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Le triomphe de la vérité

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MAGAZINE:Savez-vous dire je t’aime ?


Savez-vous dire je t’aime ?

Nombreux sont les amoureux suspendus à ce « Je t’aime », sésame d’une relation sentimentale véritable. Aimer et se sentir aimé, tout est là ! Quel est le rôle de ces déclarations dans la dynamique amoureuse ? Pourquoi sont-elles si importantes et redoutées, à la fois ? La psychologue-clinicienne Rose-Marie Charest nous explique ce qui se joue d’emblée derrière ces trois mots.

Comment le dire...

Vous deux, c’est le big love ! À un détail prés. Quand va-t-il (elle) donc se décider à vous dire « Je t’aime ! ». Derrière cette déclaration universelle d’amour, tant attendue, ou redoutée, se cache des enjeux, des attentes, comme des réticences. Le premier « je t’aime » reste une étape charnière dans la dynamique amoureuse, loin d’être anodine. « En le formulant, on ouvre grand la porte de la relation amoureuse » explique la psychologue clinicienne Rose-Marie Charest. Une fois ce sésame prononcé, on peut consciemment espérer construire. Au-delà de sa valeur romantique, « Je t’aime » marque indéniablement la fin de la phase d’exploration, au profit de l’engagement.

Les enjeux de taille du « Je t’aime »

Le premier « Je t’aime » n’est pas dû au hasard. Loin s’en faut. Qu’il soit murmuré, ou clamé. Qu’il vous ait échappé sous le coup de l’émotion, ou bien qu’il soit longuement mûri… Ces trois mots charmants impliquent avant tout un engagement, qui plus est à long terme. Auquel s’ajoute dans la majorité des cas une promesse d’exclusivité.

C’est ainsi ! On ne dit pas « je t’aime », en pensant, mais j’aime aussi la voisine, ou cet inconnu rencontré dans le train… D’où l’importance de ne pas se lancer à la légère. Mieux vaut attendre de les ressentir. Pour Rose-Marie Charest, « il exige une capacité d’intégration, c’est l’ensemble de moi qui aime, l’autre dans sa globalité ». Clé de voûte dans la relation amoureuse, le « Je t’aime », en dit long sur ce qu’il (elle) est prêt(e) à faire rien que pour vos yeux.

Panne de « Je t’aime »… Les peurs inconscientes

Il adore votre mère, elle supporte vos chaussettes roulées en boule au milieu de la chambre… Alors pourquoi ce « je t’aime » tout simple, se fait-il attendre ? Pour certains c’est tout bonnement une épreuve, parfois même insurmontable. Comme s’il se jouait à leur insu un conflit entre leurs aspirations et leurs peurs. Lesquelles peuvent prendre différentes formes.

Dire « je t’aime » peut réveiller, en premier lieu la peur de l’engagement. Explications : « En déclarant sa flamme, on s’engage à choisir et donc à renoncer » développe Rose-Marie Charest. Avec à la clé, la possibilité de perdre sa liberté. Une valeur plus qu’en hausse à notre époque.

Autres motifs, plus courant qu’on pourrait le penser : des difficultés à s’affirmer. Qui entraînent chez certains, la peur de se perdre dans la relation. Ou encore l’angoisse de ne pas être à la hauteur des attentes que cela suscite chez l’autre. Des attentes qui, on le sait, risquent de déferler, une fois le « je t’aime » enfin articulé. Car enfin quoi, ce n’est pas tout de le dire….

Difficultés à s’exprimer ou erreur sur la personne !

Les freins à s’exprimer sur la question de l’amour sont légion. À ce titre, une réelle difficulté à mettre en mots ses sentiments, est à prendre en compte. En particulier pour les hommes. Toutefois, même si cela demande un effort, le formuler est important.

« Dans le cadre d’une relation amoureuse, il est tout à fait légitime d’attendre un je t’aime », insiste Rose-Marie Charest. Faire passer le message, sans basculer dans une forme de harcèlement peut porter ses fruits. Tout en tenant compte bien sûr de la différence de nos modes d’expression, toujours en cours.

Enfin, si ces mots ne sont pas prononcés, c’est aussi tout simplement parce que la personne ne le ressent pas. Nombreux sont ceux, les femmes surtout, qui se morfondent, guettant un « Je t’aime » qui brille par son absence, cherchant malgré tout à se persuader que le partenaire est amoureux.

Ce n’est pas toujours vrai ! Si certains éprouvent des difficultés à mettre en mots leurs sentiments, d’autres en revanche affichent un détachement, somme toute bien réel. Pour notre spécialiste : « On peut maintenir une relation pour d’autres raison que l’amour. Un désir sexuel, ou une peur d’être seul(e)… ». Dans ce cas, il faut se rendre à l’évidence…

Les « Je t’aime » à répétition

D’autres au contraire usent du « Je t’aime » avec facilité, trop peut-être. Quand cette déclaration, aux allures de serment, se répète, parfois sans émotion, ni les gestes qui y sont habituellement associés, les questions peuvent se poser. Que se cache-t-il derrière ces mots ?

« Il peut s’agir de l’expression d’un besoin, d’une attente d’un « je t’aime », en retour, qui cache une forme d’insécurité » répond Rose-Marie Charest. Il faut être suffisamment capable d’intérioriser l’amour reçu, sans être en attente d’une réassurance permanente.

Par ailleurs, à le marteler ainsi, on risque de banaliser les sentiments tout comme de créer de fortes tensions. Rose-Marie Charest est formelle : « L’amour ne se déclare pas sous condition… qu’il vous réponde la même chose, ou qu’elle s’offre sans retenue à vos fantasmes ! ».

