts de la part des autorités béninoises.  Les dirigeants béninois croient-ils que les Africains sont moins importants que les autres peuples  ? La question reste encore posée.

La tragédie de vendredi n’est nullement à banaliser. Le sang qui a coulé à Paris réclame vengeance. Tant d’innocentes victimes n’ont rien compris à ce qui se passait, avant de tomber sous les balles assassines des faux musulmans du Daesh. La mort violente de ces 129 personnes dont certains sont des Africains, est une preuve suffisante que les terroristes n’ont qu’un objectif : faire peur. Ne nous leurrons d’ailleurs pas. Le prosélytisme religieux a toujours usé de la terreur pour imposer ses dogmes. Aussi loin que me remonte le souvenir de mes cours d’histoire, je puis dire avec certitude que l’œuvre d’un certain Ousmane Dan Fodio dont on vante aujourd’hui les mérites, ne fut bâtie que grâce à la guerre sainte. Les razzias, les meurtres effroyables, les enlèvements et les kidnappings sont les méthodes de ces héros. Il en est de même des chrétiens. En dehors de la Lord Resistance Army (LRA) qui  commet des massacres effroyables au nom du christianisme en Ouganda, l’Eglise catholique a été traversée de fond en comble par des mouvements schismatiques violents et tout aussi destructeurs. De siècle en siècle, on se rend compte que la foi religieuse est le terreau d’un nombre incalculable de crimes aussi odieux les uns que les autres.
La folie des hommes du Daesh n’est donc pas une donnée nouvelle. Elle entre dans l’épiphanie de la peur, méthode séculaire du prosélytisme religieux porteur d’un instinct destructeur qui ne se dément pas, de siècle en siècle, surtout dans les religions monothéistes. Sa déclinaison moderne, qui se traduit par des actions  aveugles et bien mûries, n’est pas moins condamnable que jadis.
En vérité, l’Afrique qui paie un lourd tribut au terrorisme, ne saurait  agir comme si ses propres citoyens étaient des personnes de seconde zone. C’est contre cet affaissement de l’égalité et de la fraternité à travers le monde que des dizaines de jeunes prennent les armes et sont happés par les extrémistes violents. Boni Yayi et ses homologues africains devraient ainsi savoir que les victimes sont les mêmes, qu’elles soient  à Paris ou Garissa, à Maidougouri ou Fotokol.

Par Olivier ALLOCHEME

Accusations du conseil des ministres des 23 et 25 octobre 2015: Adidjatou Mathys confirme la bonne foi de Patrice Talon

Mathys Adidjatou EPAu cours d’une conférence de presse ce samedi 14 novembre, Adidjatou Mathys, ancienne ministre des finances et autorité de tutelle de la douane s’est prononcée sur le dossier dit de «braquage de la douane par Bénin Control». Elle a carrément désavoué le Gouvernement et a confirmé la bonne foi de Patrice Talon.
En montant au créneau ce week-end, accompagné de l’ex-directeur général du trésor et de la comptabilité publique, l’ancien argentier national a donné un coup de pied dans l’échafaudage gouvernemental visant à la présenter comme un cadre laxiste et à noircir le candidat Patrice Talon. Elle n’est  qu’une victime collatérale de la guerre anti-Talon. Mais sa sortie a permis de confirmer tous les arguments que, du reste, Patrice Talon avait déjà développés et soutenus avec des preuves irréfragables.
Alors qu’il y a quelques jours de curieux personnages affirmaient que c’est sur des pressions irrésistibles que les 2,7 milliards de francs Cfa avaient été versés à Benin Control, l’ancienne ministre des finances, l’autorité la plus compétente au moment des faits, a balayé cette allégation d’un revers de la main. Preuves écrites à l’appui, elle a soutenu qu’il était urgent de reverser la quote-part des importateurs de véhicules d’occasion. C’est ce qui justifie d’ailleurs le paiement des fonds par la douane Port et Segub qui les prélèvent au nom de l’Etat. Et comme, au terme de son contrat, c’est Benin Control qui se charge de ce reversement, il était nécessaire de lui positionner les fonds pour lui permettre de les reverser aux ayant-droits. Il n’y a nullement lieu d’imputer cette célérité à Benin Control qui n’avait d’ailleurs aucun moyen de forcer la main à l’agent comptable de la Recette des douanes du Port de Cotonou.
Confirmant ensuite avoir officiellement reçu la lettre d’alerte de Patrice Talon, lettre sans laquelle la douane ne se serait pas rendue compte de la bourde financière de son administration, et l’insistance de l’administrateur de Bénin Control pour convaincre l’Etat de son erreur, elle a reconnu que Benin Control a effectivement rétrocédé le sur-paiement, puis Adidjatou Mathys s’indigne de l’usage fait d’une affaire qui n’en est pas une.

