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Le triomphe de la vérité

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Trois ans après les inondations de 2010: Les sinistrés de Kpoto abandonnés de tous crient au secours


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(La mairie de Zagnanado et Caritas-Bénin tournent dos à Kpoto)

100_0888Le village Kpoto n’a pas connu une attention particulière de la part de la mairie de Zagnanado, malgré le drame qu’il vit depuis 2010. Tout a été fait par Care International, la Croix Rouge et plus particulièrement Caritas Bénin. Approché pour réagir face à cette situation, le maire de Zagnanado n’a rien pu dire. Il avoue n’avoir aucune connaissance de la gestion faite de ce dossier. Pour le chef service des affaires générales de la mairie de Zagnanado, Augustin Kéouda, c’est une œuvre de Caritas-Bénin et il lui revient de finir ce qu’elle a commencé afin de soulager les peines des populations. Plus de deux années après les  inondations, la mairie n’a pu offrir un seul paquet de feuilles de tôles aux populations de Kpoto, bien que disposant dans son budget d’un fonds d’aide aux sinistrés.

Caritas Bénin fait dos à Kpoto100_0895

Suite aux différentes réactions des populations et des autorités locales quant à la situation de la localité,  Caritas-Bénin estime que l’échec de la  reconstruction du village est resté inexplicable, au regard des réussites qu’elle a pu enregistrer dans d’autres régions sinistrées du pays à la même période. « Certainement, le village de Kpoto avait des particularités que nous n’avons pas su mettre en exergue, analyse le Docteur Claude Zinsou, membre de caritas-Bénin. Sinon, le même projet a été exécuté par la même équipe et avec succès à Kpokissa dans la commune de Zogbodomey puis à Athiémé dans le Mono ». Il stigmatise simplement  la mauvaise foi des populations de Kpoto. «  Nous sommes venus vous aider, cela ne voudrait pas dire que nous allons tout faire à votre place, souligne-t-il. On a sensibilisé, expliqué aux populations qu’elles ont un minimum d’effort à fournir avant que Caritas-Bénin ne vienne les appuyer financièrement et matériellement. Mais, ils ont pris tout le temps à se quereller sur de petits problèmes d’emplacement et de nourriture jusqu’à ce que la saison des pluies nous surprenne ». Un échec que regrette Caritas Bénin qui dit avoir mis toute son énergie pour la réussite de ce projet mais en vain. « Aujourd’hui, Caritas Bénin ne peut plus rien faire dans le village de Kpoto. Ce serait impossible à moins qu’un autre projet intervienne pour poursuivre les travaux, mais c’est un dossier clos pour Caritas Bénin », ajoute le docteur Zinsou.

Antoine Dagnihoun, chef d'arrondissement de Kpédékpo

Antoine Dagnihoun, chef d’arrondissement de Kpédékpo

Antoine Dagnihoun, Chef d’arrondissement de Kpoto

« Ce serait une bonne chose si Caritas Bénin revenait»

Il est vrai que depuis deux ans, la population de Kpoto souffre. On ne voit que leur départ le matin pour la pêche ou le champ dans le village et leur retour le soir pour dormir sous les tentes ou dans des cases inachevées. Moi je loue leurs efforts car cela fait pratiquement deux kilomètres à l’aller comme au retour. A un moment donné, Caritas Bénin a pensé les aider dans l’acquisition et la construction des logements. Donc, un soir, je me suis déplacé vers le roi Kpofon de Dohounmè pour négocier l’achat du site. Le roi nous a aidés à prendre dix hectares de terres à deux millions. Sinon, il a même imposé la vente du terrain aux propriétaires. C’est un acte louable qui a facilité le projet de reconstruction du village. Je le remercie au passage. Suite à l’achat du terrain, nous nous sommes lancés dans la sensibilisation pour la construction des logements. Mais, les populations ont estimé que la dimension des cases était trop petite pour leurs besoins. De plus, le sol étant hydromorphe faisait que les murs s’effondraient au contact de l’eau. Ce qui les a conduits à un découragement total. Finalement, beaucoup d’entre eux ont décidé de retourner dans leurs anciennes maisons détruites par les inondations. Certains ont repris la construction selon leurs moyens, d’autres ont réparé ce qui avait été détruit. Mais la majorité est restée sur le site en s’efforçant  d’aménager au jour le jour le logement que Caritas les a aidés à construire.  Ce serait une bonne chose si Caritas Bénin revenait terminer ce qu’il a commencé en faisant table rase du passé. Pour moi, l’échec de ce projet est une responsabilité partagée d’abord entre Caritas qui n’a pas su mettre la rigueur dans la gestion pour avoir connu ces pertes de ciment et autres et des populations qui ont été trop capricieuses dans leurs exigences. La mairie n’avait pas été associée mais depuis deux ans, elle devrait pouvoir faire quelque chose pour ces populations. Ce qui n’a pas été le cas.

