.
.

Le triomphe de la vérité

.

Perspectives économiques régionales: Le Représentant Résident du FMI décortique le rapport d’octobre 2023


Visits: 18

Le Représentant résident du Fmi, Younes Zouha, hier lors de la présentation du rapport

«Perspectives Economiques Régionales : Une Eclaircie à l’Horizon ? » Tel est l’intitulé du rapport, édition octobre 2023 produit par le Fonds monétaire international (Fmi) qui présente  la situation économique en Afrique subsaharienne, il a peu. Ce rapport a été exposé aux hommes des médias du  Bénin  ce jeudi par le Représentant résident du Fmi, Younes Zouha, dans les locaux du ministère de l’économie et des finances à Cotonou. 2023 est  une nouvelle année difficile pour l’activité économique des pays d’Afrique subsaharienne. Le choc inflationniste survenu à la suite de la guerre de la Russie en Ukraine a suscité des hausses de taux d’intérêt dans le monde entier, ce qui a entraîné un ralentissement de la demande internationale, une hausse des écarts de rendement sur les obligations souveraines et des pressions persistantes sur les taux de change. Il en résulte que la croissance en 2023 devrait chuter pour la deuxième année consécutive, en s’établissant à 3,3 % contre 4,0 % l’an passé. L’activité devrait repartir à la hausse dans la région en 2024 et afficher un taux de croissance de 4,0 %, en augmentation dans les quatre cinquièmes des pays d’Afrique subsaharienne, et les pays pauvres en ressources naturelles devraient afficher de solides résultats. Par ailleurs, les déséquilibres macroéconomiques se résorbent : l’inflation marque le pas dans la plupart des pays de la région et les finances publiques empruntent une trajectoire plus viable. Ainsi se résume brièvement l’état de l’économie subsaharienne jusqu’en octobre 2023. Se référant au rapport, le Représentant résident du Fmi fera savoir, cependant que «  ce rebond n’est pas garanti. Si les réformes tardent à se faire, que l’instabilité politique s’accroît dans la région ou qu’un risque extérieur se matérialise (notamment en raison du ralentissement de l’économie chinoise), la croissance pourrait être compromise. » De plus, poursuit-il, la présence de quatre nuages à l’horizon  exige que les pouvoirs publics procèdent de manière résolue à de difficiles arbitrages. Il s’agit premièrement de  l’inflation qui demeure toujours trop élevée dans la région. Elle dépasse les 10 % dans 14 pays et continue de dépasser la fourchette visée dans la quasi-totalité des pays qui se sont explicitement fixé un objectif en la matière. Deuxièmement, selon rapport, l’Afrique subsaharienne continue de subir de considérables pressions sur ses taux de change. Troisièmement, les facteurs de vulnérabilité liés à l’endettement sont élevés. « La pénurie de financement n’est pas terminée : les taux des emprunts sont toujours élevés et les dettes sont difficiles à refinancer. De plus, la moitié des pays à faible revenu de la région sont surendettés ou risquent fort de le devenir » avertit Younes Zouhar. Enfin, si la reprise a bel et bien lieu, les divergences économiques au sein de la région se creusent ; en particulier, les revenus par habitant restent faibles dans les pays riches en ressources naturelles.

Des priorités recommandées pour l’action publique

Face à la situation économique peu reluisante qui prévaut en Afrique subsaharienne,  le rapport a identifié des priorités pour l’action publique. Premièrement, faire baisser l’inflation. Dans les pays où l’inflation est élevée, mais en diminution, une « pause » peut se justifier. Il s’agit alors de maintenir les taux à leurs niveaux actuellement élevés tant que le taux d’inflation n’aura pas clairement commencé de converger vers sa valeur cible. Dans les pays où l’inflation augmente encore, il peut s’avérer nécessaire de poursuivre le resserrement de la politique monétaire tant que l’inflation n’aura pas visiblement marqué le pas. Aussi, il faudra gérer les pressions sur les taux de change : dans les pays en régime de change fixe, l’orientation de la politique monétaire doit correspondre à celle du pays à la monnaie duquel la leur est arrimée, afin de préserver la stabilité extérieure et d’empêcher de nouvelles baisses du niveau des réserves. Dans les pays en régime de change flottant, il convient de laisser les monnaies fluctuer autant que possible, dans la mesure où il peut s’avérer coûteux de résister à des évolutions dictées par des paramètres fondamentaux de l’économie. Cet ajustement doit s’accompagner d’autres mesures : resserrement de la politique monétaire pour maîtriser l’inflation, soutien ciblé en faveur des pauvres, réformes structurelles pour renforcer le secteur des exportations, et rééquilibrage des comptes publics lorsque le déficit budgétaire vient s’ajouter aux pressions qui s’exercent déjà sur le taux de change. Il faudra également honorer les remboursements de dette tout en se ménageant des marges de manœuvre pour les dépenses de développement. Ici le rapport insiste sur le fait que dans une grande partie des pays de la région, la politique budgétaire doit s’adapter à la baisse des financements et à la multiplication des facteurs de vulnérabilité liés à l’endettement. Pour y parvenir, il convient d’accroître les recettes intérieures, de dépenser de manière stratégique, d’emprunter prudemment et d’ancrer la politique budgétaire dans un cadre crédible à moyen terme. Dans le petit nombre de pays dont la dette n’est pas viable, il peut également s’avérer nécessaire de procéder à des restructurations. Les besoins de développement sont considérables et l’espace budgétaire, limité, aussi la plupart des pays auront-ils besoin d’une plus grande aide de la part des donateurs. Il est aussi recommandé aux pouvoirs publics d’améliorer les niveaux de vie et le potentiel de croissance, en particulier dans les pays riches en ressources naturelles : les autorités devront procéder à d’ambitieuses réformes structurelles pour favoriser la croissance du revenu par habitant, notamment en investissant dans l’éducation, en assurant une meilleure gestion des ressources naturelles, en améliorant le climat des affaires et en adoptant des solutions numériques, et en s’engageant en faveur de l’intégration commerciale.

Christian TCHANOU

Reviews

  • Total Score 0%



Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

You cannot copy content of this page