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Le triomphe de la vérité

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EDITORIAL: La fin d’un polichinelle


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La ruine presque cocasse du G13 n’est qu’une affaire de temps. Le groupe est en proie à une crise de sens en passe de devenir une crise d’existence du fait des derniers développements de l’actualité politique. Ce qui était parti pour être un ensemble capable de peser de son poids dans les prochaines échéances électorales n’y sera qu’à titre de souvenir pour une mouvance présidentielle prête à la phagocyter désormais. En faisant l’exégèse de ce mouvement né sur les bordures du yayisme, on se rend compte qu’il n’est qu’un avatar de la mouvance. Mis sur pied par des hommes d’affaires entrés en politique sur la base de leurs intérêts bien compris, le G13 était d’abord un regroupement des frustrés du régime n’ayant jamais renié leurs premières amours même s’ils gardent une action critique comparable à celle d’une opposition normale. La véhémence du discours d’un Rachidi Gbadamassi des moments de contestation, d’un Saka Fikara ou d’un Issa Salifou était celle d’une opposition en construction. Le ” retour au bercail ” de Gbadamassi, l’enfant prodige de la mouvance, a même donné une plus grande connotation d’opposition au groupe d’autant que ses ” révélations ” tendent à faire croire que la césure du G13 avec Yayi était une perspective à laquelle il s’oppose farouchement. Et les menaces ouvertement proférées de hameau en hameau durant leur récente campagne conjointe ” d’explication ” ont laissé penser au choix d’un nouveau cheval pour 2011 : c’était Abdoulaye Bio Tchané. Aujourd’hui, la situation a radicalement changé. Le coordonnateur du groupe Bako Arifari s’est inscrit en faux contre ses pérégrinations critiques, indiquant que le G13 n’a jamais officiellement opté pour un autre candidat ni d’ailleurs pour une quelconque opposition. L’option de l’Undp pour l’UMPP, malgré les hauts cris de l’un de ses élus l’Honorable Léon Ahossi, la situe définitivement aux côtés de Boni Yayi pour 2011. Et l’Honorable Joachim Dahissiho de l’Undp va jusqu’à affirmer que la mission originelle du G13 est terminée. Cette duplicité fait une impasse béante sur les aspirations des électeurs à qui des listes G13 ont été proposées l’année dernière lors des communales. Abreuvés de discours anti-Yayi dans un contexte de crise qui dénotait pour eux l’impéritie du régime, ils ont cru en des hommes et femmes en lutte pour des causes justes. Cependant les frustrations essentielle transformée en idéologie ne concernaient que non-respect des engagements pris par le Chef de l’Etat en faveur des députés coalisés. Parce que l’avènement du changement et surtout leur soutien au gouvernement devaient se traduire par des prébendes et des faveurs diverses. La déconfiture qui pointe à l’horizon vient de la perte des repères du fait du caractère hétéroclite de la composition politique du groupe, des intérêts l’ayant formé dès le départ et des échéances prochaines qui sonnent comme l’heure de vérité. La conciliation semble désormais impossible entre les pro-Yayi restés mouvanciers malgré leur veine cri tique, et les durs. Que ce soit Fikara Saka, Léon Ahossi ou Issa Salifou, ils appartiennent peu ou prou à la branche des faucons dont les positions extrêmes éloignent de la probabilité d’un retour. Edmond Agoua, Arifari Bako, Cyriaque Domingo ou Joachim Dahissiho sont au contraire dans une logique de colombe. Et dans le lot, les indécis se font muets comme carpe. C’est le cas de Valentin Houdé, Antoine Dayori : que cache leur mutisme apparent ? Difficile de le dire. Derrière toutes ces têtes de pont, se trouvent des municipalités entières en proie à l’incertitude, désorientées par l’absence d’un projet politique commun. Elles deviendront bientôt un terrain vierge prêt à sombrer dans les camp en compétition. Les divergences irréconciliables du G13 mettent ainsi en exergue la perspective de sa déchéance inéluctable symboliquement annoncée par l’enterrement fantoche opéré par Gbadamassi à Malanville. Ses mauvaises augures annoncent pourtant le crépuscule d’une contestation passagère qui n’aurait jamais dû être transformée en cause politique. Le G4 et Force Clé se lancent pourtant sur cette même voie, avec l’assurance d’un destin plus brillant sans préjuger de l’avenir qui n’a jamais souri aux ensembles hétéroclites.

 Olivier Djidénou

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