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Le triomphe de la vérité

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Le Représentant Résident Banque Mondiale au Bénin Joseph Baah-Dwomoh: ” Le Bénin est à jour vis-à-vis de la Banque Mondiale “


Sous l’arbre à palabre, Rubrique du Journal L’Evénement Précis

” Sous l’arbre à palabre “, il y a toujours des surprises, mêmes les plus surprenantes. Et ça tente toujours de faire l’expérience. Le Représentant de la Banque mondiale n’a pas pu résister à l’appétit de sa curiosité et a cherché à connaître le siège de ” L’Evénement précis” qui a accueilli ” Sous l’arbre à palabre ” de nombreuses personnalités. Il s’y est rendu et accueilli, selon l’hospitalité légendaire caractéristique du Bénin. Résultats : une discussion à btons rompus entre amis et une tentation à changer de nationalité puisqu’en partant, il avoue non seulement sa surprise et aussi son attachement à un pays qui est presque devenu sa deuxième Nation africaine après le Ghana.

Et si on en parlait

Je me sens chez moi au Bénin

Je connais le Bénin depuis 1984. A l’époque, je venais en mission pour travailler sur le secteur agricole.  J€˜ai visité beaucoup de coins du Bénin pendant que je travaillais sur le secteur agricole.  En 1986 j’ai été chargé de la préparation d’un  projet du développement rural dans le Borgou qui avait comme composante des réformes au niveau de la filière coton avec la Sonapra et avec les Carder à l’époque.  C’est à cette époque qu’on a même eu à faire construire les usines de Banikoara, Bembèrèkè et de Parakou II. Donc j’ai beaucoup visité le Bénin que je connais assez bien et aujourd’hui, je me sens chez moi. Je vous rappelle que je n’ai pas seulement travaillé sur la filière coton, j’ai travaillé sur plusieurs activités dans le secteur rural au Bénin entre 1984 et 1993 et après 1998 jusqu’à 2006 quand j’ai travaillé sur le Bénin et plusieurs autres pays de l’Afrique en tant que Directeur sectoriel pour le Développement rural, l’Environnement et le Développement social à la Banque mondiale.  J’ai eu donc la chance de parcourir ce pays lors de mes séjours entre 1984 et 1993 et après 1998. C’est un pays que j’aime beaucoup et c’est pourquoi je suis revenu comme représentant résident en 2006.  
 
Le Bénin a changé
Je crois que oui dans plusieurs domaines.  Par exemple, la première fois que je suis arrivé au Bénin en 1984, la production du coton était autour de 30.000 tonnes pour tout le pays. Après les réformes entre 1986 et 1989 (Projet Borgou 2) ça nous a permis d’augmenter la production de coton par exemple de 30.000 à 120000 voire 130.000 tonnes. Depuis lors, la production a beaucoup augmenté. Ça c’est une chose. En allant au nord par exemple, on voit qu’il y a eu beaucoup d’évolution dans les conditions d’habitation de la population même si la pauvreté monétaire bat encore son plein. Je crois que les conditions de vie ont évolué. Surtout quand on regarde Cotonou, je crois qu’il y a eu beaucoup d’évolution du point de vue des infrastructures, des habitations etc. par rapport à la période des années 80.

Le Bénin est-il trop politisé?
Ce que je note au Bénin est que la politique prime pour la plupart. Au niveau de la Banque, nous ne voulons pas nous mêler dans la politique qui d’ailleurs peut freiner les efforts du développement économique.  Même si je suis d’accord avec vous que c’est la politique qui mène l’économie le pays ne peut pas avancer s’il n’y a pas de consensus au niveau des acteurs politiques pour faire avancer les dossiers économiques. Il est important que les politiciens taisent leurs querelles et  se mettent ensemble pour penser au grand intérêt du pays. Donc, c’est quand même important que même si on fait la politique que la politique puisse nous emmener vers la même direction  lorsqu’il s’agit de l’intérêt national.  Le Président Boni Yayi a parlé de l’émergence du pays. Si les politiques peuvent travailler tous vers l’émergence du pays, je crois que ce sera très bien.

Croyez-vous à l’émergence ?
Oui, je crois globalement à l’émergence parce que de toutes les façons, si vous prenez des pays comme le Brésil, l’Inde, la Chine, ils sont tous émergés. Les pays de l’Asie de l’Est et même le Ghana actuellement est sur la route de l’émergence en quelque sorte. Mais si vous prenez beaucoup de pays africains au moment de l’indépendance dans les années 50, 60, vous allez voir que leur PIB par tête  était pratiquement les mêmes que les PIB par tête de la Corée, de Thaïlande ou de la Malaisie. Maintenant, ils se trouvent très loin de l’Afrique. Donc, ça veut dire que l’émergence est possible si on s’y met. Il va falloir que le Bénin réunisse certaines conditions que sont : la bonne gouvernance, la lutte contre la corruption, le travail, des infrastructures pour diminuer les coûts des facteurs de production, un secteur public très efficace qui peut supporter le secteur privé émergent, un environnement économique et un environnement des affaires qui sont bien et qui encouragent le secteur privé, dans ce sens là, je crois que ca sera possible d’émerger. 

