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Le triomphe de la vérité

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Editorial: La CCIB de nos pleurs


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L’institution consulaire est en agonie. La Chambre de Commerce et d’Industrie du Bénin (CCIB), comme toujours, traverse une crise électorale majeure que rien ne semble pouvoir exorciser. Nous sommes dans une spirale incontrôlable, une cacophonie des ambitions qui contraste drastiquement avec le rôle et la mission de la CCIB.

A priori, les élections dans cette institution sont presque professionnelles. Les membres y sont d’ailleurs liés par des relations d’intérêts économiques qui tranchent singulièrement avec les complexités avérées des arènes politiques. Au surplus, la rationalité indéniable qui sous-tend le monde des affaires est inexistante en politique.

Et pourtant, la foire d’empoigne qui a cours depuis plus d’un an dans cette maison, fait apparaitre des ressemblances troublantes entre le monde des affaires et celui de la politique. On dirait même qu’il y a promiscuité entre ces deux mondes. Qui donc a contaminé qui ? La question reste posée. J’observe, en tout cas que, jusqu’ici, les querelles de fichier électoral, de mésentente au sein de la commission électorale et de représentativité des différentes obédiences au sein de la commission ont réussi à camoufler l’essentiel.

Personne ne parle de la place de la CCIB dans la réussite des réformes économiques, encore moins des actions à mettre en œuvre pour soutenir l’entrepreneuriat au Bénin. J’ai cherché en vain à savoir s’il y aura un débat entre les principaux acteurs sur la place du secteur privé dans la promotion des exportations. Ou encore quel rôle il devra jouer pour la promotion de l’agriculture dans notre pays. Rien.

En lieu et place, nous voilà embarqués dans une de ces querelles qui ont le don de nous distraire de l’essentiel. Ce qui est encore plus sidérant, ce sont les manœuvres qui s’orchestrent derrière les rideaux. Comme si de rien n’était, depuis plus d’un an, une institution s’enfonce dans une crise sans issue, alors que les principaux protagonistes n’ont presque jamais fait une seule déclaration publique pour s’accuser de ceci ou de cela. C’est simplement que ceux qui parlent publiquement sont en réalité les marionnettes.

Et que les réelles actions ont lieu en sous-main, dans d’obscures officines où se trament des coups bas, où se font des conciliabules aux relents de marchandage et de compromission. Nous sommes en plein dans la politique béninoise et ses gaucheries qui en ont fait une arène peu sérieuse. La CCIB est sur cette pente et menace dangereusement de se laisser entrainer au milieu du pire.

Le pire, c’est qu’elle ne soit en définitive qu’un appendice du pouvoir politique, une espèce de faire-valoir aux mains de l’Etat. Pour le moment, on peut remarquer seulement que la dernière mandature de la Chambre a été réduite à cela, c’est-à-dire à inaugurer des chrysanthèmes au lieu d’être un interlocuteur valable de l’Etat dans les grands débats qui engagent l’activité économique.

Je me demande toujours pourquoi les acteurs économiques ne disent ni ne proposent rien lorsque le Chef de l’Etat parcourt le monde sans avoir fait signer aux entreprises de chez nous un seul contrat important. Au contraire, les voyages présidentiels sont presque toujours des voyages de demande d’aide où les hauts fonctionnaires remplis de bonnes intentions font de la villégiature aux dépens de l’Etat. Qu’on me dise donc si un seul opérateur économique a pu obtenir des contrats de fourniture, même de gari, dans l’un des nombreux pays visités par Boni Yayi depuis sept ans. Qu’on me dise aussi ce que le Bénin attend pour «nationaliser» ses approvisionnements.

La hargne que l’Etat à tout importer alors que des possibilités d’approvisionnement local existent et sont même moins onéreuses, devrait interpeller au premier chef les opérateurs économiques. C’est eux qui se contentent des miettes laissées par les groupes étrangers appelés à la rescousse chaque fois que l’Etat a des dépenses importantes à effectuer, des travaux de grande envergure à réaliser. C’est eux qui se sont discrédités et qui doivent tout faire pour redorer leur blason.

A voir l’enchevêtrement des mésententes à la CCIB, nul doute que la partie qui remportera le duel n’aura plus qu’à s’aligner sur les mandatures précédentes. C’est-à-dire, à voir se poursuivre la démolition de l’entreprise béninoise.

Olivier ALLOCHEME

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