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Le triomphe de la vérité

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Soutenance de thèse en Sociologie du développement: Constant G. Nonkoudje sacré Docteur avec la mention très honorable


Porte de toge au tout nouveau Docteur

L’amphithéâtre de l’ex-Flash de l’Uac a servi de cadre à la soutenance de thèse de doctorat du candidat Constant Ghislain Nonkoudje, le mardi 25 février 2020. Au terme de sa présentation, le jury international composé du Prof Adolphe C. Kpatchavi, Prof Albert Tingbé-Azalou, Pascal C. Dakpo, Essè Aziagbédé Amouzou, et Kokou Mawulikplimi Gbemou, l’a déclaré digne du grade de Docteur avec la mention très honorable. Les travaux de recherches de cette thèse ont été dirigés par le Professeur Titulaire des Universités du Cames, Albert Tingbé-Azalou et co-dirigés par le Professeur Titulaires des Universités du Cames, Pascal C. Dakpo.

« Enjeux et défis de la médiation des organisations de la société civile dans la mobilité des enfants en milieu fon au Bénin », est le thème qui a fait objet de soutenance de thèse de doctorat le mardi 25 février 2020 à l’amphithéâtre de l’ex-Flash de l’Uac. Justifiant le choix de ce sujet de recherches, l’impétrant Constant Ghislain Nonkoudje a fait savoir dans sa présentation que selon un rapport de l’Unicef publié en 2016, le taux du travail des enfants a progressé ces deux dernières années en passant de 34% à 52,2%. En 2017. L’Insae renseigne que 45,4% des enfants sont dans une situation difficile au Bénin. En 2013, la même institution démontre que 7.882 enfants sont en situation de travail dans les trois grands marchés du Bénin, Dantokpa (Cotonou), Ouando (Porto-Novo) et Azerkê (Parakou). Il s’est servi d’autres statistiques et des données recueillies au cours des recherches pour démontrer que la situation du développement de la mobilité des enfants est tributaire de la faible synergie des organisations de la société civile (Osc) autour de la médiation de la mobilité des enfants en milieu fon au Bénin. A la suite de son exposé, chacun des membres du jury ont pris la parole pour faire leurs observations sur le document. A cette occasion, le Directeur de thèse, le Prof Albert Tingbé-Azalou a félicité l’impétrant pour avoir tenu dans un délai de trois ans. Quant au document, il a estimé que l’encadrement des travaux de l’impétrant s’est bien déroulé. Au plan de la méthodologie appliquée, il a salué la combinaison d’approches utilisée par l’auteur pour la collecte de données qui s’avère importante dans la mesure où le phénomène étudié est en constante évolution malgré les efforts de la société civile au Bénin. Il conclut que la thèse de Constant Ghislain Nonkoudje est une contribution intéressante à la revalorisation des apports des acteurs impliqués dans la médiation de la mobilité des enfants en milieu Fon au Bénin. Dans son intervention, le Professeur Essè Aziagbédé Amouzou de l’Université de Lomé a fait observer que le travail de recherche de l’impétrant présente un caractère original car peu abordé dans les travaux de recherche. Il a par ailleurs estimé que la démarche méthodologique est adaptée au sujet. A l’issue des travaux, le jury a déclaré le candidat digne du grade de Docteur de l’Université d’Abomey-Calavi dans la spécialité Sociologie-Anthropologie, Option, Sociologie du développement avec la mention très honorable et les observations suivantes : sujet original, démarche méthodologique appropriée, résultats très intéressants, très bonne soutenance.