Kpadonou Christine, sinistrée de Kpoto

« Nous  avons peur de notre case»

Je suis ici avec mon mari qui est pêcheur et cultivateur. Il va à la pêche à vélo à cause de la distance tandis que moi je suis à la maison pour m’occuper des enfants. Nous avons un bébé présentement mais nous avons peur de notre case qui ne nous inspire pas confiance. Nous suivons le chef village dans ses démarches, qui nous encourage à rester sur le site. Car si nous partons tous d’ici, les gens de Dohounmè peuvent reprendre leurs terres. Nous n’avons pas d’hôpital ni de centre de santé. Mais, on est là. Notre case dans le village a été détruite par l’eau. Mon mari a tout perdu.

Cohoun JosèphCohoun Josèph, pêcheur

« On espère que les choses s’arrangeront au mieux avec le temps »

C’est l’eau qui nous a chassés de notre village en 2010 et Caritas Bénin nous a trouvé ce site pour nous abriter. On était sous des tentes et avec le temps, ils ont décidé de nous aider à construire des logements. Ceux qui ont eu les sous ont pu faire quelque chose. Mais nous qui n’avons pas les moyens sommes restés sous les tentes. Moi, ma femme est décédée après qu’on est venu ici, me laissant quatre enfants. Donc, c’est à cause des problèmes que je n’ai pas fini la construction de ma case. Je vais dans le village rester pendant un moment puis je reviens ici à cause de mes enfants. On espère que les choses s’arrangeront au mieux avec le temps.

Le cas Kpoto selon le docteur Claude Zinsou

Dr Claude Zinsou

Dr Claude Zinsou

« Kpoto avait des particularités que nous n’avions pas su mettre en exergue »

Médecin en service à Caritas Bénin et facilitateur du projet de reconstruction du village  Kpoto, le Dr Claude Zinsou fait ici le point des efforts de Caritas Bénin en ce qui concerne le projet de reconstruction de ce village détruit par les inondations de 2010 dans la commune de Zagnanado. Il reconnait que le projet a été  un échec cuisant, pour lui d’abord, puis pour Caritas. Mais, il pense que Kpoto en est pour quelque chose. Leur méthode n’était pas la bonne et l’erreur de Caritas est  de vouloir tout donner à ce village.

L’Evénement Précis : Qu’est-ce qui s’est passé à Kpoto et comment Caritas Bénin est arrivé à ce résultat avec les populations ?

Dr Claude Zinsou : C’est parce que le dossier m’a été envoyé par la sœur Léonie Dochamou,  directrice de Caritas Bénin que je m’en occupe, sinon, je n’ai plus aucune envie de parler de Kpoto. La reconstruction de ce village est l’un des échecs les plus cuisants que j’ai connus. Ce n’est pas le premier échec que j’ai eu à Kpoto, et c’est pour ça que j’ai le plus mal. J’ai soigné pleins de gens atteint de l’Ulcère de Buruli. Mais tous les cas que j’ai soignés soit sur financement propre ou par des aides ont tous échoué. Aucun cas d’Ulcère de Buruli traité à Kpoto ne m’a été une réussite. Je constate ainsi qu’il y a, à Kpoto, un mystère. Je ne vous dirai pas ce qui s’était passé. Car, ce serait vaniteux de ma part. Mais, je vous dirai ce que j’ai vécu et les démarches que nous avons effectuées pour que le projet de Kpoto soit une réussite.

