Category: Editorial

Compétitions Caf: Périlleux déplacements pour les Ecureuils seniors et cadets ce week-end

Les Écureuils séniors et cadets affrontent respectivement le Malawi et le Mali pour le compte des matches retour du 3ème tour des préliminaires de la Can maroc 2015 (Senior) et des éliminatoires du championnat d’Afrique des nations (cadets),  ce samedi. Vainqueurs à l’aller par un score étriqué (1-0), ces deux groupes sont obligés de tenir bon pour réussir leur passage au tour suivant. Les délégations béninoises quittent déjà Cotonou. Pour ce qui est de l’équipe senior, c’est dans la nuit de ce mercredi que la première vague composée des joueurs locaux et ceux évoluant sur le continent a pris le départ en direction de  Lilongwe, la capitale malawite. La deuxième vague composée des joueurs évoluant en Europe va la rejoindre directement du côté du Malawi, a-t-on appris. Ce match sera officié par un quatuor zambien composé de Janny Sikazwe (arbitre), Bruno Tembo (1er assistant),  Francis Shishekanu (2e assistant) et Stanley Hachiwa (arbitre de table).
Du côté des cadets, le match initialement prévu pour dimanche est ramené à samedi, à Bamako. Il sera officié par les arbitres nigériens Gomno Daouda (arbitre central), Yahaya Mahamadou (1er arbitre assistant),  Maman Raja Abba Malan Ousseini (2e arbitre assistant) et Lalidia Namouano Souleymane (arbitre de table). Le commissaire au match de cette confrontation est  le marocain Mohamed Guezzaz. Il faut préciser que les Ecureuils cadets ont quitté Cotonou dans la nuit d’hier à aujourd’hui avec un effectif de 18 joueurs.

Anselme HOUENOUKPO 

Tournée internationale du Ballet national: Les danses béninoises font sensation sur des festivals en Europe

Les danses  «Houngan»,  «Têkê»,  ‘’Akonhoun»,  «Tipenti»,  «Guèlèdè»,  «glovodoun» et consorts prennent d’assaut les villes européennes. Elles le sont surtout parce que les responsables en charge de la gestion de la culture béninoise à l’instar du ministre de la culture, Jean-Michel Abimbola en ont voulu ainsi. Pour une première fois, le ministre de la culture a autorisé la participation du  Ballet national aux divers festivals auxquels il a été invité cet été avec une forte délégation  de 23 artistes dans le but d’exposer aux Occidentaux, les différentes variétés de danses dont regorge le patrimoine culturel immatériel du Bénin. A la tête de cette délégation, le Directeur de l’Ensemble artistique national, Marcel Zounon. A ses côtés, deux professeurs de danses qui font, selon les témoignages reçus des festivaliers, des merveilles. Il s’agit de Aladé Coffi Adolphe et de Richard Adossou reconnus tant au plan national qu’international comme des talents confirmés de la danse traditionnelle et contemporaine. « Leur qualité artistique est reconnue par les publics toujours enflammés par la pratique et la transmission des rythmes et danses énergiques du Bénin tels que le Houngan, Têkê, Akonhoun, Tipenti, Guèlèdè, glovodoun et autres qui fondent les différents spectacles créés pour la circonstance », a témoigné le Directeur de l’Ensemble artistique national, Marcel Zounon. Embarqués dans ce périple de valorisation du patrimoine  culturel immatériel du Bénin à l’échelle internationale depuis début juillet dernier, Marcel Zounon et sa délégation artistique ont déjà parcouru avec succès, selon les témoignages du journaliste Happy Goudou présent à leurs côtés, les Pays-Bas, l’Espagne avec à la clé, une participation active aux festivals de Jaen, Murcia et  Badajoz. Et au plan international, cette tournée a pu être rendue effective grâce à la notoriété de  l’Association Nationale Cultures & Traditions (ANCT). Une structure française partenaire officielle de l’UNESCO  qui œuvre  surtout pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel des cinq continents qui constituent le monde. Dans cette aventure de promotion des richesses artistiques  et culturelles, le Bénin n’est pas seul. Sur le  festival de Badajoz,  par exemple, il  est présent avec d’autres pays comme le Costa Rica, l’Ukraine, l’Egypte, le Portugal, l’Espagne, l’Azerbaïdjan et l’Italie. Mais les prestations du Ballet national font sensation. A titre illustratif, le chef de la délégation du Costa Rica, sidéré par les différents spectacles offerts au public par les artistes béninois, a dû confier dans une interview que « le Bénin constitue le meilleur groupe du festival de Badajoz ». Il s’est d’ailleurs proposé d’inviter le Ballet national du Bénin l’année prochaine en Amérique centrale pour une tournée dont l’itinéraire partira de Costa Rica pour le Nicaragua en passant par Panama.

Donatien GBAGUIDI

Rencontre des PMA à Cotonou: Le succès de l’agriculture néozélandaise séduit les conférenciers

C’est en sa qualité de représentant spécial du premier ministre néo-zélandais que l’ambassadrice des Nations Unies à Genève, Elis Amanda, a donné un point de presse, ce mercredi 30 juillet au Palais des congrès de Cotonou. A l’issue de cette rencontre riche en échanges avec les journalistes, l’invitée s’est prononcée sur l’importance de l’agriculture dans le développement de l’Afrique.

En prenant comme exemple la Nouvelle-Zélande qui a pu quitter le statut de PMA grâce à l’agriculture, Elis Amanda a expliqué à l’assistance, le mécanisme du développement de ce pays de 4 millions d’habitants. Pour elle, cet essor est dû à l’importance accordée à l’agriculture par la population. « 72% des exportations sont agricoles et 90 voire 95% de ces produits sont exportés », a-t-elle expliqué. Cette réalité est bénéfique, non seulement pour ses agriculteurs mais aussi pour la Nouvelle-Zélande. A cette réalité, l’intervention de la science à travers le développement de l’agro-business et de l’agro-industrie, a aussi eu un impact positif sur son économie. A titre d’exemple, un fermier néozélandais qui produit du lait, est à 937 mille dollars par an. Dans le souci d’aider les pays moins avancés à accéder au développement grâce à l’agriculture, la représentante du ministre affiche une certaine conviction dans cette œuvre par un renforcement des capacités agricoles. « Le continent africain dispose de 60% de terres arables et c’est un potentiel pour l’Afrique. Ce qu’il faut, c’est la recherche, l’appui aux associations gouvernementales et l’accès aux marchés », a-t-elle ajouté. Grâce à la conférence ministérielle sur les nouveaux partenariats pour le renforcement des capacités productives, la Nouvelle Zélande a noué un partenariat avec le Bénin, qui a pour ambition le développement du secteur agricole. Ceci, à travers le partage des connaissances agricoles, l’échange avec les experts agricoles nationaux et la facilité de l’accès des produits agricoles du Bénin aux marchés extérieurs. Dans ce cadre, le professeur Stephen Goldson de Lincoln University en Nouvelle Zélande, a annoncé une approche de soutiens aux projets des jeunes étudiants qui ont pour ambition d’embrasser la filière agricole et d’être des pionniers de son développement en Afrique.