Rien que des affabulations
Étonnant également, a-t-elle révélé que le patron de l’équipe gouvernementale qui l’avait convaincue et lui faisait répéter à l’envi que le « PVI (Programme de vérification des importations que le Bénin Control conduisait) était un véhicule qui ne saurait faire une reverse », que ce même patron fasse un spectaculaire rétropédalage. Sa conclusion partielle est imparable : c’est la chasse à un homme qui justifie les affabulations sur ce dossier. Et on comprend la logique de la suite du scenario gouvernemental à propos du dossier dit de « paiement indu de 12 milliards de francs Cfa» au Groupe Talon. Sur ce volet de son intervention, elle a marqué son grand étonnement de constater que le Gouvernement qui refusait obstinément de payer ces fonds ait reconnu enfin cette dette et aurait même payé déjà 8 milliards de francs Cfa, en attendant le reliquat qui, selon le gouvernement sera versé, après un audit, lequel n’a pas lieu depuis des années. Il est donc clair que le Gouvernement a reconnu ces dettes dont le paiement n’est même pas destiné à la SODECO (Société pour le développement du coton de Patrice Talon, mais à l’AIC (Association interprofessionnelle du coton) en guise de paiement des subventions et de remboursements des préfinancements. En rappelant cette évidence déjà soutenue par Patrice Talon, la conférencière n’a fait que rafraîchir la mémoire au Gouvernement qui, préalablement, a reconnu et attesté les faits au cours de son conseil des ministres du 17 janvier 2012. Et que répondre aux agents des douanes qui ont voulu faire croire qu’à cause du PVI, les recettes douanières avaient drastiquement baissé ? L’ancienne ministre des finances les a simplement ignorés, préférant les confondre en exhibant des documents qui en disent long sur les intentions des conférenciers en uniforme. Ce que, en d’autres temps, elle aurait dû faire faire par ces disciples de Saint Mathieu qui auraient obtempéré et seraient revenus lui rendre compte, sourire aux lèvres et le petit doigt sur la coupure du pantalon.

Flore S. NOBIME

Maintien au budget 2016 de l’augmentation des tarifs GSM: 10.000 emplois menacés de suppression

boni-yayi-2 netLe Gouvernement béninois, à travers le premier ministre Lionel Zinsou et son homologue Komi Koutché, ministre d’Etat chargé des finances a présenté le vendredi 13 novembre 2015 au Palais des gouverneurs de Porto-Novo, le projet de budget général de l’Etat exercice 2016. A l’issue de la séance de  présentation,  le ministre Komi Koutché s’est adressé à la presse. Il est revenu sur la question de l’augmentation des tarifs GSM qui défraie la chronique depuis quelques semaines. « Nous les avons rassurés sur le fait que, selon les services techniques du Ministère compétent qui ont fait le travail qui a été examiné par le Gouvernement, la première préoccupation c’est de préserver les consommateurs locaux des répercussions de ces augmentations », a laissé entendre Komi Koutché. Mais, en réalité, tout ceci est faux. Cette augmentation va inexorablement entrainer le doublement  des tarifs de communication chez tous les opérateurs GSM.  Selon le décret 2015-455 du 27 août 2015 portant  majoration  et annulation de crédit à titre d’avance sur le budget de l’Etat gestion 2015, les tarifs de communication vont plus que doubler.  Ils vont passer de 2 FCFA à 5 FCFA par minute sur chaque appel national sortant et de 23 FCFA à 53 FCFA sur chaque appel international entrant. Les dispositions de ce décret sont contenues dans le projet de loi des finances en cours d’examen au parlement. Si le projet est adopté en l’état, les opérateurs GSM n’auront qu’un seul choix : augmenter les tarifs. Mais si le Gouvernement les contraint à ne pas le faire, tout en maintenant les tarifs envisagés, les opérateurs GSM n’auront d’autre choix que de procéder à des licenciements massifs. En clair, au minimum 10.000 emplois directs sont menacés dans toutes les sociétés GSM si les mesures annoncées sont prises. Ce serait une nouvelle tragédie qui viendrait  frapper les familles après l’incendie dévastateur du marché Dantokpa qui a touché tant de familles. Aussi, dans un contexte où le chômage est la chose la mieux partagée par les jeunes, le Gouvernement a intérêt à revenir sur sa décision s’il tient à préserver  la paix sociale. Cela est d’autant plus important car occasionner le licenciement de 10.000 personnes n’est pas une affaire d’économie, mais plutôt un crime contre tout un peuple.

