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Le triomphe de la vérité

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Tremblement de terre ce 11 septembre: Un séisme surprend l’Etat et les scientifiques Béninois en sommeil


 KassaLa nature a offert au Bénin aussi son 11 septembre. Si pour les Etats-Unis d’Amérique ce fut en 2002 un attentat meurtrier pour le peuple américain et l’humanité toute entière, celui de vendredi dernier au Bénin a été l’œuvre d’un séisme. La terre a donc tremblé dans la matinée du vendredi 11 septembre 2009 entre 4heures et 4 heures 10 minutes dans la partie Sud du Bénin, notamment dans la région côtière sans causer de dégâts matériels sensibles. Même si la mémoire collective continue de croire furtivement à un séisme dans les années 30 sur les mêmes aires géographiques, la journée du 11 septembre vient apporter une preuve irréfutable aux générations en vie, des risques et menaces naturels réels au Bénin sur le plan sismologue. Peu importe l’échelle d’intensité de Mercalli ou la magnitude à l’échelle Richter de ce qu’a vécu le Bénin ce vendredi. Ce qui a surpris tout le peuple béninois dans la nuit du jeudi 10 au vendredi 11 septembre 2002 et dont la survenance a suscité un plaisir et une passion pour les témoins, aurait pu tourner en drame national si les secousses s’étaient révélées plus fortes. Et c’est à juste titre qu’il convient de s’interroger sur le niveau réel d’organisation du Bénin sur les questions sismologiques ou même les phénomènes naturels catastrophiques. Le Bénin dispose-t-il d’un plan d’urgence de protection civile pour faire face à de telles éventualités ? Le tremblement de terre du 11 septembre semble révélateur d’une carence et d’une absence inouïe de prévision en matière de prévention et d’organisation face aux risques naturels.

Le dernier des soucis de l’Etat béninois

Le développement n’est pas qu’une question de production agricole ou de croissance économique. Il y a des indices qui concourent vraisemblablement à présumer du niveau de progrès des Nations. Au nombre de ces indicateurs, il y a le niveau de la recherche technique et scientifique et la place que celle-ci occupe non seulement dans la vision de développement du gouvernement mais aussi dans les mesures concrètes qui sont prises dans ce sens. Doit-on croire que depuis le tremblement de terre du 11 septembre 2009, aucun Centre ou Institut d’Etat spécialisé dans les questions sismiques ou de phénomènes naturels n’a pu fournir des données exactes sur la délimitation des régions ayant subi ces secousses ? Quant aux impacts matériels de ce tremblement, ils continuent d’être sous l’emprise des rumeurs les plus diffuses et les plus contradictoires. Aucune évaluation précise n’est officiellement disponible, ni même l’heure exacte de survenance du phénomène. Et pour ce qui reste de la vie et de la sécurité des populations, on a eu droit qu’à des élucubrations. Pour toutes mesures de sécurité face à un séisme qui a fini de se produire, le Directeur du service de la protection civile n’a trouvé juste que de conseiller aux populations de se  » cacher sous des tables et d’éviter d’être aux fenêtres des bâtiments… « . Somme toute, contrairement au pays  » sérieux « , le Bénin n’a aucun dispositif véritable de prévention et de protection face aux risques naturels. La situation est d’autant plus surprenante dans la mesure où ces secousses sismiques, si l’on en croit à l’histoire géographique nationale contemporaine, se produisent pour la 3ème fois entre le 20ème et le 21ème siècle. Qu’ont fait les cadres nationaux des années 37 après le tremblement de terre dans une vision prospective même si le Bénin était en plein sous domination coloniale ? Et puis ensuite, qu’ont pu faire les dirigeants respectifs du Bénin, héritiers de notre histoire, depuis les années 1960 sur le registre de la prévention et de la protection civile face aux risques naturels ? En France, si la Commission de la Production et des Echanges de l’Assemblée nationale a pu saisir l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques d’une étude sur « les techniques de prévision et de prévention des risques naturels », c’est s’inspirant du séisme du 11 Juin 1909. Après 70 ans révolus, le Bénin ne s’est pas encore doté d’un dispositif basique de réaction face aux risques naturels, notamment le tremblement de terre dont la succession de survenance dans notre histoire confirme l’existence effective des menaces. A quelle échelle de Richter ou de Mercalli se situe les secousses sismiques du 11 septembre ? Sans doute, l’Etat attendra encore longtemps, l’aide des partenaires japonais ou Chinois pour conclure son rapport sur le léger séisme du vendredi dernier. Et pourtant des pays sans grande évolution technique dans leur histoire récente, ont pu mettre en place des systèmes simples qui illustrent tout de même la vision prospective de leur société. Il en est ainsi par exemple de la Chine qui disposait en l’absence de méthodes avancées, d’un dispositif de protection civile. Cette ancienne méthode chinoise se basait sur un vase de bronze comportant huit dragons sur le pourtour. Une bille était placée dans la gueule de chacun d’eux, prête à tomber. Lorsqu’un séisme survenait alors, le vase de bronze qui reçoit les secousses laissait choir deux billes, l’une vers l’épicentre, l’autre en sens contraire. Ce qui guidait l’Empereur chinois dans l’envoi des secours en cas de catastrophe. Au Bénin, quand bien même le phénomène n’est pas aussi chronique et aussi catastrophique, il est recommandé pour un Etat sérieux de se fonder sur les indices sismiques mineurs pour asseoir avec la contribution des chercheurs, un dispositif même embryonnaire de prévention ou de secours.

