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Le triomphe de la vérité

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Entretien avec Dr David AZOCLI, Directeur des établissements privés de l’enseignement supérieur: « Au Bénin, aucune école privée n’est autorisée à former les infirmiers d’Etat »


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azocliDes établissements privés de l’enseignement supérieur donnent des formations non autorisées. C’est le cas de l’Institut supérieur de santé (ISS) de Niger qui s’est fait représenter au Bénin par CIRFOPRODI-Bénin. Il forme depuis peu des infirmiers et infirmières d’Etat au Bénin contrairement à la décision en vigueur dans le système éducatif béninois. Approché, le Directeur des établissements privés de l’enseignement supérieur, Docteur David Azocli répond que « le Bénin n’a jamais autorisé un privé à former dans le domaine de la santé » et que ceux qui le font ont défié l’autorité du ministre d’Etat, le Professeur François Abiola. En conséquence, il promet dans les prochains jours la fermeture de cet institut.

 

L’Evénement Précis : Etes-vous informé qu’un établissement privé de l’enseignement supérieur, l’Institut supérieur de santé (ISS) du Niger et exerçant par le biais de CIRFOPRODI-Bénin, forme des infirmiers au Bénin ?

Dr David AZOCLI : Je vous remercie de vous intéresser à la question. Effectivement, j’ai suivi comme tout le monde sur la télévision privée Golfe TV, le débat entre deux acteurs dont l’un parle de l’existence d’un établissement privé qui forme dans les filières d’infirmiers et infirmières et l’autre qui estime que ce n’est pas possible. C’est vrai, des gens avaient déjà écrit au Ministère pour créer une école au Bénin spécialisée dans la formation des infirmiers et infirmières d’Etat. Mais, ils ont reçu un avis défavorable. En ce temps, le dossier a été irrecevable et le ministre d’Etat, le Professeur François Abiola, leur avait notifié que cela n’est pas possible. Mais, nous avons constaté que les concernés se sont entêtés. Alors, l’autre qui est contre a écrit pour dénoncer la chose si bien que le Ministère a pris ses responsabilités pour vérifier si effectivement, l’école fonctionne. Ce que les équipes techniques ont fait sur le terrain. Et le constat révèle que l’école est fonctionnelle. Et là, une question se pose, qui lui a donné cette autorisation ? Nos investigations ont permis de comprendre que ni le Ministère de l’Enseignement supérieur, ni celui du secondaire et de la santé n’a donné aucune autorisation pour former des infirmiers et infirmières d’Etat. Mieux, au Bénin, nous formons ces spécialistes de la santé à partir du baccalauréat. Cela depuis trois ans. Maintenant, on ne comprend pas comment cet institut installé au Bénin forme à partir du BEPC.

N’est-ce pas une formation délocalisée ?

Même si c’est une formation délocalisée, il y a un décret qui explique clairement comment les formations délocalisées doivent se faire. Je pense que ceux qui forment en santé ne sont pas autorisés.

En clair, le Bénin n’a autorisé aucun promoteur

 

Le Bénin n’a jamais autorisé quelqu’un du privé à donner des formations en santé.

D’après vos investigations, comment leur système de délocalisation fonctionne ?

 

L’étudiant s’inscrit ici au Bénin et après quelques années, il va chercher le diplôme au Niger. Ce qui est grave. Car, ils sont formés ici et on ne sait dans quelles conditions. Au fait, comme je l’ai disait plus haut, c’est une formation délocalisée. Or, pour le faire, il y a des textes qui régissent cela. Si les textes ne sont pas respectés, je crois que les mesures idoines doivent être prises.

Est-ce que les diplômes délivrés ne pourront pas être qualifiés de faux puisqu’on ne sait dans quelles conditions ils sont délivrés ?

Je ne pourrai pas le dire. Mais dans la mesure où il y a un qui disait que, lui, son diplôme est reconnu, je crois qu’il doit amener les preuves. Au niveau de l’équivalence des diplômes, nous avons une direction. En réalité, si l’étudiant a son diplôme à l’extérieur et parvient à apporter les preuves de l’authenticité de ce diplôme, il est normal qu’on donne la reconnaissance. Mais dire que vous êtes restés au Bénin pour recevoir une formation délocalisée et qu’on vous a donné l’équivalence, je dis que c’est faux parce que jusqu’à l’heure où je vous parle, le décret portant reconnaissance des diplômes obtenus après une formation délocalisée ou à distance étant signé, les arrêtés d’application ne sont même pas encore en cours. Donc, il ne peut pas dire qu’il a été formé au Bénin et qu’on lui a reconnu son diplôme.

Quelle disposition s’impose en ce qui concerne la gestion de ce dossier ?

Le Ministère n’a qu’une seule solution. Celle de fermer d’abord l’institut. Donc, tel que cela s’est passé, la seule solution est de procéder à la fermeture de cet établissement qui a défié l’autorité du ministre d’Etat en attendant même s’ils doivent reprendre leur dossier. Il y a des textes au Bénin qu’il faut respecter.

Quels conseils seriez-vous amené à donner aux Béninois ?

Aujourd’hui au Bénin, aucun établissement privé n’est autorisé à former des infirmiers d’Etat. C’est pourquoi, nous lançons un appel aux parents qui vont inscrire leurs enfants sans prendre des renseignements. Ils vont perdre leur argent et les enfants vont, quant à eux, perdre leur temps. Il est nécessaire aux parents de poser beaucoup de questions avant d’inscrire leurs enfants dans telle ou telle formation en santé dans le privé. Si le promoteur n’est pas autorisé, le diplôme ne sera pas reconnu et sera rejeté. Laissez-moi vous dire que c’est ce que nous connaissons. Il y a d’autres qui fonctionnement aussi dans l’informel et, d’ici quelques jours, on mettra leur liste à la disposition de la presse pour publication.

Propos recueillis par Emmanuel GBETO

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