Rastel DAN

1er août 2014: Cotonou prête à offrir une belle fête à ses populations

Encore quelques heures et Cotonou vibrera aux sons des festivités marquant le 54ème anniversaire de l’accession du Bénin à la souveraineté internationale. Du côté de la municipalité de Cotonou, les fruits ont tenu la promesse des fleurs et la ville s’est déjà parée de ses plus belles couleurs, pour accueillir cette fête.
Cotonou est fin prête pour accueillir les festivités du 54ème anniversaire de l’accession du Bénin à la souveraineté internationale.  Sur les principales artères et places publiques de la ville, les couleurs nationales sont au rendez-vous. C’est le constat fait sur le terrain à quelques heures de cet événement d’envergure nationale. Comme annoncé par les responsables de la ville, les petits plats ont été mis dans les grands pour que tout se déroule à merveille. Les équipes de désensablement des principales artères, avenues et rues de la ville ont travaillé de jour comme de nuit. Les entreprises de collecte des ordures n’ont presque pas dormi. Les éléments de la police municipale soutenus par la police nationale ont veillé au grain pour décourager les occupants illégaux des terre-pleins centraux et des places publiques. Du côté des responsables de la Direction des services techniques de la ville, point de sommeil depuis le démarrage des travaux d’assainissement. La place de l’Etoile rouge et le boulevard des armées qui sont retenus pour accueillir les défilés militaires et civiles brillent aux couleurs nationales. Un résultat plus que satisfaisant, à mettre à l’actif de la collaboration entre la mairie de Cotonou et le Ministère de l’urbanisme, de l’habitat et de l’assainissement, notamment, par le biais du Projet d’appui aux communes (Pac).

Wandji A.

Financement de l’Industrie cinématographique du Bénin par le PDG de l’Isma: Zannou entame la résurrection du 7ème art

Le président-fondateur de l’Institut supérieur des métiers de  l’audiovisuel (ISMA), le colonel Marcellin Zannou a encore renouvelé son engagement pour la résurrection du 7ème art béninois. La preuve, il vient de lancer la Fondation pour le soutien à l’industrie cinématographique et audiovisuelle (FOSICA). C’était dans la soirée du samedi dernier dans la salle bleue du Palais des Congrès de Cotonou. A cette occasion, il a réitéré son ambition de mettre le cinéma béninois sur orbite. Car, il se dit convaincu d’une chose. Grâce au développement de l’industrie cinématographique et audiovisuelle, le Bénin peut bel et bien booster son économie à l’instar du Nigeria qui est devenu la première puissance économique de l’Afrique à cause de l’envol du secteur de la cinématographie à travers le Nollywood. Et pour y arriver, selon les explications du fondateur de l’ISMA, il faut bien des productions de bonne facture, capables de concurrencer celles des grands pays comme les Etats-Unis et le Nigeria. Et c’est justement pour cela que la FOSICA est née, selon ses propos. Une Fondation qui peut déjà s’assurer du soutien aussi bien de certaines structures comme Lydia Ludic, la Société des plaques et accessoires (SPA) que du gouvernement représenté à cette cérémonie par le ministre de la Communication, Komi Koutché et le représentant du ministre d’Etat chargé de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, le secrétaire général/MESRS. Tous ont promis œuvrer pour que l’Etat accompagne cette Fondation afin que ses ambitions soient réalisées.
Que retenir de la FOSICA ?
A cette interrogation, c’est le trésorier général adjoint, porte-parole  du Bureau exécutif de la FOSICA, Houmine WOLOGAN qui va y répondre. Selon ses explications, tout étudiant diplômé de l’ISMA ou journaliste ayant été formé au sein de cet  institut peut bénéficier des financements de la FOSICA. Mieux, tout réalisateur, même n’ayant pas été formé à l’ISMA peut soumettre ses projets de production cinématographique à la FOSICA. Mais là, il y a lieu de tenir  compte d’une condition fondamentale. Selon les précisions apportées par Houmine WOLOGAN, le bénéficiaire extérieur devra impliquer dans la réalisation de son projet, des étudiants de l’ISMA. Deux différents comités sont mis en place pour étudier et sélectionner les dossiers à financer. Le premier comité, selon le porte-parole du bureau exécutif de la FOSICA, c’est celui chargé d’examiner les projets de production audiovisuelle. Quant au second comité, il sera chargé d’étudier et de sélectionner les projets de production cinématographique. Pour une production de 52 minutes ou plus, par exemple, le financement est plafonné à 10.000.000FCFA. Pour les documentaires  de cinq (5) épisodes d’une durée de 26 minutes, le financement est plafonné à 25.000.000FCFA. Des explications qui ont particulièrement enchanté la Fédération nationale des associations du cinéma et de l’audiovisuel du Bénin (FENACAB), qui, par son président, Dimitri Fadonougbo a promis au promoteur de la Fondation, toute sa disponibilité afin qu’il ne regrette pas son initiative à l’heure du bilan. Le  bureau exécutif de la FOSICA est présidé par Samson Adjaho, un réalisateur formé à l’ISMA. Il faut rappeler que des institutions internationales comme l’Union Européenne ont d’ores et déjà manifesté leur adhésion à ce projet. « En ce moment, l’ISMA a obtenu de l’Union Européenne, dans le cadre du 10ème  Fonds Européen pour le Développement, le financement de quatre films par an et ceci jusqu’en 2016. Les quatre films de cette année sont déjà tournés et sont en voie de finalisation. Leur sortie est prévue pour Septembre prochain », a indiqué le promoteur de la FOSICA. Mais son ambition en instituant cette structure, c’est d’atteindre à côté du Nollywood, une vingtaine de films par an.

