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Le triomphe de la vérité

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Sous l’arbre à palabres avec l’honorable Léon Basile Comlan Ahossi, Député à l’Assemblée Nationale:« Je suis fier d’avoir refusé d’être ministre sous Yayi et d’avoir démissionné de la CPS-Lépi »


L’honorable Léon Basile Ahossi: « Dagnivo mon frère, c’est un peu vague, c’est mon cousin. Mais pour ce qui est de sa disparition, ceux qui l’ont fait le paieront un jour...»

Léon Basile Comlan Ahossi, député à l’Assemblée Nationale est l’invité de votre rubrique « Sous l’Arbre à palabres ». A l’occasion de son passage à la rédaction de « l’Evénement Précis », le député membre de « l’Union fait la Nation » et ancien membre de la CPS-Lépi jette un regard critique sur la gestion du Bénin sous Boni Yayi, apprécie le processus de correction de la Liste électorale permanente informatisée (Lépi). Dans cet entretien à cœur ouvert, il apprécie l’activité parlementaire de la 6ème législature et lève un coin de voile sur la vie au sein de l’UN après les départs de la Renaissance du Bénin (RB) et du Parti du Renouveau Démocratique (PRD).

                                                                                                                             Et si on en parlait

Vos vacances de l’Assemblée nationale

Les vacances auraient pu être de tout repos mais vous savez, j’appartiens à une structure politique et cette structure a traversé des zones de turbulences. Mais le roseau plie et ne rompt pas. Donc, nous avons passé l’essentiel de la période des vacances à nos réunions, à nos concertations, à nos activités politiques vers la base. Cela fait qu’on s’est rendu à peine compte que le temps est passé. On ne s’est vraiment pas reposé. J’avais entrevu de faire un voyage.

Mais j’ai dû le reporter à plus tard compte tenu des nombreuses activités. Et vous savez, le pays actuellement, je n’exagère pas quand je dis qu’il est dans la tourmente. Et ce n’est pas en ce moment qu’il faut aller passer de véritables vacances. Je dirai que nous restons pour être au chevet du pays.

Vos militants ont-ils pris une partie de vos vacances ?

Oui, les militants en ont pris une grande partie. Suite à nos réunions au niveau de l’Union fait la nation, il fallait faire des séances de reddition. Par exemple, on a eu une tournée d’une semaine pour expliquer les grandes décisions du forum. On a eu d’autres séances sur le document des propositions de l’UN qu’il fallait vulgariser, et je crois que tout cela nous a pris suffisamment de temps pour éclipser les vacances.

Vos militants vous ont-ils fait dépenser ?

L’UN s’est engagée dans une formule où les réunions et meetings ne sont plus désormais terminés par des fêtes de sandwichs et de bières. Parce que nous avons constaté qu’il nous faut avoir de vrais militants et que chacun devrait s’y investir. Ça a démarré un peu timidement mais cela est en train de prendre. Je peux vous assurer qu’en dehors des dépenses de carburant et des nécessités qu’impose ma présence sur le terrain, les militants ne m’ont pas véritablement fait dépenser.

Le président Nago s’est-il amélioré par rapport à la 5ème législature ?

Oui. Les questions au gouvernement sont plus évoquées au cours de cette législature que de la précédente. Il y a le jeudi qui n’est pratiquement réservé qu’à cela, sauf s’il y a quelques urgences. Je crois qu’il a tenu compte des critiques et les choses se sont beaucoup améliorées.

Comparez les 5ème et 6ème législatures

J’en parlerai de deux points de vue. Le premier est que je regrette que la majorité parlementaire ait basculé dans le camp présidentiel, parce que nul ne peut être juge et acteur. Cela fait que l’Assemblée nationale ne joue pas véritablement son rôle. Sous la 5ème législature, il y avait un député qui en valait plus de 83. C’était la Cour constitutionnelle qui se retrouvait carrément aux côtés du gouvernement pour détruire tout ce que faisaient les députés.

Mais malgré cela, le peuple, lui, voyait que les députés jouaient le rôle non pas d’une institution de contre-pouvoir, mais d’une institution indépendante. Mais cette 6ème législature ne nous offre pas ce cadre. Il se passe des choses au point où on se demande s’il y a des lois dans la République. Je vais vous donner un exemple. Nous avons voté un accord de ratification sur le protocole additionnel du statut des diplomates, privilèges et immunité. Le sujet a été introduit par le Ministère des Affaires étrangères. La commission des lois a travaillé et, fort heureusement, je suis membre de cette commission.

Nous avions posé des questions. Le jour de la plénière nous n’avions pas eu des réponses à ces questions-là. Les ministres qui étaient là ont dit qu’ils ne savent pas si cette question était prévue et qu’ils n’ont pas été mandatés pour en discuter. Mais pourtant, on a voté l’accord parce que les autres sont majoritaires. Voilà un peu l’ambiance dans laquelle nous travaillons. Cela enlève de l’efficacité à nos actions. Le deuxième exemple que je vais donner est la question orale avec débat introduite par mon collègue Louis Vlavonou. Dès que le sujet est reconnu recevable par le président de l’Assemblée, rien ne devrait plus arrêter le débat.

Mais, il se trouve que le Chef de l’Etat s’est jeté dans une politique de BOT (le Built, Operate and Trade, c’est-à-dire construire, exploiter et transmettre ensuite). C’est-à-dire que la société qui construit, finance tout elle-même, l’exploite sur x années et la retransmet. Or, cela n’est encadré par aucune loi et est une véritable source de corruption. Je prends l’exemple d’un pont qu’on peut faire à dix milliards. Je peux le faire à huit milliards ou sept, si je sais que dans dix ans je m’en débarrasse et plus rien ne me concerne. Donc, le collègue a introduit une question orale avec débat là-dessus.

Mais comme pour tout ce qui se fait avec la mouvance, les consignes doivent arriver du palais, le jour qu’on devait évoquer la question, ils ont refusé qu’on en parle. Voilà un peu brièvement à travers ces deux exemples comment fonctionne l’Assemblée nationale. Mais, j’ai la conviction que le président de l’Assemblée a tenu compte des difficultés qu’il a eues au cours de la 5ème législature et qu’il s’emploie à améliorer un tant soit peu les choses. Mais il est entouré de faucons du régime qui en fait dictent leur loi et il n’a pas toujours la liberté de mouvement et de choix.

 Espérons que les choses s’améliorent, parce que si tout va bien, le Chef de l’Etat se rend compte lui-même de plus en plus qu’il ne pourra pas truquer la Constitution pour rester. Et en fin de règne, chacun doit pouvoir prendre ses responsabilités et s’en sortir avec plus de fierté.

La diplomatie parlementaire tourne alors à pleins gaz ?

Le Président de l’Assemblée nationale fait des tentatives d’ouverture qui sont constamment contrées par les faucons des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe). Mais il fait un effort et il faut le reconnaître.

Il n’y a plus de coups de poings à l’Assemblée !

Les coups de poings qu’il y a eus, c’est entre les honorables Gbadamassi et Débourou. Maintenait qu’ils sont ensemble, je crois qu’ils n’ont plus de raison de se battre. Il y a eu juste des échauffourées entre l’ancien questeur et son second, les honorables Débourou et Saka Fikara. Mais ça n’a pas atteint le niveau de celles entre les honorables Gbadamassi et Débourou. Maintenant qu’ils sont ensemble, je crois que l’un ne voit plus les vices et les mauvais côtés de l’autre.

Qu’en est-il de la production parlementaire ?

La production parlementaire est en train d’augmenter. Je fais la nuance. Lorsque nous sommes dans un pays où l’on casse les maisons des gens qui sont installés depuis 25, 30, 40 ans, je trouve que c’est anormal. On ne se préoccupe pas tellement de ces choses-là. Il y a une loi qui a été déposée il y a déjà plus de six mois. Mais on n’en dit rien et on se précipite sur les textes de lutte contre le terrorisme ou le blanchiment d’argent. Le terrorisme ne nous concerne pas ici.

