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Pharmacie: Un super-antibiotique pour combattre les bactéries super-résistantes


Des scientifiques américains développent actuellement une version super puissante de la vancomycine. Cet antibiotique serait efficace contre les entérocoques, bactéries responsables d’infections et résistantes à l’ancien médicament.

 

Découverte en 1956, la vancomycine agit entre autres sur les staphylocoques, les streptocoques et les entérocoques, 3 bactéries qui causent des infections. Avec son coût élevé et ses effets secondaires (dont une atteinte rénale et auditive), elle n’est utilisée qu’en dernier recours. 30 ans plus tard, les premières résistances apparaissent chez les entérocoques. En effet, les bactéries mutent en permanence pour résister à l’action des antibiotiques. Un phénomène en plein boum : en 2002, le premier cas de staphylocoque doré résistant à la vancomycine apparaissait aux Etats Unis. Contre ces superbactéries, il n’existe que très peu de traitements. De plus, les laboratoires pharmaceutiques délaissent la recherche sur l’antibiotique pour se diriger vers des secteurs plus lucratifs.

En 2016, l’ONU avait convoqué une assemblée générale exceptionnelle, la première, sur le sujet. En 50 ans, « seules deux nouvelles classes d’antibiotiques sont apparues sur les marché« , le retour sur investissement pour ce type de médicaments étant insuffisant pour les laboratoires, avait alors indiqué Margaret Chan, directrice générale de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). « Les superbactéries hantent déjà les hôpitaux et les unités de soins intensifs du monde entier. Nous connaissons presque tous quelqu’un qui a subi une opération de routine avant de mourir d’une infection contractée à l’hôpital« , s’était-elle alarmée. « Certains scientifiques parlent de tsunami au ralenti« .

La « vancomycine 3.0 », 1000 fois plus puissante

Quelques initiatives font cependant de la résistance : après l’iChip et la teixobactine contre les staphylocoques, c’est maintenant au tour des entérocoques résistants à la vancomycine d’être dans le viseur d’une équipe de chercheurs du Scripps Research Institute (Etats-Unis). Ils ont développé une version améliorée de la vancomycine, « la vancomycine 3.0 », qui attaque la paroi des entérocoques résistants.

Selon l’Institut de Veille Sanitaire, ces bactéries ont causé environ 2000 cas d’infections nosocomiales de 2005 à 2011. Modifiée sur 3 niveaux, cette nouvelle version de la vancomycine dispose maintenant de trois mécanismes d’action indépendants. “Cela augmente la durabilité de l’antibiotique« , explique Dale Boger, auteur principal de l’étude, dans un communiqué. « La bactérie ne peut pas trouver un moyen de contourner en même temps ces 3 mécanismes. Même si elle trouve une solution pour l’un d’eux, elle sera quand même détruite par les 2 autres« . L’antibiotique, « magique » selon Boger, serait 1000 fois plus puissant que l’ancien.

L’étude, publiée dans Proceedings of the National Academy of Sciences le 30 mai 2017 ne s’est faite pour l’instant qu’en laboratoire. Des tests doivent encore être effectués sur les animaux et les humains. Le super antibiotique est encore loin d’être disponible. Et si ce temps advient, la substance ne sera efficace que sur un type de bactéries. La recherche a donc encore du travail pour endiguer le développement de ces bactéries résistantes.

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