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Le triomphe de la vérité

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Installation officielle du Front de défense de la démocratie (Fdd): Les acteurs lancent un appel de fonds pour la protection des libertés publiques


Le Vendredi dernier, date qui a consacré à l’installation officielle du Front de défense de la démocratie (Fdd) au  Palais des Congrès de Cotonou, les organisations membres ont procédé au lancement d’un appel de fonds. A cet effet, des discours de dénonciation ont été prononcés pour la circonstance sur l’oppression des libertés publiques.

Créé le 13 octobre 2010, la cérémonie qui a consacré à l’installation officielle du creuset a été marquée par un appel de fonds. Toutes les organisations membres du Front de défense de la démocratie (Fdd) étaient présentes à ce premier rendez-vous officiel. Des mesures ont été définies pour la réussite de leur mission. Les personnes de bonnes volontés sont appelées à une cotisation volontaire pour favoriser la multiplication des actions du Front sur  tout le territoire national. Pour la circonstance, tous les secrétaires généraux des confédérations et centrales syndicales ont apposé leur signature sur l’acte constitutif du Fdd.  A travers la mise en place de ce front, les  syndicalistes et les autres acteurs politiques et de la société civile comptent mettre fin à l’oppression des libertés acquises au prix de privations, de la sueur et du sang par le peuple béninois, il y une vingtaine d’années. On peut désormais estimer que le divorce est définitivement consommé entre le régime en place et tous les partis  politiques, organisations syndicales et société civile en République du Bénin. de la même façon , on peut être convaincu  que  la dernière rencontre supposée de réconciliation du Palais de la Marina  entre le gouvernement et les centrales et confédérations  syndicales et les dignitaires des confessions religieuses n’annonce pas en réalité la fin du bras de fer qui oppose le pouvoir aux syndicats. Au Palais des Congrès vendredi dernier, on pouvait distinguer  la présence des militantes et militants de la Confédération syndicale des travailleurs du Bénin (Cstb), de la Confédération générale des travailleurs du Bénin (Cgtb), de la Confédération des organisations syndicales indépendantes du Bénin (Cosi-Bénin) et de la Centrale des syndicats autonomes du Bénin (Csa), de la Fédération syndicale des travailleurs des finances (Fesyntra-Finances). Convaincus de l’intérêt de cette lutte pour le peuple béninois, les membres de la Société civile ont encore réitéré leur soutien à la cause défendue par le Fdd. Ne pouvant restés muets face à ce qu’ils appellent « l’injustice incendiaire» l’Organisation des droits de hommes et de la personne (Odhp), Fors Lépi, Ascu ont eux aussi renforcé de leur adhésion, cette activité du Fdd. Les partis politiques de l’opposition comme de la mouvance présidentielle qui dénonçaient déjà les dérives du régime ont eux aussi donné un coup de main à cette machine déterminée à découdre avec le gouvernement du changement. Il s’agit notamment de l’Union fait la Nation (Un), du Groupe G13, de Abt 2011, de Nep Mixalodo, du Parti communiste du Bénin (Pcb), du Prd-Nouvelle Génération….

 Et le peuple choisit la voie de la paix ! 