Yannick SOMALON

Centre national de sécurité routière: Sylvain Zohoun et le ministre Gustave Sonon rendent hommage aux victimes de la route

Le Dg Sylvain Zohoun échangeant avec le ministre Sonon à l’entame de la marcheLa 20ème édition de la journée internationale du souvenir des victimes de la route et la 4ème édition de la journée africaine de sécurité routière ont été célébrées, hier dimanche 15 novembre 2015, à travers le monde et partout en Afrique. Le Bénin n’a pas été du reste. A travers le Centre national de sécurité routière (CNSR), le pays a également commémoré l’évènement. Plusieurs activités ont meublé les manifestations.
D’abord, il y a eu une marche pacifique qui a été organisée à travers la ville de Cotonou. Elle a débuté à la place Etoile Rouge et a échoué sur la place publique de Vèdoko, précisément au carrefour « La Vie ». Elle a connu la participation du ministre des transports, Gustave Sonon, du directeur général du Centre national de sécurité routière (CNSR), Sylvain Zohoun et de bien d’autres personnalités sans oublier les conducteurs de taxi-moto qui ont décidé d’accompagner la campagne un casque=une vie sauvée. Ensuite, les autorités ont été conviées à visiter les images des personnes qui ont malheureusement perdu la vie suite à un accident de circulation. Au nombre de celles-ci, le comité d’organisation a choisi, l’ex ministre des transports, Ahmed Akobi, l’ex député Paulin Tomanaga sans oublier l’ex artiste comédien Théodore Béhanzin, alias Kossi. Après cette visite, il y a eu le dépôt de gerbe en l’honneur de toutes les victimes de la route. Après, place a été faite aux allocutions qui ont été faites essentiellement de mots de  sensibilisation. D’abord, c’est le directeur général du CNSR, Sylvain Zohoun, qui a pris la parole pour inviter toute la population à faire plus attention quand elle prend la route. «Cette journée est une journée de méditation. Elle a commencé par être observée depuis 20 ans en Angleterre. Mais, il y a 10 ans que l’ONU a pris la décision de commémorer cette journée tous les troisièmes dimanches du mois de novembre », a-t-il expliqué avant d’ajouter, «connaissant la douleur que vivent les membres de la famille d’une victime de la route, je voudrais vous exhorter à, à tout prix, chercher à respecter les règles de la route ».

Les autorités déposant la gerbe en mémoire des victimes de la routeTout mettre en œuvre pour réduire les cas d’accidents mortels
Une exhortation sur laquelle le ministre Isidore Gnonlonfoun, 1er adjoint au maire de Cotonou, est revenu tout comme le préfet de l’Atlantique et du Littoral, Epiphane Quenum ainsi que le ministre des transports, Gustave Sonon. Pour eux, rien ne vaut une vie. «Pour cela, nous devons être prudents sur la route. Car, tous les accidents sont des faits de l’homme», a souligné le ministre qui a affirmé que « 700 morts par an (ndlr le nombre de personnes décédées du fait d’accidents) au Bénin est une statistique qui doit nous interpeller tous ». Selon Epiphane Quenum, la baisse de ces chiffres dépendra non seulement des autorités qui doivent assumer pleinement leurs responsabilités et aussi des populations qui doivent accepter de faire du respect du code de la route une nécessité. « Car, il ne faut plus qu’on mette au-devant l’inexistence de l’argent dans le pays pour être complaisant vis-à-vis des citoyens fautifs », a-t-il conseillé. Il faut préciser que dans le cadre de cette commémoration, le réseau des journalistes et animateurs de sécurité routière (Réjaser) que préside Serge Kougnimon a, en collaboration avec le CNSR, demandé à la mosquée de Cadjèhoun et à l’église St Antoine de Padoue de Calavi, des messes pour les disparus, les vendredi 13 et dimanche 15 novembre 2015.

Anselme HOUENOUKPO

Présidentielle 2016: Patrice Talon, imperturbable face aux attaques tous azimuts

Patrice Talon EpEn dévoilant son intention de briguer le fauteuil présidentiel en 2016 puis en confirmant sa candidature dès son retour au bercail, Patrice Talon  a sorti la classe politique de la léthargie qui régnait à quelques mois de la date du scrutin du 28 février 2016. Depuis l’homme garde la main et imprime son rythme aux débats autour de la bataille qui s’annonce âpre.

