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Le triomphe de la vérité

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Déclaration hier du ministre de la communication, Komi Koutché: Tous les derniers concours annulés, l’affaire Dg/Sbee: un “gros mensonge”


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Komi KoutchéA la faveur d’une conférence de presse qu’il a tenue hier à Azalai Hôtel de la Plage, le ministre de la communication, porte parole du gouvernement, Komi Koutché a exposé toutes les raisons qui ont amené le gouvernement à annuler le controversé concours des finances et plusieurs autres qui ont suivi. Il a notamment signifié qu’il y a eu des irrégularités aux plans juridique, organisationnel et à la proclamation des résultats. Pour lui, le chef de l’Etat et son gouvernement ont agi ainsi pour respecter la légalité constitutionnelle, à la suite de l’enquête commanditée qui a révélé toutes ses irrégularités. L’affaire de 2 milliards qu’aurait décaissée le Dg Sbee, Marius Hounkpatin, au profit des voyages de Boni Yayi, selon un journal de la place, a été également abordée hier par le ministre Komi Koutché. « C’est une affaire fausse et archifausse. Un gros mensonge » a-t-il décrié. Il se désole que le même journal, dans une nouvelle parution, s’en est excusé, arguant qu’il ne détient aucune preuve en la matière et a même présenté des excuses au Dg Sbee. Reste que ce dernier est désormais soumis à une enquête judiciaire, d’où sa suspension au poste du directeur général de Sbee que Boni Yayi vient de décider. «Puisque le parquet s’est autosaisi du dossier, la morale et l’éthique recommandent donc, malgré que l’on reconnaisse toute la compétence du directeur général de la Sbee, et tout son engagement, le seul service qui peut lui être rendu en ce moment, puisqu’il est déjà au niveau de la procédure judiciaire, de lui permettre d’aller laver son honneur » a affirmé le ministre de la communication. Lire ci-après les grands extraits de ses propos

Les grands extraits des propos du ministre Komi Koutché sur l’annulation des concours et l’affaire Dg Sbee

 

« …La première préoccupation que j’aimerais aborder avec vous est celle qui a trait à ce qu’il convient d’appeler le concours à problème, à savoir le concours de recrutement de 432 agents pour le compte de l’administration des finances. Qu’il vous souvienne que c’est courant juillet août 2012, que le gouvernement béninois, face au départ de plus en plus massif à la retraite de toutes ces compétences qui ont servi notre république pendant des années, s’est imposé la nécessité de pourvoir à un certain nombre de positions dans l’administration publique. Ce qui a conduit à l’organisation dudit concours. Toute de suite, après la proclamation des résultats, ce concours a commencé à nourrir beaucoup de polémiques, notamment en ce qui concerne des irrégularités qu’il aurait entaché. Des voix s’étaient alors élevées pour demander son annulation. Mais jusque-là, le gouvernement ne pouvait pas prendre une décision responsable sans comprendre le fon du sujet. Et vous êtes témoins, comme moi, en tants qu’acteurs actifs de la vie de notre pays, que ce concours a suffisamment ébranlé l’unité nationale. Et c’est conscient de toutes les préoccupations qui étaient évoquées aussi bien par les centrales syndicales que d’autres corps constitués par rapport à ce concours, le président de la république a pris ses responsabilités et a dit qu’il faut pouvoir mettre en place une commission d’enquête. Une commission totalement indépendante, composée des personnes qui ont fait leurs preuves dans leur service depuis de longues années. Des personnalités dont la probité n’est plus à démontrer. Il s’agit en occurrence du président Moise Mensah, du Professeur Paulin Hountondji, de Mr Alidou Koussé, pas en tant que Ige, mais en tant que personnalité ressource, de forte probité et de forte compétente, totalement indépendante pour pouvoir opérer sur la base de ses expériences à l’intérieur de cette commission, bref, cette commission était composée de plusieurs hauts cadres e valeur de ce pays.