Donatien GBAGUIDI

Lutte contre le manque d’emplois: Le Bénin débloque 60 milliards pour combattre le chômage des jeunes

Le chef de l’Etat, Boni Yayi et son gouvernement ont fait de la lutte contre le chômage des jeunes, une priorité absolue. Un calendrier a été élaboré dans ce sens et est destiné à  la mise en place d’un programme national contre le chômage des jeunes, doté de plusieurs milliards de F Cfa pour 2014-2016, une initiative qui doit toucher environ 100.000 jeunes. La lutte passe par l’usage d’une panoplie de mesures concrètes.  Du 1er août 2013 au 1er août 2014, on peut en déduire que le président Boni  Yayi a tenu le bon bout dans ce domaine. Et pour cause.
Le Gouvernement concentre ses efforts sur des interventions dont l’efficacité est déjà démontrée sur le terrain. Au cœur des actions qu’il cherche à mettre en place, il y a le principe d’une garantie d’activation pour la jeunesse. Il s’agit de faire en sorte qu’aucun jeune chômeur béninois ne reste plusieurs mois à la maison sans proposition d’emploi ou de formation. En effet, la question de la promotion de l’emploi des jeunes reste une préoccupation majeure pour le Gouvernement béninois. Selon l’Institut national de la statistique et de l’analyse économique (INSAE), le chômage a connu une évolution ascendante depuis 2007 passant ainsi de 0,7% à 2,6% en 2011. Il frappe beaucoup plus les jeunes, les femmes que les hommes et, constitue une réalité aussi bien urbaine que rurale. Il est inégalement réparti sur le territoire national. Au regard de l’importance du rôle que doivent jouer les jeunes et les femmes dans l’appareil productif de notre pays, le Gouvernement a inscrit pour compter de la gestion 2014, la question de la promotion de l’emploi des jeunes au cœur des préoccupations nationales. Les stratégies développées pour renforcer la promotion de l’emploi des jeunes, inspirées des expériences réussies en matière d’emploi dans certains pays africains et européens, visent à  faciliter l’accès à l’emploi par l’accroissement de l’offre et de l’employabilité; améliorer le fonctionnement du marché de l’emploi; renforcer les capacités humaines et institutionnelles pour la promotion de l’emploi et réguler la migration professionnelle. L’atteinte de ces objectifs se fera à travers la mise en œuvre de certaines mesures directes et indirectes dont les plus importantes concernent le renforcement du Programme d’Appui à l’Emploi Salarié (PAES) créé en 2007 pour favoriser la pré-insertion et l’insertion des jeunes et des femmes dans l’Administration publique, les entreprises et structures privées; la formation d’entrepreneurs par l’intermédiaire du Programme d’Appui à l’Emploi Indépendant (PAEI) qui permet d’améliorer la qualité de la formation dans le but de lutter contre le chômage et le sous-emploi des jeunes et des femmes âgés de 18 à 50 ans, l’apprentissage et les programmes de formation professionnelle à travers le Renforcement de capacités des demandeurs d’emplois (RCDE). Sans oublier l’accompagnement des conducteurs de taxi-motos et des vendeurs informels d’essence dans la reconversion dans leur métier originel ou vers d’autres activités; le renforcement de l’octroi de bourses de recyclage aux artisans et la facilitation de leur installation; le renforcement de la mise en œuvre de l’approche Haute Intensité de Main-d’œuvre puis la promotion du volontariat pour le développement du Bénin.  La mise en œuvre des mesures ci-dessus citées devrait permettre de créer des milliers d’emplois directs et indirects sur la période 2014-2016. Au total, plus de 58 milliards de F Cfa sont inscrits au budget 2014 pour redonner espoir aux jeunes.

80.000 emplois à créer d’ici 2016

Pour aller plus vite et de façon plus efficace, une initiative présidentielle a été prise. L’Etat met en œuvre 33 mesures qui vont générer, à coup sûr, des emplois. Les différents projets qui seront mis en œuvre dans tous les Ministères permettront de créer 41.000 emplois directs et indirects d’ici fin 2014. En 2015,  80.000 emplois directs et indirects sont envisagés. En 2016, 85.000 emplois seront créés grâce aux mesures préconisées et adoptées par le Conseil des ministres. Le chef de l’Etat est très préoccupé par le sort des jeunes. Il a compris qu’investir dans la jeunesse, c’est garantir un avenir radieux à la nation. Lesdites mesures prises constituent donc une mine d’or qui rassure la jeunesse. Il s’agit d’initiatives de soutien à l’emploi. Un comité interministériel est mis en place pour surveiller de près leur mise en œuvre efficiente. Il est dirigé par le ministre d’Etat, François Abiola. «Nous voulons aller aux actions concrètes. La balle est dans le camp de la jeunesse qui doit mettre fin à l’oisiveté. Il ne doit plus y avoir de jeunes qui se lèvent le matin pour se tenir la joue. La culture de l’entrepreneuriat est capitale», a martelé le chef de l’Etat lors de sa rencontre avec les jeunes en date du mercredi 28 mai 2014. Pour gagner ce pari, tous les partenaires techniques et financiers et même des structures nationales sont mobilisés. Le Programme des nations Unies pour le développement (PNUD) joue un grand rôle dans l’atteinte de cet objectif à travers, notamment, son soutien à la création des Business Promotion center et des Centres Songhaï pour accompagner les jeunes vers l’emploi.  Le Fonds national de promotion de l’emploi et de l’entrepreneuriat des jeunes (FNPEEJ) joue aussi un rôle de leadership dans la mise en œuvre efficiente de la politique gouvernementale de lutte contre le chômage des jeunes. Bref, en matière de lutte contre le chômage, le président Boni Yayi  semble tenir  vraiment le bon bout en redonnant espoir aux jeunes.

Wandji A.

Polémique autour de la suppression du droit de grève aux magistrats: La proposition de loi enflamme le Parlement

Les débats étaient très houleux hier mardi 29 juillet à l’Assemblée nationale au sujet de la proposition de loi visant à supprimer le droit de grève aux magistrats. En effet, après l’ouverture officielle de la session extraordinaire, les députés ont abordé directement le premier point de l’ordre du jour de ladite session qui n’est rien d’autre que l’examen du rapport de la commission des lois sur la fameuse proposition de loi modificative de l’article 18 de la loi portant statut de la magistrature en République du Bénin. C’était sous la direction du président de l’Assemblée nationale, Mathurin Coffi Nago en présence des ministres Valentin Djènontin de la justice et Komi Koutché en charge de la communication. Le premier point d’achoppement a été la structure du rapport de la commission des lois présenté par le rapporteur Grégoire Akoffodji. Certains députés membres de cette commission, notamment, Antoine Kolawolé Idji, Eric Louis Houndété et Nicaise Fagnon ne se sont pas retrouvés dans ledit rapport et l’ont qualifié même de rapport tronqué. C’est ce pourquoi le député Kolawolé Idji a demandé une suspension afin de permettre aux membres de la commission des lois de se retrouver pour pouvoir harmoniser leurs points de vue. La plénière consultée a rejeté cette demande de suspension par 45 voix contre 25. Le débat général s’est donc poursuivi et a permis aux différentes tendances politiques représentées à l’Assemblée nationale de se prononcer sur le dossier. Un débat très houleux s’est alors installé au sein de l’hémicycle avec des propos parfois violents de part et d’autre, selon que l’on soit pour ou contre la proposition de loi. C’est dans ce conteste que la présidente de la commission des lois, Hélène Aholou Kèkè a suggéré que le rapport soit retiré conformément aux dispositions de l’article 75 alinéa 1er du règlement intérieur afin de permettre aux membres de la commission de se concerter et de procéder à l’amélioration de leur travail. Cette proposition de la présidente Aholou Kèkè a encore suscité un autre débat encore plus violent et houleux que le débat général. La présidente a même été accusée d’être partisane dans le traitement de ce dossier en intimant l’ordre à ses collaborateurs et assistants de ne pas travailler avec les autres membres pendant son absence. Prenant en compte les interventions des uns et des autres, le président de séance a suggéré une suspension de 30 minutes pour permettre à la commission des lois de se réunir rapidement afin de finaliser son rapport.

