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Le triomphe de la vérité

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Edito: Le PRD en mode vengeance


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« Le PRD approuve la marche du 11 décembre, mais nous n’avons pas été associés. Le PRD est pour le départ de Yayi, mais de façon démocratique. Le PRD ne se reconnait dans aucune action visant à faire partir Yayi par la force, car il est un Béninois comme tout autre ».  Ainsi s’exprimait ce week-end  le porte-parole du Parti du Renouveau Démocratique (PRD), l’Honorable Charlemagne Honfo.
Cette position a jeté comme un pavé dans la mare. Clairement, le parti de Maitre Houngbédji a en idée de montrer sa différence  avec l’Union fait la Nation (UN) dont il est pourtant un des fondateurs. La guerre entre les deux formations politiques date de l’échec de 2011 et s’est envenimée lorsque Maitre Houngbédji a laissé entendre qu’il n’avait pas bénéficié du franc soutien de ses alliés de l’UN durant son ultime présidentielle.  Il est allé plus loin encore en soutenant que personne n’a mis le moindre copeck dans sa campagne électorale  en 2011. Voilà le contexte explosif    dans lequel intervient la marche voulue par la plateforme des partis d’opposition et de la société civile pour réclamer les élections.
Mais la première question est de savoir pourquoi le PRD n’a pas été associé à la première marche. Ou, à tout le moins, pourquoi il n’a pas senti le besoin de s’y associer, alors même que Maitre Houngbédji a été le principal instigateur de la fronde anti-Yayi ?
Dans la réalité, le parti nourrissait le secret espoir de voir échouer la marche du 29 octobre. Espoir déçu quand on a vu l’ampleur de la mobilisation populaire, mais surtout son retentissement national et international.  S’associer à cette initiative serait comme donner une plus forte influence à l’UN au moment où, insidieusement, le PRD lui dispute le statut de chef de l’opposition. En toute logique, le parti ne pouvait pas contribuer à alimenter la force de l’UN, même s’il s’agit de défendre une cause nationale. Trop d’oppositions, trop de déchirements, trop de rancœurs les séparent, pour que les deux mènent des actions unitaires. Même si ces initiatives ne proviennent pas que de l’UN mais en réalité de toutes les forces sociales et politiques engagées dans la défense des acquis démocratiques.
Que penser alors des déclarations de Charlemagne Honfo ?  Qu’elles sont brouillonnes en apparence, cousues  d’enfantillages grotesques et de contradictions. On attend du parti une plus grande hauteur d’esprit. Personne n’a jamais dit qu’une marche au Bénin est destinée à renverser Yayi. Ni celle d’aujourd’hui, encore moins celle qui, en septembre 2010, avait mobilisé outre Maitre Houngbédji, lui-même, Amoussou, Fagbohoun, Sèhouéto et toute l’opposition pour réclamer la lumière sur la disparition de Pierre Urbain  Dangnivo. En insinuant que la marche du 11 décembre serait destinée à renverser  le régime, le parti choisit la même ligne de défense  éculée que le pouvoir, et frôle carrément le ridicule. Il n’a visiblement plus peur de se faire acolyte de Yayi, pour saborder l’action de l’UN.
Mais cette position reste curieusement   en cohérence avec toutes les intrigues du passé et les méfiances réciproques entretenues dans un contexte où chacun ne raisonne que par rapport à ses intérêts du moment. Bien que clamant son appartenance à l’opposition, le PRD a pu conquérir la vice-présidence du Cos-Lépi, de connivence avec la mouvance. Maitre Houngbédji a pu placer son propre fils au poste de Trésorier général de la CENA, en offrant du même coup la présidence de l’institution, là encore,  à un mouvancier des plus fidèles.
Voyons donc les choses en face. Dans un jeu où les positions politiques ne sont gouvernées par aucune idéologie mais simplement par les rancoeurs du passé et les intérêts du moment, la position du PRD est d’abord de faire des arrangements avec le pouvoir lorsque ceux-ci lui permettent de se hisser à des postes plus ou moins lucratifs  de l’architecture politique.  Et tout le monde voit que ce positionnement plutôt ambigu ressemble à celui de la RB qui se paie le luxe d’être à la fois de la mouvance et de l’opposition. Il captera les bénéfices tant que cela l’arrange et s’installera dans la radicalité au cas contraire.
Dans le même temps, il contribuera à saborder toutes les initiatives menées par l’UN devenue utilement son adversaire le plus viscéral. C’est un jeu de massacre que le grand public ne découvre que maintenant, alors qu’il couve depuis longtemps sous les cendres de la vengeance.

Par Olivier ALLOCHEME

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