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Le triomphe de la vérité

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EDITORIAL: La jeunesse instrumentale


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Le branle-bas de la mobilisation de la jeunesse a sonné. Dans le plus pur style des mobilisations de campagne électorale, les G et F de même que le gouvernement ont fait appel ce week-end à leurs jeunesses respectives qui pour se structurer, qui pour montrer son programme en faveur de l’emploi des jeunes. Dans un cas comme dans l’autre, le privilège accordé à la jeunesse est évident. Impossible d’ignorer par exemple qu’au recensement de 2002, les 15 – 49 ans représentaient 43,8% de la population, soit pratiquement la moitié de la population béninoise. Cette importance numérique appelle des besoins énormes en infrastructures scolaires et universitaires, en emplois à créer, en centres de loisirs et en actions à mener pour fructifier la fureur juvénile. C’est un impératif de croissance économique qui se dresse devant l’Etat pour résorber la crise subséquente de l’emploi dans un contexte où la formation universitaire ou professionnelle déverse sur le marché des dizaines de milliers de jeunes en quête d’embauche. L’université d’Abomey-Calavi charrie aujourd’hui plus de 50 mille étudiants. Dans quelques années, ce sera autant d’emplois à créer, mais aussi autant de compétences à utiliser par l’appareil de production. La question se pose même de savoir quel avenir serait réservé à tout ce monde en attente d’une vie meilleure, c’est-à-dire quelle fonction publique ils trouveront dans cinq ans, quels emplois privés ils auront dans cinq ans, quelles entreprises ils seront capables de créer eux-mêmes au bout de ces années. Face à ces défis colossaux qui engagent le devenir de notre nation, la réponse des partis politiques est totalement biaisée. A l’approche de 2011, la question n’est pas aujourd’hui de savoir quel avenir offrir à cette jeunesse en attente de mieux-être, mais comment l’instrumentaliser sur les champs de bataille des scrutins à venir. Ce qui préoccupe aujourd’hui les hommes te femmes politiques, ce n’est pas les questions cruciales de la formation offerte face à un marché de l’emploi qui ne s’étend pas au rythme voulu. Mais comment mobiliser tout ce bétail électoral pour en faire des foules hurlantes lors des meetings et finalement comment convertir sa ferveur juvénile en voix dans les urnes. J’entends encore les discours inquiétants de ces jeunes des G et F embouchant la trompette de leurs ” aînés ” à qui ils empruntent la veine critique des politiciens insatisfaits. Comme s’ils n’avaient qu’un devoir de suivisme. Me revient aussi cette initiative abracadabrante des jeunes de l’Organe consultatif de la jeunesse (OCJ) appelant les ministres à venir plancher devant lui pour écouter le programme du gouvernement en faveur de l’emploi. Qui osera croire qu’il ne s’agit pas là de la mise en scène d’un appendice naturel des FCBE, donc un instrument électoral aux mains du pouvoir?

Frantz Fanon avait eu ces mots fameux : ” Chaque génération devra, dans une relative opacité, découvrir sa mission, l’accomplir ou la trahir “. Quelle est la mission des générations actuelles ? Pour la majorité de ceux qui s’embauchent dans le personnel politique, il s’agit de faire comme les ” aînés “, en suivant la voie royale de la recherche des prébendes obscures, des postes juteux, au détriment des solutions offertes au peuple, aux jeunes, aux femmes. Cette jeunesse instrumentalisée pour les besoins de la cause électorale préfigure ce qui adviendra demain sur la scène. Elle fera la politique comme on la fait aujourd’hui : en distribuant de l’argent, des sandwiches, des postes et des vivres. En oubliant sa mission. Olivier Djidénou

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