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Le triomphe de la vérité

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Assainissement urbain au Bénin: Le bilan et la pérennisation des acquis du projet SSD au cœur d’un atelier


Les participants en pleine réflexion pour la pérennisation des acquis du projet SSD

L’Association béninoise pour le marketing social et la communication pour la santé (Abms) a organisé les 11 et 12 avril à Bohicon, un atelier de présentation des résultats et d’élaboration du plan de pérennisation du projet SSD (Sanitation services delivery, prestations de services d’assainissement en français) financé par l’Usaid. Plusieurs recommandations ont sanctionné cette session qui a réuni une cinquantaine de participants.

Faire le bilan du projet SSD et réfléchir à sa pérennisation. C’est l’objectif visé par cet atelier. Ce projet, selon Stephen Quenum, le coordonnateur spécialiste de l’entreprise et du plaidoyer sur le projet SSD à l’Abms,vise « à accompagner la création d’un marché prospère d’assainissement qui permette aux populations d’avoir accès à des toilettes et à un service de vidange de qualité ». Après trois ans de mise en œuvre, le bilan est plutôt positif, si l’on s’en tient aux propos de Stephen Quenum : « Nous avons pu créer une marque de produits d’assainissement dénommée ‘’WcMimin’’, qui a d’autres sous-produits ; nous avons aussi co-créé, avec les acteurs du secteur, un service que nous appelons ‘’Vidange Mimin’’, qui met l’emphase sur un service de vidange de qualité et sécurisée pour le bien-être de tous ». Mis en œuvre dans trois communes au départ, le projet SSD ne cesse de s’étendre. Aujourd’hui il couvre une dizaine de localités. « Au départ, nous intervenions uniquement à Cotonou, Abomey-Calavi et Porto-Novo. A la phase de mise à l’échelle, nous avons étendu nos interventions à plusieurs autres communes. Aujourd’hui, nous intervenons à Adjarra, Abomey, Bohicon, Come, Ouidah,  Tori, Allada, Missérété, Avrankou, Adjarra, Sakété, Houéyogbé », a souligné Stephen Quenum. SSD ne compte pas s’arrêter en si bon chemin selon lui : « Nous envisageons de nous étendre à d’autres localités, telles que Bopa où la nappe phréatique  affleure, pour permettre aux populations, qui ont déjà des latrines ordinaires, d’acheter des pots « Mimin », des pots de défécation qui leur permettront d’en finir avec les nuisances liées aux mauvaises odeurs, aux cafards et autres insectes qui pullulent dans ce type de latrines ».

 

Plusieurs acquis à l’actif du projet SSD

A Bohicon, plusieurs communications ont permis aux participants de toucher du doigt les acquis du projet, mais aussi les difficultés rencontrées dans sa mise en œuvre. Celles-ci ont porté sur le développement de produit, le modèle d’affaire ‘’Wc Mimin’’, le modèle d’affaire ‘’Vidange Mimin’’, le  crédit assainissement et les leçons apprises.  Sur le développement des produits, le coordonnateur assainissement à l’Abms Yvan Noé Adingni, a présenté les caractéristiques techniques des différents produits développés dans le cadre du projet. Il s’est appesanti sur ‘’Wc Mimin’’,une toilette à chasse manuelle d’une épaisseur de 6cm avec 02 à 5 litres d’eau pour évacuer les déchets qui peuvent être vidangés 2 ans au moins après l’usage de la 1ère fosse. L’un des principaux acquis ici, est le nombre de toilettes qui a explosé en seulement trois ans, passant de 4 toilettes réalisées en 2016 à 2302 en 2018 et déjà 1348 à fin mars 2019 pour le compte de  l’année en cours. Yvan Noé Adingni a aussi exposé un certain nombre de défis, dont celui lié au retard par endroits dans les opérations de cadastre qui limite l’accès des ménages aux latrines, celui relatif au contrôle des normes et standards de qualité qui nécessite une implication active des autorités locales et centrales, ainsi que le défi concernant l’investissement des micro entrepreneurs et maçons dans les activités de création de la demande. Exposant sur l’accès au service de vidange, Stéphène Quenum a partagé avec les participants, la révolution  ‘’Vidange Mimin’’dans le domaine du service de vidange. Alliant qualité, hygiène et sécurité, le concept‘’Vidange Mimin’’, fera-t-il savoir, est assuré par des professionnels formés sur les normes de qualité avec un mécanisme qui fonctionne avec un call center qui permet d’accroitre la confiance des ménages. Au total, 35 vidangeurs partenaires ont bénéficié d’activités de formation avant d’être mis en relation avec une banque de la place pour des possibilités de financement, ajoutera-t-il.

Pour ce qui est du crédit assainissement, Bernard Elegbe, le responsable du projet SSD, a expliqué que sur quatre structures de microfinance à même d’offrir ce crédit, Pebco aura été la seule à accepter de prendre le risque.Bernard Elegbe indiquera qu’au total, plus de 140 millions de francs CFA ont été  octroyés aux ménages à travers le partenariat avec Pebco pour la construction de 2215 ‘’Wc Mimin’’à fin janvier 2019 avec un taux de remboursement de 95,30%. La dernière communication présentée par le statisticien Gislain Guedegbe a été l’occasion pour ce dernier de partager le niveau de satisfaction des ménages. Sur la base d’une méthodologie et de quatre outils utilisés pour la collecte des informations, les résultats prouvent que le coût de ‘’Wc Mimin’’ est jugé « abordable » ou « moins cher » par environ 85% des propriétaires. On retient aussi de sa présentation que, seulement 18% des propriétaires ont été informés de la disponibilité du crédit assainissement, 9,73% des propriétaires ont construit leurs toilettes grâce au crédit assainissement, et 89% des répondants ont déclaré que le service dont ils ont bénéficié était de bonne qualité.Le projet SSD  est un projet d’assainissement de l’Usaid/Afrique de l’Ouest. Il est mis en œuvre au Bénin, en Côte d’Ivoire et au Ghana et son but est d’améliorer l’assainissement urbain en élaborant des modèles pouvant être mis à l’échelle, basés sur le marché, contribuant à des changements structurels au niveau de l’assainissement.

 

Des recommandations fortes pour la pérennisation des acquis

Au bout de 48 heures de réflexion, les participants ont formulé les recommandations suivantes :

1- Œuvrer pour une reconnaissance officielle des micro-entrepreneurs par les autorités communales comme prestataires de la marque ‘’Mimin’’;

2- Organiser des sessions de formation au profit des micro-entrepreneurs sur le marketing de l’assainissement et les techniques de vente pour une meilleure autonomisation ;

3- Inciter et élargir l’activité de crédit d’assainissement aux autres structures de microfinance qui opèrent sur le terrain ;

4- Examiner la possibilité d’aller au-delà du montant plafond de 500.000 FCFA pour les micro-entrepreneurs ;

5-Mettre en place un mécanisme de suivi-évaluation de la qualité des toilettes construites par les micro-entrepreneurs par les autorités communales en collaboration avec les services déconcentrés de l’Etat.

Flore NOBIME

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