Hugues E. PATINVOH

Cafouillages dans le concours de recrutement des ACE: Les clarifications du chef service des tests et concours directs

Dans une déclaration accordée à la presse au lendemain de l’organisation catastrophique du concours de recrutement des agents contractuels de l’Etat (Ace), le chef service des tests et concours directs à la Direction du recrutement des agents de l’Etat, Bertrand Dandjlessa explique que les dysfonctionnements remarqués ont été causés par les réformes engagées pour assurer la transparence des opérations et éviter les fraudes et fuites d’épreuves. Parlant du lycée Coulibaly où les cafouillages ont été criards,  Bertrand Dandjlessa a confirmé qu’il y a bel et bien eu composition le samedi et que des statistiques claires le démontrent.

Lire sa déclaration

«Dans le cadre de la promotion de l’emploi des jeunes, le Gouvernement du Dr Thomas Boni Yayi a décidé de recruter 4234 agents contractuels de l’Etat au profit de 4 ministères : santé et les trois ordres de l’enseignement. C’est dans ce cadre que le week-end passé, a eu lieu le concours de recrutement au profit de la fonction publique. Nous avons assisté surtout dans l’Atlantique-Littoral et l’Ouémé-Plateau à quelques dysfonctionnements qui s’expliquent par un certain nombre de dispositifs que nous avons mis en place pour garantir la transparence totale que le Gouvernement nous a recommandé. Parce qu’il était question de faire les choses de façon transparente afin que les Béninois soient rassurés du processus. Si on travail réellement, on peut bénéficier des places disponibles.

Tous ceux qui ont suivi le processus depuis le début constatent que toutes les balises ont été mises en place pour que les choses se passent correctement. Ce sont des réformes qui ont été introduites dans l’organisation des concours au Bénin. Vous savez, lorsqu’on introduit de nouvelles réformes, il est souvent difficile de ramener à l’ordre tout le monde. Le gouvernement souhaite que seuls les méritants réussissent. Ce sont les professeurs titulaires certifiés qui ont été associés dans la rédaction des épreuves. Et dès qu’on appelle leurs noms, tout le monde est rassuré. Nous avons eu des épreuves sans corrigés-types et ils seront appelés après les compositions. C’est un processus de transparence totale.  Je rectifie que dans tous les départements, tout le monde a composé. Lorsque je prends les départements du Nord, Atacora-Donga, Borgou-Alibori, il n’y a eu aucun incident. Zou-Collines, aucun problème. Mono-Couffo, aucun problème. Mais ce qui s’est passé c’est quoi ? Pour éviter un certain nombre de situations, nous n’avons pas, comme à l’accoutumée, convoyé les épreuves dans les départements trois jours plus tôt dans un souci de transparence totale. Je dois avouer que c’est le vendredi soir que les épreuves de l’Atacora-Donga et du Borgou-Alibori ont été convoyées. Avant 6 heures, les deux centres avaient déjà les cantines. Même chose dans le Zou-Collines et le Mono-Couffo. Il faisait déjà jour avant qu’on envoie les épreuves de Cotonou et de Porto-Novo pour éviter un certain nombre de choses, notamment, la fraude. Ce sont des dysfonctionnements nés des réformes engagées pour assurer la transparence des opérations. A Cotonou, les candidats de Gbégamey ont composé sans problème. Ce que les gens n’ont pas compris, c’est qu’il y a une programmation avant les compositions. Les candidats de la catégorie A et B doivent composer le matin et ceux de la catégorie C et D le soir. Les candidats sont informés. Lorsque je prends Cotonou et Porto-Novo, le retard que nous avons connu avant que les épreuves ne soient lancées peut s’expliquer. Au lycée, les gens ont commencé par composer à partir de 11 heures. Ce retard a fait que, pour ceux qui doivent composer le soir, il n’y a plus eu le créneau nécessaire pour qu’ils puissent composer. Le ministre a alors décidé que ceux qui doivent composer le soir puissent composer le lendemain. En réalité, le concours devrait se tenir en un seul jour et non en deux jours. Les candidats des catégories C et D ont été reportés pour le lendemain à cause de cette situation de retard. Cela a fait que dans les départements où il n’y a pas eu ces retards là où les gens ont déjà composé dans certaines épreuves, ceux qui sont à Cotonou qui doivent composer le lendemain dans les mêmes épreuves, nous avons pris des dispositions idoines pour que ça ne soit pas les mêmes épreuves. Les professeurs ont proposé plusieurs épreuves dans la même matière. Donc, nous avons changé les épreuves de Cotonou et de Porto-Novo dans certaines matières afin que les épreuves ne se retrouvent pas dans les mains des candidats pour la composition. Nous avons changé les épreuves. A la fin, on a constaté que des gens brandissent des épreuves pour dire voici ce qui a été donné dans l’Atacora et pourquoi ça été changé pour les candidats de Cotonou. On ne pouvait pas donner les mêmes textes. C’est un recrutement sur poste. Ceux qui vont composer à Abomey, leur correction se fera à Abomey et la délibération se fera là-bas de sorte que ce qui se fera là-bas n’a pas d’influence sur ce qui se passe à Cotonou. Celui qui a par exemple 12 points à Abomey peut réussir dans une matière alors que celui qui 18 à Cotonou peut échouer dans la même matière. Ce n’est pas le même nombre de poste que nous voulons. Dans un corps donné, on peut vouloir 5 personnes dans le Mono alors que dans le Borgou ce n’est pas le même nombre. C’est un recrutement sur poste. C’est là où les gens ont composé qu’ils doivent travailler durant la période de leur contrat. Ce qui se passe dans un département ne peut pas influencer ce qui se passe ailleurs.
Les gens lancent des rumeurs. Au lycée Coulibaly, il y a bel et bien eu composition le samedi et nous avons des statistiques claires. Les gens ont composé. Nous avons eu 179 corps au total qui peuvent composer au lycée le samedi. Il y a 33 corps qui n’ont pas composé parce que les gens doivent composer le matin et le soir. Les catégories A et B doivent composer le matin et celles de C et D le soir. Et donc ceux qui n’ont pas pu composer dans la soirée ont été invités à composer le lendemain, le dimanche. 33 corps différents n’ont pas pu composer parmi les 179 corps. Le dimanche, tous ces corps ont composé. Tout le monde a composé. Lorsqu’on fait une composition, les candidats ont rempli les feuilles d’émargement qu’ils signent pour montrer qu’ils sont venus composer. Les copies sont dans les cantines cadenassées et scellées. Et tous les superviseurs ont rempli les procès verbaux signés qui servent de preuve. Ceux qui disent autre chose, c’est ceux qui ne savent pas ce qui s’est réellement passé dans ce centre-là. Tout ce que nous avons comme problème a eu comme source la volonté manifeste de la transparence totale. Nous avons essayé de mettre tout en œuvre pour que la transparence soit totale et les candidats doivent être rassurés. Aujourd’hui, l’essentiel c’est que tous ceux qui ont composé et qui sont méritants réussissent. Il n’y a rien à faire. Juste après ce concours, les résultats, c’est courant août. Seuls les méritants réussiront. »

