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Conférence internationale sur la filière cajou: Le Bénin s’ouvre le marché vietnamien avec des contrats


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OLYMPUS DIGITAL CAMERALa Conférence internationale sur le cajou  de l’année 2013 s’est déroulée du 28 au 29 novembre 2013 à Victory Saigon Hôtel à Ho Chi Minh City au Vietnam. Organisée par l’Association Nationale Vietnamienne du Cajou (VINACAS) en collaboration avec le Ministère de l’Industrie et du Commerce du Vietnam, cette rencontre a connu la présence des acheteurs vietnamiens et vendeurs africains des noix de cajou, dont le Bénin qui s’est fortement fait représenter par une délégation d’exportateurs conduite par le président Razack Ishola Kinninnon. En réalité, le Bénin est le 5ème pays fournisseur de noix de cajou pour le Vietnam. Entre autres, il y avait dans la délégation béninoise, Rigobert Chacon Oura, Cyprien Olakundé Clet Olissan, Angéline Gbewato Kêkê, Koffi Serge Bruno Kinninnon, respectivement secrétaire général, trésorier général et membres du Conseil national des exportateurs de cajou. Cette délégation était conduite par Robert Akindé, le directeur général de l’institution nationale chargée de la promotion des produits béninois sur les marchés extérieurs dénommée Agence Béninoise de Promotion des Echanges Commerciaux (ABEPEC), et Florent Kpatindé, représentant l’Abepec. L’objectif principal de la rencontre était de développer davantage des échanges directs entre le Vietnam et les pays africains pour le cajou ainsi que des savoir-faire technologiques dans le domaine de la transformation des noix brutes. Placé sous le thème, « Vietnam Africa Development Cachew », l’ouverture officielle de la conférence a eu lieu le jeudi 28 Novembre 2013 à la salle de conférences de Victory Saigon Hôtel à Ho Chi Minh City sous la présidence du Ministre de l’Industrie et du Commerce de Ho Chi Minh représenté par  Nguyen Trong Thua, Directeur de l’Agence de Développement des Industries.

Le CONEC-Bénin signe des contrats avec le VINACAS

Après la cérémonie officielle d’ouverture, il a été procédé à la signature des contrats entre les différentes associations des exportateurs de cajou africain et leur homologue du Vietnam. Il s’agit de la signature des contrats entre VINACAS et le Conseil National des Exportateurs de Cajou du Bénin (CoNEC-BENIN). Au cours de ce moment solennel, le président du CoNEC-Bénin, Razack Ishola Kinninnon a exprimé l’intérêt du gouvernement pour cette ouverture, à travers la ministre de l’Industrie, du Commerce, des Petites et Moyennes Entreprises (MICPME), Naomie Azaria. Pour lui, cette initiative de VINACAS entre désormais dans l’histoire des événements du monde sur le cajou. Car, elle permettra aux différents acteurs économiques de ce secteur en Afrique et au Vietnam de mieux se découvrir. D’après les statistiques, le cajou représente le deuxième produit d’exportation et constitue une grande opportunité de développement socioéconomique pour le Bénin. « Cette filière contribue pour 8 % au revenu d’exportation nationale et 24,87 % à celui de l’exportation agricole.  Le Bénin est aujourd’hui, le 9ième producteur mondial de cajou et le 3ième au niveau africain, avec huit (08) départements producteurs sur les douze (12) que compte le pays. En 2012, le Bénin a produit une quantité de 155.929 tonnes contre 162.986 tonnes en 2011 », confie-t-il. Il s’est réjoui de la place qu’occupe aujourd’hui le Vietnam en Afrique. « Au titre des pays importateurs des noix de cajou du Bénin, le Vietnam occupe la première place avec 3 155 000 Dollars US d’importations en 2012 », révèle Razack Ishola Kinninnon. Son souhait, lors de cette conférence,  est de voir  les acteurs de la filière cashew du Bénin en général et les exportateurs en particulier, la Conférence Internationale dénommée : “Vietnam – Africa Cashew Development, constituer notamment un important creuset d’échanges entre exportateurs, importateurs et banquiers. « Elle doit nous permettre d’examiner ensemble les difficultés qui entravent le développement des relations d’affaires crédibles pour plus de création de richesses dans nos pays respectifs », a-t-il précisé.

