.
.

Le triomphe de la vérité

.

Entretien avec Jacques Okoumassoun, président de la fédération béninoise d’Escrime: « Nous ne voulons plus participer aux compétitions pour participer »


Vues : 4

Les Escrimeurs béninois ont participé à un stage de formation qu’a organisé la fédération béninoise que préside Jacques Okoumassoun. Un stage assuré par l’expert de la fédération internationale et grand maître de la fédération française, Matthieu Labadie et qui rentre dans le cadre de la nouvelle dynamique de la fédération béninoise, celle de ne plus participer aux compétitions sans rien gagner. Lisez les détails de cette dynamique de Jacques Okoumassoun et ses collabortaeurs dans cet entretien qu’on a eu avec le président Okoumassoun. 

L’Evénement Précis : Vous avez eu à vos côtés, un expert de la fédération internationale d’escrime, la semaine dernière. Quelles sont les conclusions que vous tirez après son passage ?

Président Okoumassoun :Nous avons invité le grand maître d’escrime de la fédération française d’escrime et expert de la fédération internationale, Matthieu Labadie qui est venu former nos athlètes. Ce stage lui a permis de voir dans quelles conditions nos escrimeurs arrivent à appréhender les règles de la discipline ainsi que les comportements qu’on peut adopter sur une piste d’escrime. Ce rendez-vous de partage d’expérience s’est déroulé, il y a quelques jours et nous en sommes fiers. Avec le grand maître, nos athlètes ont appris de nouvelles techniques pour avancer et faire les touchés, et également pour parer les coups. Cette formation, l’expert l’a fait aussi bien aux athlètes qu’aux maîtres d’armes. Lorsque vous pratiquez une discipline, il vous faut avoir un plus fort que vous pour vous permettre d’apprécier votre niveau.

Avoir un expert avec soi, c’est une question de gros sous…

Oui. Mais comme vous le savez tous, si nous devons payer pour avoir l’expert, nous ne l’aurons jamais. Parce que, notre fédération  n’a pas suffisamment d’argent. Nous sommes une jeune fédération et nos moyens sont limités. Nous avons eu 10 millions comme subvention l’année. Nous avons organisé une compétition internationale qui nous a coûté 16 millions. Si nous avons pu tenir, c’est parce que nous avons mendié au près des copains et amis à droite et à gauche. Je veux parler de l’organisation de l’open de Cotonou à l’issue de laquelle nous avons été bons derniers. C’est alors qu’on s’est demandé si nous devons continuer par organiser les compétitions pour les autres. La réponse a été de ne plus adhérer à cette phrase de Pierre de Coubertin qui est que « l’essentiel est de participer ». Nous nous sommes dit que désormais, il faut qu’on gagne des titres, de médailles et de toucher le grâle. A partir de ce moment, nous avons écrit à la fédération internationale d’escrime qui nous a dit de bien vouloir discuter avec le comité national olympique pour que nous puissions bénéficier de la bourse olympique.  Or, le délai pour avoir cette bourse est déjà passé. C’est alors que nous avons écrit à la fédération française d’escrime qui nous a orientés vers le grand maître Labadie. Ce dernier a accepté tout en posant un certain nombre de conditions auxquelles nous avons consenti. Pour le reste, c’est le maître même qui a cassé la tirelire. Il a pris 50% de son séjour en charge. Nous le remercions beaucoup.

Vous avez eu un expert hors délai qui vous a simplifié les dépenses. Pensez-vous qu’il en sera ainsi pour les fois à venir ou vous allez prendre des dispositions ?

Ce que le grand maître nous a fait est énorme. C’est parce qu’il a la volonté de nous aider. Parce qu’il a compris que le Bénin est un pays qui a besoin qu’on l’aide dans le décollage de la discipline.  Donc une fois encore, je le remercie. Pour le reste, je crois que nous allons prendre des dispositions pour qu’avant le prochain open de Cotonou, le comité national olympique puisse nous aider afin que ces entraîneurs de haut niveau viennent préparer nos athlètes. Cela va leur permettre d’avoir le niveau de la compétition.

Où en sommes-nous avec l’initiative qui est d’intéresser les élèves à la pratique de l’escrime ?

Je crois que cette démarche que nous avons appelée ‘’l’escrime pour tous’’ est aujourd’hui appréciée de tout le monde. Malheureusement, avec les grèves dans les établissements, cette initiative a été plombée un peu. Vivement que les grèves finissent vite pour qu’on puisse faire ce que nous avons prévu pour cette année. Ce sera pour le bien de l’escrime. J’avoue que nous avons été surpris de constater qu’après cette première tournée, cette première évangélisation de l’escrime dans les collèges, plus de 200 élèves se sont inscrits pour devenir escrimeurs. Par ma voix, le comité exécutif est très heureux d’avoir touché ce monde. C’est une expérience que nous ferons tant que nous aurons les moyens. Alors, nous demandons sincèrement au gouvernement de nous aider pour que l’escrime devienne la discipline la plus démocratisée que nous pratiquons chez nous.

C’est vrai, l’escrime n’est pas une discipline comme le football ou d’autres qui font des milliardaires, des multimillionnaires. Mais, c’est une discipline qui fait de toi un vrai homme. Parce que l’escrime développe en vous les capacités d’hommes. Il vous permet de savoir anticiper les coups.

Parlez-nous des échéances qui attendent les pratiquants et férus de l’escrime.

Après cette formation, nous allons partir au championnat du monde à Tunis (Tunisie) et au championnat d’Afrique sénior avec une équipe. Nous allons aussi organiser le championnat avant l’open de Cotonou qui se tiendra d’ici à Août ou septembre. Car, les gens nous ont demandé de ne plus organiser l’open en décembre. Mais plutôt pendant les vacances. Cela nous permettra d’avoir plus de participants.

Entretien réalisé par Anselme HOUENOUKPO

 

Reviews

  • Total Score 0%


Plus sur ce sujet

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

You cannot copy content of this page