Les résultats de recherches

Photo de famille à l’issue de la délibération du jury

Au terme de ses recherches, il est parvenu à plusieurs résultats mettant au centre les politiques publiques de protection de l’enfant. En effet, il a souligné que l’Etat est le garant de la mise en œuvre des politiques publiques de protection des enfants, mais compte tenu des limites constatées dans la mise en œuvre de ces politiques publiques les OSC et autres agences de développement viennent en médiation dans la mobilité des enfants. Les stratégies consistent à appuyer les enfants en kit scolaire, kit nutritionnel, appui sanitaire, contrats d’apprentissage, en des sensibilisations. « De façon spécifiques nous pouvons citer d’autres approches de protection des enfants développés par les acteurs de protection sur la base de la convention C138 et C182 de l’OIT et les autres textes spécifiques de loi au Bénin ( la Loi n°2006-04 du 05 avril 2006 portant condition de déplacement et la répression de traite en république du Bénin et la Loi n°2015-8 du 8 décembre 2015 portant code de l’enfant en république du Bénin », a-t-il fait savoir. Il note par ailleurs le retrait ou le rapatriement des enfants et réinsertion ou la réintégration des enfants en famille (Caritas Abomey, Ligue Life), le parrainage et la promotion des droits des enfants (Plan International), la surveillance des corridors (Terre des Hommes). Toujours au nombre des résultats, il relève aussi les facteurs socioculturels de mobilité des enfants. Sur le plan économique, il y a le faible revenu des parents, la multiplicité des naissances, le bien être, l’ambition dans les ménages, la pauvreté des sols, les outils agricoles rudimentaires, le manque d’opportunité, l’accessibilité à des crédits au taux d’intérêt élevé dans les localités, l’absence d’investissement et le développement des communes, la sorcellerie ou la méchanceté, la jalousie ou l’envoutement, les dettes familiales et la maltraitance des enfants. Sur le plan social, il évoque la polygamie avec comme corolaire la multiplicité des naissances, la taille du ménage, l’âge du chef de ménage, ou la vieillesse, le niveau d’instruction des parents, et le faible rendement du système éducatif au Bénin. Au plan politique, il est question de la méconnaissance des textes de lois et les droits des enfants, l’occidentalisation des textes et lois, la faible synergie des OSC autour de la médiation, le courtage de protection, la porosité des frontières nationales. Quant au plan environnemental, il met l’accent sur l’appartenance d’un enfant à tous les membres de la famille, l’appauvrissement des sols, la non mécanisation de l’agriculture, la difficulté d’adaptation aux réalités du milieu, le changement climatique, et l’absence d’un cadre adéquat lié à son développement. Sur le plan culturel, il souligne l’historique de la mobilité des enfants, la logique des parents et des enfants (la socialisation des enfants, l’ambition, le désir d’être libre/ autonome, l’envie d’aller très loin des parents, l’accès à des opportunités de travail), la logique de la médiation des acteurs d’OSC et autres agences de développement.

Qui est Constant G. Nonkoudje ?

