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Le triomphe de la vérité

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Edito: La contre-offensive anti-Nago


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Il a suivi et peut –être applaudi la  hargne de Yayi contre les autres, c’est son tour maintenant de goûter à la rage du Chef de l’Etat. Mathurin  Nago, l’ancien directeur  de campagne de Boni Yayi pour 2011 est désormais dans l’œil du cyclone. Il pourrait y perdre même son siège.

La grosse artillerie lancée contre le président de l’Assemblée nationale la semaine écoulée a pris un relief particulier ce week-end. Les femmes de Bopa, balai en main, ont conspué la deuxième personnalité de l’Etat et le maire est venu porter l’estocade : « Qui a trahi une fois va toujours  trahir », a-t-il éructé du haut de sa vengeance.  Ancien DG/Douane et actuel conseiller technique du Chef de l’Etat, Théophile Soussia a aussi participé à la vindicte populaire. Il a donné sa part de briques, de barres de fer et de gourdins sous forme de déclarations sibyllines dont le but évident est de terrasser l’adversaire du moment. C’est lui  qui  sera probablement mis en avant pour prendre la place de Nago.

                Toute cette orchestration vise à empêcher Mathurin Nago de se faire réélire l’année prochaine. Parce que le président de l’Assemblée nationale est vu comme celui qui, pour avoir permis le vote secret fin décembre, a rendu possible le rejet du budget 2014. C’était une grave forfaiture perçue dans le camp présidentiel comme le fruit des accointances avec Talon. En signe de représailles, Théophile Soussia et Isidore  Tossou  ont été nommés à la présidence, placés pour ainsi dire sur la liste d’attente, en attendant de régler le compte de leur « frère » de Bopa. Les déclarations de ce 30 août à Bopa ont offert l’occasion idéale pour en finir avec lui et positionner un autre homme. Le lancement des travaux de réhabilitation de la voie Comè-Lokossa-Dogbo avec la bretelle Zonhoué-Athiémè entre bien sûr dans cette stratégie de déstabilisation. Tout en détruisant l’homme, on en promeut un autre et l’on construit des infrastructures communautaires pour calmer les (pauvres) populations. Celles-ci sont décidément pauvres, si pauvres qu’elles en  ont perdu toute morale et toute éthique. « Odé, Owé, OdéOwé Aton O Waba ! » (Un, Deux,  Un, Deux Trois, Cadeau !), pouvait-on entendre samedi à Lokossa, devant le Chef de l’Etat. Ce type de slogan scandé dans un contexte comme celui-ci, est un éloge du troisième mandat. Il est clair, qu’il sera de plus en plus entendu pour simuler une volonté populaire. C’est ce peuple à qui l’on a distribué des billets de banque qui a envahi Lokossa ce week-end pour jouer le jeu de Yayi. C’est ce peuple instrumentalisé du fait de sa misère matérielle et  de son indigence morale qui votera à Bopa ou ailleurs contre Nago.

                C’est un  rouleau compresseur dont le président de l’Assemblée nationale connait parfaitement le  mode opératoire. Plus que quiconque, il sait comment est huilée cette machine de la manipulation et quelles méthodes de déstabilisation sont mises en branle derrière cette (gentille) kermesse. Les cadres ou demi-lettrés de Bopa comme d’ailleurs étant assoiffés de promotions, quelles que puissent en être les conditions, on les verra bientôt sillonner villages et quartiers en vue de parfaire le travail. Ils seront maintenus dans leurs strapontins ou promus à des positions plus juteuses, s’ils acceptent de jouer le jeu. Il faut maintenant  se demander si le chantier lancé samedi a déjà reçu l’onction de la BOAD. La précipitation suspecte avec laquelle tout ceci a été orchestré ne trompe aucun observateur sérieux.

                Mais alors, il faut surtout se demander ce que la déstabilisation de Nago rapporterait à Yayi lui-même. Il aura certainement brisé un partenaire de toujours, surtout dans une position prééminente. Il l’aura empêché de se faire réélire, mais gagnera un adversaire résolu de plus. Nago ira gonfler le nombre de ceux qui s’emploieront par tous les moyens à le réduire à néant et qui coaliseront indubitablement dès qu’il y aura des signes évidents de recherche d’un troisième mandat. Avec tout ce temps passé dans la mouvance, Mathurin Nago n’avait pas que des ennemis au sein des FCBE.   Et en voyant comment sont pourchassés les plus fidèles compagnons de Boni Yayi, tous ceux qui voudraient soutenir Nago savent à quoi s’en tenir. S’ils ne sont pas des singes à chasser de la plantation familiale, ils seront bientôt des scorpions à écraser.

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