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Le triomphe de la vérité

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Editorial: La société politico-civile


La société civile s’en va au gouvernement, cor et trom
 pette au clair. L’entrée de Roger Gbégnonvi dans l’équipe
 de Boni Yayi vient couronner l’affaissement général ob
 servé depuis quelque temps dans la contestation de cette
 société civile jadis très revendicative. Depuis l’avènement de Boni Yayi en 2006, les organisations non gouvernementales engagées  dans la lutte contre la corruption et pour  la bonne gouvernance, ont diminué le furieux activisme dont ils firent montre durant les années Kérékou. Ce fut l’époque des grands déballages sur la gestion catastrophique du Chef de l’Etat et de ses collaborateurs, la période des levées de bouclier de Jean Baptiste Elias et son Fonac, de Roger Gbégnonvi et son Transparency International, Martin Assogba et son ALCRER, Reckya Madougou et son Elan, etc. Ils furent les artisans impétueux d’une société civile de fer, pas toujours cohérente, mais toujours très  regardante et surtout très écoutée sur la gestion du pays et les dérives nombreuses alors en cours.  Mais depuis lors, elle ne sort ses griffes qu’en les taillant  au maximum, en les parant de surcroît de quelques belles paroles  en faveur du Chef de l’Etat et de son gouvernement. Adieu, vertes remontrances et autres rodomontades épicées adressées aux ministres et au Chef de l’Etat. Adieu, violents coups de gueule, dénonciations de gestion calamiteuse, grognes sans fin sur les chaînes de radio et de télévision. Adieu, jours de colère intense à l’encontre des ministres  » corrompus à 95% « . Adieu€¦Car désormais, en plus de fumer le calumet de  la paix avec le pouvoir, la société dite civile entre au pouvoir. Elle entre au gouvernement pour  » agir  » les idées qu’elle  » agita « , pour paraphraser Gbégnonvi. Le nouveau ministre de l’alphabétisation généralement très disert, trouve là une tribune pour  » agir  » ses idées    sur la nécessaire alphabétisation, socle d’une culture réconciliée avec elle-même et forcément d’un développement véritablement intégré. Reste à savoir si, tout professeur de lettres qu’il est, il peut passer avec succès de la parole à l’acte, de la craie et des médias qu’il sait si bien chatouiller de son verbe truculent, aux difficultés de l’arène. Reste à savoir aussi si cette société civile , si prompte à rougir de tous les manquements à l’efficacité gouvernementale, est capable maintenant à travers sa personne, de faire échec aux poncifs tenaces de la politique béninoise. On sait quels stratagèmes ont été utilisés depuis l’indépendance de notre pays pour faire taire ses agitations, notamment par la cooptation des éléments les plus virulents de la contestation au sein des équipes gouvernementales.  C’est une stratégie de débauchage à laquelle les syndicats ont été habitués depuis toujours. Boni Yayi semble choisir progressivement cette alternative avec Roger Gbégnonvi, mais aussi Coovi Hessou. Celui-ci a été nommé Directeur adjoint de cabinet au ministère de l’enseignement secondaire et de la formation professionnelle, alors qu’il était encore récemment l’un des porte-flambeaux de la contestation syndicale au sein des enseignants. Sa situation est particulièrement significative. Bientôt, ce professeur de philosophie, grande gueule devant l’Eternel, fera face à ses anciens pairs dans le cadre des négociations syndicats-gouvernement. Il passe d’un camp à un autre en l’espace d’une semaine. Avec lui comme avec Gbégnonvi, le Chef de l’Etat a des outils de choix pour affronter la société civile devenue si  rudement politique.
Olivier DJIDENOU

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