Les entraves à l’émergence au Bénin
Je crois que si vous regardez les orientations stratégiques et la Stratégie de Croissance pour la Réduction de la Pauvreté (SCRP) du gouvernement,, ces documents donnent  des orientations qui sont très bonnes et des éléments très clairs pour l’évolution de l’économie. Même si la vision est très claire et les idées sont très claires concernant  l’émergence de l’économie, je crois que dans la pratique, les éléments n’ont pas pu être mis en exergue encore pour arriver à ça.  Prenons par exemple l’électricité. Vous prenez le coût de l’électricité ici. Cela décourage même les investisseurs qui s’intéressent au pays. Ils ne peuvent pas s’installer. Ça demande des réformes structurelles pour d’abord améliorer l’efficacité, améliorer l’offre de l’électricité pour diminuer le coût et essayer de garantir l’électricité fiable pour les gens qui vont s’installer ici. Vous prenez les télécommunications. Les coûts sont très élevés ici et encore une fois, il faut des réformes structurelles dans le secteur pour avancer. Prenons même le coton. Il y a beaucoup d’intérêts en jeu qui retardent la réforme du secteur. Il y a des réformes qui sont là depuis les années 1992 mais on fait un pas en avant, deux pas en arrière. On n’arrive pas à faire évoluer vraiment les secteurs clé de l’économie. C’est cela qui est difficile.

Voulez-vous dire que le Bénin est encore loin de l’émergence ?
Je ne peux pas vous parler d’un calendrier d’émergence mais je crois que ce qu’on peut dire, c’est qu’au niveau du pays, il y a des efforts qui restent à faire. Je crois qu’il y avait le Ministre d’Etat Koupaki qui était à la télévision hier €“ mercredi 23 juillet- qui parlait d’un code d’investissement adapté, qui parlait du besoin d’infrastructures et je crois qu’il a tout à fait raison. Je crois qu’il faut quand même encourager le secteur privé mais pour pouvoir attirer le secteur privé, il faut quand même un climat d’investissement approprié. Parce que le problème, c’est que si je viens ici par exemple, que je veux établir une entreprise et qu’il me faut 100 jours pour pouvoir faire les démarches nécessaires tandis qu’il faut le quart dans un autre pays, j’irais là-bas. je crois que hier (mercredi 23 juillet :Ndlr) je lisais dans un journal que quelqu’un qui quitte fraîchement l’université avec la licence et qui veut se lancer à son propre compte a besoin de l’équivalent de 4.000 à 5.000 dollars pour les formalités. Or au même moment on peut faire la même chose plus facilement peut-être au Ghana ou ailleurs. Pourquoi est-ce que je vais venir alors ici ? Aujourd’hui, c’est une concurrence au niveau de tous les pays. Tout le monde veut avancer et accrocher les investisseurs. Il faut alors des incitations pour retenir leur attention. Ce ne sont pas nécessairement des incitations financières, mais des mesures pour faciliter l’installation des investisseurs et aider les gens à venir. Sans cela, ce sera très difficile d’avancer.

La filière coton
Disons que le coton en Afrique de l’Ouest et en partie en Afrique Centrale est une « culture politique » dans la mesure où vous avez beaucoup de gens qui dépendent du coton. Par conséquent, les gouvernements en général font très attention aux réformes qu’ils mettent en Å“uvre. Quand vous avez une réforme qui affecte 3 millions de personnes, c’est quand même quelque chose de très important. Il faut donc faire attention.  Ça, c’est la première chose. La deuxième chose, c’est que pour une bonne partie de ces pays comme les Etats sahéliens, le Bénin et, il y a quelques années le Togo aussi, le coton constitue peut-être la culture la plus importante. Donc, si vous regardez l’économie monétaire de ces pays, c’est le coton qui fournit le plus. Donc, il y a beaucoup d’intérêts en jeu et donc une fois qu’on sort du système étatique, tout le monde veut venir dans le secteur. Mais, en restant dans le système étatique aussi, on a remarqué que chaque année, il y a des milliards de subventions qui vont aux sociétés d’Etat parce que les gens ne se soucient pas tellement de l’efficacité. Ça a été donc très difficile de changer vraiment quoique ce soit. Quand on a essayé de faire les réformes avec les privés, il y a des intérêts qui émergent et essayent d’influencer la politique.

Les privatisations en question
C’est ce que je disais. C’est une culture « politique ». Au Mali que vous avez cité, je ne sais pas le pourcentage de la population qui vit du coton, mais c’est beaucoup plus important qu’au Bénin. Au regard de cette réalité, les gens utilisent la question de privatisation comme un instrument politique. Ceux qui ont des intérêts là-dedans manipulent le système pour dire que si vous ne faites pas attention et vous privatisez, vous allez mettre des gens au chômage. Mais c’est parce que  vous avez des lobbies de syndicats qui sont très forts. Supposons que vous privatisez le Cmdt (Compagnie malienne pour le développement des textiles : Ndlr) au Mali. Je ne sais pas quel est le nombre de cadres qui y travaillent, mais ça ne doit pas dépasser 1500. A peine 500 vont perdre leur travail en cas de privatisation. Mais les gens interprètent la situation de manière à faire croire qu’avec la privatisation tout l’Etat va s’écrouler. Vous prenez la population d’un Etat X €“ environ 10 millions d’mes €“ vous prenez les 500 ou 600 personnes que compte la société de coton Y, elles arrivent à convaincre tout le monde que c’est une mauvaise chose de privatiser la Société Y parce que chaque année elles ont leurs salaires et indemnités qui sont deux ou trois fois supérieurs à ceux des fonctionnaires ordinaires. Que la société fonctionne ou pas, elles ont la garantie de leurs salaires. Donc, elles ne veulent pas prendre de risques. Et elles arrivent à convaincre tout le monde. Bizarrement, quand il y a un déficit, ces personnes ne vont pas dire au peuple que nous avions couté à l’Etat 10 ou 12 milliards de déficit ? Non. Elles sont là et attendent que l’Etat paie. C’est un exemple de société où pratiquement on n’évolue pas et où on veut maintenir le statut quo.
C’est ce que je disais. C’est une culture « politique ». Au Mali que vous avez cité, je ne sais pas le pourcentage de la population qui vit du coton, mais c’est beaucoup plus important qu’au Bénin. Au regard de cette réalité, les gens utilisent la question de privatisation comme un instrument politique. Ceux qui ont des intérêts là-dedans manipulent le système pour dire que si vous ne faites pas attention et vous privatisez, vous allez mettre des gens au chômage. Mais c’est parce que  vous avez des lobbies de syndicats qui sont très forts. Supposons que vous privatisez le Cmdt (Compagnie malienne pour le développement des textiles : Ndlr) au Mali. Je ne sais pas quel est le nombre de cadres qui y travaillent, mais ça ne doit pas dépasser 1500. A peine 500 vont perdre leur travail en cas de privatisation. Mais les gens interprètent la situation de manière à faire croire qu’avec la privatisation tout l’Etat va s’écrouler. Vous prenez la population d’un Etat X €“ environ 10 millions d’mes €“ vous prenez les 500 ou 600 personnes que compte la société de coton Y, elles arrivent à convaincre tout le monde que c’est une mauvaise chose de privatiser la Société Y parce que chaque année elles ont leurs salaires et indemnités qui sont deux ou trois fois supérieurs à ceux des fonctionnaires ordinaires. Que la société fonctionne ou pas, elles ont la garantie de leurs salaires. Donc, elles ne veulent pas prendre de risques. Et elles arrivent à convaincre tout le monde. Bizarrement, quand il y a un déficit, ces personnes ne vont pas dire au peuple que nous avions couté à l’Etat 10 ou 12 milliards de déficit ? Non. Elles sont là et attendent que l’Etat paie. C’est un exemple de société où pratiquement on n’évolue pas et où on veut maintenir le statut quo.