 Ce sont les problèmes d’autres parties du monde. Mais comme ce sont ceux-là qui tiennent le cordon de la bourse, je dis qu’on nous programme pratiquement nos activités de dehors. L’essentiel, ce qui nous préoccupe, je crois qu’on s’en préoccupe peu. Donc la production a augmenté, mais je trouve qu’elle n’est pas améliorée.

Ne regrettez-vous pas aujourd’hui d’avoir démissionné de la Lépi ?

Quand je discute avec mes enfants, je dis souvent que j’ai posé deux actes majeurs qui font leur fierté. Le premier, c’est d’avoir refusé d’entrer dans le gouvernement de Yayi. J’en suis fier et je ne sais pas si je l’avais fait, quel serait mon visage aujourd’hui ? J’aurai faussé toute ma vie. Le deuxième, c’est d’avoir démissionné de la Cps-Lépi. La Cps-Lépi a été conçue de façon à être dominée par les Fcbe. Nous étions quatre à ne pas être Fcbe. Mais je dirais cinq parce qu’avec Quenum, entre la saison de pluies et la saison sèche, on ne savait pas où situer la Renaissance du Bénin.

Je me permets de le compter comme opposition à l’époque. Je dois vous faire remarquer que s’il était d’une opposition aussi déclarée que la mienne en ce moment, les FCBE n’auraient jamais accepté qu’il coordonne les activités de la Lépi, parce que les décisions se prenaient entre le Palais de la République et le PNUD. Nous étions finalement quatre. Et tout se faisait par vote. Je ne sais pas les résultats que vous auriez attendus du groupe des quatre.

Je vais vous donner un exemple. Lorsqu’on voulait faire la cartographie censitaire dans le Borgou/Alibori, 400 000 cartes de ménage ont disparu. Nous avons voulu savoir. Mais, à ce jour, on ne sait pas à quoi ces cartes ont servi. Si on ne corrigeait pas ça au départ, on faussait le recensement, l’enregistrement et toute la suite. Nous nous sommes dit qu’à un moment il va falloir apposer notre signature sur le document final. La Lépi c’était beaucoup de sous. Nous qui n’avions aucune responsabilité, on gagnait au moins 3.600.000 F Cfa par mois. Avec mes primes, les bons d’essence, on était autour de cela.

Les responsables, je m’en passe. On s’est dit qu’on va s’asseoir à cause des primes et qu’on finira par apposer notre signature sur un document faux. On a décidé de s’en aller et je crois que même si on était resté, on n’aurait pas eu autre résultat que ce qu’on a eu. Parce que lorsque Quenum a été débarqué, je ne sais pas ce qui l’a embrouillé avec le Chef de l’Etat, on a décidé de le changer, le 6 mars 2010. Celui qui l’a remplacé est d’abord allé échanger avec le Chef de l’Etat à son domicile. Et c’est quand il a donné son Ok qu’on l’a placé. Je devais être à ce rendez-vous. Parce que l’Honorable Bako et moi étions à la tête du G 13.

Mais je me suis arrangé pour ne pas y être. Parce que je n’aime pas la duperie par nature. Il est allé prendre les consignes chez le chef de l’Etat avant d’aller prendre la fonction à la CPS/LEPI. Donc, vous comprenez que notre présence n’aurait rien changé. Il avait fallu, pour notre honneur, que nous partions. Et je disais, c’est le second acte majeur que j’ai posé après avoir tourné la page de mes 60 ans et j’en suis fier. Si c’est à recommencer je suis sûr que je ferai encore mieux. Je ne peux pas m’associer à quelque chose qui, de toute évidence, ressemble à un montage. Ceux qui ont accepté d’aller au gouvernement ne sont pas fiers de là où ils sont. Parce que si vous discutez avec certains en privé, ils font le signe de la croix et s’abstiennent de parler.

Vous me voyez, moi, au gouvernement, le Chef de l’Etat qui dit à la télé un jour solennel qu’il ira chercher les Béninois du Bénin profond pour venir cogner ceux qui ne sont pas d’accord avec lui. Si j’étais au gouvernement, j’aurais démissionné le lendemain matin. Je serais parti. Sinon, je suis complice de ça. Lorsque vous estimez que vous n’avez pas votre place à un endroit, n’allez pas vous y asseoir. Ce que l’histoire retient, c’est que nous avons refusé d’apposer notre signature sur un document faux. Si entre temps j’ai encore manifesté le désir de revenir, je dois vous dire que la politique est un phénomène complexe.

Lorsque le secrétaire général de l’organisation internationale de la francophonie est arrivé, il nous a reçus. J’ai été reçu avec l’honorable Houdé. Il nous a parlé. Il a reçu les politiciens, il leur a parlé. Nous nous sommes dit qu’il n’est pas sûr qu’on soit plus intelligent que tous ceux qui en parlent et qui disent qu’il faut y retourner et on a voulu y aller, mais les autres ont refusé de nous recevoir. Et avant d’y aller, j’ai dit à mon groupe politique que j’aurais souhaité que quelqu’un d’autre aille à ma place. Ils ont dit, c’est ceux qui ont été désignés et qui ont prêté serment qui doivent y être.

Mais ils ont refusé de nous recevoir. Nous avions démissionné. Le ministre coordonnateur de la CPS a dit que notre démission n’est pas valable parce qu’elle n’a pas été adressée au coordonnateur de la CPS. Jusqu’à la dernière minute, il le disait encore dans les réunions. Nous arrivons pour le reprendre, il nous dit qu’il faut faire une demande de réintégration. Mais comment des gens qui n’ont jamais démissionné, qui sont supposés avoir été empêchés d’assister aux séances doivent faire une demande de réintégration. Nous avons dit que c’est en contradiction avec ce qu’il nous avait dit. Il dit ‘’bon on va aviser et on va vous appeler’’. Puis, ils ne nous ont plus jamais appelés. Moi je voyais ça venir. Mais je ne pouvais pas penser à la place de tout le monde.

On a fait l’expérience et vous connaissez le résultat. Et de ce point de vue, je dois vous dire qu’il n’y a pas eu de LEPI. Il y eu une liste électorale informatisée ajouté à cela quelques mécanismes de l’informatique pour donner l’impression qu’il y a eu LEPI. Il n’y a pas eu une véritable LEPI. La veille, on distribuait des cartes, le jour même on en distribuait. La LEPI est supposée être terminée en décembre 2010. Mais en mars 2011 on distribuait encore des cartes. Ça, c’est la première chose. La seconde chose, vous avez tous vu à la télé, mon collègue et ami Bako remettre une valise au président de la CENA, et on nous disait que voilà la LEPI qu’on transmet à la CENA. Je ne sais pas si vous vous en souvenez. Qu’est-ce qu’il y avait dans la valise ?

À ce jour personne ne peut le dire. Curieusement, mon très cher ami Débourou annonce sur les ondes de Canal 3 que la LEPI est au PNUD. C’est passé par où pour se retrouver au PNUD ? Personne ne peut le dire. Quelques jours après, lui, président de groupe de travail, appelle ses collègues, ils débarquent sur la plage. On retrouve la LEPI sur la plage, au Centre International des Conférences (CIC). Quel est ce document qui quitte le PNUD pour se retrouver au CIC ? On ne sait pas. Entre deux élections, s’il y avait une LEPI, elle devrait être dans les mains du SAP/CENA. Mais qui tient le code d’accès à ce document aujourd’hui ?

Ce n’est pas le SAP/CENA. Je ne sais pas qui le détient. Mais, ce qui est sûr, ce n’est pas le SAP/CENA. Ça, je peux le dire. Maintenant qui le tient ? Est-ce que c’est le président Yayi ? Est-ce que c’est le président de la Cour constitutionnelle ? Et ce qu’on dit par rapport à la correction. C’est un raccommodage dangereux. Parce que tant qu’on n’aura pas réglé définitivement les questions de cartes de ménage disparues, tant qu’on n’aura pas repris correctement la cartographie censitaire, moi j’estime que si vous avez un ami qui marche pas bien, on dit qu’il a les chevilles qui sont déformés, tant que l’orthopédiste ne va pas corriger ça.

