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Le triomphe de la vérité

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Edito: Les Fcbe, un an après


Rappelez-vous ! Il y a un an, les 10 et11 février 2018, s’était tenu à Parakou, le deuxième congrès ordinaire des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe). C’était à l’époque, le congrès de la mutation de l’alliance qui passe alors à un statut de parti politique à part entière. Boni Yayi en avait profité pour effectuer sa première sortie officielle après la débâcle de 2016. Le parti se positionne alors comme la première force de l’opposition et s’est lancé pour défi d’aller aux élections législatives.

Un an après, que reste-il de ce bel engagement ?

Créé en 2007 et après 10 ans de pouvoir, le moins qu’on puisse dire c’est qu’il a des militants dans tous les coins du Bénin. Ceci explique pour une bonne part les foules que draine son président d’honneur Boni Yayi. Celui-ci, ces dernières semaines, ne se lasse plus de faire des sorties très médiatiques et ostensiblement débonnaires, afin d’attirer la foule. L’une des toutes dernières est celle de ce samedi où l’ancien président est allé faire son jogging au Stade de l’Amitié, sous les youyous des curieux. L’objectif inavoué est de tester sa popularité, et de montrer au régime Talon la force de frappe de l’ancien président qui entend se présenter aux prochaines législatives. La rumeur lui prête l’intention de briguer la présidence du Parlement une fois élu.

Où donc est passée sa promesse de ne plus figurer sur aucun bulletin de vote au Bénin ?

Sûrement que l’ex-président trouvera la réponse appropriée au moment du passage à l’acte. Mais il faut avouer que Boni Yayi est notoirement aidé par les erreurs du régime Talon. Nous sommes bien au Bénin, et les réformes entreprises, quelle que puisse être leur utilité, ne sont acceptées que lorsqu’elles ont fait l’objet d’un consensus sérieux. A défaut, la crise que ces réformes provoquent, pousse le peuple à regretter l’ancien pouvoir. On l’a vu sous Nicéphore Soglo qui ne l’a compris que trop tard. On le voit aujourd’hui avec le régime de la Rupture qui risque de faire les frais de son arrogance. En fait, en Afrique, un ancien président est presque toujours un dieu. J’en ai eu la preuve à Kano au Nigeria où l’ancien président, l’effroyable Sani Abacha fait l’objet d’une véritable adulation, alors que l’on connaît tout le mal qu’il a fait au Nigeria durant son règne. Les anciens présidents en Afrique sont toujours appelés à la rescousse lorsque les réformes sont mal vécues. Ce n’est pas toujours une volonté de voir revenir l’ancien système, mais un cri de désespoir du peuple, la seule façon pour lui de sanctionner les dirigeants qui ne le comprennent pas.

Malgré cette belle forme, le premier anniversaire du parti Fcbe est assombri par des signes avant-coureurs d’un échec retentissant.

Le premier signe, c’est que le parti se croit encore au pouvoir au point de refuser la main tendue d’une union sacrée de l’opposition. Je peux vous faire une confidence. Une partie du peuple béninois a peut-être peur du régime Talon qui ne le rassure pas. Mais ce peuple a davantage peur des velléités de vengeance des Fcbe. Et la seule stratégie pour répondre à ce sentiment, c’est de s’associer avec les autres forces de l’opposition. Mieux, il faut bien croire que Yayi et ses lieutenants n’ont pas lu le nouveau Code électoral qui contraint la classe politique à une unité, même forcée. En jouant le jeu solitaire que l’on voit, ils donnent l’impression de n’avoir pas compris le cri du peuple : ce n’est pas  d’un quelconque retour de Yayi Boni que veulent les électeurs, mais la mise en synergie de toutes les forces de l’opposition pour gagner la bataille du 28 avril. Au soir du scrutin, j’entends d’ici les cris de l’opposition contre des fraudes imaginaires. Car la dispersion des voix est le gage le plus sûr de l’échec qui pointe à l’horizon. L’opposition, les Fcbe en tête, n’aura que ses yeux pour pleurer, parce qu’elle est actuellement incapable de transcender les démons du passé.

Un an après sa création, le parti Fcbe n’a pas encore compris le message du peuple. Il attend peut-être une deuxième débâcle pour se réveiller : elle viendra le 28 avril prochain.

Par Olivier ALLOCHEME

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