Vous n’avez pas confiance en l’Etat ?
Ce n’est pas une question de confiance, c’est une question d’efficacité et de productivité.  Ce que nous recommandons, c’est le désengagement de l’Etat. Ça peut vouloir dire privatisation à 100 pour cent, mais ça peut aussi vouloir dire que pour une culture ou un secteur comme le coton, où je dis que c’est une « culture politique », l’Etat peut avoir un droit de regard, tout en laissant la gestion aux privés. C’est ça, ce que le gouvernement du Président Yayi Boni avait dit quand ils sont venus en avril 2006. Ils ont dit, à l’époque, qu’il ne voudrait pas privatiser complètement l’outil industriel de la Sonapra. Ils ont dit que compte tenu de l’importance du secteur, l’Etat devrait avoir une participation minoritaire là-dedans. Et donc ils ont commencé le processus qui malheureusement n’a pas encore abouti. Mais le problème, c’est que vous avez un secteur où il y a plus de privés que le public, mais où il n’y a pas un cadre réglementaire très bien défini, qui définisse les règles de jeu ni pour les privés ni pour le public.  Cette absence de cadre réglementaire fait que des gens s’adonnent à des actes qui peuvent casser la filière. Il est donc très important que pour une bonne évolution de la filière, il y ait ce cadre qui régule tout et qui définisse non seulement les responsabilités, mais aussi les avantages pour chaque acteur de la filière, et qui définisse aussi les sanctions en cas de non respect des règles.

Prendre des engagements fermes
Je ne dirais pas que la Banque impose la privatisation ou des conditionnalités. On discute normalement avec les gouvernements des pays dans lesquels nous intervenons et on se met d’accord sur ce qu’il faut faire. Ce n’est pas aussi une simple suggestion de la Banque à prendre où à laisser. Il s’agit d’une discussion au cours de laquelle nous analysons ensemble avec le Gouvernement les coûts et les avantages d’une action ou d’une mesure donnée, qu’il s’agisse du désengagement de l’Etat, des réformes d’une société, ou des services administratifs, etc.  Et finalement, après la discussion, on se met d’accord sur ce qu’il faut faire. Et une fois qu’on s’est mis d’accord sur ce qu’il faut faire, on demande à ce que le gouvernement respecte son engagement.

Si les gouvernements ne respectent pas ces engagements, quelle est la sanction ?
Si on avait convenu qu’une action devrait être entreprise par exemple avant fin décembre 2007 et que le moment venu rien n’est fait, le gouvernement expose les raisons pour lesquelles ils n’ont pas pu prendre l’action. Cela peut être parce que l’action ou la mesure préconisée n’est pas opportune et qu’il faut en lieu et place une autre action. Par exemple au lieu d’une privatisation, le gouvernement peut proposer un contrat de gestion, et on peut se mettre d’accord sur ça. On peut prendre l’exemple de la Sonapra au Bénin. Dans les années 2000, on s’était mis d’accord sur la privatisation de cette société. Cela a été reporté plusieurs fois et le gouvernement a commencé le processus, je crois en 2004. Ils avaient lancé l’appel d’offres, et avaient même fait une adjudication où ils ont attribué des lots. Mais le nouveau gouvernement est venu et n’avait pas aimé la privatisation par lots.  Ils ont donc proposé une privatisation par cession partielle d’actifs. On a discuté avec le gouvernement, qui nous a expliqué pourquoi ils ont préféré cette approche à la privatisation, et on s’était compris. Mais vous connaissez le processus qui a conduit à la création de la Sodeco et à son annulation en conseil des ministres pour raisons de non-conformité. Nous attendons donc la suite.

