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Le triomphe de la vérité

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Violation des principes de la rupture au ministère des finances: Un retraité nommé à la tête d’une direction


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Du miracle promis au  mirage subi. Le conseil   des ministres du mercredi 25 mai 2016 a rendu publique la nomination   de Thomas Azandossessi en tant que “Directeur général des participations de l’Etat et de la dénationalisation” au Ministère des finances et de l’économie. Cette nomination inquiète sérieusement les agents de ce Ministère qui se posent une question : Pourquoi un retraité à la tête de cet organisme ?

Thomas Azandossessi a été nommé Directeur général des participations de l’Etat et de la dénationalisation  au Ministère de l’économie et des finances à la faveur du conseil des ministres du 25 mai dernier. L’intéressé, précédemment secrétaire général sous le ministre Komi Koutché, a été pourtant admis à la retraite depuis juillet 2015. A l’époque, il avait su jouer les prolongations malgré les protestations des syndicalistes avant de partir finalement quelques mois plus tard. C’est donc ce retraité  qui est désormais Directeur général des participations de l’Etat et de la dénationalisation depuis le 25 mai 2016.

A l’analyse, un poste de Directeur général est un poste technique et administratif contrairement aux postes politiques comme Directeur de cabinet, conseiller et autres. Ainsi, au nom de quoi, l’actuel ministre de l’Economie et des Finances a-t-il nommé un retraité à ce poste administratif ?  Cette question se pose d’autant plus que, désormais, cette nomination ouvre la boîte de pandore. En effet, si un retraité peut être nommé Directeur général, administratif, pourquoi un autre retraité béninois ne pourrait-il pas être nommé directeur technique ? Et pourquoi pas un autre, chef de service ? Et pourquoi pas un autre encore, chef de division ? … Dans cette perspective, n’importe quel retraité peut encore resurgir à un poste technique dans la Fonction publique. Un ancien douanier pourrait devenir ou redevenir Directeur général de la Douane ou même chef douane Cotonou Port !

 

Deux poids deux mesures

Dans le même pays et sous le même régime de la Rupture, l’ancienne directrice des examens et concours a été débarquée manu militari de son poste, son bureau défoncé à coups de marteau parce qu’on l’accusait d’être restée alors même qu’elle était admise à faire valoir ses droits à la retraite depuis juillet 2015. Pendant ce temps, le copinage le plus abject a lieu au Ministère des finances. Les agents sont encore sous le choc de cette nomination dont la plupart ignorent le fondement.  Quelle est cette compétence que détiendrait Thomas Azandossessi et qui ne se retrouve chez aucun autre cadre du ministère des finances ? D’ailleurs, n’importe quel retraité détient toujours des spécificités, des particularités faisant sa fierté. Et pour cela, les cadres ont la manie de faire le désert autour d’eux pour empêcher l’émergence d’autres agents de profils similaires capables de les remplacer à la retraite. Cette pratique de nivellement par le bas est monnaie courante au sein de l’administration publique où bon nombre de cadres proches de la retraite entretiennent des rêves d’éternité. Or, un agent qui a servi l’Etat pendant trente (30) ans et qui n’a pas pu former un seul cadre à même de le remplacer (ou à défaut de lui succéder) ne devrait pas en être fier. Il devrait plutôt considérer sa carrière administrative comme un échec.

Une violation flagrante de la loi

Et pourtant l’article 13 de la loi n° 2011-20 DU 12 OCTOBRE 2011 portant lutte contre la corruption et autres infractions connexes en République du Bénin, stipule : «  L’agent de l’administration admis à la retraite ou démissionnaire ne peut exercer des activités professionnelles directement liées aux fonctions qu’il assumait quand il était en poste qu’après un délai de cinq (05) ans, sauf dispositions contraires des statuts particuliers régissant certaines professions. » En clair, si Thomas Azandossessi a signé un contrat avec l’Etat pour continuer sa carrière au sein de l’administration publique, cette pratique constitue une entorse à la loi. Ainsi, c’est à tort que le ministre des finances lui a fait appel. Les syndicalistes pourraient à tout moment user de cette loi pour demander que cette nomination soit rapportée. A défaut, il appartient au président de la République de rappeler son ministre à l’ordre pour ne pas faire le lit à d’autres dérives du même genre au sein de l’administration publique à l’heure du Nouveau Départ.

Wandji A.

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