Pourquoi Caritas a échoué à Kpoto puisque vous reconnaissez que c’est un échec cuisant ?

Le problème même est que c’est à Kpoto que Caritas Bénin a le plus investi dans tous les villages que nous avons reconstruits parce que la logique était qu’il ne fallait pas aller remettre quelques feuilles de tôle, des pointes et plus rien d’autre. Les gens investissent à construire dans un village où tous les 06 ans, 03ans, la nature, par le biais des inondations, détruit tout et ils reviennent à zéro. Nous avons négocié pour qu’ils changent  de site. On a fait ça partout. Rapprochez-vous d’Athiémé et ils vous diront  que quand bien même ils ont proposé des sites que nous avons jugé inondables, on a rejeté et ils ont proposé d’autres sites sur lesquels les villages sont présentement érigés. A Kpokissa, c’était la même chose. Partout, c’est la mairie qui a fourni le site. Mais, à Zagnanado, c’est Caritas qui a acheté le site et ça n’a pas été facile. Le chef d’arrondissement de Kpédékpo, Antoine Dagnihoun vous le dira. Car, c’est avec lui que j’ai tout fait. Ce n’était pas le seul village où on allait intervenir parce que Agonvè  était dans la même situation. Il y avait Loko Alankpé, Sagbovi, etc… Tous dans la commune de Zagnanado. C’est comme ça qu’une équipe est venue. On a analysé les cas et ils ont dit que c’est à Kpoto qu’il faut faire quelque chose pour telle et telle raison en attendant de voir ce que ça peut donner.

Donc Kpoto a été choisi dans ce lot de villages sinistrés

Bien sûr. Mais dans l’urgence, c’était comment trouver des tentes pour installer les gens et c’est pendant qu’ils étaient sous les tentes qu’on s’est dit qu’on n’allait pas les laisser se retourner dans le village après l’inondation. Avec ça, on a prévu un tas de choses parmi lesquelles on s’est dit qu’ils ont perdu leurs logis, il faut les aider à en avoir d’autres. Ensuite, ils ont perdu leurs greniers et tous leurs vivres. Comment faire pour qu’ils aient à manger en attendant reprendre avec la pêche ou les champs comme ils en avaient l’habitude ? C’est là qu’on a commencé par demander à gauche et à droite jusqu’à ce que les partenaires acceptent nous aider pour la construction des logis. Le principe était que si on avait le site, on les installe et on leur construit un logement de la taille qui a été proposée et au départ, on avait proposé qu’ils fassent des trucs traditionnels. Mais, avec les relais communautaires, on a étudié, on a analysé et on a vu le coût. On a fait plusieurs collectes de données avant de se lancer. C’était tout un processus qui ne devait pas durer parce que le mal était déjà là.

Les populations se plaignent de l’exigüité des logis

Que les populations se plaignent de l’exigüité des logis, ça, c’est un fait parce qu’ils étaient habitués à autre chose. Mais, sur un projet, vous devez proposer quelque chose qui soit applicable à tout le monde. On ne leur a pas enlevé leurs anciennes constructions dans le village.

Oui, mais il ne leur était plus possible de retourner là-bas parce que l’eau avait tout détruit

Je suis d’accord que l’eau a détruit une grande partie. Mais, nous avons laissé Care International et les autres Ong leur fournir ce qu’ils avaient l’habitude de fournir pour qu’ils reconstruisent leur ancien village. Nous, on voulait que ce site, au bord de la voie, soit un de plus, parce qu’ils ont leurs fétiches et leurs morts là. Donc, tous ne vont pas quitter aussi facilement. Alors, il nous fallait leur laisser un point d’équilibre qui leur permette de déménager quand la crue vient les embêter. Mais, on aura plus à lutter pour cela et c’est dans cette optique que nous nous sommes lancés dans ce projet. Je peux me tromper. Mais, c’est dans cette optique que nous avons fait toutes les réunions à Caritas pour pouvoir aboutir au résultat. Que ce soit trop exigu, je crois que c’est relatif. Car, d’autres ont trouvé que c’est trop juste, que la toiture n’a pas couvert  largement les murs. Mais, c’était dans le but d’économiser, d’obtenir un maximum de toitures. Car, on était parti pour un millier de logis par site. C’est peut être l’erreur de vouloir trop faire afin de satisfaire tout le monde. Sinon, c’est avec les techniciens que nous  avons trouvé ce type d’équilibre.