Le rapport de l’OIF est clair, la cartographie censitaire est à reprendre. Vous aurez beau lui tenir le bras, il marchera toujours mal. Donc, moi j’estime qu’il n’y a pas LEPI et que nos amis FCBE ne souhaitent pas qu’il y ait une LEPI. Parce que certainement, ça ne les arrange pas. Malheureusement, cette LEPI nous à conduit au chaos. Je ne sais pas où on veut amener le pays avec les reliques de ce qu’on a utilisé pour les dernières élections. L’Union fait la Nation aurait eu peut-être 60 députés s’il n’y avait pas eu cette LEPI. Nous avons été élus contre la LEPI. Parce que, trop de choses ont été faites pour réduire le nombre de députés de l’opposition au niveau de l’Assemblée.

Donc l’effort que nous avons fait pour nous retrouver à l’assemblée, nous aurons certainement fait moins pour être là, et nous aurons eu plus de députés avec l’effort que nous avons fait. Donc les gens ont truqué leur système pour nous empêcher d’y aller. Mais nous nous sommes battus. On a déployé plus d’énergie pour nous retrouver là où nous sommes. Sans la LEPI, on serait plus nombreux. Non, mais démissionner de quoi ? Là c’est deux choses que je voulais qu’on comprenne. Je reste soutenu dans ma localité. Et ça n’a rien à voir avec FCBE. Mes électeurs m’ont dit ‘’vas-y’’. Le groupe politique a dit ‘’va’’.

Et je vous ai dit tout à l’heure que, par moment, je m’arrête pour tenir compte de l’opinion des autres. J’en ai tenu compte. Je n’y suis pas, pas parce que je suis mal élu. Mais je dirai parce que je suis brillamment élu, j’y reste. J’ai été élu en dépit de toutes les manigances orchestrées pour m’empêcher. Il y avait une liste de gens qu’on ne voulait plus revoir à l’assemblée. Les Serpos Tidjani, Houndété Eric, Sacca Fikara y compris moi-même et d’autres. Si j’y suis allé, je crois que j’ai triomphé de l’adversité des autres. Et ma présence là sert à quelque chose. La haute corruption n’a pas défait mon électorat.

C’est vrai que le douanier n’est pas un fonctionnaire ordinaire, je l’avoue. Je suis solidement implanté dans ma zone. Bien avant d’avoir eu l’idée de faire le passage que je suis en train de faire en politique, j’y suis installé, j’ai partagé des bonheurs et des malheurs avec mes gens. Et ça a fait que beaucoup sont restés attachés à moi. Et dans les situations d’aller ou de ne pas aller, il faut mettre le discernement. Si tel que c’est parti, on poursuit comme ça, je suis sûr qu’on n’aura pas une bonne LEPI. L’honorable Vlavonou est astreint à des obligations de réserve auxquelles moi je ne suis pas astreint.

Vous auriez dû m’interroger. Puisqu’on nous a annoncé que la LEPI est au PNUD. Qui est venu dire au groupe de travail que la LEPI est sur la plage au CIC ? Pour moi, on n’a pas eu de LEPI. Ce que nous aurions pu appeler la LEPI a été officiellement remis au président de triste mémoire de la CENA, à la télé devant tout le monde. Mais cette LEPI, de la CENA, elle doit se retrouver aux mains du SAP/CENA. Pourquoi cette LEPI va se retrouver au CIC ?

Contrôlée par des gens dont le mandat de travail est terminé depuis décembre 2010 et qui sont là. Si Débourou dit que la LEPI est au PNUD, je crois qu’il ne s’est pas trompé. Il y a des secrets qu’on ne dit pas. C’est le PNUD qui paye les gens qui sont là et tripotent les choses. Donc, il n’a pas fait de lapsus. Mais les siens lui ont tapé sur les doigts, ha ! Tu en as dit un peu trop. C’est tout. Moi je suis de l’ère avant informatique. Mais je peux vous dire avec certitude quelque chose.

La machine ne vous restitue que ce que vous lui avez confié. Celui qui a le code d’accès, vous le connaissez. Si une heure avant on lui confie des éléments et qu’on vous les sort une heure après, qu’allez-vous dire ? La LEPI, c’est un document sécurisé qui devrait se retrouver au SAP/CENA. Moi, je ne dirai peut-être pas que c’est du pipeau, mais je dirai que c’est du théâtre.

Pensez-vous comme l’honorable Candide Azannaï que la Lépi peut-être corrigée en quinze jours ?

Quinze (15) jours pour corriger la LEPI, je pourrai dire que c’est possible. Mais moi je me donnerai un peu plus de temps. Je ne l’ai pas encore vu pour savoir pourquoi il colle ça dans le temps. Mais j’aurais demandé plus. J’aurais demandé qu’on fasse une liste ad’hoc pour aller aux élections et qu’on reprenne la cartographie censitaire. Parce que j’ai vu ça là au moins quand j’étais à la CPS. Qu’on le reprenne. Parce qu’il se trouve qu’il y a des régions qui ont été extraordinairement peuplées par la LEPI. Il faut qu’on reprenne, c’est mon point de vue.

N’y-a-t-il pas alors un contraste avec les récriminations que vous faites contre le processus de correction en cours de la Lépi ?

Il n’y a aucun contraste. Mais il est dans un groupe, il travaille jusqu’au bout. Mais les éléments que nous avons à notre disposition nous permettent de douter de ce qu’ils sont en train de faire. Ce n’est pas parce que vous seriez mon ami que si vous faites quelque chose que je ne comprends pas, je ne vais pas le dire. Maintenant à eux de nous convaincre. Quand ils vont faire le point, on va leur poser des questions. S’ils peuvent apporter des réponses claires à ces questions et bien ça balaie le doute.

Mais en attendant, cette LEPI qui se promène d’un endroit à un autre, par des circuits qu’on ne maîtrise pas, je suis très loin d’y croire et surtout quand c’est des propos d’un député FCBE, qui, du reste est un homme très courageux, est un homme en qui moi je crois, je ne sais pas, cela vient ajouter à ma conviction que ce qui est en train d’être fait est biaisé.

Est-ce que c’est le gouvernement qui a demandé la correction de la LEPI ?

C’est l’Union fait la Nation qui, dans une déclaration solennelle à la tribune, a demandé cela. Si vous voulez parler des reformes que le chef de l’Etat a engagées et auxquelles nous n’adhérons pas, trouvez moi un exemple ? Car la correction de la Lépi, c’est l’UN qui l’a demandé.

Mais, pourquoi l’opposition s’est-elle alors associée à la correction d’une Lépi que vous décriez si tant ?

Ça, c’est des décisions politiques de groupe. Nous avons été clairs en proposant la liste ad hoc pour les élections de 2013. Car, si on doit encore utiliser ce qui a servi pour les élections de 2011, on aura les mêmes résultats. Donc nous estimons que pour une LEPI bien établie, sécurisée, il faut attendre.

Avez-vous été renvoyé de votre parti l’Undp ?

Je suis de l’Union Nationale pour la Démocratie et le Progrès (UNDP). Je n’ai jamais été éjecté de l’UNDP. Notre entrée à l’Union fait la Nation est annoncée par le président de l’UNDP. Maintenant, s’il y a des gens à la base qui ont estimé que cela ne les arrangeait pas, c’est autre chose. Mais ce n’est même pas moi qui l’ai annoncé, c’est le président de l’UNDP. Donc moi je me sens parfaitement à l’aise au sein de l’Union fait la Nation. Quand l’UN veut se réunir et réunir les partis, je reçois mon invitation en tant que membre de l’UNDP. Je crois qu’il y en a neuf (09) ou dix (10). En tout cas je n’ai pas la liste exhaustive.

Que répondez-vous à ceux qui estiment que L’UN, selon certains, par de menus fretins de la classe Politique ?