 

Entretien avec le frère Merchior Albert Tévoèdjrè au sujet du projet du dialogue interreligieux: «Je voudrais laisser aux Béninois la chance d’avoir une vocation»

Le Professeur Albert est ivre de joie depuis que le conseil des ministres en date du 23 juillet a pris la décision d’engager le Bénin dans le projet « Initiative africaine pour le développement et la paix par le dialogue islamo-chrétien et interreligieux ». Il livre dans cet entretien ses impressions et se dit déterminé à s’impliquer dans ce nouveau et dernier combat dont les fruits constituent une véritable source de paix pour tout le continent africain.

Le conseil des ministres du 23 juillet 2014 engage le Bénin à vos côtés pour le projet « Initiative africaine pour le développement et la paix par le dialogue islamo-chrétien et interreligieux ». Quel sentiment vous procure cet engagement du gouvernement béninois ?

Albert Tévoèdjrè : Un grand soulagement parce que, porter seul une telle initiative, c’est de la prétention. Etre inspiré pour une telle œuvre, pour un tel engagement, c’est normal. Mais le porter seul, n’est pas possible. Et il faut absolument que ceux qui ont droit au chapitre de la communication mondiale, c’est-à-dire les gouvernements, soient impliqués. J’ai tenté de voir si les gouvernements qui sont directement au front, dans cette affaire, prendraient les devants dans cette initiative. Que ce soit le Mali, que ce soit la Centrafrique ou le Burkina Faso, que ce soit d’autres gouvernements. Mais cela traîne parce qu’ils ont d’autres soucis. Et l’Archevêque de Bamako m’a dit, comme dans un discours prémonitoire, que « vous êtes au Bénin ; vous êtes au carrefour d’un certain nombre de situations qui concernent le Nigeria et autres. Prenez l’initiative au Bénin ». Je me suis donc adressé au gouvernement, et je n’ai eu aucune difficulté à me faire comprendre. Parce que, quand même, le Bénin est effectivement au carrefour de toutes les religions et de toutes les situations. Nous sommes un pays trait d’union, un pays de liaison ; nous sommes un point sur la carte. Donc, le gouvernement du Bénin, acceptant de prendre en charge ce projet, c’est pour moi un grand soulagement, et en même temps, une occasion de dire que ce n’est pas une affaire personnelle. C’est une grande idée. Mais on ne peut en faire une idée internationale, intéressante pour tout le monde que si un gouvernement, membre des Nations unies, membre de la CEDEAO, membre de l’UEMOA, porte la chose. Il fallait donc que le Bénin accepte. C’est une grande joie pour moi.

Maintenant que le Bénin a accepté de s’engager, comment va se poursuivre le processus de mise en œuvre ?
D’abord, si vous lisez bien le relevé du conseil des ministres, on a mis en place un comité de pilotage qui comprend le ministre le plus important chargé de l’Education. Il y a le ministre des Affaires étrangères qui a aussi un mandat précis. Il est dit de prendre contact avec toutes les institutions régionales, africaines, toutes les coopérations bilatérales et multilatérales, les gouvernements qui sont concernés par cette cause. Nous allons nous réunir la semaine prochaine, déjà, pour définir les tâches. Premièrement, la bonne communication. Il faut d’abord que les décisions du gouvernement sur ce projet et la feuille du projet soient largement discutées. Deuxièmement, il faut que nous trouvions les moyens ; et là, je n’ai pas peur du tout. L’idée est tellement prenante pour tout le monde que chacun – et le j’espère- voudra y contribuer. Car ce n’est pas une affaire d’argent. C’est une question de volonté et de programme. Nous espérons qu’en janvier, nous aurons une grande réunion, avec un maximum de 100 personnalités. La feuille du projet sera présentée, ils vont l’analyser, la critiquer, la compléter, et dire maintenant, voilà ce sur quoi on peut s’entendre. Comme disait le Cardinal Tauran qui est venu ici, et qui a donné quatre points d’ancrage du dialogue, ce sont les actions communes à privilégier. Quelles sont les actions communes que les religions peuvent soulever ensemble pour permettre de travailler ensemble, pour se respecter, se tolérer et s’estimer ? Que ce soit sur la famille, l’éducation, la santé, il y a des actions communes qu’on peut entreprendre, au profit d’une cause commune.

Sous quelle forme va se présenter finalement l’initiative dans sa phase opérationnelle et institutionnelle ?
Nous allons faire ce que nous pouvons. D’abord, nous allons donner les idées aux gens. Il y a des pays qui ont des expériences dans ce domaine. Récemment, l’Indonésie a fait un travail avec chrétiens et musulmans, qui se retrouvent régulièrement pour voir les problèmes de société qui se posent à leur environnement, les prendre en charge et trouver des solutions partagées. Et chacun enrichit l’autre. On peut, par exemple, avoir des prières communes à des occasions particulières. Je prends un cas. Quand les musulmans fêtent chaque année la Tabaski, pour fêter la foi d’Abraham, notre père commun, on peut très bien la célébrer à l’échelle commune. Et ensemble, se réjouir ce jour-là. On peut ensemble déplorer des morts, des accidents, des violences terroristes qui font des ravages… On peut très bien aussi, ensemble, dire : « nous condamnons ! ». C’est trouver le moyen de favoriser le « vivre ensemble », « le réagir ensemble » et « l’agir ensemble ». On ne va pas régler tous les problèmes. Mais, lorsque la presse met l’accent sur les morts par terrorisme, qu’on mette aussi l’accent sur des actions communes qui sont menées par les religions pour éviter que cela ne se répète. Il y a ainsi une sorte d’équilibre dans l’information et dans la communication.

