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Le triomphe de la vérité

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Retrait du Mali, du Burkina-Faso et du Niger de la CEDEAO : Entre le réalisme politique et un chaos économique


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GBEMASSE Cyprien

                                               Par

                                          GBEMASSE Cyprien

                                         – Ecrivain et chercheur

                                         – Président de l’Observatoire d’Analyses  de

                                         l’Histoire et de la  Politique Internationale (OAHPI)

                                                                        – Téléphones : –50-07-11-27

                                                                                                  97-08-18-89

Introduction

 Le Dimanche 28 Janvier 2024, le Mali, le Burkina-Faso et le Niger avaient fait un Communiqué Radio-Télévisé pour annoncer leur retrait avec effet immédiat de la Communauté pour le Développement Economique de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).

Qui sont les conseillers historiens, politologues et diplomates qui ont poussé Assimi Goïta, Ibrahim Traoré et AbderamanneTchiani à prendre à la hâte une telle décision hautement sensible ? Avaient-ils mesuré les inconvénients économiques futurs pour leurs populations ?

L’Histoire est têtue

Le communiqué avait insisté sur leur retrait avec effet immédiat. Ce qui veut dire que l’Alliance des Etats du Sahel n’a aucune intention de se conformer à l’exigence des 12 (douze) mois préconisés par la Charte fondatrice de l’organisation régionale.

 Ce délai permettra aux organismes administratifs de la CEDEAO et à la Conférence des Chefs d’Etats de mener des démarches pour un éventuel retour d’un Etat rebelle. Ce délai permettra également à l’Etat rebelle de reconsidérer éventuellement sa position si elle avait été prise sur un coup de tête ou un saut d’humeur.

C’est  donc après 12 (douze) mois que l’Organisation peut accepter le retrait définitif de l’Etat rebelle. Tel n’est pas actuellement le cas. Avec la phraséologie du communiqué, c’est un retrait avec effet immédiat.

 En droit international et en Relations Internationales, les Etats passent d’abord avant les Organisations.

     Pris individuellement, le Mali, le Burkina-Faso et le Niger sont libres de quitter la CEDEAO, même l’ONU.

              Seulement, leur retrait de la CEDEAO avait pris tout le monde de court. C’était comme un coup de tonnerre.

      Conformément à l’Empire du Mali qui était un Empire guerrier et qui ne reculait devant rien, l’Alliance des Etats du Sahel avait été précipitamment créée pour contrer une éventuelle  Opération militaire  de la CEDEAO contre le Niger. Le second objectif est de lutter contre le terrorisme.

         C’était une démarche noble.Mais quant à quitter la CEDEAO de cette manière n’est pas du tout réfléchi et acceptable.

    Le Mali, le Burkina-Faso et le Niger doivent revenir à la case départ, c’est-à-dire  dans l’Organisation régionale.

   Il y a ce qu’on appelle dans l’histoire : l’ingratitude des masses populaires. Qu’est-ce à dire ? Les Etats de l’Alliance du Sahel sont hautement enclavés. Les dirigeants pensent qu’ils sont soutenus par leur peuple.

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C’est faux. Le peuple est trop changeant. Quand le peuple commencera à sentir les effets négatifs du retrait, manipulé ou non, il peut encore se soulever pour renverser ses dirigeants et réinstaurer un ordre politique ancien ou nouveau. Ce sera le revers de la médaille.

   Il faut que le Général Tchiani, le colonel ASSIMI Goïta et le Capitaine Ibrahim TRAORE sachent que l’histoire est têtue et a horreur de l’extrémisme. Ils doivent tenir compte de la psychologie des peuples  qui sont les mêmes partout.

La dure vérité

La Bible a dit, citations : « il n’y a rien de nouveau sous le soleil. Ce qui a été, c’est ce qui est et c’est ce qui sera » fin de citations.