 Des irrégularités à plusieurs niveaux

Cette commission a eu pour mission d’aller apprécier l’organisation de ce concours en rapport avec les dénonciations qui sont faites. Et de rendre au chef de l’Etat un rapport qui doit lui permettre de prendre une décision responsable qui soit dans l’intérêt de tous. Je puis vous affirmer que cette commission a fait son travail et a rendu compte au chef de l’Etat mercredi dernier même, des rapports de ses travaux. Il en ressort trois types d’insuffisances. Le premier et le plus important, a trait aux insuffisances d’ordre juridique. Ici, la commission a cosntatnité qu’il y a eu violation de la loi 86-013 du 26 février c1986 portant statut des agents permanents de l’Etat. Cette loi dans son article, 23 en effet, dispose que l’organisation de tout concours doit être ouverte par un arrêté conjoint du ministre des finances et de celui en charge de la fonction publique et publié quatre mois au moins avant la tenue effective du concours. C’est aussi un arrêt qui doit préciser tous les éléments spécifiques ayant trait à l’organisation d’un concours. Dans le cas présent, je dois vous dire que cet arrêté a été signé pratiquement la veille de sa tenue. Ce qui constitue déjà une violation. D’autres arrêtés ont été pris entre les deux dates de la tenue du concours. Comme autres insuffisances, des irrégularités ont été notées dans certaines épreuves. Il y a eu aussi des insuffisances relatives à l’organisation de la proclamation des résultats et des délibérations. Et donc, l’un dans l’autre, à plusieurs niveaux, des irrégularités ont été notées. Mais bien que responsabilité soit assurées par la hiérarchie, il se fait que beaucoup de choses peuvent se passer en bas, sans que vous ne soyez dans le parfum des spécificités de ce qui se fait. Mais, s’il y a à un moment donné des dénonciations, il n’y a que des travaux indépendants comme ce qui vient d’être commandé par le chef de l’Etat pour mieux apprécier. La question de la légalité est une question importante pour un gouvernement qui en a la charge, et pour un chef d’Etat qui est garant de l’ordre constitutionnel.

Le gouvernement a donc décidé d’annuler purement et simplement ce concours. Mais ce n’est pas fini. Dans les échanges, on s’est rendu compte que la même irrégularité quant à ce qui concerne le non respect de cette loi que je viens d’évoquer a été observée au niveau d’autres concours qui ont été organisés, dont celui de la santé, celui des affaires étrangères et celui de la gendarmerie, etc. le gouvernement ne peut donc pas savoir qu’il y a eu insuffisance sur un concours et fermer les yeux sur la suite. C’est vrai que pour ces concours, il n’y a pas encore eu de dénonciations, mais soucieux du respect de la légalité, cette insuffisance qui a été notée au niveau du concours de recrutement dans l’administration des finances a permis de décider d’annuler tous les autres concours dont je viens de parler. La décision finale qui est prise, est qu’en attendant de revoir le formatage de tout çà, pour pouvoir situer les goulots d’étranglement et mettre en place les dispositions qui corrigent en vue des meilleurs organisations futures, il sera mis en place une commission totalement indépendante composé des différentes composantes de notre société qui seront réprésentées par des personnes totalement propres et dignes de foi, comme nous venons d’observer au niveau de la commission. Il reste bien entendu que la suite sera totalement ouverte à tous ceux qui depuis ce moment, sont entrés dans le marché du travail et qui auront aussi besoin d’aller tenter leur chance pour pouvoir servir notre état.

La polémique autour de la substitution d’un nom

Je m’en voudrais de finir sur ce registre sans la polémique qui a suivi et qui nous a conduits là où nous sommes aujourd’hui. Il s’agit de la polémique autour de la substitution d’un nom. Et je me dois de vous restituer la vérité sur ce qui s’est réellement passé, d’après les investigations qui ont été faites. En effet, sur cet aspect précis, il s’est avéré qu’après la délibération, il est apparu sur le communiqué le nom d’une dame. Et ce communiqué a été soumis à la signature du ministre de la fonction publique. Mais avant l’affichage, le directeur du recrutement des agents permanents de l’Etat, Mr Garba Yaya, dont le nom a été abondamment cité ces derniers moments a procédé à une dernière vérification en rapprochant les noms figurant sur le communiqué qui a été déjà signé par madame la ministre de la fonction publique d’alors et les résultats de la délibération du jury. Et il s’est aperçu que manifestement pour ce poste là, en lieu et place du nom de la femme qui y figurait, c’est plutôt le nom d’un homme qui est ressorti des travaux du jury. Et c’est curieusement lors de la saisie que le nom d’une femme est apparu. Et pour rattraper, il a dû simplement substituer cette page. Son seul désir était donc de mettre le nom de celui que le jury a déclaré admis à la place de celle dont le nom s’est miraculeusement retrouvé sur la liste. La commission note donc qu’à son niveau, bien qu’ayant idée de bien faire pour pouvoir mettre le nom de celui qui est admis, il y a eu un vice de forme, parce qu’il avait simplement à signaler cela à son ministre qui devrait réconvoquer le jury. Mais pour ce que nous savons et que vous avez appris après, toutes les vérifications qui ont été faites, jusqu’à la reprise des copies, ont témoigné que celui qui était réellement admissible était celui que monsieur Garba Yaya a bien voulu mettre sur la liste en remplacement de la dame. C’était cela la pomme de discorde. Mais aujourd’hui, le problème n’est plus à ce niveau, le gouvernement ayant pris sa responsabilité pour dire j’annule totalement le concours. Il est important que je clarifie cette partie, car comme vous le savez si bien, Mr Garba Yaya, je l’ai nommé récemment comme mon directeur de cabinet. Pour moi, les débats qui étaient en cours n’étaient pas suffisants pour qu’il ne soit plus éligible à une autre promotion. Comme vous le savez dans notre droit positif, tout le monde est présumé innocent, jusqu’à preuve du contraire. C’est le moment de rendre hommage à tous ceux qui font preuve de veille citoyenne dans notre pays, mais également au gouvernement qui en prête une oreille attentive. Comme vous pouvez le constater le gouvernement face à la crise actuelle, a pris l’option de jouer totalement la case de l’apaisement. Il n’y a donc pas question qu’une partie crie à la victoire. Il n’y a pas de victoire. C’est la légalité constitutionnelle qui s’est imposée à nous tous.