Né le 31 décembre 1990 à Sohoungo, commune de Za-kpota, Constant Ghislain Nonkoudje a fait ses premiers pas dans le monde scolaire en 1995 à l’Ecole Primaire Publique de Sohoungo puis de Alligoudo où il a obtenu son Certificat d’Etude Primaire (CEP) en 2001. Il a ensuite commencé le cours secondaire au Collège d’Enseignement Général (CEG) de Za-Kpota où il a obtenu son Brevet d’Études du Premier Cycle (BEPC) en 2005. Il est entré par la suite au Collège d’Enseignement Général I (CEG1) de Bohicon, où il a fait le second cycle de l’enseignement secondaire et au terme de trois années en série D, il a eu son Baccalauréat en 2008. Passionné par les sciences humaines et sociales, il s’est inscrit en 2008 au Département de Sociologie-Anthropologie de l’Université d’Abomey-Calavi où il obtint ses diplômes de Licence et de Maîtrise ès Lettres en Sociologie-Anthropologie, respectivement en 2012 et 2014. Après cette formation, il s’est inscrit à l’Ecole Doctorale Pluridisciplinaire « Espaces, Cultures et Développement » de l’UAC dans la filière Sociologie du Développement pour l’obtention du Diplôme des Etudes Approfondies (DEA) en 2016. Fanatique de la recherche et du monde scientifique, Constant Ghislain Nonkoudje y poursuivit la même année sa thèse qui fait objet de soutenance le mardi 25 février 2020. Il a à son actif deux articles scientifiques. Il a également présenté une communication au colloque internationaux intitulée : « Accessibilité des femmes au foncier rural dans la région mahi au Bénin » organisée à l’Université d’Abomey-Calavi du 06 au 08 mars 2019 par le Laboratoire d’Anthropologie Appliquée et d’Education au Développement Durable (LAAEDD) en collaboration avec la Faculté des Sciences Humaines et Sociales de l’Université d’Abomey-Calavi et la Faculté des lettres, Arts et Sciences Humaines de l’Université de Parakou. Cette communication a été présentée au Colloque International Pluridisciplinaire sur le thème : « Leadership Féminin et Promotion des Objectifs du Développement Durable en Afrique Francophone ». En termes de formation, il a suivi en avril 2011, une formation sur le leadership, la gestion du temps, le management des Organisations’ au Rotaract Club de Bohicon. En octobre 2014, il a suivi la formation des animateurs du projet « la fin de la pauvreté en milieu rural » à ‘’ l’ONG AREF-ODEPA (Association de Recherche, d’Etudes et de Formation pour le Développement durable et la lutte contre la Pauvreté’’ visant la formation des groupements de femmes du département du Zou à l’entrepreneuriat et à l’exercice d’Activité Génératrice de Revenus en réseau. Il a étudié les modules suivants au cours de ladite formation : esprit entrepreneurial, la culture entrepreneuriale, Techniques de négociation et les techniques d’animation de projet et d’ONG. En juin 2019, il a participé à l’atelier de formation de validation des outils de collecte des données sur l’évaluation des compétences, attitudes et pratiques des prestataires pour les soins de l’avortement sécurisé / PF au Bénin, commanditée par l’OMS et organisée par l’IRSP OUIDAH. En septembre 2019, il a suivi une formation des OSC du Zou sur le plaidoyer ODD et la Sécurité Humaine. Sur le plan professionnel, Constant Ghislain Nonkoudje assume le poste de président de 2014 jusqu’à ce jour et joue également le rôle de formateur principal à GRASED ONG spécialisée dans la protection social et l’épanouissement des couches vulnérables. Il travaille depuis 2017 auprès des OSC en tant que consultant individuel. En janvier 2017, il a été contrôleur dans le cadre de la mission de collecte des données sur les causes et conséquences de l’accouchement à domicile dans la zone sanitaire Bembèrèkè-Sinendé (Borgou) organisée par le ministère de la Santé et commandité par l’OMS, et formateur principal de la formation organisée au profit des artisans de la commune de DJIDJA par BORNEforden en collaboration avec le centre de promotion social de DJIDJA sur le thème : apprentissage sans violence en décembre 2017. Toujours en décembre 2017, il a été membre de l’équipe de mission de collecte et d’inventaires des registres d’état civil au Bénin dans le département du Mono, organisée par la Direction Générale de l’Etat Civil. Août à octobre 2019, il a été consultant-formateur à l’ONG HENUSU sur le thème : l’approche genre et les violences faites aux femmes dans la commune de Za-Kpota.

Ils ont dit

Prof Albert Tingbé-Azalou, Directeur de thèse
« Le candidat aborde un sujet original et très pertinent »

La thèse de Constant Ghislain Nonkoudje porte sur un sujet original et très pertinent dans le champ de la problématique globale du développement humain des pays africains. Il s’agit d’analyser les enjeux et défis dans la médiation des OSC autour de la mobilité des enfants au Bénin. En effet, le candidat part des constats selon lesquels le phénomène de la mobilité des enfants constitue une inquiétude majeure pour la communauté internationale. Il l’a justifié en un premier temps par les allégations de Terre des Hommes (2014) selon lesquelles, la non maîtrise des données fiables sur les enfants en situation de mobilité est une préoccupation de tous les acteurs concernés par la protection. Aussi, le nombre élevé des enfants en mobilité précoce est toujours au cœur des débats. Ainsi les flux migratoires actuels, externes et internes, leurs causes et leurs répercussions dans les pays d’origine, de transit et de destination, sont un grand défi pour les Etats, les sociétés et pour les migrants eux-mêmes en particulier.

Constant Ghislain Nonkoudje, l’impétrant
« Il urge de repenser la question de protection des enfants »

En nous basant sur la théorie de la reproduction sociale, telle que la promotion des droits des enfants se fait aura de répercussion sur les générations futures. Donc, il urge de repenser la question de protection des enfants, le concept de l’intérêt supérieur de l’enfant pour le bonheur de ces derniers.

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