Point des financements en faveur du Bénin depuis 2006
Cette année fiscale (2008), la Banque a approuvé 40 millions de dollars en juin 2008 en financement additionnel pour l’assainissement des villes principales du Bénin et nous avons approuvé 7 millions de dollars pour le financement additionnel pour l’énergie.  Nous avons aussi financé pour 25 millions de dollars un projet pour appuyer le secteur privé. Nous n’avons pas financé un Appui budgétaire cette année fiscale, mais nous continuons nos financements dans les principaux secteurs (éducation, santé, VIH/Sida, environnement, développement communautaire, développement urbain et assainissement, etc..). Et nous sommes en train de préparer un programme de don de 9 millions de dollars pour aider le Gouvernement à faire face à la crise alimentaire.
Au cours de l’année fiscale 2007, nous avons eu 70 millions de dollars au total en appui budgétaire, un don de 31 millions en appui pour le Programme de lutte contre le Paludisme et à cela, il faut ajouter 35 millions de dollars pour la lutte contre le SIDA. Donc on a eu beaucoup d’activités durant mes deux années de présence. .

Impacts des financements
On ne peut pas peut-être voir l’impact tout de suite. Il y a quand même le Projet d’Appui à la lutte contre le Paludisme que nous finançons, et à travers lequel nous avions offert l’année dernière 1.400.000 moustiquaires imprégnées qui avaient principalement alimenté la campagne de distribution gratuite de moustiquaires imprégnées d’insecticides à longue durée d’action. C’est le Président de la République lui-même qui avait présidé le lancement de cette campagne à Ouidah. Nous avons aussi des programmes sur le SIDA, où il y a eu récemment des distributions des chèques aux  ONG. Il y a les 70 millions de dollars d’appui budgétaire qui ont supporté le budget globalement. Je ne sais pas exactement ce que ça a financé, mais ça a aidé à financer les différentes activités du budget. Et donc, je crois que ça a eu un impact.
Le financement que nous avons accordé en faveur du secteur privé dans le cadre du Projet de Compétitivité et de Croissance Intégrée (PROCCI) n’est pas encore entré en vigueur. Nous attendons la signature de l’Accord de Financement entre le Gouvernement et la Banque. Donc actuellement, on ne peut pas parler d’impact. Avant ça, il y a eu un programme qui a été préparé en 1999 pour le secteur privé qui a soutenu plusieurs institutions dans le secteur et a apporté un appui à la microfinance à travers Padme et qui a financé beaucoup d’études. Même les audits de la SONEB, de la SBEE, ainsi que des études sur les télécommunications ont été financés par ce programme. Nous avons également financé une étude sur le climat des investissements qui a montré les problèmes du secteur privé béninois. Aujourd’hui, l’objectif du nouveau projet (PROCCI) c’est vraiment d’aider à la création de nouvelles entreprises. Il y aura une activité pour améliorer le climat des investissements. Il y a un fonds de développement qui va aider à financer de nouvelles entreprises, les études de faisabilité, etc. Vous savez que le Président de la République a créé le Conseil Présidentiel d’Investissement (CPI), donc il y a un appui qui va être donné au secrétariat pour vraiment mieux mener cette affaire.  Vous savez que le but  du Conseil Présidentiel d’Investissement, une des idées du Président Yayi Boni, est de créer une agence de promotion des grands travaux. Dans le cadre du PROCCI, il y a une institution de promotion des investissements qui va être orientée vers le secteur privé. Cette agence, dans un premier temps, va aider à attirer les investisseurs privés. Mais je crois qu’éventuellement, le gouvernement voudrait créer une agence de promotion des grands travaux et le projet pourrait assister dans les études.

Affaire Padme
Nous n’avons pas de position. Ce qu’il faut savoir, c’est que la Banque mondiale a appuyé Padme jusqu’à la fin 2007. L’une des activités qu’on a souhaité était une évolution institutionnelle de Padme pour créer (ou convertir l’association) en une société privée. La Société Financière Internationale (SFI) [la filiale du Groupe de la Banque mondiale qui appuie le développement du secteur privé] était très intéressée par cela. Mais les conditions n’étaient pas réunies, et les mesures de transformation n’ont pas été prises avant la fin du projet.  De plus, il y a cette investigation qui a été faite par l’inspection financière, et au moment de la décision du Gouvernement suite au rapport de l’inspection financière, le projet avait déjà clôturé et Padme n’était plus sur financement de la Banque Mondiale. 

Les orientations de la politique économique du gouvernement
Le gouvernement a mis en place des orientations stratégiques depuis 2006 qui sont vraiment très bien, qui cherchent à faire émerger le Bénin. Je crois que ce sont de bonnes orientations, qui sont également reflétées aussi dans la Stratégie de Croissance de la Réduction de la Pauvreté (Scrp). Donc, nous soutenons complètement ces orientations et nous encourageons d’ailleurs les béninois à les mettre en Å“uvre, parce que nous pensons que cela peut aider le pays dans l’émergence et dans la croissance économique. Pour ce qui est des priorités concernant les réformes, je crois qu’il s’agit de l’amélioration du climat des investissements parce que c’est important que le Bénin arrive à attirer les investisseurs locaux ou étrangers. D’abord, c’est important de prendre des mesures pour améliorer le cadre. Et ça va demander des réformes à certains niveaux. Mais il y a clairement des secteurs où c’est important de diminuer le coût des facteurs de production. Pour l’investissement, l’un des premiers facteurs, c’est l’électricité, l’énergie. Donc là, il faut des réformes. Le gouvernement a déjà pris de mesures pour essayer d’améliorer le fonctionnement de la Société Béninoise d’Energie Electrique (Sbee). Je crois que c’est vraiment important de poursuivre ces efforts et d’essayer de diminuer les coûts de fonctionnement de la société. Initialement, ils ont parlé de la privatisation de la Sbee, mais je crois que les idées sont partagées sur la nécessité ou la sagesse de la privatisation d’une société comme la Sbee. Donc, je crois que pour le moment, ce qui est vraiment essentiel, c’est d’avoir une société qui opère comme une société privée même si c’est public. Ça peut rester public à condition qu’elle devienne efficace et Å“uvre pour diminuer ses coûts. C’est sûr qu’en plus des réformes structurelles il doit y avoir aussi des investissements dans la production de l’électricité, et la transmission, etc..
Globalement il faut améliorer l’efficacité des structures publiques. Et c’est là où il faut que la presse et tout le monde comprennent les enjeux. Si par exemple si vous arrivez dans un bureau où il n’y a qu’une seule machine à taper, alors qu’il y a quatre ou cinq secrétaires, il faut comprendre par exemple qu’il y a un problème d’effectif pléthorique. Quand une secrétaire est en train de taper, les autres sont en train de lire des journaux ou bavarder. Pourquoi est-ce qu’elles sont là ? Quand on recommande de réduire le nombre de secrétaires, les gens ne comprennent pas ! Je crois qu’il est important que les gens comprennent que pour le développement économique de nos pays, on ne peut pas avoir 2000 personnes dans une société par exemple, quand on a besoin que de 500 ou 800 personnes. Il faut pouvoir étudier et analyser tout cela.
Ce que je veux dire, c’est qu’il faut recruter quand c’est nécessaire, mais il faut pouvoir réduire le personnel quand c’est aussi nécessaire. Donc, il ne faut pas qu’on ait peur de faire ces genres de choix.