La qualité du sol est remise en cause. Les cases s’effondraient au contact de l’eau

Il faut juste dire que le moment n’était pas propice pour cette affaire-là. Les autres villages avaient terminé pendant que Kpoto trainait encore les pas. Ce n’est pas une affaire d’étude du sol. Tout sol fond en présence de l’eau. Alors, il faut reconnaitre que les populations n’ont pas voulu suivre le rythme de Caritas qui a pensé finir avec la construction des logis avant la saison des pluies. C’est le retard et l’absence de motivation des  populations qui explique que ce qui devait être fait six mois plus tôt a trainé jusqu’à ce que la  saison des pluies arrive. La belle preuve, nous avons déménagé ceux qui ont construit Kpokissa pour venir les aider. On te demande de construire ta maison, on te fourni tout, on te paye 12.500 F et on t’amène même des gens d’ailleurs pour venir t’aider. Mais, c’est le retard qui a fait que la saison des pluies les a rattrapés.

Les populations ont dit avoir payé 3000f sans trouver de place. La mairie n’a pas été associée. Qu’en dites-vous ?

Vous voyez, ce sont des histoires que moi, par exemple, je ne maîtrise pas. On leur a demandé de faire une liste de ceux qui peuvent bénéficier des logis.  Ils ont inséré des personnes qui sont déjà mortes, des gens qui vivent à Cotonou et qui ne viennent même pas. On a été obligé d’apurer plusieurs fois cette liste avant de reconnaître les vrais bénéficiaires.  Associer la mairie, je crois que ce serait la pire des erreurs. Si M. Kéouda peut témoigner, c’est au moment où la mairie de Zagnanado était en ébullition. Chaque jour, c’était la grève. Car, le maire Bognonkpè Philippe était le bête à abattre. Il fallait le destituer et personne n’avait la tête dans cette mairie pour penser à Kpoto. Ils savent de quoi je parle. Moi, je sais combien de fois je suis allé à la mairie manquer celui qui doit me répondre. Je ne suis pas dans ce jeu qui accuse l’un ou l’autre. Je ne crois pas que Caritas fait ce jeu de ping-pong qui n’arrange personne. Avec la sœur directrice, au moment où on voulait distribuer les tentes, la mairie a été informée. Mais, il n’y avait pas de représentant du maire ni lui-même. La sœur a failli reporter la séance. Mais, nous nous sommes dit que les populations étaient en difficulté et qu’il fallait leur venir en aide le plus tôt au lieu d’attendre la mairie. Pour les 80 tonnes de ciment, on a voulu les transférer sur un autre site quand on avait compris qu’on allait perdre le produit vu l’allure avec laquelle les travaux évoluaient à Kpoto. Pour faire le crépissage, on a besoin d’un ciment d’une ancienneté donnée et c’est cette commande qui a été faite partout. On s’était alors dit de garder la commande d’Athiémé pour Kpoto en attendant que les travaux de Kpoto évoluent considérablement et que ce ciment serve à l’autre village. Mais les populations ont cru qu’on voulait leur voler le ciment et  ont bloqué le transfert avec machettes et coupe-coupe à la main. Nous n’avons eu le choix que de le leur laisser. Le ciment a séché avec le temps parce que nous sommes allés à la mairie pour trouver une solution et c’est là que la mairie a dit qu’on ne l’a pas associée au départ. Je n’étais pas là. Mais, j’ai entendu comment ça s’est passé. Si moi je viens sur le site, ce qui m’intéressait c’était les questions de santé, d’hygiène, les problèmes du village (les viols, les maris qui prenaient les vivres et ne les remettaient pas à leurs femmes etc…) puisque tout ce qui était technique était confié aux techniciens qui savent le faire.