Autant le dire ! Patrice Talon imprime sa marque au débat sur les présidentielles de février 2016. Il a sorti la classe politique de la dangereuse léthargie dans laquelle elle était plongée à quelques mois des élections, juste en accordant depuis sa résidence à Paris, une interview télévisée à deux chaînes privées béninoises ; entretien au cours duquel il n’a fait qu’exprimer son intention d’être candidat à l’élection présidentielle. Cette sortie a fait mouche tant l’homme a convaincu par son entregent, son sens de la répartie et l’aisance avec lesquels il a décliné les grands axes de sa vision pour le Bénin du futur, prouvant ainsi que sa décision ne relèvera pas du hasard, mais sera le fruit de réflexions longuement menées. Cependant, d’aucuns sont restés un peu dubitatifs. Puis, celui que le pouvoir pensait avoir banni, définitivement enterré vivant, resurgit, porté par un engouement et une sympathie populaires inespérés. Comme pour inviter ceux qui dormaient encore à le suivre, il fait une deuxième sortie sur RFI pour se faire précis sur sa candidature avant de la confirmer dès son retour au pays. Depuis, il est devenu le métronome des débats relatifs à 2016. Son silence, chaque mot qu’il prononce, chaque acte qu’il pose, chaque soutien déclaré en sa faveur font un buzz et font l’objet de débats que, heureusement, le public suit avec une lucidité qui fait échouer tous les coups bas.
Pour faire la différence par rapport au grand spectacle qui sert, d’habitude, de cérémonie de déclaration de candidature, il a initié des rencontres d’échanges avec diverses couches sociales pour confirmer sa candidature et expliquer sa vision pour le pays. Cela a réveillé la trouille du pouvoir finissant qui fait des soubresauts compréhensibles, mais alors dans un style bouffon du genre du communiqué du Conseil extraordinaire des ministres des 23 et 25 octobre 2015. La réplique de Patrice Talon, de par son caractère persuasif, a suscité  l’indignation du public, hébété par la capacité d’un Gouvernement entier à  théâtraliser le pouvoir d’Etat. Toute honte bue, il fallait trouver un nouvel épisode à la comédie. Cette fois-ci, une meute de douaniers est  envoyée à l’assaut, sans trop savoir de quoi il était question. L’exercice s’est révélé un pétard mouillé, avec en sus les missionnaires devenus la risée du public. Le lynchage médiatique programmé s’est retourné contre ses auteurs. Et comme le malheur n’arrive jamais seul, une ordonnance judiciaire vient de débouter le pouvoir en décadence dans l’affaire dite SODECO. Tous ces faits alimentent des conciliabules politiques et des discussions de salon. Patrice Talon n’a pas à en rougir. Ce privilège ne se négocie pas. Il est naturel comme c’est le cas actuellement.
Des coups d’épée dans l’eau
Comment ne pas inspirer la panique, ou tout au moins des craintes lorsqu’on échappe à toutes les embûches, qu’on sort vainqueur de tous les assauts les plus imprévisibles ? Au moins-là, le pouvoir en place  a pris la juste mesure des choses. Il a compris que chaque acte que pose le candidat Patrice talon est un pas majestueux et sûr vers la Marina. Sa détermination à répondre à l’appel du devoir est irréversible. L’avance de Patrice Talon crève l’œil. Les manœuvres pour l’occuper et l’empêcher de continuer à expliquer sa vision aux populations constituent des coups d’épée dans l’eau. Sans tam-tam, il échange avec des acteurs et groupes politiques insoupçonnés honorant de multiples rendez-vous avec des représentants de couches sociales qui ne cessent d’étendre le label Talon dans tous les hameaux du pays. Le pouvoir a enfin ouvert un œil ! Il faut se concentrer un moment sur sa propre maison pour essayer de sauver les meubles. Il n’en demeure pas moins surprenant que des camps politiques ayant disposé des deniers publics à leur guise et des attributs de l’Etat à des fins narcissiques en soient à rechercher encore, non pas leur candidat mais le profil qui lui siérait. Et que d’autres, encore intimidés par un tel engagement continuent de faire susciter leurs candidatures. Pendant ce temps, le candidat Talon poursuit sa marche inexorable vers le sommet de l’Etat.

Wandji A.