Appréciation de la méthode de mise en Å“uvre de la vision du gouvernement
Je ne sais pas si je comprends très bien ce que vous voulez dire par méthode. On est d’accord que la vision est claire, que la stratégie est claire et qu’il faut mettre en Å“uvre la vision. C’est pourquoi je vous disais au début que quand la politique intervient avec l’économie, ça nous gène. Parce que nous, on regarde les impacts possibles, éventuels de tous ces éléments. On voit s’il y a des retards. Par exemple, aujourd’hui, quand on prend le coton, on remarque que, depuis 2002 où les réformes ont commencé, chaque fois, il y a des retards et c’est dû à des intérêts personnels. Il m’est donc difficile d’apprécier parce que nous n’intervenons dans la politique. Pour ce qui est de la priorité des réformes, nous pensons que le coton est une priorité. Si vous prenez le Bénin, comme je vous l’ai dit au début la production est passée de 30 mille tonnes en 1984 à 425 mille tonnes en 2003-2004. Depuis lors, la production a beaucoup chuté. Par contre la production a augmenté jusqu’à plus de 600.000 mille tonnes au Burkina-Faso. La production a aussi beaucoup augmenté au Mali. Ça veut dire qu’il y a une possibilité d’augmenter la production du coton au Bénin. Vous avez des privés dans le secteur, mais vous pouvez aussi attirer des privés qui peuvent venir de l’extérieur et qui peuvent même, en plus de l’égrenage faire de la transformation. Mais comme je l’ai dit, il n’y a pas de cadre réglementaire, les règles de jeu ne sont pas claires pour quelqu’un qui veut investir. 

Difficile d’investir au Bénin
La Banque sort chaque année un rapport qui s’appelle « Doing Business » [la « Pratique des affaires dans le monde »] et qui compare la facilité des différentes étapes pour établir une entreprise dans différents pays.  Sur 178 pays comparés en 2007, le Benin était 157ème, ce qui n’est pas très bon. Nous avons récemment fait une étude au Bénin sur les défis de croissance de l’économie et je vais vous citer ce qui est dit sur les contraintes d’investissement. Il parle d’un système fiscal générateur de distorsions et des procédures commerciales et douanières lentes et complexes, une administration très peu efficace y compris en matière d’exécution des contrats ; vous avez des institutions même au niveau de la loi judiciaire qui sont déficientes et vous avez la corruption. Troisièmement, les services d’infrastructures sont coûteux et peu fiables. Ça veut dire que si un investisseur veut installer une usine au Bénin et constate chaque fois qu’au bout de deux heures, il y a une coupure, il plie bagage. Vous avez un secteur privé qui n’arrive pas à s’adapter aux technologies disponibles. La question qu’on se pose est que le Bénin est très efficace dans le transit avec le Nigeria, mais pourquoi est-ce que les Béninois ne peuvent pas se dire que dans le cadre de la Cedeao, le Nigeria ne peut pas fermer les frontières si le produit est fabriqué localement ? Pourquoi est-ce qu’on n’installe pas d’industries ici pour approvisionner le marché du Nigeria ? C’est un très grand marché de plus de 150 millions de personnes et le Bénin arrive à faire le commerce avec eux. Donc la prochaine évolution, c’est pour les entrepreneurs du Benin de se dire que plutôt que d’importer des voitures ou des boissons, il faut peut-être installer des usines de transformation ou de montage pour fournir le marché du Nigeria. On peut faire de la transformation du manioc en gari pour fournir le marché nigérian. Disons qu’il faut que les gens commencent à s’adapter aux technologies disponibles. Le gouvernement a mis en place récemment une équipe d’experts pour lui proposer une réforme fiscale et aboutir à une fiscalité de développement. Je trouve cela très important. Dans le cadre de l’Uemoa, je crois qu’il y a des comparaisons faciles et rapides que les gens peuvent faire. Je ne sais pas combien de temps le travail de cette équipe va durer. Si ça prend deux ans par exemple, ça n’a pas tellement d’intérêt parce que dans deux ans, on sera dans la même situation. Ce serait bien si les experts présentent leur rapport très rapidement, pour qu’on commence par exécuter les recommandations. Sur le code des investissements, le Ministre Koupaki disait que le dernier code date de l’année 1990 après la Conférence Nationale et qu’il faut le réactualiser. Il a raison parce que ça fait quand même dix huit ans que tout ça a été fait. Je crois qu’il y a beaucoup de choses qui ont changé. Il y a aussi maintenant une vision qui est claire sur ce que le gouvernement veut faire. Donc il faut adapter le code pour faire fonctionner cette vision.