Pouvez-vous nous expliciter le concept de l’éducation pour le développement et la paix par le dialogue islamo-chrétien et interreligieux ?
L’UNESCO nous dit que « c’est par l’esprit des hommes que naît la guerre. C’est dans l’esprit des hommes qu’il faut implanter les colombes de la paix ». Et c’est dans l’éducation, dans le dialogue que ces valeurs se construisent dans la belle école formelle, et dans l’école sociétale. Tout ce qui concerne apprendre de l’autre, ou apprendre ensemble, c’est cela. C’est pour mettre un accent sur l’éducation qu’il faut reprendre très fortement le concept de l’UNESCO. La paix ne saurait être l’affaire d’une seule personne, d’un seul gouvernement. C’est l’affaire de tous. C’est pourquoi c’était déjà un signe, un symbole que la première institution qui a accepté de me donner son appui soit le Programme des Nations Unies pour le développement.
Vous avez raison. C’est parce que la réalité est là. Dans tous les pays du monde, aujourd’hui, le point des achoppements, c’est la peur de l’Occident vis-à-vis de l’Etat islamique. C’est la peur de l’Islam vis-à-vis des institutions qui sont prétendument dominées par des judéo-chrétiens. Il n’y a pas de conflit aujourd’hui au Niger. Vous voyez ce qui se passe aujourd’hui en Israël, c’est terrible. Donc, il y a quelque chose à faire là. Les religions judéo-chrétiennes et islamique doivent trouver un moyen d’avoir des boussoles. Mais, on a oublié les autres religions. Mais les conflits n’y sont pas de même ampleur. Certes, le conflit religieux concerne d’autres croyances, par exemple, les Bouddhistes et les autres religions en Inde. C’est aussi préoccupant mais pas de même dimension. Sur ce point, on peut avancer que le Bénin paraît, pour le moment, assez privilégié ; en général tout le monde se côtoie, se respecte et se tolère. Mais, cela peut aussi nous arriver aussi ! Donc, il faut que nous soyons ceux qui rassemblent et donnent l’exemple du rassemblement, plutôt que ceux qui sont dans la logique de l’attente du conflit avant d’y trouver des solutions.

Pourquoi l’initiative est africaine alors que les Nations Unies, l’UE et les Etats-Unis d’Amérique sont engagés sur le terrain dans des conflits en mettant en œuvre des mécanismes de règlement et de prévention dans bien de zones du continent africain et ailleurs ?
C’est une question que les Africains devraient se poser, eux-mêmes. Ils doivent se demander : « Qu’avons-nous à donner ? ». Nous n’avons pas d’armes, mais nous avons nos cultures, nos traditions, notre solidarité. Il faut que l’Afrique, elle-même, prenne une initiative dans ce domaine. Pourquoi attendre que la France vienne sauver le Mali ? Si le Mali avait pu aller dans le nord, même par ces biais-là, on aurait limité les dégâts jusqu’à présent. Donc, il est important qu’on ne soit pas assisté, mais qu’on soit agissant, qu’on soit acteur. Pour être acteur, il faut au moins penser à l’action ; pour penser à l’action, il faut se mettre ensemble ; il faut accepter de vivre ensemble, de se tolérer ; et vivre ensemble, malgré tout, avec les méthodes qui sont les nôtres.

Pensez-vous que le dialogue interreligieux soit une alternative aux mécanismes mis en place ?
Non. C’est un complément. C’est un précédent et un complément. D’abord, les mesures de sécurité ne mettront jamais fin à une guerre. Si vous faites la guerre, vous faites des victimes ; vous avez des ressentiments et de la haine ; vous avez la revanche qui est toujours là. Et par conséquent, il faudra toujours, après les avoir vaincus, apprendre à vivre ensemble pour rester ensemble. J’ai peur que, si jamais, vous finissez une guerre en disant que tel a tort et tel a raison, comme chez les Allemands et les Français, où cela a duré au moins 50 ans, vous mettiez trop de temps à mener les belligérants à vite coopérer. Parce qu’on n’oublie jamais qu’on a perdu des parents, qu’il y a eu des dégâts et des destructions. Donc, l’inimitié dure et reste ancrée très longtemps dans la tête des gens. Je me souviens d’une anecdote, à ce propos. Au cours de la cérémonie de confirmation d’un enfant alsacien dans une église en France, en présence d’un évêque, le curé s’était trompé dans la manière de dire le nom de la personne qui s’appelait Germaine. En latin, il fallait dire Germana, mais le curé a mis Germania (signifiant Allemand). L’évêque a vu rouge et a rétorqué en latin que : « L’Allemand n’est pas à confirmer, il est à détruire ». Un ressentiment anti-allemand. Pourtant, c’était dans une église. C’est pour vous dire qu’on garde le ressentiment très fort. Il faut toujours faire en sorte que les mesures de paix, de tolérance, de vivre ensemble atténuent ou éliminent ces sentiments. Et c’est uniquement par le dialogue, la compréhension, la tolérance, la prière qu’on y arrive.

Quels sont les partenaires potentiels en Afrique et à l’international ?
Nous avons reçu un petit mot du Centre qui est le centre que le roi d’Arabie Saoudite a créé avec le Saint siège, l’Autriche et l’Espagne. Nous avons de très bons rapports avec la conférence islamique. Nous avons ici des discussions sur les religions endogènes. Nous continuons de l’avoir avec l’Epiphanie. Nous ne voulons pas que les religions soient premières et seules dans cette initiative. Nous voulons qu’un Etat dise : « nous sommes prêts à accueillir tout le monde et à préciser des actions communes qu’on peut engager ensemble et des messages communs qu’on peut lancer ».

Et le système des Nations Unies ?
Bien sûr. C’est eux les premiers. M. Mar Dieye, directeur du bureau régional Afrique du PNUD et son institution viennent de donner le premier soutien pour nous permettre de préparer, comme il le faut, la conférence du mois de janvier prochain. Lui, au niveau régional, va agir. Je le vois mardi (ce jour ; ndlr) pour cela. Au contraire, c’est eux qui sont les plus demandeurs et également l’UNESCO. L’institution est déjà avertie. Notre ambassadeur à l’UNESCO est en rapport avec Mme Irina Bokova, la directrice générale. Je suis persuadé que tout cela va nous permettre d’avoir un écho international suffisant. Le fait aujourd’hui que l’engagement du Bénin intervient pendant que le pays accueille la conférence ministérielle du groupe des PMA, et que le président de la République soit parrain de ce projet est bon signe. Dans tous les messages que le Bénin donnera désormais au niveau international, ce projet sera central.

Pour cette rencontre de janvier, qui attendez-vous, à part les institutions ?
Il y a aura un ou deux chefs d’Etat, mais surtout des experts importants et reconnus. Surtout du côté du Liban, des professeurs, des Egyptiens, des aumôniers, des abbés, des pères, pour nous dire ce qu’on peut vraiment faire entre les religions pour aboutir aux objectifs du projet. Qu’il y ait des témoins politiques, oui. Mais, peut-être plus tard. Mais, au départ, que le projet ait de la consistance interreligieuse, avec des actions communes interreligieuses pour aller vers la paix. Et que les gouvernements sachent qu’il faut aussi passer par là pour régler les problèmes.

Autrement dit, ce n’est pas un projet intergouvernemental ?
Non. C’est un projet suscité par des gouvernements pour l’interreligion active pour la paix.

Quels résultats attendez-vous, après la mise en œuvre de ce projet ?

