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Le triomphe de la vérité

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Fermeture des frontières Bénino-nigérianes: Les Ibos du Bénin racontent leurs souffrances


Déjà un mois que le Nigeria a fermé ses frontières avec le Bénin.Pour les commerçants nigérians communément appelés» Ibo» résidant au Bénin, c’est l’amertume.

« Je suis mécontent du fait que les frontières nigérianes avec le Bénin soient fermées » déclare un vendeur de pièces de motos.Rencontré ce 24 septembre 2019 dans sa boutique à Mènontin dans la commune de Cotonou, ce Ibo ayant requis l’anonymat n’a pas hésité à livrer son état d’âme. « C’est au Nigeria que j’achète les pièces des motos et des véhicules pour les revendre ici au Bénin. Mais,depuis qu’on a fermé ces frontières, les marchandises ne viennent plus du Nigeria. On peut aller là-bas pour acheter les articles mais ça ne peut pas passer par les frontières pour le Bénin » a-t-il laissé entendre. Comme lui, la plupart des vendeurs de pièces détachées de motos et de voitures sont dans le désarroi. Les clients viennent mais sont obligés de rebrousser chemin, puisque les pièces sont devenues introuvables. Père de famille, il se demande comment il pourra continuer à payer les loyers de sa boutique et de sa maison, si cette situation perdure. « Moi, j’ai ma famille ici, elle doit manger. Je dois payer forcément les loyers,les propriétaires n’entendent pas qu’on n’a pas d’argent. Bientôt,on va payer les impôts, Voilà que les frontières sont fermées. Où est-ce que je peux trouver de l’argent ? Même, pour manger maintenant, ce sont des calculs que je fais », avoue le commerçant.

Les chiffres d’affaires en baisse
Vendeur de rideaux à Abomey-Calavi, Robert, un Ibo nous confie que depuis que cette mesure est intervenue, ses revenus ont connu une nette régression. « Je n’enregistre plus de bons chiffres d’affaires », dit-il. Ses six ouvriers qui venaient tous les jours, ont été contraints à subir des rotations qui amenuisent leurs revenus. Mesure draconienne, il a réduit à trois le nombre de ses boutiques, sur les cinq qu’il avait. Désormais, toutes les dépenses sont mûrement réfléchies avant n’importe quel engagement. Les commerçants des tissus communément appelés Goodluck Jonathan rencontrés à Cotonou ce lundi 23septembre,se plaignent également de la situation. Osaka Kenety, l’un d’eux s’en désole : « Nous ne pouvons plus nous déplacer avec les tissus en gros. Je suis obligé d’acheter en gros et je les dépose chez mes frères au Nigeria et je traverse la frontière avec deux ou trois tissus au plus. Cela fait que je suis obligé d’aller chaque fois au Nigeria et ça me fait trop dépenser et je n’arrive pas à avoir les mêmes bénéfices qu’avant ». Quant à Chukwu Oguénin, lui aussi vendeur d’origine nigériane, il met l’accent sur ses pertes. Près 650.000f de ses tissus ont été arrêtés à la frontière. « Je ne suis plus en mesure de vendre des tissus, souligne-t-il. Je n’arrive plus à satisfaire mes besoins quotidiens. » Sa femme, avoue-t-il a été obligée de rentrer au pays chez ses parents, en attendant le rétablissement de la situation. Comme on peut le voir, les commerçants nigérians au Bénin se plaignent. Qu’ils vendent des friperies, des appareils électro-ménagers ou des téléphones portables, ils traversent une période de galère.

Josaphat SONON, Larissa Agoti-Guézo, Landry Sokégbé (Stags)

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