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Edito: La crise des partis


La RB enregistre son énième crise qui s’est conclue dimanche dernier par la mise en place d’un bureau exécutif national dirigé par un fidèle parmi les fidèles de la famille Soglo. Quand vous lirez dans l’histoire personnelle de maître Abraham Zinzindohoué, vous verrez qu’il doit beaucoup à cette famille, tout au moins au plan professionnel. Vous verrez aussi que la plupart des grands meneurs d’hommes qui ont fait la vie du parti sont en train de partir (ou le sont effectivement) vers la dissidence désormais dirigée par l’ancien président de la Cour Suprême. Contrairement à ce que disent certains, quand bien même la justice finirait par donner raison aux Soglo, il est fort à parier que la reconquête de l’électorat RB sera une véritable gageure. Mais ne faisons pas de politique-fiction, regardons plutôt la réalité en face. Et cette réalité, c’est qu’à aucun moment, ceux qui se combattent au sein de la RB ne parlent des problèmes du Bénin. On parle des problèmes de fonctionnement interne, des querelles intestines liées à la gestion des relations de groupes. On évoque des décisions arbitraires, des milliards perçus mais sans compte-rendu, etc. Que disent les uns et les autres du chômage ? Quelles sont donc les dissensions ou les points de convergence à propos de la crise de l’éducation ? Que disent les deux camps de la gestion de la santé publique ? Que pense   donc chacune des deux ailes de la gestion de la filière coton, de la gestion des zémidjan, de la nécessaire dépolitisation de l’administration publique ? Vous aurez beau chercher  des réponses à ces questions qui concernent la vie quotidienne du pays et même son avenir, vous ne les verrez dans ces crises. On s’occupe beaucoup plus des querelles entre les personnes que des problèmes qui nous concernent et dont la résolution devrait être la raison d’être des partis. A quoi sert donc la RB ? A placer les cadres ou pseudo-cadres de la galaxie Soglo ? Je veux croire que non mais la réalité crève l’œil.
A vrai dire, lorsque vous regardez bien ce qui se passe au sein du PSD, la similitude avec la RB n’est qu’aveuglante. Ici, ce sont les cachoteries entre les responsables du bureau politique qui sont à l’origine de l’explosion. Emmanuel Golou et ses adversaires ne parlent jamais des idées qui sous-tendent leurs dissensions. On parle plutôt de congrès non convoqués, de comptes-rendus de fonds reçus non faits, de mauvaise gestion des actes du précédent congrès, etc. Jamais personne n’évoque des adversités basées sur les conceptions liées au rôle et à la mission de la justice. Jamais vous n’entendrez que les dissidents se battent parce qu’ils n’ont pas la même conception de la lutte contre le chômage ou contre la corruption. Vous aurez de la peine à entendre qu’on s’entredéchire parce qu’on ne partage pas la même vision de l’agriculture ou de la politique pastorale au Bénin. Non !  On vous parlera et on vous soûlera des labyrinthes de la vie interne des partis. Et je me demande en quoi ces inimitiés internes, ces querelles de chiffonnier regardent le commun des citoyens qui ont besoin d’emploi ou ceux qui sont en bute à une administration publique mal adaptée ou à la crise de   notre football. Notre misère est grande et les partis politiques font partie du problème au lieu d’être la solution. En quoi les querelles interpersonnelles au sein du PSD concernent la vie quotidienne des Béninois ?
En posant ces questions, je suis convaincu de leur absurdité dans la tête des Béninois eux-mêmes. Tout le monde est convaincu au Bénin qu’un parti politique se crée comme on crée une PME : il sert à promouvoir les cadres, point ! Lorsqu’on dit au Béninois qu’il doit réfléchir et travailler à changer la situation du pays, il est est le premier à trouver cette conception saugrenue. Et c’est d’ailleurs pourquoi tout le monde trouve intenable la position des frondeurs de la RB qui, considérés comme des locataires, ont osé arracher leur bien aux Soglo. La destitution, hier, d’Emmanuel Golou de la tête du PSD est déjà  considérée par certains comme une manœuvre de Bruno Amoussou pour reprendre le contrôle de « sa » chose, de « son » PSD.
On voit bien   où nous sommes descendus : les partis politiques sont devenus des business et tout le monde trouve que c’est normal.

Par Olivier ALLOCHEME




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