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Le triomphe de la vérité

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Edito: Des frontières en crise


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L’électrochoc du coronavirus a touché l’Europe avec une virulence que l’on n’imaginait que réservée à la Chine. L’Italie a annoncé hier dimanche 368 nouveaux décès liés au coronavirus en 24 heures. Le pays le plus touché en Europe est ainsi parvenu au chiffre cauchemardesque de 1 809 morts pour un total de 25 000 personnes infectées depuis le début de la pandémie. La panique qui s’empare du monde est proprement inédite dans l’histoire.
L’Allemagne pourrait fermer dès ce lundi ces frontières avec la France, l’Autriche et la Suisse, aussi bien pour freiner la propagation du virus, mais aussi pour empêcher les étrangers d’entrer sur son territoire pour s’approvisionner en vivres autour des frontières, dans les villes mises en quarantaines. Quant à l’Espagne, elle s’est barricadée totalement. Depuis samedi soir, un décret instaure l’état d’alerte dans tout le pays. Il indique que les Espagnols n’ont plus le droit de sortir de chez eux, sauf en cas de besoin qu’ils devront justifier aux forces de l’ordre et militaires mobilisés pour surveiller le respect du confinement. Avec 6 271 personnes contaminées diagnostiquées et 189 morts, l’Espagne est devenue ces derniers jours le second pays européen le plus touché par la pandémie, après l’Italie. La Pologne a annoncé qu’elle interdit aux étrangers l’entrée sur son territoire. Le premier ministre Mateusz Morawiecki a indiqué vendredi que le pays impose à ses propres citoyens provenant de l’étranger une quarantaine de quatorze jours. Jusqu’à nouvel ordre, les voyages en direction du Ghana sont vivement déconseillés par le gouvernement ghanéen. Toute personne entrant dans le pays est assignée à une quarantaine volontaire au niveau des points d’entrée.
L’Autriche a mis en œuvre la quasi-fermeture de sa frontière avec l’Italie, en instaurant des contrôles rigoureux, dans le sud du pays, aux points de passage empruntés par les automobilistes qui doivent désormais présenter un certificat médical. En ce qui concerne la République Tchèque, elle ferme ses frontières non seulement aux étrangers voulant entrer dans le pays, mais aussi aux Tchèques voulant partir à l’étranger à partir de ce lundi. Le Maroc quant à lui a fermé ses frontières terrestres avec l’Espagne ce vendredi. Elles ne seront rouvertes qu’aux seuls Espagnols pour leur permettre de rentrer chez eux.
Le royaume chérifien a également bouclé « jusqu’à nouvel ordre » les liaisons aériennes et maritimes vers la France, l’Espagne et l’Algérie.
C’est les Etats-Unis qui ont pris la mesure la plus invraisemblable, en interdisant les voyages provenant d’Europe. Le président américain, Donald Trump a pris cette décision mercredi dernier, en déconseillant à ses concitoyens de se rendre à l’étranger. Malgré les cris de désespoir des responsables européens, le très imprévisible président américain n’en démord pas. Et son pays enregistre mort sur mort, avec actuellement 729 cas de malades officiellement recensés.
Des mesures restrictives sont aussi annoncées en Egypte, en Israël, au Pakistan, en Colombie, au Chili, en Argentine… Le Pakistan par exemple, ferme ses frontières avec l’Iran et l’Afghanistan dès ce lundi.
Le monde est entré comme dans une guerre aux proportions tentaculaires. Que le Bénin y bascule aussi bientôt n’est plus qu’une question de jours. D’autant que ce dimanche, le Burkina-Faso a annoncé huit nouveaux cas testés positifs. Des cas sont aussi signalés au Ghana, au Sénégal et au Nigeria. La capacité phénoménale de propagation de ce mal prend de court toutes les autorités qui prennent des mesures inimaginables, il y a seulement un mois.
Les accords bilatéraux et multilatéraux sont carrément mis en berne, face à une urgence sanitaire planétaire. Pendant ce temps, les principes démocratiques les plus élémentaires tombent à l’eau. Si la Chine est actuellement en train de sortir de la zone rouge, après deux mois de crise et sans fermer ses frontières, c’est précisément du fait de la capacité du parti communiste chinois à contrôler la population. Dans tous les cas, il est à se demander si la fermeture des frontières, telle qu’elle est appliquée depuis quelques jours, constitue une solution efficace, dans un contexte où la pandémie menace non seulement les fondements de la démocratie, mais aussi les économies. En se barricadant dans des frontières closes, les Etats ouvrent une autre crise, celle économique.

Par Olivier ALLOCHEME

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