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Le triomphe de la vérité

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Antoine Kolawolé Idji: « A travers ce vote, les députés ont voulu s’opposer à un parlement à la botte de l’Exécutif »


Aux termes des scrutins d’Avril et Mai 2008 et à l’occasion de l’ouverture de la session ordinaire de mai 2008 du parlement, votre quotidien s’est rapproché de l’ancien Président de l’Assemblée Nationale, actuel leader du parti Madep et député à la cinquième législature M Antoine Idji Kolawolé. L’homme dans un style franc et direct qui le caractérise apprécie le score de son parti aux dernières communales et se livre à une critique ouverte de l’actuel état de démocratie au Bénin à travers le rejet du rapport du Président de l’Assemblée nationale Mathurin Nago.

Evènement précis : Monsieur le président, au  vu des résultats des élections communales et  municipales du 20 avril dernier, on a constaté que votre formation politique a régressé. Quelles en sont les raisons ?

Antoine Kolawolé Idji : Je pense que vous devriez nous féliciter plutôt ; parce que, si vous avez vu tout ce qui a été monté contre nous, que nous avons ce nombre de conseillers, c’est presque un miracle. Moi je m’en félicite et je félicite les militants qui ont tenu bon. Est-ce que vous savez que dans la commune d’Idigni, deux mois avant les élections, on a assassiné un de mes candidats, une semaine avant les élections, on a assassiné un deuxième candidat. La première fois, le corps a été retrouvé dans un puits, la deuxième fois également le corps a été retrouvé dans un puits. Je ne suis pas étonné de voir les marches que vous avez maintenant avec toutes les agressions et toutes les menaces. Ce qui s’est passé là-bas, vous les hommes de la presse, vous auriez dû voir ça. Ce qui s’est passé est inqualifiable, il a fallu un cran particulier pour les militants du MADEP pour qu’ils aient résisté et faire ce qu’ils ont fait malgré les moyens extraordinaires, exceptionnels qui ont été déployés contre nous. Je pense qu’en réalité nous n’avons pas  regressé, parce que nos militants sont debout et vous le verrez.

Déjà après les élections, l’actualité a évolué au niveau du parlement. Quelles sont vos impressions sur le rejet du rapport d’activité du président Mathurin Nago ?

 Si vous aviez écouté les explications de vote, en particulier celle de l’honorable Bako Nanssirou Arifari, je crois qu’il a exprimé clairement ce que moi-même j’aurais dit si j’avais pris la parole mais ce n’était plus nécessaire de prendre la parole après ce qui a été dit. Le professeur Nago est un ami pour moi, un homme très courtois, sympathique en ce qui me concerne et mieux, nous avons été députés ensemble à la deuxième législature et ça s’est passé très bien entre nous et jusqu’à maintenant, ça se passe très bien. Mais ce n’est pas du professeur Nago qu’il s’agit. Il s’agit de l’institution parlementaire qui est aujourd’hui plus que jamais discréditée. Il n’est pas bon qu’un parlement soit à la botte de l’exécutif, c’est ce que les députés ont voulu dire. Ce n’est pas bon qu’on ne sente pas que le parlement demeure un haut lieu de débats politiques. Nous avons rejeté définitivement dans ce pays le parti unique. Des gens sont morts pour que nous ayons le pluralisme politique ; et nous voyons insidieusement un groupe de personnes qui veuillent à tout prix, pour des raisons qui leurs sont propres nous ramener au parti unique. Ce qui s’est passé cet après-midi à l’hémicycle c’est bien ce que ça veut dire. Les 47 députés qui ont voté contre le rapport du président Nago viennent de toutes les régions du Bénin, ils viennent de toutes les sensibilités politiques. Ce n’est pas seulement le MADEP, la RB, le PRD. Ce serait dommage que ce message ne soit pas entendu et moi j’espère  fortement que ce message serait entendu. Parce qu’il y va de la paix, de la stabilité dans notre pays ; le Bénin doit avoir à faire face comme beaucoup d’autres pays à des périodes difficiles, la vie chère, l’inflation, tout ça, ce n’est pas par un coup de baguette magique qu’on les réduit. Si en plus nous n’avons pas la démocratie, parce que certains pensent que lorsqu’on a des difficultés, il faut la dictature, ceux-là se trompent et nous ne permettrons pas à ceux-là d’amener le désordre dans le pays. Le Bénin va rester un Etat de droit.

Quelle est aujourd’hui la situation du président Séfou Fagbohoun ?

Le président Séfou Fagbohoun est toujours à l’extérieur et s’occupe toujours de sa santé et vous savez qu’en ce moment son dossier se trouve au niveau de la cour suprême, parce que le procureur général s’est pourvu en cassation contre les décisions des juges de la cour d’appel de le mettre en liberté sans caution. C’est une question de liberté, la
Cour suprême devrait se prononcer assez rapidement sur une question de liberté. Je pense que c’est ça qu’elle va faire ; donc attendons voir, notre patience touche à sa fin c’est vrai, mais attendons et d’ici quelques jours nous auront de bonnes nouvelles.

Propos recueillis par Hugues Elphège Patinvoh

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