Il n’y a pas de petit nom. Même celui qui s’appelle gardien, si vous dite gardien, c’est lui seul qui se lève parce que c’est lui seul qui est gardien. Donc au sein se l’UN on peut citer l’UNDP, le MADEP, le PSD, Force Clé, MDS, AR, Echelle. Pour le PRD, je ne réponds pas parce qu’on ne l’a pas exclu et ils ne nous ont pas dit non plus qu’ils sont partis. En politique, il faut prendre acte parce que vous n’avez pas de raisons objectives de douter de ce que l’autre vous dit. Vous prenez acte et vous en tirez vos propres leçons. Et c’est ce que moi je fais.

Que pensez-vous de la révolution agricole prônée par le Chef de l’Etat ?

Ca date de quand la révolution agricole ? Moi je ne sais pas. Parce qu’entre les propos et ce qu’on fait, il faut mettre la ligne de démarcation. Je vais vous demander de circuler un peu à travers le pays pour voir comment les machines sont exposées à la pluie et à l’air libre puis voir comment elles sont attaquées par la rouille. Il ne faut pas ramener d’abord les charrues avant de commencer par chercher ceux qui vont s’occuper de la réparation.

Or, les machines ont été acquises il y a déjà trois ans. De plus, est ce que le problème foncier au Bénin est réglé ? Lorsque vous allez dans le Mono, il vous est difficile de trouver quelqu’un qui a, à lui seul 50 Hectares de terre. Mais est-ce qu’on peut faire une révolution agricole avec demi-hectare de terre ? Non. Je me résume en disant que ces charrues-là sont placées devant les bœufs.

Honorable, l’un de vos collègues sous la 5ème législature a initié une commission d’enquête sur le dossier. Mais malheureusement le rapport n’est jamais disponible ?

Oui, mais moi je n’ai pas été de cette commission et je ne fais pas partie non plus de l’administration parlementaire. Mais il n’y a pas que ce rapport qui a été noyé ! Les choses qui n’arrangent pas le régime FCBE ne transparaissent pas à l’assemblée. Le rapport sur les véhicules d’occasion a été initié par l’honorable Gbadamassi. Mais jusque là nous n’avons pas les résultats. Il a beau être un honorable député mais le bureau de l’Assemblée nationale qui est contrôlé par les Fcbe est un filtre pour qu’on ne débatte que des sujets qui les intéressent.

Dans le cas d’espèce, c’est une commission d’enquête dirigée par un député qui, auparavant était de la mouvance mais, aujourd’hui, de l’opposition. Et pourquoi le rapport ne sort pas ?

Oui, mais conformément au règlement de l’assemblée, ce n’est pas à lui de venir à la tribune pour lire le rapport. Il finit et il dépose son rapport. Reste maintenant au président de le programmer en plénière. Est-ce que le rapport est déposé ? Je ne sais pas. Mais je peux vous dire avec précision que sa présentation n’a jamais été programmée au cas il aurait été déposé. Pourquoi vous voulez que ça soit la faute de l’opposition ?

Ne pensez vous pas que ça pose un problème de fonctionnement à l’Assemblée nationale, puisque c’est une commission qui a couté 200.000.000 FCFA au contribuable béninois et le rapport n’est pas publié ?

Vous savez, à ce sujet, il y a déjà un comité de relecture du mode de fonctionnement de l’Assemblée nationale qui a été mis sur pied. Ce sont des problèmes desquels on va débattre et les Fcbe prendront ceux qui les arrangent et rejetteront le reste. C’est vous, électeurs, qui ne devriez pas donner la majorité aux Fcbe à l’Assemblée, mais vous l’avez fait. Nul ne peut se prévaloir de ses propres turpitudes. Nous allons tous en payer le prix.

Vous venez de décrier tant la Lépi. Est-ce donc la faute aux électeurs ?

Si vous êtes d’accord avec cette version n’accusez plus alors l’opposition ! Puisqu’elle a un rôle très limité et se bat pour faire ce qu’elle peut.

Êtes-vous conscient que l’UN traverse des zones de turbulence ?

Bien sûr, l’UN est entrée au parlement avec 30 députés. Aujourd’hui, nous sommes 10. Donc, on ne pourrait pas affirmer qu’il n’y a pas des turbulences.

Qu’est ce qui en est à l’origine ?

Vous savez certains pensent que la politique c’est un moyen pour réussir matériellement. Les opérateurs économiques qui sont partis disent que c’est pour qu’on ne les sabote pas dans leurs affaires. Moi, je les comprends. Mais, personnellement, j’ai une conviction. Celle de rester sur une ligne et le jour où je sentirai que l’Un a quitté cette ligne je m’en irai aussi. Donc les autres ont leur raison. Malheureusement, en politique il n’y pas de contrainte.

On m’a désigné pour être représentant au parlement de la Cedeao. Mais j’ai un collègue qui voulait aussi du poste et j’ai demandé à ce que je sois alors son suppléant. Il y a très peu de politiciens qui feront ce genre de consensus. Mais dès qu’il a eu ça, il a rejoint la mouvance. Cela ne me fait ni chaud ni froid. C’est pour vous dire qu’en politique, chacun y va selon ses convictions. Moi, mes intérêts, c’est toute mon indépendance. Et le jour où je vais sentir qu’en politique je perds mon indépendance, je vais me retirer.

Quelles sont les dispositions que prend l’UN pour sortir de cette zone de turbulence ?

Je dirai qu’on en est sorti et je peux vous avouer qu’il ne reste que le noyau convaincu

Les bâtisseurs ne sont plus là quand même ?

C’est qui les bâtisseurs ?

La Renaissance du Bénin par exemple ?

Ah ! Je comprends. C’est ce que eux ils déclarent que vous prenez comme argent comptant ? Si vous étiez curé, évitez de donner la communion aux gens qui ne se confessent pas. Le nom ‘’Union fait la nation’’ c’est Lazare Sèhouéto qui l’a trouvé. C’était le jour où nous étions allés porter notre soutien aux travailleurs du Ministère de la santé en grève. On était allé distinct et à notre arrivée ont criait « G13, G14 » et Sèhouéto a dit « Tout ça là, c’est UN » et on s’est mis a crié « UN, UN, » et par la suite ça s’est approfondi.

Voila la vérité. Je ne sais pas si Lazare Sèhouéto même s’en souvient. Mais, moi je ne l’ai pas oublié puisqu’on était ensemble avec Léhady Soglo de la RB. Peut être, c’est tombé dans les oreilles du troisième larron qui s’en est saisi. Ceux qui vous disent qu’ils sont géniteurs de l’UN, allez chercher ailleurs. Car, on ne met pas un enfant au monde puis on le fait mourir par asphyxie. C’est faux et contraire à la morale.

Et si l’enfant devient récalcitrant ?

Quoi ? Récalcitrant ? Tout a commencé juste au lendemain des élections.

A vous entendre, vous êtes troublé par le départ de la RB ?

Troublé ! On est au contraire beaucoup plus rassuré parce que ce sont des gens qui venaient écouter ce que nous disions pour le rapporter ailleurs.

Quelle preuve avez-vous pour étayer cette affirmation ?

Vous savez, on cherchait un cabri que quelqu’un avait volé. Mais il y a des indices qui prouvaient que c’est tel l’auteur. Mais on l’a pas pris avec le cabri. Et on lui demande : ce n’est pas toi qui a volé le cabri ? Et il dit « Si vous apportez les preuves, je dis oui ». Ceux qui cherchent les preuves, c’est ceux-là qui savent ce qu’ils ont fait et qui ont nettoyé les traces. Mais les faits sont là ! Vous avez vu la façon dont ils ont rejoint la mouvance présidentielle ! Mais on était en plein débat à l’assemblée pour mettre en place les structures et entre deux séances, on a fait une pause, le temps de reprendre, ils ont annoncé qu’ils rejoignent l’autre clan. Alors, mais ce n’est pas des choses qui se décident en 10 ou 15 minutes ! C’est des choses qui se préparent.

Et vous étiez au courant ?

Certains en parlaient. Mais moi je n’ai aucune raison d’accuser les autres puisque je leur prête toujours la bonne foi. De plus, au niveau de l’UN, ma voix n’est pas aussi élevée puisque je fais partie des gens qui sont en apprentissage politique.

C’est-à-dire les « petits » ?

