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Le triomphe de la vérité

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Entretien avec un acteur du cinéma béninois: Oncle Bazar en tournage à Hollywood


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Acteur de cinéma, promoteur du festival « Rire au gras», Oncle Bazar est actuellement aux Etats-Unis où il est attendu pour le tournage d’un film d’école à Hollywood. Avant son départ, il a accepté de nous parler. Au cœur de cet entretien plutôt riche, l’artiste parle aussi bien de sa vie professionnelle que privée et lève un coin de voile sur ses ambitions politiques.

L’Evénement Précis : Comment se porte aujourd’hui Bazar films production ?

Oncle Bazar : Comme vous le voyez, Bazar films production se porte à merveille. Tout va bien, nous avons de gros projets et nous sommes en train de les exécuter

Parlez-nous des dernières productions que vous avez déjà faites
Les deux dernières productions, à savoir, « Mon invité » et « Mon ménage » ne sont pas policiers mais des téléfilms. Mais les longs métrages et les séries sont en cours.

Au temps fort de la disparition de Dangnivo, vous avez produit un film qui a fait fureur. Il s’agit de «Enlevé ou disparu». Dites-nous d’où est venue l’inspiration pour cette œuvre ?
Moi je ne fais pas la politique. Ce n’est pas ma production mais plutôt celle de Yadjo. J’ai coordonné les réflexions. L’idée est venue comme ça. Je n’ose pas dire que c’est dans un rêve, mais l’artiste réfléchit. Victor Hugo a dit que qui ne pense pas ne vit pas. L’artiste vit. C’est ça qui vous a permis de connaitre cette histoire de «Enlevé ou disparu». Mais je ne crois pas que ce soit une histoire vraie mais plutôt une histoire réfléchie et improvisée.

Nous avons questionné quelques-uns des acteurs de ce film. Certains nous ont révélé qu’ils ont subi un certain nombre de situations après la sortie du film. Quelle a été votre expérience ?
S’ils évoquent ça, qu’en serait-il de l’acteur principal que je suis. C’est une très mauvaise expérience que je ne suis plus prêt à répéter. D’abord, je ne fais pas la politique. Même si j’envisage de remplacer Yayi Boni en 2016, ce n’est pas avec la politique que je le ferai mais avec le rire.

Parlez-nous franchement de quelques menaces que vous avez subies après la sortie de ce film
Les gens nous ont dit de ne plus répéter sinon, on risquait d’être inquiété. Ce sont des menaces téléphoniques. J’ai subi une sérieuse agression mais je n’ai pas voulu en parler à ceux qui connaissent cet événement pour en faire un événement. J’ai fait taire cela pour ne pas faire de la politique et pour ne pas demander un exil politique.

Vous voulez dire des agressions physiques ?
Bien sûr

A Cotonou ?
Oui, mais je n’en ai pas fait cas
C’est le lieu d’en parler
C’est ce que je veux éviter. Je ne veux pas qu’on en parle. Quand vous êtes agressé, menacé et que vous commencez par vous alarmer, vous faites peur à votre entourage, à vos amis, aux comédiens qui, dans l’avenir, auront des inspirations du genre et qui seront réticents à les exploiter sur un support CD. Moi, je suis un gagnant et un gagnant ne lâche jamais.

Après ces agressions, avez-vous fini à l’hôpital ?
Dans mon quartier, à Cococodji, c’est juste après l’agression que j’ai reçu le premier coup de fil. On m’a dit de continuer et qu’on aura ma mort pour les prochaines fois.