 Les scientifiques béninois à nu

 Dans leur ensemble, face au séisme du 11 septembre 2009, les scientifiques béninois notamment ceux spécialisés dans les questions de géographie ou de géologie, ont montré leur limite. Nos meilleurs chercheurs universitaires et éminents professeurs n’ont pu que se contenter de leurs théories désuètes et de leurs références géographiques coloniales pour nous décrire et expliquer le tremblement de terre du vendredi. Rien à cirer des déclarations des scientifiques et chercheurs béninois sur le cas spécifique de la structure géologique à part les connaissances théoriques et documentaires générales. A l’image de leur Etat, aucun laboratoire béninois de recherche en géographie n’a pu révéler à ce jour, l’heure exacte de survenance du séisme ainsi que sa durée précise selon les foyers victimes. Plus de 72 heures ont suivi le tremblement de terre au Bénin mais depuis, les scientifiques et chercheurs nationaux sont incapables de communiquer avec le monde entier dans un langage scientifique. Ils ne peuvent à cette date ni raisonner en termes de l’Echelle de Mercalli ni à l’échelle de Richter. Ils ne peuvent ni délimiter le foyer du séisme ni soutenir les impacts effectifs de ce phénomène sans être confondus par une révélation venant d’un quartier reculé des foyers. En définitif, on peut bien s’interroger sur l’état réel des recherches scientifiques et techniques au Bénin et l’opportunité des priorités des choix qu’effectue l’Etat dans la recherche scientifique et technique. La seule condition de pauvreté des populations peut-elle justifier l’orientation systématique des investissements dans les recherches vers l’autosuffisance alimentaire ? Le développement est un concours de plusieurs facteurs et ne saurait être la priorité exclusive d’un secteur donné. Les surdoués parmi les centaines et les milliers d’étudiants inscrits dans les facultés de Géographiques dans nos universités, engloutissant pour leur formation, des investissements de l’Etat peuvent déjà constituer des bases pour la mise en place de laboratoires de recherches spécialisés dans ces secteurs insoupçonnés. D’autres pays comme la France ont basé leurs recherches sur ces  » cerveaux frais  » et s’en sont sortis avec les plus grandes réalisations scientifiques et techniques du siècle dernier pour leur pays.

Médard GANDONOU

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5 thoughts on “Tremblement de terre ce 11 septembre: Un séisme surprend l’Etat et les scientifiques Béninois en sommeil

  1. SGS

    Vos constats sont exacts, monsieur le journaliste. Mais que le vous le veuillez ou non, le Bénin a tellement de problèmes élémentaires vitaux, que les chefs d’Etat successifs ne pensent pas à ce genre de choses. C’est tout simplement logique, et même VOUS, ne feriez pas mieux à leur place. Il n’empêche que la dilapidation des maigres ressources dont nous disposons est inacceptable. Et même si on réduisait la corruption, je préfère encore qu’on investisse les sous ainsi récupérés dans l’agriculture (pas comme cela se fait de manière désordonnée en ce moment) et les petites manufactures, plutôt que dans un laboratoire de recherches sismologiques. Désolé, mais objectivement, ce n’est pas une priorité pour le Bénin.

  2. Antoine

    Mr le journaliste quel est l echelle de seisme sur celle de richter pour un devoire d svt sur la geologie en particulier les seimes. Meci pour votre comprension et merci de me rpondre pour mon devoir . Merci encore

  3. ep Post author

    Mr Antoine, tout comme les scientifiques béninois, j’émet un peu de réserve.
    Mais à l’état actuel des informations, le séisme du 11 septembre 2009 au Bénin est autour de 4.2 sur l’Echelle de Richter.
    Selon le Centre sismographique de Lamto en Côte d’Ivoire, le tremblement s’est produit à 04heures 10mn 17 s (heure du Bénin) à la latitude 60.62 longitude 2.42 profondeur 8 km soit environ 28 km au nord de Cotonou.
    Bon devoir.

  4. Codjo

    SGS says: « le Bénin a tellement de problèmes élémentaires vitaux, que les chefs d’Etat successifs ne pensent pas à ce genre de choses. C’est tout simplement logique Désolé, mais objectivement, ce n’est pas une priorité pour le Bénin. »

    Au vu de ce qui s’est passé ce 11 septembre, de la panique qui s’est emparée de la population, il y a quelques doutes sur le refus à investir dans un labo de ce type. On évoquera toujours le problème de moyens (très discutable), mais la COLLABORATION PERMANENTE avec des centres qui étudient déjà notre région est possible. Engouffrons-nous alors dans cette voie.

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