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Le triomphe de la vérité

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Entretien avec un comédien ivoirien de la série « Ma famille »: Dosso fait des révélations sur sa vie et parle de ses projets


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Dosso TiékoumbaA l’état-civil, on l’appelle Dosso Tiékoumba. Dans la série télévisée  « Ma famille » à travers laquelle les Béninois l’ont découvert, il a incarné le personnage Dosso. Actuellement producteur-réalisateur, il nous a ouvert  les portes de sa vie à l’occasion de la 24ème édition du Festival panafricain du cinéma et de télévision de Ouagadougou (FESPACO 2015) au Burkina-Faso. Et nous y avons pénétré. Que de révélations à découvrir sur la vie d’un comédien au palmarès impressionnant et plein de rêves.

L’Evénement Précis : Que peut-on retenir de votre palmarès ?

Dosso Tiékoumba : Il est très difficile de parler de moi, moi-même. Mais je peux dire que j’ai commencé le théâtre avec des  troupes de quartier. J’ai parcouru également des compagnies de théâtre. Ce sont ces formations dans les troupes de quartier et professionnelles qui m’ont permis de faire des caravanes et des festivals à travers toute la Côte-d’Ivoire. En 1995, j’ai fait ensemble avec des collègues, une caravane à travers tout le pays. Il s’agit d’une caravane initiée par l’Etat ivoirien pour la vulgarisation du Code électoral. Après cette caravane, je me suis retrouvé avec ma famille. En 2008, je suis venu à Ouagadougou, au Burkina-Faso où j’ai tourné ma première série télévisée avec madame Aminata Diallo. Entre 2010 et 2011, je suis revenu au Burkina-Faso pour tourner la seconde saison de la même série avec madame Aminata Diallo. Après, en 2013, j’ai décidé de me lancer dans la production et la réalisation. J’ai donc produit la  première saison de ma série qu’on appelle «Cris de bois» qui a plu aux Ivoiriens puisque diffusée sur la première chaîne de télévision nationale. Entre fin 2013 et 2014, je me suis retrouvé encore à produire la saison 2 de la même série. Sa diffusion sur la télévision ivoirienne a déjà commencé.

Dans la série « Ma famille », vous avez joué le rôle d’un mari polygame toujours plongé dans les scènes de ménage. Et on remarque que vous vous y plaisez très bien. Est-ce le profil réel de Dosso ou juste ou c’est  l’acteur qui a joué ce rôle ?
C’est un acteur qui a été conçu par le producteur et la réalisatrice. Sinon, je ne suis vraiment pas comme ça. Moi-même, je suis un produit de la polygamie dans la vie réelle. Mais je reprécise que dans la série, c’est l’acteur qui a joué. La réalisatrice a  peut-être décelé quelque chose en moi qui réponde à ses aspirations. Et c’est peut-être ce qui a fait qu’elle m’a confié  ce rôle que j’ai bien rendu.

Autrement dit, Dosso n’est pas un polygame dans la vie réelle
Pas du tout.

Quelle est alors votre situation matrimoniale ?
Je peux vous garantir que mon cœur n’est plus à prendre. Mais je n’ai pas encore mis la bague au doigt devant le maire. Je suis d’ailleurs père d’une fille et d’un garçon.

On va parler un peu de votre actualité. Pour cette année 2015, qu’entendez-vous offrir aux cinéphiles ivoiriens et africains ?
Je peux dire que nous sommes en plein déjà dans mon actualité en 2015. Comme je vous l’avais dit au début, j’ai déjà fait le lancement de la 2ème Saison de ma série « Cris du bois » depuis février 2015 dernier et la diffusion a déjà commencé sur la télévision ivoirienne. Dieu merci, la série se comporte bien parce qu’on en a des échos favorables. Nous prévoyons déjà pour l’année prochaine, des courts métrages et bien d’autres choses, s’il plaît à Dieu. On ne prévoit que du bon pour nos fans.

On vous a annoncé dans la 2ème saison de la série « Ma famille » dont le tournage devrait commencer cette année. Dosso sera-t-il de la partie et dans le même rôle ?
Je l’espère bien parce que c’est nous qui l’avons commencée. Je sais que je fais toujours partie du casting. Je peux jouer aussi un rôle plus éclatant que celui de la première saison.