Qu’est-ce qu’on peut faire aujourd’hui à Kpoto ?

Ça, je ne sais pas. Nous nous sommes pliés en quatre pour avoir le financement et exécuter les travaux. Mais, si on est arrivé à ce résultat, je crois que la faute n’incombe pas entièrement à Caritas Bénin. Nous avons certes utilisé la même technique partout, mais à Kpoto, nous avons plus investi sans résultat probant. C’est un village qui a des particularités que Caritas Bénin n’a pas su mettre en jeu et c’est tout cela qui a joué. Moi, personnellement, je n’ai joué que le rôle de facilitateur, de sapeur pompier. Je n’ai été qu’un joueur dans l’ombre. Cet échec est le mien parce que les techniciens et tous ceux qui ont travaillé sur ce site l’ont fait sous mes ordres et je suis responsable de toutes les dépenses et investissements qui ont été faits à Kpoto. Le Chef d’arrondissement Antoine Dagnihoun était à Kpokissa. Il a été affecté ensuite à Gangban. Mais, tous les week end, il était à Kpoto pour sensibiliser, convaincre, régler les petits problèmes afin de faire avancer les travaux.

Les petites plaques attachées aux logis semblent être contraires à ce qui a été fait

Caritas Bénin n’a pas mis de plaque ou plaquette devant un logis si non, il me faut voir ces plaquettes avant de comprendre. A mon avis, certains ont continué les constructions après que Caritas soit parti du site puisqu’à notre départ, il n’y avait pas une vingtaine de logis entièrement terminés. Aujourd’hui, c’est plus d’une quarantaine de logis qui sont construits. C’est bien après notre départ que le PNUD a sélectionné le village Kpoto en plus trois autres pour un autre projet. J’étais à la réunion au Ministère et ce sont les problèmes de Kpoto qui ont fait que je n’ai plus mis les pieds à cette réunion et je ne m’arrête plus non plus dans ce village. Le document du projet contenait un certain nombre de principes avec des critères. Donc, au fur et à mesure que les choses évoluaient dans chaque village, Caritas Bénin faisait les rapports par quinzaine. Vous connaissez bien les Allemands. Ce ne sont pas des gens qu’on peut tromper aussi facilement. L’autre chose est que tu ne peux pas faire autre chose et faire la photo d’une autre et envoyer aux bailleurs de fonds. Car, lui, il sait aussi descendre sur les sites sans avertir pour vérifier.

Un mot pour conclure

Je voudrais remercier le Roi Kpofon de Dohounmè pour son aide dans l’acquisition de ce site. Mon rôle, en tant que développeur, est aussi de faire ce qui a été fait, les efforts de Caritas Bénin pour la réussite de ce projet. Nous n’avons certainement pas trouvé la bonne méthode à Kpoto. Mais, allez dans les autres villages et vous verrez que c’est du travail bien fait. Je ne vais pas, non plus, jeter l’opprobre sur une population qui est dans la misère et qui voit les choses à sa façon. Je leur concède cela, car en tant que chercheur, je sais de quoi il est question. Après tout ce qui s’était passé, on s’est réuni à Caritas Bénin avec les acteurs du terrain pour voir ce qui était encore possible. Mais, moi j’ai dit que je ne retourne plus à Kpoto. C’est un échec cuisant pour moi. Un échec de Caritas et ça fait mal. Au départ, on pensait que c’était de l’assistanat pur. Car, dans les autres villages, les populations contribuaient et avec ça, elles ont compris qu’en fin de compte, quelque chose leur revenait. Mais à Kpoto, nous avons voulu tout donner, tout faire et c’est peut être là notre erreur.  Je crois que, prochainement, à Kpoto ou ailleurs, nous saurons trouver une démarche participative pour avancer normalement.

Dossier réalisé par Yannick SOMALON

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