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Le triomphe de la vérité

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Edito: Une explosion des contagions


Faut-il reprendre une vie normale le 11 mai prochain ? Tout porte à croire que ce sera très risqué. Prenons rien que la perspective d’une reprise dans les écoles. Elle fait encore peur quand on sait que des mesures sanitaires spécifiques n’ont pas été mises en place.
La COSI-Bénin suggère que la reprise se fasse « par vagues », à commencer par les classes d’examen. Question : que fera-t-on des universités publiques ? La réponse est moins évidente, car elle nous fait voir les risques. Même dans les écoles et instituts, les effectifs dépassent le seuil des 50 par amphi. Ne parlons pas des facultés classiques où toute distanciation sociale est impossible. Mais il est vrai que l’UAC par exemple a mis en place une batterie de mesures pour endiguer le mal : construction de dispositifs de lavage de mains sur presque tout le campus, imposition du masque dans toute l’administration, présence de gel…Est-ce que tout cela sera présent dans chaque amphi et disponible pour chaque étudiant ? Pour le moment, les syndicats étudiants ne sont pas audibles, mais il est fort à parier que des perturbations sont envisageables si les mesures barrières ne sont pas renforcées pour éviter une explosion.
La distanciation, voilà ce qui sera presque impossible aussi au primaire. Ces dernières semaines, la Suède qui a continué à mener une vie normale, malgré ses 2194 morts (pour une population de 10,3 millions d’habitants), loin des plus de 20.000 morts constatés ailleurs en Europe, a fait croire que les enfants contaminés ne sont pas très contagieux. Malgré cela, les collégiens et les étudiants sont restés jusqu’ici à la maison, les cours à distance étant organisés à leur intention. Et puis, la stratégie du laisser-aller commence à peser sur le pays. Certains experts commencent à alerter sur une catastrophe à venir dans le pays. Dans tous les cas, l’école béninoise n’a pas les moyens pour le moment d’une généralisation de l’apprentissage à distance.
Contrairement à ce qu’on a cru au départ, les enfants et les plus jeunes sont aussi touchés par la maladie, même s’ils le sont moins que les personnes du troisième âge. Ces dernières semaines, la Grande-Bretagne a enregistré une augmentation de cas d’enfants touchés par la maladie dite de Kawasaki. Il s’agit probablement d’une variante du covid-19 marquée par un état inflammatoire multisystémique nécessitant des soins intensifs. Ce mardi, le ministre britannique de la santé, Matt Hancock a alerté l’opinion sur la multiplication de ces cas, ce qui montre que nos enfants ne sont pas épargnés. On sait en tout cas qu’ils pourraient bien être des vecteurs de transmission de la maladie à leurs parents et à leurs entourages.
Depuis hier en Allemagne, la multiplication des cas de contagion a commencé à inquiéter les autorités. En cause, la réouverture qui, malgré les mesures prises, a augmenté le nombre de contagions. Le déconfinement à peine commencé, la chancelière Angela Merkel s’inquiète déjà d’un retour trop rapide à la normale. Le taux d’infection ou taux de reproduction, très surveillé par les autorités, a de nouveau atteint le seuil de 1,0, selon des chiffres publiés lundi soir par l’Institut Robert Koch, chargé de surveiller l’évolution de la pandémie dans le pays. Cela signifie que chaque malade contamine une autre personne. Le gouvernement allemand et les virologues ont jusqu’ici toujours souligné l’importance d’avoir un taux inférieur. Et là, nous parlons bien de l’Allemagne qui a été citée jusqu’ici en exemple.
Conclusion, un retour brusque à la normale présente un risque d’explosion des contaminations. Et c’est ce que comptent éviter les deux plus grands syndicats enseignants des Etats-Unis qui menacent d’aller en grève si des mesures sanitaires appropriées ne sont pas prises avant une réouverture des écoles. L’un d’eux, l’American Federation of Teachers, a assuré ce mardi que sans équipement approprié de protection personnelle pour les enseignants et les personnels administratifs, la reprise n’aurait pas lieu.
Je trouve ces revendications nécessaires pour le cas du Bénin, tout au moins dans les communes de la zone sanitaire. D’autant plus que, sans aucun doute, ce qui s’annonce, c’est une augmentation des cas de contagion. Et si l’on n’y prend garde, les écoles et les universités pourraient en être les foyers de diffusion.

Par Olivier ALLOCHEME

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