Il sonnait environ 10 heures 30,  la salle rouge du Palais des Congrès de Cotonou est pleine d’individus de toutes obédiences socio politiques. Des conducteurs de taxi moto dans une rangée scandaient des slogans de soutien à cette force de lutte de la cause commune. Dans les fauteuils du milieu, ce sont les femmes de nos marchés qui s’indignaient contre la cherté de la vie sous le régime du Changement. Juste à leur côté, une grande mobilisation d’enseignants et d’étudiants venus de presque tous les départements du Bénin et des universités, attendant la vague des discours pour témoigner des affres du régime sur leur corporation à travers la récente situation d’Abomey. Personne ne pense se faire conter l’événement. Les artisans et autres citoyens quant à eux expriment leur désapprobation sur la façon dont se conduit la réalisation de la Liste électorale permanente informatisée (Lépi). Point de place pour les retardataires de cette rencontre historique. Bref, la mobilisation a été de taille. En présence de nombreux députés de l’Assemblée nationale à savoir, Idji Kolawolé, Lazare Sèhouéto, Epiphane Quenum, Jean-Baptiste Edayé, Affo Djobo, Jules Lodjou….et autres « adversaires » du régime comme, Andoche Amègnissè, Théophile Montcho, c’est au porte parole du Front, Gaston Azoua de planter le décor. Ainsi dans son discours inaugural de la rencontre, il a rappelé le contexte de la création du creuset. A en croire, le secrétaire général du Cstb, tout a pris corps avec les nombreuses dérives orchestrées par l’actuel régime en place. Précisément, le récent dossier portant sur la disparition du fonctionnaire du ministère des finances, Pierre Urbain Dangnivo. Une affaire face à laquelle le gouvernement a récemment interdit toutes manifestations réclamant sa libération. Car selon lui, ce citoyen serait encore en vie. A sa suite, le secrétaire général du Csa, Dieu Donné Lokossou a dénoncé ce qu’il appelle la violation de la franchise de la Bourse du travail, et du collectif des syndicats existant au Bénin.  Car pour lui, le gouvernement n’est pas en droit d’empêcher les citoyens de dénoncer ce qui va mal dans le pays. C’est à ce titre qu’il a invité tout le peuple à rentrer dans la danse en raison de l’importance de ce combat. «  Que les gens cessent de dire que nous avons jeté le masque. Nous défendons quelque chose d’objectif  pour empêcher la guerre dans notre pays» a-t-il précisé. Et au secrétaire général du Cosi, Georges  Kakaï-Glèlè d’ajouter « on sait quand ça commence mais jamais quand ça finit ». Pour sa part, Pascal Todjinou de la Cgtb a dit son indignation suite à la non reconnaissance de l’actuel Chef d’ Etat des luttes des citoyens qui ont conduit à son élection en 2006. Selon ses propos, la Cgtb en 2004 était le premier à refuser la révision de constitution béninoise sans quoi l’actuel régime n’existerait pas. A ce titre, Laurent Mètognon a indiqué en quoi les citoyens sont les seuls mieux placés pour agir face aux bradages des ressources humaines que court le pays. Pour le secrétaire général de la Fesyntra –Finances, le pays est dans une crise morale avancée causée par le pouvoir du changement. La dernière bastonnade des élèves instituteurs de l’Ecole normale des instituteurs d’Abomey a été aussi meublé les interventions.  A cet effet,  le représentant des normaliens a fustigé la mascarade qu’il a subite lors de la marche du 30 septembre dernier à Abomey. Mais cette situation, n’a guère effrayé le représentant de la société civile. « N’ayez pas peur. Car en 1989, nous avons beau être bastonnés mais les faits nous ont après donné raison. Luttons plus fort car c’est notre démocratie qui en dépend » a laissé entendre Joël Atayi Guèdègbé. Ainsi en sa qualité de porte parole de Fors Lépi, il a confirmé  à l’assemblée la détermination de Fors Lépi à combattre la réalisation d’une Lépi truquée et taillée sur mesure. « Nous ne serons jamais complices d’une aventure qui compromettrait notre pays » a-t-il ajouté. Venant à la charge,  le porte-parole de l’Odhp a estimé qu’il est temps de finir avec « l’autocratie » dont fait preuve le régime du changement. Car pour Gustave Anato l’attaque contre la Bourse du travail n’est qu’une des nombreuses atteintes de Yayi aux libertés publiques. Mais le fait est suffisamment grave pour que les travailleurs et les peuples se lèvent et lui disent la vérité. Le bureau exécutif de l’Odhp réclame des excuses publiques et la promesse de ne jamais reprendre. La déception qu’affiche le pouvoir en place n’a laissé aucun corps indifférent. La liberté de presse reste elle aussi menacée. C’est à juste titre que l’un des animateurs de l’émission « Bonjour citoyen » de la chaîne nationale a certifié sa  démission. « J’ai subit cela sur ‘’Bonjour citoyen’’ où mes amis et moi avons été souvent menacés » a-t-il déclaré. La raison de ses asservissements qu’affiche le gouvernement du changement s’explique selon Constant Amoussou, par la perte à pas grandissant de sa  popularité électorale. « Le gouvernement a honte et pour se cacher de cette honte, il a décidé se prendre à ses citoyens » a-t-il fait savoir.

 L’UN toujours révolté

Successivement les membres de l’Union fait la nation (UN) sont montés au pupitre pour dénoncer le pouvoir en place. A cet effet, le Coordonnateur de l’Union fait la nation (Un) n’est pas allé du dos de la cuillère pour « vitrioler» à nouveau le changement. Idji Kolawolé a crié une fois encore les insuffisances, les irrégularités et incohérences observées dans la gouvernance du pays. À en croire le représentant de l’Un, les emprisonnements répétés que connaisse le Bénin doivent connaitre une fin. Car selon l’UN, « ceux qui mettent en prison » aujourd’hui n’étaient pas là quand le peuple se battait pour la démocratie. A cet effet, le coordonnateur s’est dit fier de la masse qui a répondu présente à cette manifestation. Cette résistance selon lui est invincible. A l’occasion, l’honorable a notamment réfuté les violations répétés de la loi régissant la Lépi par les autorités en charge de la réalisation notamment l’enregistrement des empreintes de deux (02) ou quatre (04) doigts au lieu de dix (10). En outre, il a évoqué l’absence de consensus  ou de dialogue autour de cet outil qui devrait être impartial pour les élections transparentes et crédibles. Face à toutes ces observations de mauvaise foi que manifestent des organes en charge de la réalisation de la Lépi, l’UN et les forces de défense de la démocratie se sont insurgés contre la Lépi qui ne peut être dans ces conditions qu’un outil de fraudes électroniques à la solde du pouvoir en place. Toutefois, ils ont invité les populations à se faire enregistrer. « Cela relève de votre droit et de plus la Lépi n’est pas seulement  pour 2011 » a indiqué Idji Kolawolé. Pour leur part, les représentants de Abt 2011 et du Groupe G13 ont eux aussi invité les populations à dit non à ce qu’ils appellent «  la dictature de Yayi ». La coupure trois (03) fois successives de l’électricité n’a pas désorienté la logique des déclarations et principalement celui de l’ancien ministre de l’énergie. Pour le Président du Prd Nouvelle Génération, « le Fdd est né et fait peur ». C’est le moment pour Kamarou Fassassi de faire constater que rien n’a émergé sous le régime du changement. « Sinon un dictateur émerge et il sera abattu, le Bénin n’est pas le Togo »  a dénoncé le désormais membre de l’UN. Seule la période d’après 2011 nous édifiera de la bonne foi du peuple. 

 Emmanuel GBETO

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