Vous savez j’ai une grande taille (plus de 1m 90), mais je suis à un stage d’apprentissage où j’estime que les autres ont beaucoup plus vu et beaucoup plus entendu que moi.

Et qui est alors votre maître sur la scène politique béninoise ?

Je vous direz que mon parrain, c’est l’ancien président de la République, Emile Derlin Zinsou. Il m’a appris beaucoup de choses dont je ne pourrai dire certaines en public et je vois aujourd’hui que c’est vrai. Donc, moi j’observe, j’alerte et quand on me rassure, je me tais. Malheureusement, beaucoup de gens ont alerté la dessus. Mais au finish, ça a donné ce que nous avons. Mais la vie ne s’arrête pas là.

Quel impact le départ de la Rb a eu sur l’Un ?

Aucun.

Mais en matière de popularité, la Rb est importante pour vous ?

Laisser moi vous dire une chose. A 30, on était dominés par les autres. C’est mieux qu’on se retrouve comme on est là plutôt qu’il y ait encore des taupes qui aillent les renforcer à notre insu. A 30, ça n’aurait pas changé véritablement les choses. Mais il y aurait des contributions par les idées. Et les gens dont les idées ne sont pas proches des vôtres, laissez-les partir. De plus, après leur départ, ils n’ont pas dit qu’ils ne sont plus dans l’Un et on a dû leur envoyer une correspondance pour leur dire « Ne venez plus à nos réunions ». Je ne sais donc pas pourquoi les gens peuvent penser que nous regrettons leur départ.

Le président Adrien Houngbédji a déclaré sur une chaîne de télévision de la place qu’il est le seul à avoir financé sa campagne à l’élection présidentielle de 2011 à laquelle il était le candidat de l’UN. Vous qui en êtes membre, combien avez-vous cotisé ?

Non, tout le monde a cotisé.

Combien vous, Basile Léon Ahossi, avez cotisé ?

Je n’ai pas cotisé en tant que Basile Léon Ahossi. J’ai contribué à ce que l’Undp a donné. Donc, je ne peux pas, pour certaines raisons, vous affirmer que Ahossi a donné 1.000 F ou 100.000 F.

Et combien l’Undp a donné ?

Je ne pourrai pas le dire non plus.

Donc Adrien Houngbédji a raison alors ?

Je ne veux même pas lui trouver tort. C’est ma préoccupation, à moi. Mais je sais que l’Un a dépensé seul. Le montant, je ne sais pas. Est-ce parce que sur 100 franc vous seul vous contribuer avec 75 Franc et les autre 25 que vous pouvez affirmer que vous êtes seul à faire les dépenses ? C’est une question que je pose.

Est-ce qu’il y a une structure de mobilisation des ressources dans l’Un ?

Bien sûr. Je sais que des sympathisants de L’Un ont contribué. Mais je ne connais pas le montant.

Mais vous êtes membres du bureau politique de L’Un et vous ne connaissez pas le fond de roulement de l’organisation ?

Je suis membre depuis la dernière convention

N’y a-t-il pas eu un état des lieux sur ces choses ?

Si. Mais je ne peux pas venir mettre dans la presse l’état des lieux financies de ce qui s’est passé en 2011. Même si l’UN n’avait pas mis un franc, l’UN a été une caution morale sans précédent pour rendre la candidature du président Houngbédji beaucoup plus crédible que si elle avait été portée par le seul Prd. Je ne doute pas de ses capacités. Et pour la petite histoire je vais vous dire. J’ai une maison à Comè. C’est là que j’ai été admis à la retraite.

 Quand vous ouvrez le portail vous voyez la photo du président Houngbédji. C’est un de mes militants qui l’a enlevée il y a à peine deux semaines. Il a dit « Non enlève, ça c’est fini ». Tout ceci malgré ces déclarations. Car, j’ai l’intime conviction que c’est lui qui est élu. Maintenant, les choses se sont passées comme nous le savons. C’est un peu ça la politique. Mais je ne voudrais pas trop commenter les déclarations qu’il a faites parce que le président Houngbédji a vu beaucoup de choses que je n’ai pas vues, beaucoup de choses que je n’ai pas entendues. Beaucoup de péripéties que je n’ai pas traversées.

C’est ce qui fait que le chef de l’Etat dit « Houngbédji est un homme d’Etat » non ?

Vous savez depuis que le président Houngbédji a commencé par rencontrer des difficultés, cela n’a fait qu’arranger le Chef de l’Etat et il se charge de le récupérer. C’est tout sinon, avant cela, le président Houngbédji a fait une déclaration au lendemain de la proclamation des résultats. Mais la Haac en a interdit la diffusion. Est-ce qu’on peut interdire la diffusion de la conférence de presse d’un homme d’Etat ? Ces choses-là appartiennent donc à la politique et un jour à l’histoire.

Avez-vous suivi le Chef de l’Etat le 1er Août ?

Pas ce jour là. Mais après j’ai suivi une partie. Je me suis fait procurer les CD. Je les écouterai donc un jour. Mais pour ce que j’ai suivi et ce que j’ai entendu, je dirai qu’il aurait pu éviter cela parce que c’est un jour solennel et il ne faut pas dire qu’on ira chercher des Béninois du pays profond pour venir cogner les autres. Même si moi, Ahossi, je le dis, c’est moins condamnable parce que je ne représente que trois communes. Lui, il représente les 77.

Mais l’honorable député est aussi un élu du peuple ?

Tous le monde sait comment on y arrive. Ce n’est pas un vote national. Je veux dire que je suis moins représentatif que le Chef de l’Etat.

Mais il n’a fait que dire ce qu’il pense du fond de son cœur ?

Je vais vous dire quelque chose. Lorsque vous devenez chef, vous n’êtes plus un homme ordinaire. Si c’est ça qu’il pense, il ne mérite pas d’être chef. De plus, si c’est ce qu’il a dans son cœur, son cœur est noir. Moi je dis au parlement « Mon questeur Débourou » et il répond je ne suis pas ton questeur parce que tu n’as pas voté pour moi. Je lui réponds ceci : « Mais, je n’ai pas voté pour Yayi Boni pourtant il est mon président ». Dès qu’on est donc président, c’est fini avec les dissensions et les clivages.

Êtes-vous d’avis avec votre camarade de l’Union fait la Nation, Gaston Zossou qui dit que Yayi Boni est pris en flagrant délit de parjure ?

Parfaitement ! il n’est pas le premier à le dire. Il est peut-être le 20ème ou le 100ème.

Pourquoi l’UN n’a alors pas tenté devant les juridictions un procès contre le président ?

Pourquoi pas vous les citoyens ?

Le mouvement Y’en marre l’a fait

Si quelqu’un d’autre l’a fait c’est déjà bien.

Est-ce que vous pensez que cela va aboutir ?

Même si cela n’aboutit pas, c’est bon que ça soit fait.

Il est aussi reproché à l’UN d’être l’instigateur des propos du Chef de l’Etat en menaçant de le chasser du pouvoir ?

Vous connaissez le nom de quelqu’un qui a dit cela ?

Vous l’aviez signalé dans votre document des 26 propositions de l’UN !

Mais vous avez le document qui circule non ? Sortez-le et montrez-moi la déclaration.

C’est dans les Positions une (01) et trois (03) de votre document que vous disiez que vous rejetez l’élection du président Yayi et vous appelez à une mobilisation générale.

Mais mobilisation générale pour faire quoi ? Est ce que vous, journalistes, vous ne vous êtes pas mobilisés pour me recevoir ce matin ? C’est ce que nous disons.

La mobilisation générale qui a devait conduire la conférence à renvoyer Kérékou du pouvoir ?

Mais, c’était une bonne chose puisqu’elle nous avait permis de repartir sur de nouvelles bases. Tel que le pays fonctionne aujourd’hui où les marchés publics ne fonctionnent pas où on fait des réformes dommageables au pays. L’histoire du PVI, j’ai écrit là dessus et quelques journaux l’ont publié. Je l’ai envoyé au Chef de l’Etat. Je soutiens que cette réforme n’est pas bonne. Il faut mieux la penser. Personne ne m’a écouté. Aujourd’hui, on revient exactement à ce que j’ai dit.