Edito: L’impératif de la diversification

logo journalLa crise qui touche immanquablement les entreprises peut les ragaillardir ou les terrasser. Et la vraie question est de savoir ce qui peut sauver les meubles en cas de coup dur.
Oui, contrairement à ce que beaucoup de gens croient, le taux de mortalité des entreprises est très élevé. Mauvaise gestion, ambitions démesurées, rareté des opportunités, vols, tous ces facteurs provoquent des faillites parfois retentissantes. Beaucoup de néo-entrepreneurs croient à tort qu’ils peuvent mener grand train aussitôt  les premiers bénéfices engrangés. Ils alignent les voitures de luxe, font la fête dans les boites de nuit, sans compter les femmes qui les aident à dépenser le peu qu’ils ont pu avoir. D’autres, se croyant déjà milliardaires, commencent à afficher du mépris pour leurs clients et leurs agents. Conséquence, ils perdent leurs clients et leurs employés les plus qualifiés s’en vont avec leurs expériences. Plus rapide a été l’ascension, plus rude sera la chute.
Mais l’une des    alternatives qu’utilisent les entrepreneurs intelligents pour prévenir d’éventuelles déstabilisations, consiste à diversifier leurs activités. J’ai vu des entreprises de BTP qui font du pressing et de l’import/export. Il m’est arrivé de rencontrer un milliardaire caché qui fait de la transformation de bois dans une grande usine, mais qui possède une vaste palmeraie dans l’Ouémé et exporte des noix d’anacarde cueillies dans le département des Collines, tout en important des machines agricoles depuis l’Asie.
Si vous pensez que Sébastien Ajavon ne fait que les produits congelés, détrompez-vous. Il s’est diversifié aussi dans l’agro-business, sans compter qu’il a investi énormément dans le sport.
Pour ceux qui ne comprennent pas ce vagabondage des hommes d’affaires, je dirais simplement qu’il est dicté par  l’impératif de la survie dans ce monde particulier où tout peut basculer à tout moment.
Pensez  donc,  dans le secteur des BTP, une bonne partie des entrepreneurs sont obligés de se faire amis aux acteurs politiques dans les mairies pour gagner des marchés. Mais lorsque les municipalités changent de mains, lorsque de nouvelles équipes arrivent, comme c’est le cas actuellement, les entreprises sont menacées. Beaucoup d’entrepreneurs qui avaient déjà payé les fameux 10% sur les marchés des communes, sont aussi sollicités par les nouveaux exécutifs municipaux pour des marchés non encore payés. Aux prises avec ces lourdes commissions occultes à payer, il y en a qui refusent carrément de céder aux chantages de nos élus communaux. Et ils en subissent les contrecoups. « Je n’ai pas eu un seul marché sérieux depuis plus d’un an », m’a dit l’un d’eux il y a quelques jours. En dépit de cela, les charges fixes ne changent pas et doivent être honorées.
Dans ces conditions, avec les fluctuations des affaires, la diversification est carrément une question  de survie. Pour ne l’avoir pas compris assez tôt, pour n’avoir pas su que l’or sur lequel ils roulent aujourd’hui peut devenir du simple charbon demain, trop d’entrepreneurs se font prendre au piège de la vie facile. Ils s’endorment sur leurs lauriers, au lieu d’investir leurs bénéfices dans d’autres secteurs porteurs.
Il n’est que de voir les grandes firmes internationales pour comprendre que ce n’est pas seulement au Bénin que cette diversification est nécessaire. La firme japonaise Honda fabrique des voitures. C’est connu. Mais on sait que Honda produit des moteurs d’avions, des groupes électrogènes ou encore des motos et bien d’autres biens électroniques. Si cette firme presque séculaire, en arrive à ces options, c’est que la diversification n’est pas une faiblesse, mais un élément d’appoint pour optimiser les résultats de l’entreprise dans un contexte volatile ou instable. Il ne faut jamais mettre tous ses œufs dans un seul panier. Tous les entrepreneurs qui l’ont tenté l’ont amèrement regretté.
Mais la diversification comporte évidemment  des risques. La trop grande diversification provoque une dilution des expériences. «Qui trop embrasse, mal étreint », dit-on. Et cet adage est encore plus vrai dans le cadre des affaires. Tout manager qui se diversifie court le risque de négliger son cœur de métier. Ceci débouche parfois sur l’abandon total de ce cœur de métier. Je connais un ancien vulcanisateur   qui a fini par laisser son métier pour devenir transformateur de produits agricoles.
En clair, la diversification est une bonne stratégie pour maintenir l’équilibre d’une entreprise, dans un contexte de crise. Mais elle constitue une arme dangereuse qui peut faire périr vos affaires, si vous ne savez pas gérer plusieurs choses à la fois.

Par Olivier ALLOCHEME

Match Bénin/Burkina comptant pour les éliminatoires du Mondial Russie 2018: Victoire des Ecureuils, Ajavon les félicite

Ajavon sebastien2Féru de football et grand  investisseur  béninois dans le secteur sportif,  Sébastien Ajavon était au nombre des personnalités béninoises qui ont savouré la victoire des Ecureuils hier face à l’équipe nationale du Burkina Faso. Ses félicitations à l’endroit de Stéphane Sèssègnon et de ses coéquipiers étaient  bien vives. L’homme, comme à son habitude  a  également soutenu cette rencontre en offrant des tickets d’entrée  au Stade de l’Amitié de Kouhounou, à plusieurs centaines de Béninois.
Très probable candidat à la présidentielle 2016, Sébastien Ajavon fait déjà réjouir le monde sportif béninois qui n’en rêvait  pas mieux. Qu’il s’agisse des footballeurs, handballeurs, basketteurs, athlètes et autres pratiquants de diverses disciplines sportives,  tous ne cachent plus leur joie de voir un tel homme à la tête du pays. Selon les  témoignages et  déclarations enregistrés depuis, son nom est évoqué dans la bataille du février 2016.  Ses œuvres  dans le domaine sportif en disent d’ailleurs long. Entre autres, il y a   l’impressionnant et très moderne centre de formation du football qu’il a érigé sur un vaste domaine, à Djeffa, sur la route de Porto-Novo. Un lieu, alors objet de toutes les attractions,  tant au plan national qu’international. Plusieurs fois déjà  l’équipe nationale de football, comme celles d’autres pays de passage au Bénin, ont dû recourir à ce centre de qualité pour y abriter des joueurs en prélude à de grands matchs.   Sébastien Ajavon a également fait ses preuves à la tête de la Ligue professionnelle de football qu’il avait dirigée en offrant d’inoubliables avantages aux joueurs des différents clubs béninois qui la constituaient. Instigateur et principal bailleur de fonds de cette ligue. En effet,  l’homme n’hésitait pas à mettre la main à la poche pour assurer les salaires des joueurs, devenus subitement considérables.
Bref, Sébastien Ajavon est aujourd’hui le candidat qui donne la joie au cœur du monde sportif béninois. Ils sont  nombreux qui multiplient déjà des actions et des stratégies, de leurs propres initiatives pour faire prospérer cette candidature. D’aucuns estiment, à cet effet, que  c’est le seul espoir que nourrissent de nombreux acteurs du sport béninois pour redorer le blason de ce secteur en perpétuelle décrépitude.

