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Le triomphe de la vérité

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Chronique à l’école de la sexualité: Les traumatismes liés à la propreté dans l’enfance


Agossou Mèssè Boris Quentin SAGBO

« A l’école de la sexualité », votre chronique traite, cette semaine, des traumatismes liés à la propreté dans l’enfance. L’auteur, le psychoclinicien et psychothérapeute Boris Sagbo donne des astuces aux parents pour aider leurs enfants dans leur cheminement vers la propreté.

Quels sont les traumatismes liés à la propreté dans l’enfance ?

D’abord, nous voudrions attirer votre attention sur un élément particulier. Qui est un enfant selon vous ? En tant qu’adulte, nous avons tendance à voir un enfant avec nos pensées de mature, et là, nos rapports aux enfants deviennent pour eux un enfer. Mais la sensibilité de l’enfant est immense, surtout quand il s’agit d’un conflit avec son papa ou sa maman. S’il reçoit une fessée parce qu’il a sali sa culotte, il ne fait pas obligatoirement la relation suivante : « j’ai fait quelque chose de mal et c’est pour cela que maman m’en veut. » Il peut très bien penser ; « Je lui ai fait un cadeau en allant à la selle car elle m’a dit que c’était bien. Si elle n’est pas contente, c’est qu’elle ne m’aime plus… » Un enfant de trois à quatre ans, trop grondé sur ce problème précis, peut rester traumatisé et développer plus tard des comportements obsessionnels liés à la peur d’être sale. Il faut donc observer une certaine souplesse. Chacun possède sa méthode, mais l’une des solutions consiste à lui expliquer : « c’est vrai que tu as des difficultés en ce moment, alors voilà un stock de couches que tu peux garder. Lorsque tu en auras besoin, le soir avant de te coucher ou pendant la sieste, tu me les rendras. » Grâce au dialogue, dans 90% des cas, l’enfant deviendra propre de lui-même, éprouvant ainsi un sentiment de victoire et de satisfaction.

Un fait nous paraît important à signaler : le fait de voir un enfant jouer avec ses excréments. Nous avons été au moins une fois témoin de ce fait et des réactions d’adultes qui suivent. Beaucoup voient ce comportement enfantin d’anormal. Ne soyez pas offusqué (e) si vous découvrez, un jour, qu’un enfant en âge de dix-huit mois ou deux ans s’amuse paisiblement avec ses excréments. A cet âge, l’enfant n’a pas encore intégré qu’il y a des choses qui proviennent de lui et qui méritent d’être jetées à cause de leur qualité. Puisqu’il ressent du plaisir, il pense que cet excrément qui est à lui peut lui procurer à nouveau le plaisir en s’amusant avec. En effet, l’enfant aime jouer avec ce qui est à lui, ses matières en l’occurrence, et estime, de plus, qu’il en a bien le droit ! N’allez pas le gronder ou le nommer « le porc » (comme le font certains parents), cela causerait un traumatisme inutile. Expliquez-lui plutôt que « vous auriez été encore plus content (e) s’il avait laissé le caca dans le pot. Vous seriez allés ensemble le vider dans les toilettes des grands en lui disant au revoir. Faites-le souvent ainsi et ajoutez à chaque fois : chaque chose à sa place ; les bonbons dans la boîte à bonbons (ou dans la bouche) et le caca dans le pot (jamais dans la main) ! En dédramatisant le dialogue et la situation, tout rentrera dans l’ordre. Le seul langage que comprend un enfant est un langage affectif. Tout le reste pour lui constitue un danger. Voici un témoignage, une histoire vraie. George, trois ans et demi, a fait pipi au lit. Son père le morigène et le menace : « on va te vendre ». Joignant le geste à la parole, il s’empare du téléphone et appelle un acheteur imaginaire. Le garçonnet est terrorisé. Il commence à faire des cauchemars, perd l’appétit et déclenche  des attaques de panique (peur intense et brusque sans une réelle cause accompagnée d’une sensation de souffre coupé et de perte de conscience) lorsqu’il quitte le foyer pour se rendre à l’école maternelle. Vous constatez avec moi qu’un incident mineur, voire anodin peut se révéler traumatique pour un enfant à cause de son immaturité. Et les adultes que nous sommes, devons avoir à l’esprit que nous devons agir en considérant cette fragilité que nous avons aussi éprouvée quand nous étions comme eux. Ici, nous voudrions surtout interpeler les mamans, les nourrices, les responsables d’orphelinats et autres centres intervenant dans la protection des enfants sans distinction.

 

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