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Le triomphe de la vérité

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Le chômage: Un casse-tête permanent pour la jeunesse béninoise


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Des jeunes sans emploiNarcisse Houngnon vient de faire son ‘’entrée frauduleuse’’ dans l’enceinte portuaire. Nous sommes aux environs de 09 heures. Narcisse Houngnon, il s’avance pourtant sereinement vers le parc de dépotage de la Smtc communément appelé parc 13. Là, il n’y a pas grand chose. Il évolue rapidement sur le parc d’empotage et de dépotage de la Sobemap toujours à la recherche d’un job pour la journée. Ici, « il faut attendre 10h30 où 11 heure avant que les douaniers ne descendent sur le terrain superviser l’ouverture des containeurs avant le démarrage des activités de chargements », explique-t-il. Il cherche quelque part où se reposer en attendant le moment de la journée où les sollicitations se feront : trouver une équipe pour charger un ou des camions avant la tombée de la nuit. « Je viens d’arriver et je ne sais pas si je vais trouver quelque chose à faire. Je n’ai pas un badge ou une carte d’accès. Mais, avec les policiers qui sont à l’entrée, on se comprend vite avec une pièce de 200f minimum », déclare-t-il tout en ayant l’œil vers l’entrée des camions sur le parc et la position des membres de son équipe. De l’autre côté de la ville, dans la ruelle de Zongo en quittant la Bourse du travail, Ahmed, sac au dos, marche à grands pas : « je cherche du travail », s’exclame t-il après qu’on lui a demandé là où il allait. « Je vais voir au port sec s’il y a des camions à charger ou autre chose. On trouve également par ici des étrangers qui cherchent qu’on les aide à faire des courses. Il arrive qu’on rentre le soir sans rien, mais on trouve des opportunités », explique-t-il, l’air décontracté. Ainsi, à l’image de ces deux jeunes que nous avons suivis, une grande partie de la jeunesse béninoise est sans emploi. Ils se cherchent, se débrouillent tous les jours et espèrent qu’un jour, la providence les conduira sur le bon chemin pour un emploi décent.

« Très peu de ‘’jeunes sans emploi’’ s’enferment pour ne rien faire »

Interrogé sur la question du chômage des jeunes, Gilbert Tchétémè, fondé et directeur d’une école privée à Calavi, affirme que la plupart des jeunes sans emploi ne s’enferment pas pour s’apitoyer sur leur sort. « Je les vois dans le quartier aller à gauche et à droite à la recherche de petits jobs. Ceux qui ont un niveau d’étude acceptable au dessus du Bepc s’approchent de nous pour demander qu’on les aide », reconnait-il. Pour Gilbert, la jeunesse, aujourd’hui, se donne du courage et s’arrange pour s’occuper. Ce qui est d’ailleurs très bien. Mais, la cybercriminalité qui prend de l’ampleur occupe bon nombre parmi eux. Gilbert accuse certains parents et les dirigeants de ce pays qui, pour lui, n’ont aucune politique d’orientation de la jeunesse sur le marché de l’emploi. Il propose que le système éducatif béninois soit revu et que le gouvernement mette en place une politique d’orientation des jeunes tout en libérant le secteur privé, aujourd’hui, asphyxié par les taxes. Pour les jeunes, il faut se battre et chercher tous les jours à aller de l’avant. L’emploi, même s’il n’est pas décent, permet de survivre, selon certains. Pour d’autres, le chômage reste un casse-tête journalier qui ronge au fil des jours.

Ils ont dit

georgesGeorges Gogan, mécanographe
« Je continue de penser à l’orientation à donner à la vie »

« Depuis plus de 5ansj’ai fini ma formation en mécanographie parce que je ne voulais pas faire ce que tout le monde faisait bien entendu à cause du manque d’emploi. Mais, malheureusement, je constate que je vis la même situation que ces derniers que je ne voulais pas suivre. Aujourd’hui, je me débrouille avec de petits jobs. J’aide les gens à s’acheter des appareils dans le Ghana. Toutefois, je continue de penser à l’orientation à donner à la vie ».

Elisée Gbotou : Informaticien sans emploi« Les opportunités sont de plus en plus rares »

Moi, j’interviens dans le domaine de l’informatique, en particulier. Mais, je fais un peu de tout, c’est-à-dire que j’achète et je revends. Je rends service etc… Je n’ai pas un emploi qui peut me rendre fier. On se cherche, on espère et on fait avec. Je suis toujours avec mes parents. Mais, il faut que je les quitte un jour pour me pendre en charge sérieusement. Je viens au port voir ce qu’il y a à faire pour gagner de l’argent. Je suis célibataire et je me débrouille, selon les opportunités qui sont de plus en plus rares. Il faut que nos gouvernants pensent autrement leur politique d’emploi des jeunes. C’est grave puisque nous sommes trop nombreux à vivre ce chômage et très peu parmi nous s’en sortent malgré tout. Il faut que ça change, sinon le moment va venir où il y aura une révolution.

Romain Da Sanoza, banque finance et assuranceromain
« Des amis n’ont même pas le stage »
« Depuis la fin de ma formation je ne fais que des stages dans des structures de la place. Actuellement, je suis en stage. Un stage que je fais en matinée pendant 4 heures de temps. C’est de mon lieu de stage sis à Akpakpa que je viens directement me reposer ici au Stade de l’Amitié avant de rentrer sur Calavi. Ce stage que je fais d’ailleurs gratuit et c’est à des amis que je demande d’aide pour le déplacement. Mais je rends grâce à Dieu car, il y a des amis qui ont fini deux à trois ans avant moi, mais qui n’ont pas encore de stage. Et c’est le moment de dire aux autorités politiques que la situation de la jeune doit plus les préoccuper ».

Achille Ahokpa
« Ici, on peut me remercier à tout moment »Achille Ahokpa
Je viens au port depuis bientôt dix ans. Je fais un peu de tout mais je peux dire que je n’ai pas d’emploi. Il est vrai que je suis employé par la Sobemap. Mais, je ne suis pas conventionné. Donc, on peut me remercier à tout moment. Un emploi pour moi, c’est ce que tu sais faire, qui te donne à manger et qui te permet de réaliser. Un emploi décent. Mais, avec ce qu’on fait ici, je n’ai pas confiance tant que nous ne sommes pas dans la convention avec tous les avantages que cela confère. Mon cas est meilleur. Car, même s’il n’est pas décent, il permet de survivre. Il faut que les responsables de nos sociétés et offices d’Etat s’organisent pour ce qui est de la gestion des ressources humaines. Quand on emploie quelqu’un pendant une durée, il faut qu’il soit en mesure de se dire qu’il a un emploi.

Daniel TowéssiDaniel Towéssi : Peintre auto sans emploi
«Je travaille au marché Dantokpa et à Missèbo»
Je n’ai pas de travail. J’ai laissé très tôt les classes pour cause de moyen et j’ai commencé l’apprentissage de la peinture auto. Mais là, également, je ne suis pas allé au bout toujours à cause du manque de moyens. Aujourd’hui, je suis marié avec deux enfants et je me débrouille pour les nourrir. Parfois, je reste à Zongo au port sec pour décharger les colis ou bien je suis à missèbo, ou Tokpa pour de petits travaux pour gagner de l’argent. Bon, si j’ai les moyens, je peux payer mon diplôme et ouvrir mon propre atelier. Ce sont les moyens qui manquent si non, le travail, c’est rien. Ça fait mal, si on se réveille chaque matin pour se demander où trouver du travail.

Yannick SOMALON (Coll.)

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