La lutte contre la corruption
Je crois qu’au niveau de la lutte contre la corruption, quand ce gouvernement est venu, ils ont quand même fait une revue de tous les ministères, ils ont essayé de voir la gestion financière et ils ont mis en place des procédures qui devraient limiter sinon supprimer la corruption.

Les résultats des audits ne sont pas publiés
Pour nous, ce qui est essentiel, c’est qu’il y ait des mesures qui soient prises pour améliorer la situation. Donc, si en publiant les résultats, ça va résulter dans des discussions interminables ou des blocages, qu’on ne s’attarde pas sur ce point. Mais à mon avis, ils ont mis en place des mesures qui ont été efficaces parce que vous savez que vers la fin de 2006 et mi-2007, il y avait beaucoup de ressources au niveau de la caisse de l’Etat, donc ça veut dire que les mesures ont eu les résultats escomptés. En outre, la Banque a financé une étude sur la corruption qui a commencé pendant la période du gouvernement du président Kérékou. Cette enquête a été suspendue à un moment donné, mais avec l’avènement du régime actuel, le gouvernement a insisté pour qu’on la redémarre. Le rapport a donc été publié il y a quatre mois. Il a fait l’objet d’ateliers un peu partout dans le pays. Je suis d’accord avec le gouvernement, à savoir que la lutte contre la corruption constitue un élément important, et nous pensons que cette lutte va contribuer à améliorer la gouvernance un peu partout, améliorer la gestion des ressources publiques, améliorer la gestion des entreprises publiques, et améliorer la gestion des ministères du point de vue des flux financiers.

La Banque Mondiale ?
La Banque Mondiale est une institution qui appartient à ses Etats membres, qui sont actuellement environ 185. Le Groupe de la Banque Mondiale est constituée de cinq agences. Il y a d’abord la Banque Internationale pour la Reconstruction et le Développement (BIRD) qui a été créée en 1944 et qui donne des prêts à des pays à revenus moyens. En Afrique subsaharienne, il y a très peu de pays qui sont qualifiés pour bénéficier des prêts de la Bird (le Gabon, l’Afrique du Sud et le Botswana). Il y a ensuite l’Association Internationale de Développement (IDA) qui donne des crédits et des dons aux pays pauvres. Ce sont des crédits à des taux d’intérêt de 0,75% (essentiellement pour couvrir les coûts de traitement des dossiers), avec 40 ans de délai de remboursement et dix ans de grce. Donc c’est comme si c’est subventionné. Et il y a la Société Financière Internationale (SFI) qui appuie le développement du secteur privé. La SFI peut avoir des investissements directs au niveau du secteur privé, et elle peut encourager ou faire venir le secteur privé. Il y a aussi l’Agence Multilatérale de Garantie aux Investissements (MIGA), qui accorde des garanties contre des risques non commerciaux. Par exemple, si quelqu’un veut venir s’installer ici et pense que son investissement risque d’être nationalisé à un moment donné et a des craintes, la MIGA peut lui accorder une garantie pour lui rembourser son investissement si jamais on le nationalise. Donc, les garanties de la MIGA visent à encourager les investisseurs privés surtout à investir dans les pays en voie de développement. La cinquième agence du Groupe de la Banque mondiale est le Centre International pour le Règlement des Différents liés aux Investissements (CIRDI) : le CIRDI facilite le règlement des conflits liés aux investissements qui pourraient survenir entre les investisseurs étrangers et le pays hôte. Mais il faut dire que ce Centre n’intervient pas très souvent en Afrique.
Ce sont là les cinq institutions qui forment le Groupe de la Banque mondiale. Pour la plupart du temps, c’est l’IDA qui travaille en Afrique, avec la SFI. Il y a très peu de programmes de la MIGA. Au Bénin, la MIGA avait fourni une garantie à un opérateur initial de téléphonie mobile (BéninCel). Ça a été la seule intervention de la MIGA ici. Et au niveau de la SFI, elle a supporté Finadev ; elle est aussi très intéressée par la micro finance mais elle n’a pas encore eu d’investissement à ce niveau. Dans le cadre du projet du secteur privé qui a été récemment approuvé par le Conseil d’Administration (PROCCI), la SFI est disposée à y apporter des financements.

Pourquoi certains pays refusent d’adhérer à la Banque Mondiale ?
Je ne sais pas si certains pays refusent, mais pour la plupart, les pays adhèrent. Il y a beaucoup plus de pays qui adhèrent à l’IDA qu’à la SFI ou à la MIGA. Ils ont le droit de le faire mais pour une bonne partie, les pays qui n’empruntent pas peuvent ne pas être membres parce qu’il y a beaucoup de pays qui sont membres mais qui ne bénéficient pas du tout des ressources de la Banque Mondiale.
Tous les pays avec des revenus moyens par tête de plus d’environ 10.000 dollars ne sont pas qualifiés pour emprunter auprès de la Banque Mondiale. Les pays qui ont des revenus moyens inferieurs à $10.000 mais plus de $1.000 par tête sont généralement dans la catégorie des emprunts BIRD. Les pays à faibles revenus, en dessous de $1.000, sont dans la catégorie IDA.

Quelle est la différence entre la Banque Mondiale et le Fmi ?
Le Fmi est une institution sÅ“ur de la Banque Mondiale. Les deux institutions ont été créées le même jour à Brettons Wood. Le rôle principal du Fmi, c’est vraiment d’aider les Etats au niveau de la gestion fiscale, des ressources financières, des dépenses publiques et de la balance des paiements. Maintenant, ils ont ajouté à leur rôle la nécessité de voir si toutes ces mesures aident à éradiquer la pauvreté. La Banque mondiale quant à elle intervient dans toutes les questions de développement, en finançant les routes, l’agriculture, la santé, l’éducation, etc.. La Banque soutien aussi le processus d’appui budgétaire.