On attend un peu plus. Il faut que les Béninois conquièrent la paix, à l’intérieur, à l’extérieur et autour d’eux. Il faut que les Béninois comprennent l’éducation pour tous, la santé pour tous, le vouloir pour tous. Tout cela participe à l’éducation pour le développement et la paix par le dialogue. Ce sont des décisions d’audace intérieure, de conversion intérieure. Ce qui se passe au niveau de la gestion des affaires publiques, au niveau de l’éducation… nous oblige à s’entendre pour régler les problèmes. Tout ceci dépend de notre volonté de changer de comportement. On ne peut pas continuer comme nous le faisons-là. Il faut un changement de comportement, sinon, nous rions à la catastrophe, même si pour le moment nous sommes mieux dans ce domaine que d’autres pays en conflit.

Le Bénin jouxte le Nigeria et il y a le problème Boko Haram. Par quelles voies on peut arriver à le régler, selon vous ?
La première réaction à l’engagement du Bénin en faveur de « l’initiative africaine pour l’éducation et la paix, par le dialogue islamo-chrétien et interreligieux » est venue d’un religieux du Nigeria. Dans quelques jours, celui qui viendra présider le pèlerinage de Dassa, c’est le Cardinal Archevêque d’Abuja. Il est déjà averti de cela. Le nonce apostolique aussi est du Nigeria. Le fait même d’avoir eu l’idée, a suscité de l’espoir. Or, l’homme vit d’espoir. Un homme sans espérance, est un homme perdu. Nous avons-là, au moins le privilège, la grâce de susciter l’expérience. J’ai déjà 85 ans, et à travers mon action, j’aurai contribué à ce que ce sujet devienne une préoccupation centrale pour toutes les communautés et les gouvernants. Après moi, de très nombreuses contributions vont s’ajouter et faire progresser au mieux. Mais l’idée existe déjà et on ne peut plus la détruire. Surtout que c’est un gouvernement qui a pris l’engagement de soutenir le projet et qu’un Etat est symbole de pérennité. Le gouvernement du Bénin doit porter ce projet au niveau national comme international, et d’autres gouvernements s’y associeront. Puis, il y a déjà un accord de l’appui de la CEDEAO. Je ne peux pas le publier parce que ce n’est pas encore une lettre de confirmation mais c’est déjà un mail que j’ai reçu pour dire que la Commission est aussi sur la même voie de solution à rechercher. L’UEMOA le fera de son côté, et également l’Union africaine. Or, pour que cette dernière le fasse, c’est le gouvernement béninois qui doit porter le projet. Au niveau international, je peux vous dire que le président français, François Hollande, soutient aussi l’initiative.

Un dernier souhait par rapport au projet ?
Je voudrais que vous aussi de la presse, vous nous aidiez à ce que tous les Béninois prient pour ce projet national. Je suis content de dire cela. J’ai vu le président Nicéphore Soglo récemment, à ce sujet. Et je lui ai avoué que je ne le comprenais pas quand il avait lancé la fête des religions traditionnelles ; mais qu’aujourd’hui, cela prend à mes yeux, une valeur prophétique. Et que c’est important que le 10 janvier, nous soyons attentifs à une épiphanie partagée. Il était très content de ma réaction. Donc, ce projet est pour moi, un projet national et populaire porté par tout le monde. Ensuite, nous devons aussi le traduire au niveau international par une manière de nous comporter nous-mêmes par rapport à notre pays. Nous n’allons pas nous diviser sur des bases régionales, religieuses, culturelles etc. Il faut que nous sachions nous arrêter pour voir quel est l’intérêt général. Voilà ma contribution. A la fin de mon parcours, je voudrais laisser aux Béninois cette chance de se retrouver et d’avoir une vocation. La vocation d’un pays de trait d’union, qui encourage à contribuer à l’unité africaine autrement que par les voies politiques et autres. Il y a aussi la voie spirituelle, la voie de tout ce qui peut nous ramener à nos traditions, à nos cultures et qui donne au monde un espoir d’un autre chemin d’arriver au développement et à la paix.

Propos recueillis par Wandji A.

1er août 2013 – 1er août 2014: Des Béninois satisfaits des actions de Yayi

boni-yayi-2 netIl s’est donné comme priorité le renforcement de la sécurité humaine à travers  la sécurité, la paix, la stabilité, l’accès au foncier, à l’eau, à l’énergie, au logement, aux infrastructures, à la santé, à l’éducation, à la justice, à la liberté et à la santé. Lui, c’est le président de la République, le docteur Boni Yayi qui, dans  son traditionnel message à la nation, à la veille de la célébration du 53ème anniversaire de l’indépendance du Bénin,  a pris une série d’engagements fermes.  Un an après, l’heure est au bilan pour évaluer les nombreuses mesures mises en œuvre.  Il s’agit,  entre autres, du renforcement des réformes aussi bien structurelles qu’institutionnelles dans tous les secteurs vitaux de notre économie, pour accroître la productivité et lutter ainsi contre la précarité. Le chef de l’Etat avait pris l’engagement d’inverser la courbe du chômage inquiétant qui touche une frange importante de la jeunesse, comme dans tous les pays du monde. Ainsi, en se mettant  en phase avec les recommandations de la communauté internationale, notamment, en ce qui concerne les Objectifs du Millénaire pour le Développement, il a, de façon positive, impacté le peuple béninois. Ce qui se justifie par, dans un premier temps, la résolution de la crise sociale avec la restitution des salaires défalqués pour fait de grève. Ce qui a d’ailleurs permis de sauver l’année scolaire et académique.  La lutte contre le chômage des jeunes avec la promotion de l’entrepreneuriat, l’auto-emploi et le recrutement en cours de 4.500 agents dans la Fonction publique, le renforcement du programme de microcrédits aux plus pauvres et du Ramu, les réformes dans le secteur éducatif pour améliorer la qualité de la formation des jeunes, la relance de  la production et de la croissance, le redressement des finances publiques, l’amélioration du climat des affaires, le renforcement du partenariat public-privé, la sécurisation de l’accès aux soins de qualité pour tous les Béninois, la relance de la construction et l’accès aux logementx sociaux. Puis, dans un second temps, faire des Pme une priorité, porter haut la voix et les valeurs du Bénin dans le monde, mettre la diplomatie au service de l’économie, les réformes dans le secteur cotonnier et la relance des filières agricoles. Il y a également la création et le fonctionnement des Business promotion center (BPC) et des centres Songhaï pour accompagner les jeunes promoteurs, l’accès des populations à l’eau potable et à l’électricité, l’exploration en cours des ressources naturelles pour booster la croissance et le développement. Le poumon de l’économie béninoise a été stabilisé avec la poursuite de la politique des grands travaux. Tout ceci, accompagné  par l’engagement personnel du chef de l’Etat, son leadership éclairé, qui a permis d’atteindre ce résultat encourageant en un an.