Wandji A.

Suite du procès Dangnivo à la Cour d’appel de Cotonou: Déclarations confuses des témoins, Alofa regrette « d’avoir fait le jeu »

Claude Alofa netAprès des déclarations inquiétantes au premier jour du procès du présumé assassin de Pierre Urbain Dagnivo, CodjoCossiAlofa, quelques personnalités citées ont été écoutées les mercredi 11 et jeudi 2 novembre 2015. Il s’agit du commissaire de police à la retraite, Prince Alédji, et de l’ancien ministre de la justice, Grégoire Akoffodji. Au regard de leurs témoignages respectifs,CodjoCossiAlofa regrette avoir accepté de jouer le jeu.

« Je ne peux pas être puni car rien ne s’est produit comme on veut le faire croire. Toute cette affaire est du théâtre. On m’y a impliqué. Mais si j’avais su que les choses se passeraient ainsi, je n’aurais pas accepté. » Ce sont là les derniers propos du présumé assassin de Pierre Urbain Dangnivo, CodjoCossiAlofa lors de la troisième journée  du procès. En effet, mercredi, l’ancien ministre de la justice, Grégoire Akoffodjia été écouté en tant que témoin. Il a, au début de son intervention, laissé couler quelques larmes avant d’exposer les faits. Selon ses propos, l’affaire est arrivée en Conseil des ministres parce que les syndicalistes s’y accrochaient et qu’elle préoccupait l’opinion. « J’ai dit au Conseil que cela reste une affaire judiciaire. C’est ainsi qu’une commission d’enquête judiciaire a été mise en place », a-t-il indiqué. C’est en tenue de sport qu’il s’est rendu à la brigade de recherches, après avoir eu au téléphone le procureur général et le procureur de la République qui avaient cherché vainement à le joindre alors qu’il était au sport. « Je me suis porté vers la commission qui m’a informé que des individus sont passés aux aveux. C’est là, à la brigade, que j’ai aperçu le nommé Alofa, puis le lendemain sur les lieux de l’exhumation. Nous n’avons eu aucune conversation… Le rôle du Ministère de la Justice a été limité à mettre les moyens à la disposition de la commission d’enquête », a précisé l’ancien Garde des Sceaux. Grégoire Akoffodji explique ensuite que le Gouvernement a fait les diligences pour faciliter les analyses scientifiques. Son souci, dit-il, était de tout mettre en œuvre pour la manifestation de la vérité. Me Joseph Djogbénou, avocat conseil de CodjoAlofa, insinue que les experts étrangers sollicités sont arrivés au Bénin avant l’exhumation du corps de Womey, soit le dimanche 26 septembre 2010. Le ministre Akoffodji pique une sainte colère, récuse cette thèse et lui demande d’en fournir la preuve. Me Djogbénou lui souffle que l’ordonnance du juge d’instruction date du 5 octobre 2010, une séance ayant eu lieu à la présidence de la République ce jour-là et qu’en tout cas, les experts étrangers étaient déjà à Cotonou. Puis, l’avocat exhibe un document de l’expert allemand qui établit que le 30 septembre 2010, il était déjà sollicité par le gouvernement béninois. Le prétoire vibre. Quand s’éternisent les tiraillements entre avocats autour du témoin, la défense et la partie civile s’accrochant régulièrement avec son conseil, Me AyodéléAhounou, le président Félix Dossa leur rappelle qu’il y en a beaucoup d’autres. Les questions pleuvent sur Grégoire Akoffodji, pour savoir notamment pourquoi le Gouvernement s’était tant impliqué dans ce dossier au point de poser des actes qui auraient dû relever de l’instruction judiciaire. Parfois, ils sont jugés « tendancieux » par son conseil, mais le ministre, impassible, répond autant qu’il peut, laissant comprendre qu’à la vue du corps en état de putréfaction, il était déjà convaincu qu’il faudrait des expertises pour confirmer les appréhensions. Pourquoi avoir alors reçu la famille, lui avoir présenté des condoléances avant de l’inviter à se joindre à la formalité d’exhumation ? Grégoire Akoffodji répond que sur la base des informations reçues, il a pensé de bonne foi qu’on retrouverait sur les lieux, un corps reconnaissable. De même, d’après la relation des faits, puisque le coupable auto- proclamé disait avoir prélevé des organes sur le corps (le meurtre étant déjà quelque chose de lourd à porter), le ministre s’est laissé convaincre qu’il était certainement sincère. Son conseil fait observer à la cour que « le témoin est d’une cohérence inouïe ». Ce qui a l’art de déclencher une émeute de rires dans le prétoire. Les escarmouches entre avocats s’intensifient et Me Djogbénou, qui croit avoir vu un assesseur manifester son agacement ou sa colère, s’en étonne et désapprouve. Une confrontation entre Alofa et le ministre permet à ce dernier de préciser qu’il n’a jamais assisté à une conversation entre l’accusé et qui que ce soit, ni participé à un quelconque montage ou scénario tendant à faire porter la responsabilité du crime à cet « jeunehomme de 25 ans au moment des faits ». Il affirme avoir bien accompli son travail et que, pour lui, l’honneur a encore un sens. Alofa confirme que ce n’est pas le ministre qui lui a fait des promesses, mais les nommés Dègbo et Aladé Jean.