Comment se font les financements ?
En principe, nous n’avons pas des moyens directs pour financer des individus ou des ONG. Parce que normalement, nous préparons nos activités avec le gouvernement. Mais dans le cadre des activités qu’on prépare, comme c’est le cas des programmes Vih/Sida ou développement communautaire, ces activités sont exécutées directement avec les populations. Si nous pensons que ce sont les Ong qui sont les mieux placées pour exécuter une certaine activité, on peut demander dans le cadre de cette opération que le gouvernement discute avec les Ong et finance les activités à travers les Ong. Mais généralement nous ne pouvons pas aller directement voir une Ong pour leur donner de l’argent pour financer leurs activités.

Des sanctions
Quand un pays a des arriérés, on donne un préavis de 45 jours et parfois plus et si les arriérés persistent, on suspend les décaissements pour le pays. L’autre chose, mais il ne s’agit pas de sanctions, c’est lorsque la situation sécuritaire se détériore dans le pays à tel point que les gens ne peuvent plus travailler calmement dans ce pays. Si cette situation ne nous permet pas de superviser les projets que nous avons financés, on peut suspendre le travail de façon temporaire en attendant le retour du calme dans le pays. Une autre situation qui est très rare, c’est quand un gouvernement refuse d’honorer ses engagements. La Banque pourrait dans un tel cas se retirer en demandant au gouvernement de nous faire appel lorsqu’il sera prêt à respecter les engagements.

Le Bénin est à jour
Oui, le Bénin est à jour vis-à-vis du service de sa dette. Vous savez qu’une bonne partie de la dette du Bénin avant 2003 a été récemment annulée grce à l’initiative PPTE (pays pauvres très endettés) et l’Initiative multilatérale pour la réduction de la Dette. Donc toutes les dettes multilatérales ont été annulées et cela rend la vie un peu plus facile aux Etats qui en ont bénéficié.

Est-ce que l’Afrique peut résister à la crise économique ?
Je ne sais pas jusqu’à quand l’Afrique va résister. Mais j’ai l’espoir que tout va rentrer bientôt dans l’ordre avec la chute des prix. Cela a commencé déjà au niveau du pétrole. Mais si jamais le prix du baril dépasse 150 dollars, ca sera la catastrophe pour beaucoup de pays africains. Ce n’est pas seulement le pétrole, ce n’est pas seulement le carburant, même l’engrais, le transport, l’électricit逦Ce n’est pas seulement le Bénin, mais partout dans le monde. La crise fait qu’on a commencé par chercher des alternatives pour l’énergie. Donc cette crise va pousser beaucoup de pays à aller de l’avant.

Boni Yayi et le secret de sa visite à la Banque Mondiale
Le Chef de l’Etat avait rencontré le président de la Banque Mondiale à Tokyo et à Rome. Cela fait à peine deux mois. Ils ont parlé des difficultés du Bénin face à la crise alimentaire et pétrolière. Le président de la Banque a été sensible à ce que le président Boni Yayi lui a dit. Donc le chef de l’état est allé discuter avec la Banque et le FMI, encore de l’impact néfaste que la crise est en train d’avoir sur le Bénin. Le président a voulu insister auprès des deux institutions sur la nécessité d’agir vite pour soutenir le secteur agricole et apporter un appui budgétaire au pays.

L’Afrique et le développement
L’Afrique peut se développer. Vingt ans après l’indépendance du Ghana, le pays s’est retrouvé dans une situation de pauvreté terrible. Mais, si on compare le Ghana d’aujourd’hui avec le Ghana des années 1982, 1983 et 1984, on voie une grande différence. En 20 ans seulement, le Ghana a changé de visage sur tous les plans. Le Ghana était pire que le Zimbabwe de maintenant. On ne trouvait rien à acheter au Ghana.

Comment faire pour être représentant de la Banque Mondiale ?
Quand il y a un poste qui s’ouvre au niveau de la Banque Mondiale, c’est publié et les gens postulent. Il y a un panel qui est constitué pour voir ceux qui ont les qualifications pour briguer ce poste. On établit ensuite une liste de quatre à six personnes qui vont subir une interview. Les deux premiers sont retenus et les noms soumis au Directeur ou le Vice-Président.  En général, c’est la personne classée première qui est sélectionnée, mais il arrive parfois que le vice-président peut choisir le deuxième sur la liste. Il faut aussi savoir que le gouvernement du pays concerné peut accepter ou refuser le candidat retenu pour être Représentant de la Banque mondiale dans le pays.
Je suis au Bénin et je couvre aussi le Togo. Vous savez que ceci n’est pas nouveau.  Dans les années 82 à 85, lorsque la Banque a commencé ses interventions dans les deux pays, c’est le bureau du Togo qui couvrait le Bénin. Avec l’augmentation de nos activités au Togo et au Bénin, les deux pays avaient chacun leur représentation vers les années 86. Dans les années 92 et 93, le Togo a connu beaucoup de problèmes surtout politiques. Cette situation a entraîné des problèmes financiers pour le pays qui n’avait donc pas pu honorer ses engagements vis-à-vis de notre institution. Les arriérés accumulés par le pays ont donc entraîné la suspension des décaissements de la Banque mondiale pour le Togo en 2002, mais le Bureau n’avait pas fermé. Jusqu’en 2005, les arriérés n’étant toujours pas réglés, l’équipe technique qui était là a été transférée sur d’autres pays. Et depuis cette période, c’est donc le Représentant résident au Bénin qui couvre le Togo.