Quand c’est comme ça, on n’a pas tort de demander une conférence nationale. La conférence nationale vaut mieux encore que le coup d’Etat et les gens disent que l’opposition a parlé de coup d’Etat. Mais qui a parlé de coup d’Etat ? Ce que l’opposition fait, c’est ça qui prévient les coups d’Etats. Ce ne sont pas les chars qui circulent qui préviennent les coups d’Etat.

Au lendemain de la conférence, il y a eu changement de régime. N’est-ce pas vers cela qu’on s’achemine lentement ?

Si par consensus on peut trouver une autre formule pour que le pays tourne, je dis ‘’si par consensus on peut trouver une formule’’, tant mieux. Mais si on ne le peut pas, nous nous continuerons de dire ce que nous disons. Lui, continuera peut-être de faire ce qu’il fait. Mais « laisser le Chef de l’Etat travailler ». Ce n’est pas aller au gouvernement. Et puis, ce n’est pas aller dans ce gouvernement là où les gens n’ont pas le courage de parler. Qui l’empêche de travailler ?

 Et puis, il ne passe même pas sur terre, il est en hélicoptère. Est-ce que quelqu’un a un hélicoptère pour aller lui barrer la voie ? Moi, je crois qu’il est conscient de la faillite du régime, il en est conscient et on trouve des boucs-émissaires. Mais le Mali a refusé la démocratie d’opposition. Tout le monde dans le consensus et vous voyez là où il en est arrivé ? Dès que quelqu’un commence à crier, on le prend, on lui donne quelque chose et il se tait. Tout le monde était là mais ça a couvé.

Voilà ce que ça a donné. Ce qui prévient les coups d’Etat, c’est ce que l’opposition fait. Ce ne sont pas les chars. Le Chah d’Iran qui avait l’armée la plus puissante d’Asie occidentale a été chassé du pouvoir par sa garde. Donc, qu’on n’aille pas publier des communiqués pirates incendiaires pour dire que des gens se préparent à faire quelque chose. Mais ces opérateurs économiques qu’on soupçonne aujourd’hui, ce sont les meilleurs amis du chef de l’Etat. Pourquoi on trouve qu’ils préparent une insurrection et puis, à écouter tout ce qu’on dit, je mets au défi quiconque de me dire que tel responsable de l’Union fait la nation a dit quelque chose de pareil.

Nous à l’Union fait la nation, nous savons que le coup d’Etat, ca ne règle aucun problème pour le pays, peut-être que Yayi serait parti, mais quand un pays fait un coup d’Etat, il met 10 à 15 ans pour s’en remettre. Alors que si on patiente maintenant que nous sommes pratiquement sûrs que sa tentative de truquer la constitution a échoué, dans trois ans et demi, il serait parti. Mais pendant ce temps, il ne faut pas le laisser détruire le pays.

Etes-vous sûr de ce que cette tentative est rangée ?

Chaque jour qui passe, ça recule. Ce n’est pas rangé, mais chaque jour qui passe ça recule.

Mais la dernière seconde peut être fatidique

Non, non. Nous restons éveillés jusqu’à la dernière seconde.

Et si quelqu’un de son camp rempile ?

Ah, non, c’est démocratique. Si quelqu’un de son camp rempile, c’est démocratique. Ce n’est plus lui.

Mais la Lépi est là

Oui, c’est pour ca que nous disons que la LEPI, il faut la revoir. C’est pour ça que je vous dis que moi Ahossi, je ne suis pas d’accord avec la façon dont le travail se fait. C’est vrai que ce n’est pas ce comité qui va travailler sur la LEPI. Il y aura un autre comité. Mais ils veulent jeter des bases sur lesquelles on doit avancer. C’est ça qui n’est pas bon.

Si on sait que le président ne peut pas changer la constitution, quel est le sens du mouvement ‘’Y’en a marre’’ ?

Vous venez de dire ici que ce n’est pas complètement rangé, ça recule mais c’est peut-être la naissance des y en a marre, y’en a plus, y’en a mauvais-là, qui va faire gagner le combat.

Y’en a marre est là pour trois ans et demi ?

Je ne peux pas donner la durée de son espérance de vie mais je dis que chaque jour qu’il y a une structure qui nait pour lutter dans ce sens, elle est la bienvenue.

Honorable, vous estimez que vous n’êtes pas dans la logique de chasser Yayi Boni du pouvoir mais dans la position 1 des assises de l’UN, vous annoncez votre participation à un front unifié de toutes les forces qui s’opposent à la politique de déclin et qui luttent pour le redressement national ?

Non, c’est trop facile. C’est cette pression populaire, c’est la mobilisation de tous les travailleurs, politiciens, syndicats qui nous ont conduits à la Conférence nationale. Et si nous nous estimons aujourd’hui que ce qui se passe appelle une conférence nationale, mais c’est notre droit de le dire. Nulle part vous n’entendrez l’UN dire ‘’il faut chasser Yayi du pouvoir’’. Le français c’est une forêt. Vous y entrez par où vous voulez et vous en sortez par où vous pouvez.

Expliquez-nous !

Il faut mettre la pression sur Yayi pour que tout le monde soit associé à la gestion du pays, pour que ce qu’il fait avec son équipe ne nous amène pas loin. On a fait la politique des machines agricoles, ça a échoué. On a fait le PVI ça a échoué. Donc associer tout le monde en précisant qu’associer tout le monde ce n’est pas les amener au gouvernement. Mais s’il ne veut pas ça on continuera de crier. On continuera de dire à tout le monde ‘’dites-le parce que depuis que l’histoire du PVI est arrivée, plus de 400 personnes qui sont à la maison’’.

Donc, dans les positions 1 et 2, il n’y a aucune velléité d’insurrection.

Nous on ne parle pas dans une logique d’insurrection. Vous savez, aujourd’hui, le pays est en train de tellement se brasser qu’il y a beaucoup de jeunes du nord qui sont sur le campus d’Abomey-Calavi et beaucoup de jeunes du Sud qui sont à l’université de Parakou. Si vous embrasez le pays, qu’est-ce que vous voulez faire des jeunes ? L’UN est constituée et dirigée par des hommes d’expérience pas des hommes qui sont sortis de trous comme un rat pour venir s’installer.

Vous en connaissez un ?

Je prends l’exemple parce que vous savez qu’il y a des rats qui sortent des trous

Malheureusement la machine UN semble être un peu rouillée parce que tous les combats que l’UN a menés contre Boni Yayi se sont soldés par des échecs.

Donnez un exemple

Les lois qui vont régir les élections de 2011

J’ai dit que si nous avions la majorité on aurait pu transformer les choses. On avait une Cour constitutionnelle qui pesait plus que 83 députés. Dans un combat, il y a toujours un plus fort. Ce n’est pas parce que quelqu’un est plus fort et puis de façon circonstancielle qu’il faut se dire on ne fait plus le combat. Si vous faites ca, vous êtes un démissionnaire. Ce n’est pas parce qu’à un moment donné, vous estimez qu’il est plus fort et on croise les bras. Mais il ira jusqu’où vous ne pensez pas. Il avait la Cour constitutionnelle pour lui et il a fait ce qu’il a fait mais le pays continu.

Les résultats des derniers examens ont été catastrophiques

Je n’ai pas suffisamment de ressources pour parler en profondeur du système éducatif mais le peu que l’homme de la rue, que l’observateur constate, je vais vous le dire. L’année scolaire n’a pas été une année normale et si on ne veut pas distribuer de diplômes au rabais, les résultats qu’on a eus, je crois que ça a été bon. Je n’espérais pas autant et de mes analyses, c’est le privé qui a renforcé le taux de succès.

C’est-à-dire ?

Lorsque des problèmes se posent et vous refusez de les aborder, les conséquences qui viennent vous les assumez. Et Aimé Césaire a dit qu’une civilisation qui est incapable de régler les problèmes qui sont nés de ses contradictions, est une civilisation moribonde et décadente. Le problème est venu au sujet des primes des enseignants. Alors, on leur a dit que les enseignants sont des fonctionnaires particuliers. On leur a attribué des primes, puis ensuite on vient attribuer des primes aux autres avec un autre motif.