Le Bénin corrige l’image de son  cajou au Vietnam

Ces dernières années, des cargaisons de cajou de mauvaise qualité ont été enregistrées au Vietnam  en provenance de l’Afrique. Il a fallu la présence de la délégation béninoise dans cette conférence pour corriger le tir. Le directeur général de l’ABEPEC, Robert Akindé  a relevé les caractéristiques du cajou béninois. C’est ainsi qu’il a promis au Vietnam de nouvelles dispositions au niveau des emballages. Pour un meilleur contrôle de la qualité de cajou et des échanges entre le Vietnam et les pays de la sous-région, les associations des exportateurs de cajou de la CEDEAO ont annoncé la création prochaine d’une fédération. Par ailleurs, Robert Akindé a rassuré de la disponibilité du  Gouvernement  béninois à jouer sa partition pour rendre plus crédibles les relations commerciales entre les entreprises béninoises et vietnamiennes à travers notamment le développement durable d’échanges d’informations commerciales  entre les institutions officielles des deux pays. L’ABEPEC en partenariat avec le président de « Africain Investment Management Services » (AIMS) basée au Ghana a initié récemment un projet dénommé BENIN DYNAMIC TRADE INITIATIVE (BDTI). Ce projet envisage organiser au Bénin sa première activité dénommée « Bankers Exporters Initiative » (BEI) avec pour invité d’honneur le Vietnam. Il faut noter que le Vietnam est devenu en 2013 un important importateur de cajou  avec un total de 500 000 tonnes importées en 2013 venant notamment des pays africains tels que la Côte d’Ivoire, le Nigéria, le Ghana, le Bénin, la Guinée Bissau et la Tanzanie. A cet effet, les pays africains dont le Bénin ont exprimé leur disponibilité à échanger directement avec le Vietnam en matière de commercialisation du cajou et d’échanges de savoir-faire technologique pour l’installation des usines de transformation en Afrique.

Enseignements particuliers pour le Bénin :

La participation du Bénin à la conférence du Vietnam sur le cajou a constitué un cadre indéniable d’échanges entre les exportateurs de cajou du Bénin et des entreprises importatrices de cajou au Vietnam.

CE QUE LE BENIN A RETENU

Sur les 100% des noix de cajou que le Vietnam importe des pays africains, seulement 3% environs  seraient importés du Bénin.

 Le Bénin est perçu au Vietnam comme fournisseur de cajou de mauvaise qualité. Il en est ainsi dans la mesure où, depuis des lustres, les exportateurs béninois de noix de cajou utilisent des emballages (sacs de jute) qui sont importés de divers pays dont le Ghana avec des marquages qui ne renseignent pas sur l’origine des noix de cajou du Bénin (réputées de meilleure qualité). L’utilisation par les exportateurs béninois de ces sacs de jute usagés provenant du Ghana a une double conséquence négative pour le Bénin :

–        les sacs usagés n’étant pas appropriés pour l’exportation des noix de cajou, affectent la présentation physique du produit à destination ;

–        au plan international, les exportations du Bénin sont considérées comme une réexportation de la production des noix de cajou du Ghana. Cet état de chose joue en défaveur du Bénin en ce sens que les investisseurs orientent leurs projets d’investissements dans la filière anacarde vers le Ghana qu’ils voient comme producteur d’anacarde exportée à partir du Bénin. Cette situation rabaisse les statistiques d’exportation du Bénin au profit du Ghana à cause des informations portées sur les emballages utilisés.

En conséquence, il serait indispensable que le MICPME en collaboration avec le MAEP prennent les dispositions requises pour corriger cette situation en vue de repositionner le cajou béninois sur le marché international. Il s’agira, notamment, pour le MICPME de prendre les dispositions adéquates pour  réorganiser la filière cajou au Bénin.

Cela permettra de corriger son image et sa qualité sur les marchés d’exportation et booster autrement les exportations du Bénin vers les pays importateurs de cajou notamment le Vietnam.

Recommandations

            Au terme de la conférence et sur la base des constats faits, les recommandations ci-après peuvent être formulées :

–        la nécessité pour le Gouvernement du Bénin d’œuvrer à travers le Ministère de l’Industrie, du Commerce et des Petites et Moyennes Entreprises en collaboration avec le Ministère de l’’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, des Ministères sectoriels et des partenaires techniques et financiers (PTF) pour mieux réglementer la commercialisation de l’anacarde au Bénin avec la mise en place d’une autorité nationale de régulation comme en Côte d’Ivoire;

–        le Ministère de l’Industrie et du Commerce à travers l’ABePEC doit prendre les dispositions requises pour aider les exportateurs béninois à résoudre le problème d’emballages pour l’exportation de cajou au Bénin.

            En conclusion, l’ABePEC, de part sa qualité d’institution de promotion des exportations au Bénin, peut se réjouir du fait que le Bénin n’a pas brillé par son absence à cette importante conférence sur le cajou au Vietnam. Cette absence lui ferait consommer les informations selon lesquelles notre pays fait partie des exportateurs des noix de cajou de mauvaise qualité. La présence du Gouvernement béninois à cette conférence aux côtés des acteurs privés du Bénin a permis de crédibiliser les contacts d’échanges entre les entreprises béninoises et vietnamiennes. Ainsi, nous pouvons noter que le marché vietnamien est désormais mieux ouvert aux acteurs de cajou aujourd’hui. Elle a aussi permis d’informer les acteurs économiques du Vietnam sur les efforts en cours au Bénin pour accroitre la production de cajou et faciliter le commerce entre le Vietnam et le Bénin.

Emmanuel GBETO

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