L’ancien commissaire de Godomey s’expose
Le commissaire de Godomey, CodjoHadonou, qui y a pris service en novembre 2014, se porte à la barre avec la main courante sollicitée par la défense la veille ainsi qu’avec le registre d’écrou. La lecture de ces documents révèle qu’il y a bien eu un compte rendu au commissaire en date du 23 août relativement au vol de moto commis par Alofa. Le ministère public fait constater que le juge a bien visé dans le dispositif de l’arrêt de renvoi, la date du 23 août comme étant celle de commission du vol. Chose confortée par les déclarations de l’accusé Alofa, lui-même, sur interpellation-réponse. Il déclarait que c’est le 23 août que Polo est allé le voir pour l’opération. Cela ressort plutôt des déclarations sinon qu’on le lui a fait dire, rectifie Me Magloire Yansunnu, rappelant que l’intéressé est un illettré. Me Djogbénou souligne que du point de vue matériel, l’acte dressé en forme de procès-verbal n’est pas comparable au registre soumis à la cour et que ce procès-verbal porte bien la date du 16 août. Ce dont, pour s’assurer, Me Zinflou, demande au commissaire si le procès-verbal mentionne bien, à l’entame, la date à laquelle il s’établit. Réponse affirmative. Autant que lorsqu’il demande à l’officier si le procès-verbal se fait bien sur la base de la main courante. Et au commissaire d’enseigner que « la procédure fait toujours référence à la main courante ». Le ministère public veut intervenir, la défense intervient pour l’en empêcher. Les échanges sont vifs. Le public savoure. Gilles Sodonon, en sa qualité de « directeur de la police judiciaire » intervient alors pour préciser que techniquement, la main courante n’est pas la procédure. Ce dont se saisit Me Djogbénou qui lit la main courante du 23 août pour en déduire que ce n’est pas une plainte qui y est retracée, mais qu’il s’agit d’un compte rendu au commissaire, d’une opération menée « suite à un appel prétendu ». Cependant le procès-verbal de l’officier de police judiciaire qui fait foi jusqu’à inscription en faux, établit bien qu’à la date du 16 août, Alofa était aux mains de la police. Me Zinflou renchérit que le procès-verbal produit à la suite de diligences judiciaires l’emporte. Me Djogbénou fait remarquer que dans le registre d’écrou produit par le commissaire, il est mentionné que le sieur Alofa a été écroué le 22 septembre pour des faits supposés avoir été commis le 23 août ! Le commissaire évoque « une erreur » possible et précise que la chronologie des heures atteste que c’est le 23 que le nommé Alofa a été écroué. Il sera prié de produire la copie du procès-verbal disponible au commissariat. Ce à quoi, il s’engage…