En prononçant ce « je t’aime », nous sommes nombreux à espérer qu’il ouvre la porte sur la relation amoureuse rêvée. Les mots ont un réel pouvoir, mais ils ne peuvent à eux seuls, lever les voiles du mystère que représente chacun. D’autant plus qu’entre nous, quelles que soient les crises que traverse le couple, son « je t’aime » restera sans doute le plus beau jour de votre vie. Alors on lâche la pression. Sans attente, on a dit !

Catherine Maillard,

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Je veux un enfant… pas lui

“Un enfant, ça se fait à 2 !” Une idée que ne partage pas forcément le futur papa. Le point sur un désir d’enfant qui ne trouve pas toujours l’écho souhaité.

On vit aujourd’hui dans un monde où tout est programmé, y compris la grossesse. Depuis que la contraception existe, la maternité est un acte volontaire ; du moins dans la majorité des cas. Et pourtant tout ne coule pas de source !

La maternité : un passage programmé

“Je me sens prête, et lui me dit qu’il faut attendre” se plaint Stéphanie, en couple depuis 3 ans. Quand les conditions idéales semblent réunies (sécurité matérielle et affective), l’enfant s’inscrit dans une logique de construction de la famille, évidente pour la future mère, beaucoup moins pour son Jules.

Avant d’aborder les raisons qui motivent ces freins, il est nécessaire de remettre en cause une vision idéale et tout à fait erronée, à savoir : un désir d’enfant symétrique. On est rarement prêt en même temps. «C’est une illusion créée par la pilule. Si ne pas avoir d’enfants se maîtrise, décider d’en avoir un ensemble, se maîtrise beaucoup moins» soulève le Dr Irène Borten-krivine, gynécologue, histoire de remettre certaines pendules à l’heure…

Devenir père : pas forcément une évidence

«C’est peut-être égoïste et peu mature, mais un enfant équivaut à moins de liberté et moins de soirées entre potes…» Julien, comme beaucoup d’autres, prétexte «ne pas se sentir prêt». «J’ai une relation très charnelle avec ma femme.

Y renoncer pour un enfant me paraît insurmontable» avoue Stéphane. Derrière les “bonnes raisons” évoquées par les hommes, se cache une difficulté tout à fait légitime : celle du passage à la paternité. «La femme porte un désir d’enfant dans son ventre, pas l’homme» avance le Dr Irène Borten-krivine, qui pointe le coeur du problème.

Que ce soit par goût prononcé pour sa liberté, ou par peur de céder la place à un tiers… Le problème reste le même. Devenir papa ne va pas de soi. D’autant plus qu’aujourd’hui ça n’a plus grand chose à voir avec ce qu’ont vécu… nos pères précisément, ou encore nos grands parents.

Comme le souligne le psychanalyste Jean Pierre Winter dans son livre Qu’est ce qu’un père ? (Ed.Albin Michel) : « Dans la façon dont chaque homme prend sa place de père s’articulent deux types de données : d’une part celle de son histoire personnelle, et d’autre part, les données propres à sa génération. » Confronté à cette nouvelle aventure psychique à laquelle il n’est pas forcément préparé, dont parle Irène Thierry dans Le démariage (Ed. Odile Jacob) notre Jules marque un temps d’arrêt… Qui ne veut pas forcément dire « non » !

Contourner l’obstacle !

Admettre et comprendre que son Jules n’adhère pas à 300 % à ce fol enthousiasme à porter « son » enfant, et à fonder une grande famille, est déjà un premier pas. Reste cependant à faire le chemin nécessaire pour le rallier à ce projet.

Les hommes ont besoin de temps pour se faire à l’idée d’aborder la grande aventure de la paternité. Ceux qui sont prêts mais qui ne le savent pas d’emblée sont généralement bouleversés à la naissance et très attentifs par la suite. Pour les impliquer sans forcer le passage, c’est plus simple qu’il n’y paraît. “Il s’agit de “lever le verrou de la contraception ” suggère Irène. Elle conseille aux femmes d’assumer pleinement leur désir d’enfant et d’arrêter la contraception orale.

Une façon détournée, selon elle, de lui passer la main. A lui de décider quand il le sentira de prendre le risque d’un rapport non protégé. La clé réside dans l’idée de faire bouger ce socle préalablement établi. “Donnez lui envie d’avoir envie”, pourrait bien être une autre piste à suivre. C’est une question d’ambiance à créer, tout en prenant en compte ses peurs qui sont compréhensibles.

Quand le non est un vrai “non”

Louise a décidé de le faire sans son accord, et la relation avec son Jules s’est dégradée dès les premiers mois de sa maternité. « Je pensais que la naissance du bébé changerait son attitude, je me suis trompée ».

Certains “non” doivent ainsi être pris très au sérieux.

“J’ai déjà deux filles de 5 et 8 ans, d’un premier mariage. J’avoue que l’idée de m’y “recoller” entre les nuits blanches et les couches, ne m’a pas fait bondir de joie,” confie Hugues. Dans le cas des familles recomposées, la difficulté de se penser en tant que père ne se pose plus.

 Le “non” prend alors une toute autre signification. La décision de ne pas en tenir compte ne va pas sans risque, elle vous appartient totalement. Face à un choix parfois crucial, surtout quand l’horloge biologique s’en mêle, il n’y a pas vraiment de règle, comme le dit le Dr Irène, « mis à part celle de suivre son instinct…»

Catherine Maillard

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