L’éducation et  l’emploi des jeunes en 12 mois

Ces douze derniers mois, le Gouvernement a beaucoup investi dans le secteur éducatif. Ce qui a permis d’avoir un résultat très reluisant  dans les composantes «enseignement supérieur, enseignement secondaire et formation technique et professionnelle et enseignement maternel et primaire».  De grands progrès concrets ont été réalisés dans le secteur de la reconversion et de l’insertion des jeunes. Dans le secteur de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, deux principales réformes ont été engagées et renforcées ces derniers mois. Il s’agit de la réforme de l’organisation du baccalauréat  et la réforme de la gestion des œuvres universitaires avec  l’implication des privés dans la gestion d’une partie des œuvres universitaires. Selon l’Institut National de la Statistique et de l’Analyse économique (INSAE), le chômage a connu une évolution ascendante depuis 2007 passant ainsi de 0,7% à 2,6% en 2011. Les stratégies développées pour renforcer la promotion de l’emploi des jeunes visent à faciliter l’accès à l’emploi par l’accroissement de l’offre et de l’employabilité; améliorer le fonctionnement du marché de l’emploi; renforcer les capacités humaines et institutionnelles pour la promotion de l’emploi et réguler la migration professionnelle. L’atteinte de ces objectifs se fera à travers la mise en œuvre de certaines mesures directes et indirectes dont les plus importantes concernent le renforcement du Programme d’Appui à l’Emploi Salarié (PAES) créé en 2007 pour favoriser la pré-insertion et l’insertion des jeunes et des femmes dans l’Administration publique, les entreprises et structures privées; la formation d’entrepreneurs par l’intermédiaire du Programme d’Appui à l’Emploi Indépendant (PAEI) qui permet d’améliorer la qualité de la formation dans le but de lutter contre le chômage et le sous-emploi des jeunes et des femmes âgés de 18 à 50 ans et l’apprentissage et les programmes de formation professionnelle à travers le Renforcement de Capacités des Demandeurs d’Emplois (RCDE).

L’Eau, l’énergie, les mines  et les hydrocarbures, en pas de géant

Des actions significatives sont à signaler dans les secteurs de l’eau, de l’énergie, des mines et des hydrocarbures. Les résultants sont beaucoup plus probants dans les secteurs de l’eau et de l’énergie et montrent à suffisance l’engagement déterminé du chef de l’Etat et du gouvernement pour régler définitivement la question d’accès à l’eau potable et à l’énergie électrique aux populations.  Au titre de l’approvisionnement en eau potable, dans notre marche vers l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), il faut se réjouir de constater qu’avec l’appui des Partenaires Techniques et Financiers (PTF), nous avons réalisé un bond qualitatif de 65% au terme de 2013 en milieu rural et de 68% en milieu urbain. Cette tendance d’évolution de l’accès à l’eau potable permet d’affirmer que notre pays atteindra et dépassera en 2015 les cibles de 67,3% de desserte en milieu rural et de 75% en milieu urbain pour l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD). Après le raccordement de tous les chefs-lieux de communes au réseau de la SBEE, les efforts du gouvernement sont actuellement concentrés sur l’électrification des arrondissements y compris les gros villages. A ce jour, sur les 546 chefs-lieux d’arrondissements de notre pays, 317 sont déjà électrifiés;  l’objectif à court terme étant d’électrifier tous les chefs-lieux d’arrondissements restants ainsi que les gros villages traversés par la moyenne tension (MT) ou situés à proximité de celle-ci.  Tous ces efforts ont permis de passer de 24,4% de taux de desserte en milieu rural en 2012 à 48 % en décembre 2013 contre moins de 10% de taux de desserte en 2006. Et comme cela ne suffisait pas,  le président de la République a procédé tout récemment au lancement du projet d’électrification de 67 nouvelles localités et la requête envoyée à Eximbank de l’Inde pour 200 autres localités. Les projets d’aménagement hydroélectrique d’Adjarala, pour une puissance de 147 MW et de Dogo-bis, pour une puissance de 128 MW, la finalisation des négociations engagées avec le Gouvernement de la République Islamique d’Iran en vue de la construction d’une centrale thermique de 25 MW extensible à 50 MW utilisant le fioul ou le gaz naturel et le lancement effectif des études de la réalisation de la centrale thermique de 300-400 MW avec le concours de la BID sont, entre autres, les réformes pour l’accroissement des capacités de production d’énergie électrique au Bénin. Parlant des mines,  l’objectif du gouvernement est d’améliorer la contribution du secteur à la croissance économique. Dans cette perspective, les actions mises en œuvre en 2013 ont porté sur la prospection géophysique aéroportée sur toute l’étendue du territoire national par la Compagnie de géophysique FUGRO AIRBONE SURVEY; ce qui a permis de mettre en évidence les structures géophysiques de concentrations anormales de minerais précieux et de minerais rares  et la préparation effective de la campagne de prospection géologique et minière par les géologues béninois en vue de vérifier au sol les anomalies magnétiques et radiométriques relevées par les travaux géophysiques aéroportés.
Le gouvernement est certain qu’une fois ces exercices terminés, la nouvelle délimitation  des périmètres miniers va attirer d’énormes investisseurs qui frappent déjà à nos portes.   Sur le Bloc 1, les actions mises en œuvre ont essentiellement porté sur le développement du champ pétrolier de Sèmè qui dispose d’une réserve d’environ quatre-vingt-sept millions (87.000.000) de barils.  La valorisation durable des potentialités en hydrocarbures, minéraux et atouts énergétiques du Bénin est une priorité majeure pour le gouvernement du Dr Thomas Boni Yayi.

Moderniser  l’agriculture et relever le défi de la bonne gouvernance

Faire sortir le Bénin de la pauvreté signifie aussi mettre le pays  sur l’orbite de l’émergence, caractérisée par une croissance accélérée et un développement humain durable. Aujourd’hui, l’agriculture reste un instrument fondamental de développement durable et de réduction de la pauvreté. Pour y parvenir, le Gouvernement met en œuvre les politiques et stratégies contenues dans le programme stratégique de relance du secteur agricole. La création des usines de transformation des produits agricoles, des usines de fabrication de machines agricoles, la diversification des filières et les réformes engagées particulièrement dans la filière coton sont partie intégrante de ce programme.  Qu’il vous souvienne, le 31 juillet 2013, le chef de l’Etat s’était engagé fermement à promouvoir la bonne gouvernance sous toutes ses formes. Qu’il s’agisse de la gouvernance constitutionnelle, électorale, politique, locale, économique et sociale, son gouvernement, ces derniers mois,   a pris des mesures plus hardies pour que le Bénin soit à la hauteur de ces enjeux et de ces défis. En définitive, le président Boni Yayi  et son Gouvernement se sont attelés à réaliser leurs promesses. Tant qu’il reste à faire, rien n’est fait dit-on,  mais les efforts consentis sont rassurants et incitent le peuple béninois à croire à un lendemain meilleur.

Wandji A.