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Le triomphe de la vérité

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Condamnation assortie de sursis au TPI de Cotonou: La lutte contre la criminalité faunique en difficulté


Une nouvelle décision de justice fâche les activistes engagés dans la lutte contre la criminalité faunique. Il s’agit d’une décision du Tribunal de première instance de Cotonou contre deux trafiquants pour 18 mois assortis de sursis, à 100.000 FCfa d’amendes et 1.000.000 FCFA de dommages et intérêts.L’audience s’est déroulée le lundi 27 novembre 2017. Pour les activistes, il s’agit d’une « condamnation qui n’arrange en rien la lutte contre le phénomène ». Pour eux, ce verdict a tout de même le mérite de faire comprendre au public que rien ne sera plus comme avant et que la ‘’Tolérance Zéro’’ est de mise en ce qui concerne les crimes fauniques au Bénin. Par ailleurs, quand on sait que le Bénin dispose de la loi n°2002-16 du 18 octobre 2004 portant régime de la faune en République du Bénin, il y a de la matière à s’inquiéter du sort réservé à la faune sauvage au regard de cette décision de justice. En annexe de cette loi, et dans la catégorie A, l’éléphant est en tête de liste des animaux sauvages intégralement protégés. L’article 154 punit d’une amende de 300 000 à 800 000 FCFA et/ou d’un emprisonnement de 6 mois à 5 ans quiconque importe, exporte, réexporte ou commercialise des animaux sauvages ou leurs trophées et dépouilles en dehors des cas permis. Il faut rappeler que ces trafiquants ont été appréhendés en fragrant délit de commercialisation de deux défenses équivalent d’un d’éléphant abattu. L’article 158 vient corser la peine annoncée par l’article 154. Cette peine peut être portée au triple lorsque l’infraction est commise dans une aire protégée ou aux dépens d’un animal intégralement protégé. Au regard de ces dispositions de la loi, et sans risque de se tromper, cette condamnation assortie de sursis freine la lutte contre la criminalité faunique.C’est le lieu d’inviter les acteurs de lutte contre les crimes environnementaux à redoubler d’ardeur pour faire comprendre à tous les maillons de la chaine de condamnation qu’il faut des décisions vraiment dissuasives pour décourager les trafiquants. Une des manières pour démanteler les réseaux de trafic illicite de produits de faune pour la sauvegarde des animaux sauvages intégralement protégés.

Emmanuel GBETO

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