         Il ne faut donc par que les putschistes du Sahel pensent qu’ils sont les premiers à vouloir sauver l’Afrique. Avant eux, il y avait eu des Révolutions. Les militaires qui avaient pris le pouvoir étaient des patriotes et de vrais nationalistes.

Ils avaient fait asseoir des structures crédibles favorables à l’émancipation des Etats. Ils étaient beaucoup aimés par leur peuple.

  Ces grands nationalistes avaient échoué à cause de la chute du Mur de Berlin, la dislocation de l’Union Soviétique et les sanctions internationales mises en exergue par l’immortel FIDEL CASTRO, le grand leader de l’international prolétarien.

Alors que le monde est interdépendant et devait fonctionner sur le multilatéralisme et la multipolarité, le manque criard des aides extérieures avait fait retomber leur pays dans les mains de l’impérialisme international. Ceci à travers les Institutions de Bretton Woods que sont la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International. Ces Institutions sur lesquelles l’Occident avait la prédominance avaient fini par décapiter les Etats du Tiers-Monde en difficultés par le biais du fameux Programme d’Ajustement Structurel.

En ce moment-là, les populations qui considéraient leurs dirigeants progressistes comme des dieux avaient fini par se soulever et les avaient balayés, soit par des coups d’Etat, soit par la rue.

Le Général Tchiani, le Colonel Goïta et le Capitaine Traoré doivent donc se référer à l’histoire et faire beaucoup attention.

Les anciens pays révolutionnaires qui se situaient dans le bloc progressiste, donc à l’Est pendant la guerre froide étaient alliés de l’Union des Républiques Socialistes et Soviétiques. Exactement comme leur alliance aujourd’hui avec la Russie qui était le plus grand noyau du pays des Soviëts.

La Russie fournit plus d’aide militaire pour la défense et la sécurité des Etats. Comme exemple, après l’agression du 16 Janvier 1977, le Bénin était surarmé, très surarmé.

A son opposé, l’Occident et les Etats-Unis, en plus des aides militaires avec leurs attitudes paternalistes, surtout la France, aidaient quand même financièrement les Etats pour la mise en place des industries et des structures favorables aux populations.

L’alliance des Etats du Sahel est une bonne chose. Car, hier à l’époque des  Révolutions socialistes comme aujourd’hui, c’est la quête indéniable de l’identité africaine, de la vraie souveraineté des Etats et de la vraie indépendance des Etats africains.

Au-delà même d’une Confédération, l’Alliance des Etats du Sahel peut même être transformée en une Fédération. Mais cela doit suivre un processus dans la trajectoire du rationalisme.

L’aboutissement d’une fusion totale et juridique doit obéir à un rythme lent, majestueux et aller aux pas du peuple, donc en priorité par un référendum.

Conclusion

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Ma vive réaction est un plaidoyer pour un retour rapide du Mali, du Burkina-Faso et du Niger dans la communauté de Développement Economique de l’Afrique de l’Ouest.

Il faut que les dirigeants de l’Organisation deviennent aussi souples et réalistes. Car, c’est leurs attitudes d’étouffement des innocentes populations qui ont poussé l’Alliance des Etats du Sahel sur la voie d’un chaos économique inévitable. Ceci comme le Franc Malien du grand panafricaniste et de l’inoubliable Modibo Kéita, Franc qui n’avait pas fait long feu

Au sommet d’Alger de 1999, l’Organisation de l’Unité Africaine aujourd’hui Union Africaine, avait pris la résolution de ne plus accepter en son sein un régime issu de Coup d’Etat.

Pour le cas de la CEDEAO, les pères fondateurs avaient mis exclusivement l’accent sur le développement économique. Ils n’avaient pas parlé du développement politique et économique. Pour eux, quelle que soit la nature des régimes, est-ce-qu’il a reçu l’assentiment des populations ? Ce qui compte, c’est la stabilité intérieure des Etats. Ceci à l’antipode de la volonté d’imposer coûte que coûte la démocratie occidentale issu surtout du sommet de la Baule en 1990 sous l’égide du Président François Mitterrand

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