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Le triomphe de la vérité

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Foisonnement de conseillers techniques et spéciaux limogés de leur poste initial: Un garage des frustrés qui coûte cher au contribuable


Le Président Boni Yayi  Mme Baboni, récente et ancienne Directrice de la Loterie nationale du Bénin est la dernière sur une longue liste de Directeurs Généraux et d’anciens ministres de la république à être mutés, juste après leur démission par le Chef de l’Etat, à la présidence de la République comme Conseillers techniques ou Spéciaux ou Chargés de mission. Le phénomène s’opère aujourd’hui à un rythme si exponentiel que la Présidence de la République deviendra bientôt trop exiguë pour contenir le flux de conseillers techniques et spéciaux que son Chef lui convoie. Sous ce régime on en compte un peu trop par rapport aux régimes passés sous l’ère du renouveau démocratique au Bénin. Depuis Avril 2006, plusieurs dizaines de Conseillers Techniques et Spéciaux ont été nommés aux soins du chef de l’Etat le Dr Boni Yayi pour des domaines aussi vagues qu’abstraits. Mais la vague de ces nominations sous le régime du Changement est caractérisée par un trait essentiel. La plupart des Conseillers Techniques et même Spéciaux nommés par le Chef de l’Etat sont des « repris de gouvernement » à la limite, d’anciens Directeurs Généraux limogés. Dans ce registre, on a connu des ministres des affaires étrangères gommés à l’allure de limogeage promus Conseillers Spéciaux aux affaires étrangères ; un ancien ministre de la culture casé Conseiller aux affaires culturelles ; d’autres qui ont même décliné l’offre après acte de nomination officiel. Et chaque jour, les nominations à ces postes de la présidence confirment et confortent un système qui promeut l’insuffisance reconnue des cadres de la République à certains postes donnés. Ce qui donne l’impression que les nominations à la présidence n’étant soumises à aucune limitation numérique, sont utilisées par le Chef de l’Etat pour apaiser les germes de frustrations et de rébellion que ses limogeages et démissions peuvent engendrer dans le rang de ses militants politiques. Le Palais de la Marina constitue dès lors un garage des frustrés et un centre de promotion d’une certaine « incompétence » mais qui commence par trop peser dans le budget national. Un garage qui coûte cher Sans nul doute, la stratégie d’étouffement des velléités de frustrations dans l’entourage du Chef de l’Etat à travers les mutations à la présidence de la République est efficace pour l’apaisement du climat politique autour du Dr Boni Yayi. Mais à combien la stratégie revient à la bourse du contribuable ? La multiplication tous azimuts des nominations de Conseillers grève en effet au budget public de fonctionnement de l’Etat, d’énormes charges. Ces charges qui prises individuellement, affichent un tableau financier insignifiant, constituent cumulativement de lourds frais pour le contribuable béninois. Pour rappel, un Conseiller du chef de l’Etat jouit de divers privilèges et avantages variant des frais de missions aux nombreuses charges de commodités liées au transport, cadre de travail et autres. Et pourtant, l’on peut à juste titre se demander combien sont-ils au nombre des conseillers à être une fois dans une année, écoutés par le Chef de l’Etat ? Des confidences au palais certifient qu’il existerait des Conseillers qui n’ont plus jamais mis pied dans le bureau à eux affecté à la présidence de la République. Et pourtant les primes et indemnités affectées à leur fonction sont maintenues et régulièrement perçues à la charge du budget national.

Médard GANDONOU

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