Vous avez fini à l’hôpital ?
Non. Mais vous savez, j’ai fait les arts martiaux et je connais un peu les techniques pour parer certains coups. Je me suis finalement sauvé.
« Enlevé ou disparu » avait une suite que les cinéphiles n’ont jamais eue. C’est à cause de ces menaces que vous avez reçues ?
Bien sûr. Peut-être qu’elle sortira un jour, cette suite. Mais elle est plus grave que l’introduction que les gens ont vue. On a dû surseoir à sa vente et on s’est retiré pour le moment. C’est juste une suspension. Ce qui est sûr, c’est déjà fait, c’est là, plus rien ne peut l’effacer. La preuve, c’est qu’il y a des disques durs à l’étranger qui portent ça. Donc, même-si on nous détruit aujourd’hui, c’est sûr que ça va sortir.

A quelle date avez-vous lancé ce film ?
Le film a été lancé fin 2011. Je n’ai pas la date précise en tête.
Vous préparez actuellement un voyage sur les Etats-Unis. De quoi cela retourne exactement ?
Au fait, il y a l’Europe, les Etats Unis et le Canada. Il y a quelques moments que je sors des films que les Béninois qui vivent à l’étranger n’ont pas. Ils appellent tout le temps pour demander, même des télévisions, pour rentrer en possession de ces films. Surtout avec les événements de FAPA. J’ai pris mon temps pour préparer ce voyage dans le but de les desservir dès que j’aurai un bout de temps pour parcourir ces régions. Souvent, ce sont les ressortissants béninois de la Belgique, de la France, du Canada et des Etats-Unis qui appellent le plus. Il y a aussi le Gabon. Mais on a déjà pris par là. C’est dans cette optique qu’on a initié ce voyage. Il s’est fait qu’au cours de la préparation de ce voyage, j’ai gagné le contrat d’une école de cinéma à Los Angeles. On m’a sélectionné pour participer à un film d’école de Los Angeles, précisément à Hollywood. C’est conformément à leur programme que j’ai programmé ma première vision. Celle que j’ai énumérée au départ sur le voyage. J’ai combiné les deux pour aller accomplir cette mission.

Qu’allez-vous faire à chaque étape de votre voyage ?
En Europe, je dois d’abord rester en Belgique plus précisément à Liège. J’y passerai trois jours pour dédicacer les films aux Béninois qui sont déjà avertis. Notre ambassade est déjà saisie. Ils vont passer à l’ambassade à Bruxelles pour avoir même les anciens CD d’Oncle Bazar, à partir de ‘’Petit pipi’’, ‘’Goûter’’ et tous les autres films en format DVD parce que les Béninois d’ici n’arrivent pas à connaitre la valeur du DVD. Si bien qu’on est obligé de leur servir le moindre format c’est à dire le VCD. Nous devons aussi nous rendre à Lilles sur invitation de monsieur Agbessi. C’est un richissime homme d’affaires béninois résidant à l’étranger qui m’a sollicité pour son anniversaire. Je vais animer une soirée avant de revenir à Bruxelles reprendre le vol pour les Etats-Unis. Après, je reprends la route pour Montréal. Ce qui a été fait à Liège, Lilles sera répété à Montréal.

Vous avez combien de temps à passer ?
J’ai trois semaines très chargées. Je ne sais pas si je vais arriver à dormir pendant 72 heures au cours de ces trois semaines.

Quels sont les autres projets que vous préparez présentement au Bénin ?
Dès que nous serons à Cotonou, nous allons démarrer la publicité sur le festival « Rire au gras » qui, cette année, attend 14 pays participants. Le festival du rire que nous avons initié il y a quelques années et qui aura lieu en juillet 2015. Après ça, nous allons refaire le format des VCD des anciens films de Bazar que vous connaissez. Nous allons refaire ces films en format VCD pour les Béninois résidant au Bénin. Malgré qu’on ait mis le prix à 1000 FCFA, les gens disent que c’est cher. Sur 1000 F, vous ne gagnez pas 200F. Quand on va dépouiller ces 1000F, vous allez vous étonner. C’est une perte. Permettez-nous d’aller vendre les vrais formats à l’étranger pour gagner plus et revenir faire de beaux films pour vous.
Où se tiendra cette année le festival ‘’Rire au gras’’ et quelles sont les grosses pointures attendues ?
Les humoristes africains, bien sûr. Il y a Ahmed Hassan de la Tunisie, mon ami Dahico, Gohou Michel et Omar Défounzou du Gabon. Il y aura les têtes d’affiche du Bénin dont Pipi Wobaho, Oncle Bazar et prince Yadjo, Mastacool et beaucoup d’autres humoristes. Ça va se tenir au stade de l’amitié en populaire puis en VIP dans la salle bleue du Palais des congrès.