Moi je suis à la retraite je l’ai eu. Si le motif 1 est différent du motif 2, il faut pouvoir dissocier les choses. Le problème est parti de là. C’est un manque cruel de logique. Un manque cruel de logique de discernement et de gouvernance. Le problème est parti de là et à leur place j’aurais fait ce qu’ils ont fait. Mais voilà les résultats. ça tombe sur nos enfants. Ceux qui occasionnent ça n’ont pas leurs enfants dans le lot. Ils ont beau jeu mais malheureusement c’est ça.

C’est pour cela qu’à la dernière université de vacances vous avez appelé le gouvernement à dialoguer avec les centrales syndicales ?

Mais, c’est la preuve que l’UN n’est pas dans une logique d’insurrection, n’est pas dans une logique de coup d’Etat. L’UN fait des propositions. Malheureusement, lorsque vous critiquez, vous faites des propositions, on ne veut plus en tenir compte. Si on ne prend pas langue avec les enseignants, la rentrée sera difficile. Elle va être difficile et ce sera dommage. C’est ca nos positions à nous.

Votre femme achète dans quel marché ?

Dans tous les marchés de Cotonou.

Quel constat partage-t-elle avec vous au sujet du prix des denrées ?

Les choses deviennent de plus en plus chères. Cette cherté je ne l’attribue pas systématiquement à Yayi ou au gouvernement. Ces problèmes sont un peu saisonniers. Mais ce qui vient les amoindrir, les adoucir, c’est la politique générale de gestion du pays. Lorsque moi j’ai deux frères à PVI qui travaillent à Bénin Control SA et qu’ils sont à la maison mais là où je donnais 1000 francs pour le repas de la journée et que je dois aller à leur secours pour 200 francs, je donne 800.

Et vous savez qu’en Afrique, d’ailleurs vous êtes des symboles. Chacun de vous sait combien de bouches il nourrit. Ces choses là font que si on n’anticipe pas, si on ne tient pas compte de tout ça et qu’on se met à dire moi j’ai dit, c’est comme ça et puis on avance, on fait des casses et on vous les attribue. Il ne peut pas être systématiquement responsable de la crise mais le gouvernement et le chef de l’Etat font une mauvaise gestion de la crise.

En cinq points, quelles actions du gouvernement pouvez-vous estimer comme bonnes ?

J’aurais voulu qu’on me donne la liste et que je vois celles qui sont bonnes et celles qui ne le sont pas. C’est un gouvernement qui navigue à vue. Donc, moi je ne m’attarde pas. Je vais vous dire quelque chose que vous allez trouver bizarre. J’ai capté l’ORTB il y a plus d’un an. Il n’y a rien de grave, savez-vous que depuis que je suis député, je n’ai jamais fait une intervention sur l’Ortb. Un jour le DG Ortb m’a invité et m’a dicté ce que je dois dire.

 Et il y une correspondance que je lui ai envoyée. Nous, on ne connait pas le circuit officieux. Nous ne connaissons que le secrétariat de l’Ortb. Si on a envoyé des courriers une fois, deux fois et que cela n’a pas abouti. Le vrai problème, c’est de censurer la parole de l’UN. Il faut appeler les choses par leur nom. Quelqu’un comme le président Amoussou Bruno, il n’est pas tombé de la dernière pluie. Il faut voir la période où il n’est plus jamais apparu sur l’écran et depuis qu’il est apparu et prenez les autres images et faites la comparaison. C’est une mauvaise guerre. Nous nous battons pour que tout ça soit corrigé.

Si ce n’est pas corrigé aujourd’hui, ca va être corrigé demain. Qu’on dise qu’un journaliste a dit que le conseil de l’entente c’est du pipo, qu’on le révoque entièrement. Une structure qui n’en a même pas le droit. C’est sous le régime des forces cauris qu’on peut voir ça. Mais ce sont des choses qui vont être corrigées parce que quelle que soit la durée de la nuit, le jour se lèvera.

Où en est le combat face aux exactions que subissent les citoyens dans le processus d’immatriculation des véhicules ?

C’est un véritable circuit d’escroquerie. Je suis allé à la DGTT. J’ai immatriculé mon dernier véhicule. J’ai payé 103.200. Est-ce que vous imaginez que l’Etat n’ait pas eu plus de 15.000. Et quand vous fouillez, la DGTT va passer des contrats obscurs illisibles avec des gens et on nous dit qu’on nous retourne 30%.

Quand on vous dit on vous retourne 30 %, vous ne croyez pas que c’est pour l’Etat. C’est pour la DGTT qui a la latitude de dépenser comme elle veut. Moi, je dis ce n’est pas faisable et la police même se mêle de ça. On dit qu’on veut vérifier l’origine du véhicule et on vous prend 10.000. Ca veut dire, si vous avez un véhicule volé vous donnez les 10.000 c’est terminé. Non, ce combat n’est pas terminé et j’ai commencé à récolter des inimitiés. Mais je m’en fiche. Je déclencherai le combat de la vente au détail dont les Chinois se sont accaparés. Ce qui fait que nos sœurs ne vendent plus.

Les Chinois font le gros, le demi-gros et le détail. Ce n’est pas normal ! C’est interdit par notre loi sur le commerce intérieur. Nous allons le faire quel que soit ce que nous allons récolter. Et puis à mon âge, au point où je suis arrivé, je n’ai plus besoin de grand-chose. Je ne mange pas le caviar, je mange le Dowèvi et je crois que j’en aurai encore pour un bon moment.

Que répondez-vous à ceux qui estiment que tous les douaniers sont corrompus ?

Je suis douanier à la retraite. Mais douanier je suis et douanier je reste. Mon feu père avait l’habitude de me dire que quand on vous dit que quelqu’un est rassasié, ne regardez pas son ventre mais son visage. Je ne suis pas bien rassasié mais je n’ai pas faim. Si j’avais faim, j’aurais sauté sur les pourritures qu’on m’a offertes. On a l’impression que les douaniers sont les plus corrompus mais moi j’ai fait l’expérience des douaniers et des politiciens et je dirai que les politiciens sont les plus corrompus.

Donc vous confirmez être doublement corrompu ?

Non, c’est parce que j’ai refusé d’entrer dans ça que je suis ici aujourd’hui. J’aurais pu être ministre pour aller faire quoi ? Me remplir les poches ? Non.

Et si on vous appelait ?

Aujourd’hui ? Non et un non catégorique. On m’avait rappelé et le décret a été publié. Ce n’était pas bon et j’ai refusé. J’ai eu le 09 juillet 2009 un entretien de plus de trois heures avec le président Yayi en son domicile à Cadjèhoun. Je ne vais pas vous dire ce qu’on s’est dit mais j’ai maintenu ma position. C’est une question de logique. Donc, je n’ai pas faim même si je ne suis pas très rassasié.

Ou bien c’est parce que vous saviez que la fonction du ministre était précaire ?

Non, même être député est précaire puisque vous avez quatre ans et le peuple vous juge.

Oui mais vous savez que là, vous avez régulièrement les quatre ans à faire

Je suis ministre pour un an, j’aurais eu plus de sous qu’un député sur quatre ans.

Mais la main du chef de l’Etat est toujours tendue

Vous l’avez vue ? Dites-le moi pour que j’aille voir. Plusieurs personnes m’on déjà parlé de cette main tendue mais je ne l’ai jamais vue. On m’a dit que quelqu’un a saisi cette main tendue mais je ne vois pas. Je ne voudrais pas être trop rassasié puisque quand on est trop plein, on vomit. Je suis rassasié dans les normes et ça me va. Les douaniers, ce ne sont pas les appelés au service militaire. Il y a les douaniers, policiers, gendarmes…c’est des corps où on trouve des gens qui sont allés à l’école.

Que pensez-vous de la disparition de votre frère Dangnivo?