Pour conclure
Pour conclure, il faut dire que les médias ont un rôle important à jouer dans nos pays pour Informer les populations, faire des critiques et des suggestions constructives. Au Bénin, on a une presse un peu libérale comme au Ghana et qui peut beaucoup aider dans le processus de développement. Elle peut aider à expliquer les mesures difficiles, mais nécessaires, à la population. Au niveau de la Banque mondiale, la presse peut aider à expliquer nos interventions qui comportent les appuis aux reformes mais aussi des investissements.  Nous finançons beaucoup de choses : l’éducation, la santé, l’agriculture, les infrastructures, l’électricité, et nous sommes en train de voir si on peu financer quelque chose au niveau des télécommunications. Pour la presse, la Banque n’apporte pas un appui financier direct, mais nous pouvons entreprendre des actions pour contribuer à leur meilleure compréhension des questions de développement. J’ai discuté avec mon collègue qui s’occupe de la communication pour voir si on peut avoir un fonds institutionnel pour soutenir la presse à travers la HAAC pour la formation des professionnels.

Carte d’Identité

Où sont mes chaussures ?
« Pendant ma première année à l’internat à l’école secondaire, je suis allé un jour à la cafétéria, et au cours du repas je me suis rendu compte que j’étais pieds nus ». Que cette anecdote sorte de la bouche d’un grand cadre de la Banque mondiale, cela peut paraître surprenant. Mais pas pour ceux qui sont issus d’une famille pauvre comme Joseph Baah-Dwomoh. « Je suis né de parents très pauvres », raconte-t-il. En effet, rien ne prédestinait le petit villageois de ces années 40 de la colonie de la Gold Coast sous administration britannique à sortir du néant. Sauf le destin et le coup de chance. C’est ce qui arrivt à celui qui gère aujourd’hui la représentation de la Banque mondiale au Bénin. Pour mieux le connaître, il suffit de l’écouter dérouler le film de sa vie : « Je suis allé à l’école dans un village un peu loin du mien. L’éducation est très importante aux yeux de mes parents. Avant d’aller au secondaire, je n’avais jamais porté de chaussures. Je marchais les pieds nus. Les chaussures étaient un luxe à cette époque. Je n’avais pas les moyens. Au départ, je voulais devenir médecin, mais je n’avais pas les moyens pour m’acheter les livres. J’ai alors décidé de m’inscrire en économie, parce qu’à ce niveau les livres étaient gratuits. Après l’Université du Ghana, j’ai obtenu une bourse qui m’a permis d’aller au Canada finir mes études de Doctorat. C’est à la fin de mes études que j’ai atterri à la Banque Mondiale comme « Young Professionnel » (jeune fonctionnaire) en 1977.
J’ai travaillé dans au moins 35 pays sur les 48 membres de la Banque mondiale que compte l’Afrique subsaharienne. A un moment donné j’étais le directeur sectoriel de plusieurs pays pendant plus de 10 ans. Après j’ai décidé de postuler à la représentation.
J’ai fait le français à l’école jusqu’à l’équivalence du Baccalauréat. Un an après mon admission à la Banque Mondiale en 1977, j’ai travaillé en Inde et dans le Proche Orient avant de mettre le cap sur le Sénégal et la Guinée Conakry. ».
Voilà, en quelques lignes, 59 ans de vie, de 1949 à 2008, racontés si brièvement et si simplement par un homme qui, à 59 ans, place l’humilité au-delà de tout. « Il est sans façon », témoigne l’un de ses proches. Et lui-même de dire : « Je n’ai pas de secret ». Pour aboutir à ce niveau de la crème de l’intelligentsia mondiale, Joseph Baah-Dwomoh recommande : « Le travail est la seule solution. Je travaille plusieurs heures par jour », dit-il. Malgré ses revenus qu’on peut imaginer importants, Joseph Baah-Dwomoh ne s’est pas surchargé d’enfants. « J’ai trois enfants. Un garçon et deux filles. J’ai limité le nombre pour pouvoir les entretenir. Ils sont nés au Etats-Unis et sont là-bas. Ils se considèrent plus Américains que Ghanéens. Leur maman est Ghanéenne, mais vit aux Etats-Unis. Je ne veux pas être polygame parce qu’avec une femme, c’est déjà très difficile. J’ai rencontré ma femme à la faculté au Ghana. J’ai oublié les circonstances. Après je suis allé au Canada et c’est à mon retour qu’on s’est marié ». On remarque dans cette narration que, sans être avare en détails sur sa vie, il fait beaucoup preuve de discrétion et de concision. C’est aussi en cela que l’homme représente au Bénin et au Togo, depuis 2006, la première des banques au monde.

 Intimité

” Je mange tout ce qui est léger. Je n’ai pas un plat préféré. L’igname frite, aloco accompagnés de légumes est mon plat fréquent “. C’est l’avis que lance Joseph à tous les Béninois qui ont envie de le recevoir un jour à partager un plat avec eux. A vous, Mesdemoiselles, ne comptez pas sur la distance qui l’éloigne de sa famille, aux Etats Unis, pour rêver. Ce n’est pas la peine d’avoir quelque intention. La déception est garantie. Il est jaloux de ses responsabilités professionnelles et familiales. ” Même s’il n’y a pas les maladies, il faut être responsable. Quand on a une femme, il faut se respecter. “, conseille-t-il. Il fait beaucoup de sport avec un faible pour le sport pédale.

 

 

 

 

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4 thoughts on “Le Représentant Résident Banque Mondiale au Bénin Joseph Baah-Dwomoh: ” Le Bénin est à jour vis-à-vis de la Banque Mondiale “

  1. LavRes

    I apologise, but, in my opinion, you are mistaken. Let’s discuss. Write to me in PM, we will communicate.

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