Vous avez prévu quelle date ?
La date sera choisie quand je serai en tournée.

Parlons un peu de votre vie privée. Bazar est-il marié ?
Je suis marié et père de trois filles.

Vous êtes polygame ?
Je ne peux jamais l’être dans ma vie
Pourquoi ?
Parce que je n’ai pas le temps pour m’occuper des autres.

N’êtes-vous pas tenté par la femme ?
Je suis tenté tous les jours. Maintenant, on choisit entre son boulot et le sexe. Avec le sexe, tout le monde sait qu’on n’évolue pas. Mais quand on met le sexe de côté et on pense à son avenir, on évolue et on pousse loin.

Est-ce à dire qu’on n’évolue pas avec beaucoup de femmes ?
Dans tous les cas, on n’évolue jamais avec beaucoup de femmes.
Quand on est une star de cinéma. On doit voyager et laisser sa femme. Est-ce qu’il arrive que Bazar vive des remue-ménages à la maison ?
Oui, ça arrive. Mais, il n’y a pas de problèmes et ça se passe dans tous les ménages. Yayi Boni est une star mais il n’a qu’une seule femme.

Oncle Bazar et Yadjo, c’est une vieille histoire. C’est vrai que vous n’êtes plus ensemble. Quelles sont aujourd’hui vos relations ?
C’est ce qu’on n’a pas compris. Il y a eu au départ la compagnie qui est Oncle Bazar et compagnie. Après, on a décidé la maintenir et créer deux autres sociétés. La compagnie Oncle Bazar est une association qui est légalement enregistrée. Yadjo a Ecotel et Bazar, Bazar films production. Mais chaque fois que Yadjo intervient sur mes CD, c’est Bazar et compagnies parce que c’est toujours la compagnie qui travaille. Les quatre derniers films et d’autres portent le nom Bazar films production qui sont pour Bazar. Et s’il s’agit d’Ecotel, c’est pour Yadjo. C’est comme ça que ça évolue. On est tout le temps ensemble, on produit ensemble des postes publicitaires. On n’est pas séparé comme les gens le prétendent. Les Béninois aiment les événements. Si vous tendez le micro à Yadjo, il vous dira la même chose.

Avez-vous des choses plus intéressantes sur lesquelles je ne vous ai pas interrogé ?
Oui. J’ai des ambitions politiques comme tout bon Béninois. Je pense que 2016 sera pour moi une année de rêve et là les Béninois attendent de me voir remplacer Yayi Boni en 2016. Il sera même content de se voir remplacer par un humoriste parce qu’il aime beaucoup l’humour.

Autrement dit, vous serez candidat en 2016 ?
Oui, je suis candidat en 2016 pour pouvoir remplacer Boni Yayi.

Mais il fallait passer par les législatives. Pourquoi ne l‘avoir pas fait ?
Ce n’est pas une obligation. Vous ne pouvez pas me dire que Koupaki a pris par les législatives avant de prétendre être candidat aux présidentielles. Il y a plein de présidentiables qui n’ont pas pris par les législatives mais qu’on va retrouver en 2016.
Vous avez un appel à lancer aux Béninois
Je vais exhorter mon peuple à croire en moi, à croire au rire qui guérit les choses et tous les maux dont il souffre aujourd’hui. Le rire pour guérir le rire parce qu’il y en a certains qui rient mais pas profondément. Je pense que je serai là en 2016 pour produire du rire aux Béninois.

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