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Le triomphe de la vérité

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Amendement constitutionnel selon le député Nourénou Atchadé:« La minorité a envoyé la patate chaude à la population»


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Nourénou Atchadé /Ph:Benoit KOFFI

« Les députés de la minorité parlementaire ont décidé d’envoyer la patate chaude à la population pour qu’elle décide, elle-même, du sort de la révision de la Constitution ». Ainsi s’exprimait le député Nourénou Atchadé, porte parole du parti Fcbe et membre de la minorité parlementaire samedi dernier, au cours d’une conférence de presse organisée au siège de cette formation politique à Cotonou. Il évoquait l’une des raisons ayant poussé les 19 députés de cette minorité à voter contre la proposition d’amendement constitutionnel récemment introduite au parlement. Si tous, autant qu’ils sont, majorité comme minorité, s’accordent sur la nécessité de procéder au toilettage de la loi fondamentale, la «précipitation » qui a caractérisé la récente procédure enclenchée par l’Assemblée nationale autour de la proposition de loi en débat a fait changer de position à Nourénou Atchadé et à ses pairs. «Nous avions déjà en discussion des propositions d’amendement de la Constitution quand ils ont sorti un texte de leur laboratoire pour venir nous l’imposer » a-t-il déploré, ajoutant qu’au niveau des députés de la minorité parlementaire, des démarches étaient déjà en cours pour associer des constitutionnalistes à l’œuvre. « La Constitution est un texte majeur de la République. Elle ne se rédige pas par n’importe qui », a-t-il prévenu. Les séances plénières et autres concertations, décidées à la va-vite au parlement en l’espace d’une semaine, ainsi que la procédure d’urgence pour le second vote des 4/5ème, sont autant de faits qui paraissent « étranges » pour Nourénou Atchadé qui en déduira qu’« il y a à penser que le travail se fait quelque part contre la minorité ».

Le député Nourénou Atchadé abordera, par ailleurs, les différents points de la proposition de loi rejetée au parlement pour clarifier davantage les positions de son groupe. « Par rapport aux femmes, on a convenu ensemble au séminaire organisé à cet effet, que c’est l’article 26 qui devait être modifié, mais ils ont souhaité toucher à l’article 80 », a dénoncé le conférencier. Et le député de regretter qu’on accuse ses collègues de la minorité de ne pas vouloir faire la promotion des femmes, en indexant surtout les proches de Boni Yayi. Or, « c’est sous le président Yayi qu’il y a eu plus d’actes de promotion de la femme, parce qu’on est allé jusqu’à 33% de femmes dans ses gouvernements successifs, sans occulter toutes les autres œuvres à son actif en faveur des femmes, comme les Micro-crédits aux plus pauvres et la gratuité de la césarienne », selon Nourénou Atchadé. Il a tenu à relever la régression de ces initiatives sous le régime actuel. Il a aussi abordé la question de l’alignement et du regroupement des élections pour dire que « cette option ne sied pas à un régime présidentiel qui est le nôtre ». L’économie à réaliser est aussi « très maigre par rapport à tout ce qui est chanté », selon le porte-parole des Fcbe pour qui, également, « les 7 ans de mandat législatif entrevus à partir de 2019, si cette révision passait, pour pouvoir entamer le regroupement de toutes les élections dès 2026, est aussi un appât ». « Nous ne pouvons pas accepter que l’on fasse des modifications pour faire souffrir le peuple » finira-t-il par lancer, faisant remarquer que la loi référendaire, en l’état, ne permet même pas d’aller au référendum. « Les règles qui régissent le jeu vont être modifiées en cours de jeu. Est-ce qu’on gère une république comme ça », s’interrogera-t-il à propos des soupçons d’une révision imminente des textes. « Ce qui se passe au Bénin est un danger pour la démocratie dans la sous-région. Nous attirons l’attention de l’opinion nationale et internationale » finit par alerter, M. Atchadé.

Son collègue Valentin Djènontin Agossou, premier secrétaire exécutif national des Fcbe, également présent à cette conférence de presse a, lui, d’emblée accusé le gouvernement au sujet de tout ce qui se passe autour de cette tentative de révision de la Constitution : « Il y a une violation flagrante des textes de la République et un putsch institutionnel que le gouvernement s’emploie à faire ».

Christian TCHANOU

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