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Crise politique au Mali: Le Président IBK mis aux arrêts par des militaires


Bamako jubile après l’arrestation du Chef d’Etat malien, Ibrahim Boubacar Keita

Le Chef de l’Etat malien Ibrahim Boubacar Keïta a été arrêté par des mutins, dans la soirée d’hier, mardi 19 août 2020, au terme d’une journée de tensions qui a démarré tôt, dans la matinée, par une mutinerie au camp de Soundiata-Keïta, à 15 km de Bamako.

Tout a commencé dans la matinée, lorsque des coups de feu ont été entendus au camp militaire Soundiata-Keïta de Kati, situé à 15 km au nord de Bamako. Des hommes armés ont fait irruption dans le camp à bord de pick-up, avant que des tirs ne soient échangés avec les militaires présents sur le site. « Des pick-up en provenance de Bamako, lourdement armés, ont pénétré dans le camp Soundiata-Keïta et les hommes à bord ont tiré en l’air. Il y a eu riposte de militaires présents, qui ont cru à une attaque », a affirmé à Jeune Afrique un officier malien, sous couvert d’anonymat. En quelques heures, la mutinerie qui a éclaté dans la matinée dans la garnison de Kati s’est muée en tentative de coup d’État, condamnée par la communauté internationale, et notamment la France, qui a déployé 5 100 militaires au Sahel, et notamment au Mali, dans le cadre de l’opération antijihadiste Barkhane. « Nous pouvons vous dire que le président et le Premier ministre sont sous notre contrôle. Nous les avons arrêtés chez lui » (au domicile du chef de l’État à Bamako), a déclaré à l’AFP un des chefs de la mutinerie, qui a requis l’anonymat. Des propos confirmés par le directeur de la communication du chef du gouvernement malien, Boubou Doucouré : le président et le Premier ministre « ont été conduits par les militaires révoltés dans des véhicules blindés à Kati », où se trouve le camp Soundiata Keïta, à une quinzaine de kilomètres de Bamako. Pour le porte-parole du Mouvement du 5-Juin-Rassemblement des forces patriotiques du Mali, qui mène la contestation, l’arrestation du président Keïta « n’est pas un coup d’État militaire mais une insurrection populaire ». Les mutins ont ensuite pris le contrôle du camp et des rues adjacentes, avant de se diriger en convoi vers le centre de la capitale, selon un correspondant de l’AFP. Dans Bamako, ils ont été acclamés par des manifestants rassemblés pour réclamer le départ du chef de l’État aux abords de la place de l’Indépendance, épicentre de la contestation qui ébranle le Mali depuis plusieurs mois, avant de se diriger vers la résidence du président Keïta, selon la même source. Avant même l’annonce de l’arrestation du président et de son Premier ministre, les pays de l’Afrique de l’Ouest, la France ou encore les États-Unis avaient exprimé leur inquiétude et dénoncé toute tentative de renversement du pouvoir. Le président français Emmanuel Macron a exprimé « son plein soutien aux efforts de médiation en cours des États d’Afrique de l’Ouest ».

L’Onu et d’autres organisations exigent la libération de IBK

Peu avant son arrestation par les militaires, le Premier ministre Boubou Cissé demandait dans un communiqué de « faire taire les armes », se disant prêt à engager avec eux un « dialogue fraternel afin de lever tous les malentendus ». « Les mouvements d’humeur constatés traduisent une certaine frustration qui peut avoir des causes légitimes », avait estimé Boubou Cissé, sans plus de détails sur les raisons de la colère des militaires. Mais son appel n’a pas connu l’assentiment des putschistes, engagés à aller au bout de leur mission. Cette mutinerie lui a secoué le Mali, a été fortement contesté par plusieurs chefs d’Etats ainsi que les organisations régionales comme internationales. Le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, avait auparavant affirmé que la France condamnait « avec la plus grande fermeté » cette « mutinerie ». Le président de la Commission de l’Union africaine (UA), Moussa Faki Mahamat, a condamné « énergiquement » l’arrestation du président malien. « Ceci ne peut en aucun cas être une réponse à la profonde crise socio-politique qui frappe le Mali depuis plusieurs mois », a souligné le chef de la diplomatie de l’Union européenne Josep Borrell. De leur côté, les Nations unies ont annoncé la tenue d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité ce jour, mercredi 19 août 2020, au sujet de la situation malienne. Le Secrétaire général de l’organisation, António Guterres, a appelé à la « libération immédiate et sans conditions » du président Ibrahim Boubacar Keïta.

Rastel DAN

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