Dagnivo mon frère, c’est un peu vague, c’est mon cousin. Mais pour ce qui est de sa disparition, ceux qui l’ont fait le paieront un jour. Même si c’est des animaux, ils le paieront. Dans la famille, c’est triste vraiment triste parce qu’en Afrique, on a besoin du corps du défunt pour lui rendre hommage, pour faire une sépulture digne mais on n’a pas le corps. On a tenté de nous offrir un macchabé mais les organisateurs de ce scénario ne se sont même pas entendus autour.

Il parait que Bruno Amoussou a démissionné de la gestion de l’Union fait la Nation ?

Faux.

Mot de fin

Les journalistes sont beaucoup plus informés que nous et je pense que vous êtes allés au-delà de ce que j’attendais puisque dans ma tête, je crois qu’on a fait le tour. Je conclurai en disant que les Béninois doivent garder espoir. Espoir parce que ceux qui nous dirigent aujourd’hui savent en leur âme et conscience qu’ils ne le font pas bien.

Les Béninois doivent soutenir l’Union fait la Nation et je rends hommage au président Sacca Lafia qui dit que « si l’opposition n’existait pas, il aurait fallu la financer pour qu’elle existe ». Nous savons bien que dans les pays où il n’y a pas d’opposition, ça ne se termine pas bien et les longs règnes se terminent mal et on doit se mobiliser pour que notre constitution ne soit pas révisée à la légère. Si on disait à Houphouët que la Côte d’Ivoire serait dans cet état, il dirait non.

Voilà ce qui se passe au Gabon, ce qui se passe au Togo. Donc, moi je dirai que sans être extrémiste, sans recourir à la violence, sans sortir du cadre légal, nous devons continuer à nous opposer à la mauvaise gouvernance, au gaspillage de nos ressources et à nous battre pour que notre pays soit mieux géré. Et à vous de l’Evénement Précis, je voudrais dire précisément merci de m’avoir donné l’occasion de m’exprimer et voudrais dire toute mon admiration pour ce que vous faites, pour là où vous êtes installés et la vision que vous avez de l’information.

                                                                                                                            Carte d’identité

                                                                                              Douanier rigoureux et politicien au caractère trempé

Le Colonel des douanes à la retraite et député élu des 5ème et 6ème législatures de l’Assemblée Nationale à un parcours bien laborieux. Né il y a une soixantaine d’années à la maternité de Sè, village d’où est originaire sa mère, Basile Comlan Ahossi est un privilégié de sa génération. « J’ai un acte de naissance, je ne suis pas né vers. J’ai eu de la chance parce que mon père a été le boy du Révérend père Berto. Donc il était proche du colon et j’ai eu le privilège d’être né dans une maternité », relate-t-il.

Il démarre son cursus scolaire dans son village paternel à Konouhoué (Athiémé) dans le département du Mono, son village natal où il mène ses études primaires de 1960 à 1966. Admis au collège père Aupiais en 1966, il y fait quatre années d’études avant de se retrouver au Lycée Béhanzin où, après trois années, il décroche son Baccalauréat A4 en 1973. « Je suis rentré à l’université, j’ai fais le Duel 2 en histoire et j’ai enseigné en peu l’histoire et la géographie.

 Mais avant, je m’étais inscrit en premier lieu en faculté de Droit », relate-t-il. Malgré sa passion pour le Droit, le jeune étudiant fait les frais de sa fougue juvénile et est renvoyé. « J’ai eu un incident qui m’a fait exclure de la faculté. J’avais porté la main sur le secrétaire principal de la faculté. On a échangé des coups. C’est lui qui a lancé le premier coup et j’avais 21 ans, la fougue de la jeunesse était en moi et mon coup à été plus fort que le sien et a laissé des traces », se souvient-il. Après cet incident, Basile Léon Ahossi se retrouve au département d’Histoire où deux ans après, il décroche son DUEL 2 et fait son entrée au sein de l’administration des Douanes.

 Pendant ce temps, il ne perd pas son envie d’apprendre le Droit. « J’ai encore repris avec le Droit parce que j’avais une passion pour le Droit. J’ai fini avec ma Maîtrise en 1994 », confie-t-il. Une fois ce parchemin en poche, il fait son entrée en 1995 à l’Ecole nationale d’administration (ENA) de la Côte d’Ivoire d’où il sort en 1997. Revenu au pays, il réintègre la Douane où il poursuit sa carrière professionnelle. « Je n’ai pas eu de nomination en tant que tel mais j’ai fait le terrain et le bureau. J’ai fait les deux ensemble puisque j’ai fait une bonne formation militaire. C’est pour cela que je préfère qu’on m’appelle Colonel plutôt qu’honorable ».

Mais, le caractère trempé de l’honorable Basile Ahossi ne militait pas en faveur de sa promotion dans le corps des disciples de Saint Mathieu. « De par ma nature et ma personne, je n’ai pas eu beaucoup de bons postes. Je me révoltais contre l’injustice. C’est ce qui m’avait conduit à devenir Secrétaire général adjoint du syndicat des douanes pendant que j’étais encore en poste ». Cependant, il parvient à se hisser au Grade de Colonel -grade le plus élevé au sein de la Douane- et acquiert une bonne réputation.

« Parlant de postes, je suis resté au niveau des régions. J’ai été directeur régional adjoint du Mono avant d’aller à la retraite. J’ai été comandant de la brigade mobile de l’Atlantique », explique-t-il. Pour nombre d’usagers de l’administration des douanes, le nom du Colonel Léon Basile Ahossi rime avec rigueur. « Au cours de ma carrière, j’ai été très répressif. Ceux qui le savent vous le diront, si c’est Ahossi, il ne faut pas y aller. Je ne me jette pas des fleurs mais j’ai été rigoureux.

Je vais vous dire une vérité de conscience. Je n’ai jamais demandé de l’argent pour faire un travail. Quand on me donne, je prends mais je n’ai jamais demandé de moi-même. Je ne bloquais pas non plus. Vous pouvez enquêter à la direction où j’ai été commandant. Quand on m’amène un camion saisi, je demande qu’une heure après, le propriétaire soit fixé sur ce qu’on lui reproche et qu’il remplisse les formalités », raconte-t-il.

 Malgré son engagement politique au niveau national, Léon Basile Ahossi n’oublie pas le développement à la base pour lequel il est très actif. « Je milite activement dans l’association de développement de Sè, dans celle d’Athiémé et de mon village Kounouhoué », lâche-t-il à ce sujet.

                                                                                                                                           Intimité

                                                                                                                             Un père de famille heureux

Basile Léon Ahossi est un homme heureux dans son ménage. Marié, il est très attaché à son épouse. « Moi, je n’ai qu’une seule épouse et aucune maîtresse. C’est un ami revenu de l’extérieur qui m’a permis de la rencontrer pour la première fois. C’était en 1976 », révèle-t-il avant de poursuivre : « C’est sa taille, sa corpulence et sa beauté qui m’ont séduit au départ. Mais, je ne me suis jamais marié. J’ai peut-être encore le temps pour le faire puisque c’est une occasion de fête », explique-t-il. De cette union, sont nés cinq enfants dont quatre filles et un garçon. « J’ai cinq enfants.

La dernière a 21 ans et elle commence son cycle doctoral à Paris. Celle qui sera médecin l’année prochaine est ici, les deux aînées sont aux Etats-Unis et le seul garçon est en Angleterre », confie-t-il. Chrétien catholique non pratiquant, Léon Basile Ahossi reste très attaché à son milieu et aux mets de chez lui. Amoureux de son village, il s’y rend régulièrement pour donner vie à son loisir : le voyage au volant d’une voiture. A table, son aliment préféré, c’est les fretins (Dowèvi en fon) avec du « Gboman » ou du « Ninnouwi » accompagné du Télibo ou Agbéli.

Le député de la 6ème législature est aussi très friand du Dakoin. Pour accompagner ces mets, l’élu du peuple ne se tracasse point. « Je n’aime pas trop le vin mais ma boisson préférée, c’est l’eau. Je supporte même difficilement la bière et les sucreries ne sont pas bonnes au delà de 60 ans », confie cet homme dont le sport favori est la marche.

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