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Le triomphe de la vérité

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46 ans après l’attaque du 16 janvier 1977 : Voici ce que recommande Jean-Baptiste Elias


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Jean-Baptiste Elias, Président de Anlc

Une équipe de mercenaire français avec à sa tête Bob Denard a fait éruption au Bénin le 16 janvier 1977 pour renverser le gouvernement de la République populaire du Bénin dirigé dans le temps par feu Mathieu Kérékou qui avait imposé le parti de la Révolution populaire du Bénin comme la seule formation politique autorisée dans le pays. 46 ans après ces événements Jean-Baptiste Elias, président du Fonac et témoin de ces évènements a rappelé les moments forts de cette attaque. Au micro de Esae Tv, il a fait le vœu que cela n’arrive plus jamais au Bénin et invite donc le régime en place à limiter les frustrations qui d’ailleurs sont les causes de ce coup d’Etat orchestré par des béninois de l’extérieur que de l’intérieur. Voici les souvenirs de Jean-Baptiste Elias.

 « Le 16 janvier 1977 pour le béninois que je suis, quand on soulève cette date, on pense d’abord à 07h03 du matin. Ce jour-là c’était un dimanche et tout le monde était censé se reposer, puis un avion s’est posé brutalement sur l’aéroport international de Cotonou. Un avion qui n’était pas prévu donc c’est une surprise. Puis un certain nombre de personnes, des blancs comme des noirs, sont sorties de l’avion avec des armes, des munitions, des sacs au dos et se sont dirigées vers les points stratégiques du Bénin à Cotonou. La radio nationale du Bénin, la télévision nationale ont été prises d’assaut puis on entendait beaucoup de crépitement d’armes. Nous étions face à une agression armée conduite par un certain Bob Denard qui est venu mettre fin au régime en place depuis le 26 octobre 1972. J’habite à la haie vive, l’aéroport est à 5 minutes de ma maison. J’ai vu les mercenaires, armes au point passés à pied devant ma maison pour aller dans la ville. Donc j’ai vécu l’opération. Il faut justement partir du 26 octobre 1972 pour comprendre ce qui a pu amener des hommes et des femmes à réfléchir à mettre en place une équipe de mercenaires pour venir attaquer le Bénin. En effet, le 26 octobre 1972 est la date à laquelle l’armée Dahoméenne à l’époque a pris le pouvoir. Le 26 octobre, le président Mathieu Kérékou en finissant son discours de prise de pouvoir a dit: vive l’armée, vive la révolution. On croyait en ce moment que c’était de la blague. Puis le 30 novembre 1972, il y a une évolution de la situation et le régime marxiste-léniniste a commencé par pointer du doigt. Ensuite le 30 novembre 1975, le parti État a été créé, le marxiste-léniniste est devenu la règle. Beaucoup de béninois ont été contraint à l’exile, d’autres ont été arrêtés. Tout le monde devrait être dans la pensée unique: Prêt pour la révolution, la lutte continue. On a commencé par former les gens, on a fait en sorte que la pensée unique puisse prendre le devant. Une équipe composée d’homme et de femme a pris d’assaut le parti, le bureau politique du parti décidait de tout. Nous sommes dans un parti État ou ce parti était supérieur à l’Etat et dirigeait tout. Tous ceux qui se sont opposés ont été exilés, tous ceux qui étaient sur le territoire et qui subissaient tout ce que la révolution mettait en place ont été frustrés. Il n’y avait plus de sortie pour ceux qui, frustrés à l’intérieur comme à l’extérieur. Ils ne pouvait plus rien faire. Ils ont pensé qu’il fallait mettre fin à ce régime en faisant venir des mercenaires pour agresser le Bénin. Voilà ce qui s’est passé.

Hélas il y a eu des morts dans les deux camps. Le peuple béninois a perdu beaucoup de ses vaillants soldats qui étaient au front pour faire face aux agresseurs. Des personnes ont été condamnées et condamnées à mort, des personnes qui étaient en exile ont renforcé leur mécontentement et nous avons vécu ceci pendant tout le temps qu’il faut avant d’atteindre en 1990 la conférence nationale qui a fait table rase de toutes les frustrations de part et d’autres pour permettre au Béninois de pouvoir vivre ensemble et de relancer la démocratie. S’il y a un conseil, une recommandation, un vœu à formuler pour le 16 janvier 1977, on dira que cela n’arrive plus jamais au Bénin. Que personne, quel que soit les conditions, ne pense plus jamais à faire venir des mercenaires pour venir agresser le régime quel qu’il soit. Nous demanderons également aux dirigeants de la place de faire en sorte pour limiter les frustrations puisque ce sont les frustrations qui ont amené des hommes et des femmes béninois à aller chercher des mercenaires pour venir agresser le Bénin »

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