Voulez-vous donc nous dire que jusqu’à ce jour, vous n’êtes pas encore sûr de jouer dans la seconde saison de cette série ?
Ah, non, ne le dites pas comme ça. Vous savez, pour mettre un tournage en chantier, ce n’est pas une mince affaire hein. Tu peux prévoir le finir une date, mais ne pas pouvoir le faire. Et c’est ainsi que des difficultés peuvent intervenir à tous les niveaux. Autrement dit, on n’est jamais sûr à 100%.

Nous avons remarqué que dans la série « Ma famille », plusieurs acteurs sont décédés par la suite. Qu’est-ce qui s’est passé ?
Vous savez, comme les journalistes, les comédiens sont toujours devant les projecteurs. C’est ce qui différencie notre vie de celle du commun des mortels. Sinon, chaque minute, les gens meurent sans qu’on en parle du tout. C’est parce que nous autres, nous sommes d’actualité que lorsque quelqu’un meurt parmi nous, les gens commencent à faire des commentaires. Moi je pense que tout ce que Dieu  fait est bon. Voir derrière les décès de ces comédiens des choses suspectes, je pense que ce n’est pas bon. Puisque comme tout le monde, le comédien peut mourir de façon naturelle.

Autrement dit, vous ne partagez pas l’avis de ceux qui pensent qu’il y a une sorte d’envoûtement qui s’abat contre les comédiens de la série « Ma famille »
Non, pas du tout. Je pense  que ce sont des conneries. Tout ça, ce sont des bêtises. Vous savez, nous qui sommes tout le temps dans les médias, les gens racontent énormément de choses sur nous. Tout simplement parce que notre vie est exposée et n’est pas  à l’abri des projecteurs comme le commun des mortels. C’est tout le problème.

Connaissez-vous le Bénin ?
Oui, je connais le Bénin.

Avez-vous vu une fois des films béninois ?
Oui, j’en ai vu. Surtout ceux de Yadjo que je connais bien.

Alors, de votre regard de comédien, de producteur et de réalisateur, comment voyez-vous l’avenir du cinéma béninois ?
Vous savez, le Bénin, sur le plan d’intellectuels, est en avance sur plusieurs pays en Afrique de l’Ouest. La preuve, avant, en Côte-d’Ivoire, la plupart des enseignants sont d’origine béninoise. C’est pour vous dire que le Bénin dispose de très grands comédiens, de très grands artistes. Je dirai, en général, que le cinéma africain a de très beaux jours devant lui. Ça, c’est clair. Et c’est pourquoi il faut avoir le courage de commencer à produire en grand nombre. De cette façon, d’expérience en expérience, nous allons atteindre la qualité qu’il faut pour améliorer le niveau de notre cinéma. C’est ce que moi je fais actuellement. Et je pense qu’un jour, j’y arriverai. Le Nigeria a commencé comme ça, les Etats-Unis ont commencé comme ça, l’Europe a commencé comme ça. C’est donc le moment pour nous autres aussi d’oser pour atteindre le niveau que ceux-là ont aujourd’hui. Pour en revenir au cinéma béninois, je dois dire que nous devons poursuivre la collaboration entre cinéastes béninois, ivoiriens, burkinabés,  sénégalais et togolais. En agissant ainsi, je pense que nous allons pouvoir y arriver.

Qu’avez-vous à dire pour conclure cet entretien ?
Je voudrais demander aux institutions d’ouvrir grandement leurs portes pour nous. Que nous ne soyons plus là à toujours quémander. Vous voyez ? Le cinéma a fait des Etats-Unis, un pays très connu. Grâce aux films américains, la culture américaine est connue dans tout le monde entier. Il en est de même pour l’Europe. C’est donc l’occasion pour moi d’attirer l’attention de nos autorités sur notre situation et leur demander  que les choses ne restent plus dans les beaux discours. Qu’ils mettent réellement en pratique ce qu’ils disent. Je demande donc à  nos gouvernants d’avoir la clairvoyance de nous écouter davantage.

Propos recueillis par Donatien GBAGUIDI

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