 L’affaire des 2 milliards collée au Dg Sbee : gros mensonge

 Par ailleurs qu’il vous souvienne qu’un journal de la place a révélé qu’au niveau de la Sbee, qui est une société presque agonisante en ce moment précis, qu’il y aurait eu un décaissement de 2 milliards de Fcfa pour financer les voyages du chef de l’Etat. C’est une publication non seulement grave, mais suffisamment dévalorisante pour la crédibilité de la presse, que nous esayons de construire tous les jours que Dieu fait, vous et moi, et surtout que nous venons de sortir des états généraux de la presse. Ce que j’entends vous dire ici de façon officielle, c’est qu’il n’y a jamais eu une affaire comme cela, et il ne saurait jamais avoir une affaire comme celle-là. Pour qui parmi vous savent comment fonctionne la gestion des finances publiques, il n’est pas possible qu’une telle opération se fasse au niveau d’une société d’Etat. Et pour qui continue d’user de leur bon sens et qui connaît le personnage qu’est le président Boni Yayi, je ne pense pas qu’il soit possible qu’on puisse lui reprocher quelque acte que ce soit en matière de pillage de nos ressources. Il y a eu 8 ans qu’il est à la tête de ce pays. Et ce n’est pas aujourd’hui qu’il va commencer à avoir des comportements du genre. Ça n’a jamais été sa démarche et ça n’a jamais été dans ces pratiques. Je peu vous que pour nous ses collaborateurs, nous sommes suffisamment avertis pour tout ce qui concerne des actes qu’on pourrait qualifier d’actes de prévarication. Cette histoire est inventée de toute pièce et a un caractère suffisamment grave. Je ne vais pas trop m’attarder mais un il est important de donner certains détails. Elle est fausse comme histoire, mais elle est grave. Au-delà de la personne de la personne de Boni Yayi, nous devons apprendre à respecter nos institutions, parce qu’hier, le même journal est revenu sur l’affaire pour dire qu’en réalité son but était de toucher la sensibilité du chef de l’Etat, sur la mal gouvernance qui s’opère au niveau de la Sbee. Mais est-ce que pour le journaliste d’investigation, on ne pouvait pas mieux faire. Dans sa publication d’hier, le journal s’est excusé pour dire qu’en réalité, il n’avait aucune preuve de ce que le chef de l’Etat a été mêlé dans une affaire du genre, et que d’ailleurs, cela n’a jamais existé. Nous devons rendre hommage à notre justice qui a pris l’affaire en main. Le parquet s’est autosaisit du dossier, et les enquêtes sont en ce moment en cours, parce que l’hypothèse que nous nous sommes fait, est qu’il n’y a pas de fumée sans feu, parce qu’avant de parler de 2 milliards, certainement qu’il y a eu des opérations ; surtout qu’il avait dit qu’il y a eu des preuves de malgouvernance de la société, on doit donc pouvoir laisser la justice faire son travail.

 Le sort du Dg Sbee

 Vous vous préoccupez sans doute aussi du sort du Dg Marius Hounkpatin. Puisque le parquet s’est autosaisi du dossier, la morale et l’éthique recommandent donc, malgré que l’on reconnaisse toute la compétence du directeur général de la Sbee, et tout son engagement, le seul service qui peut lui être rendu en ce moment, puisqu’il est déjà au niveau de la procédure judiciaire, de lui permettre d’aller laver son honneur. Et de ce point de, il a été décidé de sa suspension, et une fois que les procédures judiciaires auront fini et qu’il sera blanchi, il reviendra à son poste. Ce n’est pas pour la première fois, on en a déjà connu avec le ministre Noudégbessi. Si c’est le contraire la procédure va se poursuivre. Ce n’est pas particulier sur son cas, c’est cela qui nous attend nous tous si nous nous retrouvons dans des conditions du genre… »

 Christian TCHANOU

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