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Le triomphe de la vérité

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Edito: L’union sacrée


Au tir au but de Mama Seibou des millions de cris ont été entendus à travers le Bénin ce vendredi. Nous avons fait l’impensable, atteindre le quart de finale de la CAN. Aussitôt, des milliers de jeunes et moins jeunes, riches et pauvres, femmes et hommes emmêlés se sont jetés dans les rues de toutes les villes du Bénin pour manifester leur joie. Ce fut une effervescence mémorable. Aux cris de joie des uns se mêlaient en effet les klaxons intempestifs des autres, dans un déploiement spontané et incontrôlé. Dans les quartiers de Cotonou, de Porto-Novo, de Parakou, Bassila, Lokossa ou Abomey-Calavi, les gens criant le youyou de la victoire ont salué l’historique exploit de Saturnin Allagbé, le héros du jour, Moïse Hadiléou, le marqueur, Mickael Poté, Stéphane Sèssègnon et de tous nos ambassadeurs à la CAN. Ce fut une nuit d’émotion, d’extraversions et de délire collectif, une immense ruée comme jamais il n’y en eut sur le sol béninois. Puis ce fut le tour des pétards et autres feux d’artifices de jaillir dans la nuit, scandant l’allégresse fusionnelle d’un peuple uni dans l’euphorie de la victoire. Le Bénin est en quart de finale de la CAN et peut même se permettre de rêver d’une finale.
Même ceux qui n’ont jamais cru aux Ecureuils, ceux qui critiquaient les performances jugées médiocres de nos rongeurs, ont été surpris d’être pris dans la mêlée générale. Parmi les plus fougueux fêtards de vendredi, il y en a qui n’avaient jamais osé pronostiquer sur le sort de notre équipe nationale. Au-delà de tout, ce qui a uni les Béninois, c’est la douleur d’un arbitrage scandaleux. L’arbitre angolais a donné aux Béninois le sentiment qu’ils sont persécutés par la CAF qui veut privilégier les clubs maghrébins, au détriment des petits pays comme les nôtres. Les cartons jaunes distribués comme de petits pains aux Ecureuils et surtout le rouge inexplicable jusqu’au scandale brandi contre Khaled Adénon, ont été vécus comme une profonde injustice qui a soudé le peuple autour de ses ambassadeurs. Même réduits à 10, les Béninois ont vaincu le Maroc et l’arbitre Helder Martins Rodrigues De Carvalho. De victimes, nous sommes devenus les bourreaux de cette conspiration qui a mal tourné. Ce sentiment d’être victimes d’une injustice inacceptable, a sans doute compté dans la joie de la victoire finale. Il y a comme un vent d’invincibilité qui souffle désormais dans les cœurs, mais aussi un souffle d’unité nationale autour de la cause de notre nation. Et c’est du jamais vu dans l’histoire moderne du Bénin.
Oui, quelques-uns ont voulu récupérer cette performance à des fins politiques. C’est la victoire de Talon, disent les mouvanciers, c’est la victoire de l’inclusion, rétorquent les opposants, le tout dans un tohu-bohu bon enfant. Il est pathétique de voir comment les rabat-joie, les éternels insatisfaits sont presque systématiquement rabroués chaque fois qu’ils tentent de critiquer Adéoti, Sèssègnon ou encore Farnolle. Personne ne veut entendre une seule critique contre nos héros. Et surtout, que d’éloges pour le divin Saturnin Allagbé élevé au rang de thaumaturge, celui qui de par sa spirale héroïque, sauva toute une nation ! La CAN béninoise porte un visage, celui de l’intrépide gardien de buts. Il est devenu le symbole de notre renaissance.
Ceux qui pensaient que le Bénin n’allait à la CAN que pour la formalité, découvrent une fougue nationale qui a déjà emporté deux lions. Quelle qu’en soit l’issue du match de ce mercredi contre les Lions de la Téranga, le Bénin a déjà réussi l’impensable. Il a atteint un niveau de compétition que même le pays organisateur n’a pu atteindre. Il est certain que les Ecureuils n’attendent que le jour J pour mettre fin à l’épopée sénégalaise et filer en demi-finale. Oui, nous le pouvons, car nous avons résisté aux meilleurs.
Le Bénin, désormais uni par le foot, peut guérir les plaies béantes laissées sur notre unité nationale par les dernières élections. Ce n’est pas impensable après la victoire de mercredi qui a montré que les enfants de ce pays sont capables de transcender leurs divisions pour se retrouver autour de l’essentiel. Allez les Ecureuils !

Olivier ALLOCHEME

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