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Le triomphe de la vérité

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Malversations financières: Après la Sonapra, l’Onasa l’autre gros scandale démasqué


Le gouvernement du président Patrice Talon a déclenché la guerre depuis sa prise de fonction contre la mauvaise gestion et la corruption au sommet de l’Etat et dans les sociétés d’Etat. Une guerre qui suit son cours et qui a ouvert le champ, depuis le dernier conseil des ministres, à l’épisode des scandales financier au niveau des sociétés sous la tutelle du ministère de l’agriculture. En effet, après le cas Sonapra qui focalise toutes les attentions, les conclusions du cabinet d’audit sur la gestion de l’Office national d’appui à la sécurité alimentaire (Onasa), entre 2012 et 2015, suscitent aussi beaucoup d’interrogations. Comme l’indique ce cabinet, la gestion de l’Onasa entre ces trois années a été émaillée de nombreuses irrégularités qui portent préjudice à l’Etat. Le cabinet a révélé plusieurs irrégularités notamment dans l’utilisation des dotations de fonds de sécurité alimentaire occasionnant des manques à gagner estimés à plus de 1,7 milliards de FCFA. Il a été remarqué que les points de vente de l’Onasa ont été réalisés à des prix supérieurs aux prix de cession fixés par décret mais dont les montants ont été minorés dans les rapports de campagne, une somme de plus de 824 millions de FCFA évaluée lors de la reconstitution sur la base des prix réglementaires des montants des ventes à partir des stocks vendus. On note aussi une non fiabilité des informations financières à savoir, une surévaluation de 657 millions de FCFA pour les montants des achats par rapport aux données de l’office, le prix d’achat élevé des produits aux plafonds fixés par décret et la charge additionnelle pour l’Etat est estimée sur la période à un montant de 257 millions de FCFA. Sur la base d’exécution des campagnes 2012 à 2015, le cabinet remarque que le reliquat des recettes qui aurait dû être reversé au Trésor public à la fin des campagnes est de 3,113 milliards (soit 2,8 milliards pour l’opération de sécurité alimentaire et 250 millions pour les ventes de riz don japonais. D’autres cas de fraude financière ont été aussi enregistrés. Il s’agit du décaissement au profit de l’Onasa largement inférieurs aux montants des demandes introduites en Conseil des ministres, soit des demandes satisfaites à hauteur de 9,02 milliards de FCFA sur les 18,7 milliards sollicités en conseil des ministres, un décaissement de 295 millions de FCFA au profit de l’Onasa sans autorisation du conseil des ministres, des difficultés de validation des données, et aussi, des difficultés de validation des données financières des rapports d’exécution des différentes éditions de l’opération « Solidarité nationale pour la sécurité alimentaire ».

Plusieurs irrégularités au niveau du service comptable
Bien que l’ONASA soit doté d’une direction financière et comptable et d’une cellule d’audit interne, le système comptable n’a pas été organisé de façon à pouvoir rendre compte de l’utilisation des dotations de fonds de sécurité alimentaire de manière fiable et transparente. Le cabinet révèle l’absence d’un suivi analytique des opérations d’achats et de ventes de riz et de maïs mais relatives aux fonds de sécurité alimentaire, l’absence de suivi des frais d’achat et de vente, le non enregistrement des opérations de vente du riz « don japonais » dans la base comptable. Une reconstitution du montant des ventes à partir des stocks vendus déterminés avec les données des rapports de campagne valorisés aux prix réglementaires a révélé que les montants des ventes mentionnés dans les rapports ont été sous-évalués de plus de 824 millions de FCFA. Au regard de ces conclusions, l’Onasa a donc été un véritable vache à lait pour certains cadres et personnalités tapis dans l’ombre, occasionnant de nombreuses pertes financières à l’Etat. Entre 2012 et 2015, l’on se demande la destination exacte de ces milliards détournés pour des fins encore inconnues. A la lecture du rapport d’audit, il s’observe que les fonds engloutis dans les activités conviées à l’Onasa n’étaient pas gérés par l’office. Une autre question se pose sur l’identité des véritables auteurs de ces détournements. Dans sa marche contre la bonne gouvernance et la dénonciation des prévarications connues sous le régime Yayi, le gouvernement actuel pense bien mettre à nu tous les dossiers à haut scandale financier et économique pour le bien-être des populations.

Wandji A.

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