Affabulations, mensonges…
C’est alors que la barre accueille le contrôleur général de police à la retraite, actuellement fonctionnaire aux Nations Unies, Mohamed Mouftaou D. Prince Alédji. Me Yansunnu va lui poser des questions. Joseph Djogbénou lui fait remarquer qu’il doit regarder la cour. Une remarque qui ne plaît pas au témoin qui lui lance : « Je n’ai pas d’ordre à recevoir de vous. Un peu de politesse ». Cet incident, selon l’avocat révèle que « ça commence » et il lui fait observer : « Vous n’êtes pas dans votre commissariat ici ». Suspension. Reprise une heure plus tard. Le contrôleur général de police situe que c’est en sa qualité de chef service central de la Police judiciaire de Cotonou au moment des faits qu’il a été membre de la commission d’enquête et a eu à faire aux accusés. Sur demande de son avocat, Elie Vlavonou, le greffier est invité par le président à lui donner lecture de ce qui a été dit de lui la veille. Mais c’est Donatien Amoussou qui va raconter comment, selon lui, l’officier de police a demandé à Alofa de le montrer comme son associé. C’était à la brigade de recherches après une première rencontre à la présidence de la République, dans le bureau du colonel Koumasségbo. Et en présence d’autres personnes, jure-t-il, avant d’inviter le sieur Prince Alédji à « avoir le courage de dire la vérité à la cour ». A ce moment, entre dans le prétoire son ami Priso (de son vrai nom EvounaPrisoAtangana). Invité à réagir aux propos formulés contre sa personne, Prince Alédji se présente comme « un enquêteur professionnel », une « victime du devoir » qui a eu « un parcours exemplaire et qui a dû recourir à la justice pour une reconstitution de sa carrière ». Ceci pour dire qu’aller à la présidence de la République ne lui ressemble pas. En tout cas, il dit n’avoir pas le souvenir d’avoir mis pied en ces lieux dans le cadre de ce dossier. « Pour y recevoir des instructions », précise-t-il ensuite. Il a pu arriver, pour les besoins de l’enquête, admet-il, que l’on ait procédé par comparaison pour s’assurer de l’identité de Donatien. Qui, poursuit-il, est « un homme de réseau, un militaire radié, spécialité de vol à main armée, un repris de justice… » L’officier de police raconte ensuite que d’après ses informations, c’est bien un coup que Donatien et Alofa ont bien préparé, que les recoupements attestent qu’ils étaient bien en connivence, dans le but de déposséder Dangnivo (qui serait un client d’Alofa) de sa voiture. Soit, au total, pour celui qui revendique « 30 années de police, 30 années de police judiciaire » que son travail a été propre. Donatien réagit vivement, soutient n’avoir jamais fait de la prison avant ce dossier Dangnivo, « pas un seul jour », dément-il.   « Si vous consultez les registres et que vous découvrez que j’ai fait un seul jour de prison, considérez alors que tout ce qu’il dit à mon sujet est vrai ».

Suggestions
Prince Alédji suggère qu’on demande à Donatien Amoussoude décliner son parcours dans l’armée. Ce qu’il fait. Il raconte qu’il a dû partir de lui-même, après avoir dénoncé des gens qui voulaient voler des armes, après avoir vu sa solde coupée et avoir subi des pressions diverses. Il assure qu’à Parakou, il montait la garde avec plusieurs armes et de nombreuses munitions, sans pourtant avoir jamais été mis en cause. Mohamed Mouftaou D. Prince Alédji en déduit malicieusement que « pour un soldat, ce qu’il vient de dire renseigne assez sur qui il est ». Le public désapprouve. Invité à son tour par Me Magloire Yansunnu à expliquer comment s’est passée la séance de reconnaissance de DonatienAmoussou, l’officier affirme que « le temps a fait son œuvre et des montages ont été faits » mais qu’il n’a jamais été question d’aligner des personnes pour demander à Alofa d’identifier Donatien Amoussouparmi elles. Pourtant Alofa maintient sa version de la veille. Et raconte que le commissaire Prince Alédji, arrivé sur les lieux le lendemain, l’aurait menacé de le lester pour le larguer en mer parce qu’ayant appris qu’il était imperméable aux balles… avant de lui dire plus tard qu’il lui présenterait le nommé Donatien Amoussouqu’il devrait affirmer connaître. Me Barnabé Gbago relève qu’il a omis certains aspects de son récit de la veille. Alofa valide et précise que ce qu’il venait de raconter concerne Prince Alédji et que tous les faits ne se rapportent pas à tous les protagonistes. L’officier, impassible, réitère avoir conduit son opération avec art. Que c’est Alofa qui a raconté avoir pris de l’argent à Dangnivo pour lui concocter un savon. Que c’est encore lui qui, durant les enquêtes, leur aurait montré la maison d’une épouse de Dangnivo. Qu’il aurait raconté que le plan initial était d’arracher la voiture de la victime, mais qu’au jour indiqué, ce dernier se serait présenté avec une moto. D’où ils auraient réaménagé leur plan en trouvant le moyen de le faire revenir le lendemain. Le témoin considère comme affabulations, comme du « précuit » les thèses des accusés tendant à l’incriminer, et assure être venu pour éclairer la lanterne de la cour après avoir appris que son nom avait été cité. Pour Me Joseph FifaminDjogbénou, il  y a tellement d’erreurs dans les documents officiels rédigés par des agents de la police judiciaire qu’on ne sait quoi comprendre. Il se pose alors la question de savoir si CossiCodjoAlofa était vraiment libre de ses mouvements au moment de la disparition de Pierre Urbain Dangnivo.

Yannick SOMALON