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Le triomphe de la vérité

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Edito: Les accros du 1er janvier


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Le 02 janvier 202…j’étais au CNHU. Premier constat : il y a du monde à l’hôpital. Pour tous ceux qui y sont, le 1er janvier n’a pas le même goût de fête que le reste des gens. C’est un jour comme tous les autres, marqué par l’angoisse et l’espoir. Plus tard, je me rendrai compte qu’il en est du 1er janvier comme de tous les autres jours : il y a ordinairement autant de monde dans les hôpitaux que dans les bars,  les supermarchés ou toutes autres administrations.

Le 1er janvier n’est qu’une date parmi tant d’autres. Seulement, la communauté l’a imposé comme référence pour mesurer le temps qui passe. Les industriels et les commerçants en ont fait un moment privilégié pour vendre leurs marchandises. Aujourd’hui, si vous ne fêtez pas ce jour, scandale ! Chacun est dès lors amené à croire que commencer l’année dans la fête et la bombance, c’est irriguer tout le reste de l’année de joie et de bonheur. Rien n’est plus faux. Tous ceux qui sont morts en 2022 ont vu le 1er janvier 2022 et pour plus de 90%, ils avaient fêté et crié hourrah lorsqu’a sonné 00h cette nuit-là. Et pourtant…

J’ai un ami qui a fêté ce 1er janvier 2023 dans le dénuement le plus complet doublé de l’angoisse et de la solitude. Pour lui, la mystique du 1er janvier est comme une malédiction : il s’attend à une année noire et se demande ce qu’il a pu faire pour mériter ce sort. Il fait partie des nombreuses victimes de cette croyance populaire selon laquelle il faut absolument faire la fête ce jour-là.

Je suis contre cette idée. Quand je passais mon BEPC, j’avais disparu de la maison le 1er janvier, pour aller travailler seul au collège. Toute la journée. Je n’aimais pas cette ambiance folle qui régnait autour de moi. Et en terminale, c’était plus facile d’autant plus que je vivais seul. C’est dire que j’ai toujours travaillé ces jours dits festifs, en ne les considérant que comme des jours ordinaires. Le 1er janvier à 00h me trouve généralement dans mon lit. Il n’y a que les pétarades des enfants et du voisinage pour me décider à me lever.  Bien entendu, c’est un scandale pour ma famille. Depuis toujours.

Tous les jours sont jours de fête. On n’a pas besoin d’une date particulière pour marquer sa joie ou pour célébrer ses succès. Il faut le faire sans attendre. Quand certains soirs je rentre à la maison, je demande à délayer mon gari (sans aucun additif) agrémenté du piment vert ajouté à du poisson fumé légèrement graisseux. Et quand je me retrouve sur la terrasse et que les enfants jacassent au salon sur leur série préférée, c’est la définition même du mot bonheur. Et j’aime beaucoup plus ces petits plaisirs de la vie que ces jours où chacun s’emploie à démontrer à son voisin qu’il est heureux.

Je conseille souvent de matérialiser chaque réussite, qu’elle soit petite ou grande, par une célébration quelle qu’elle soit. Je viens de réaliser un projet difficile ou de finir une tâche ardue, je m’assieds dans un restaurant qui offre la meilleure viande de la région et je me fais servir avec une bonne boisson fraiche pour me dire merci à moi-même.  De cette façon, je récompense mon âme pour qu’elle déploie des énergies plus grandes pour les autres projets à venir. Je n’ai pas besoin d’une date particulière pour le faire.   

J’ai un ami qui a cette habitude de cotiser chaque mois pour aller se faire offrir un bon diner dans le meilleur hôtel de la ville au moins une à deux fois par an, en compagnie de son épouse. C’est sa manière de se remercier pour les efforts qu’il a fournis et pour en demander davantage à son corps et à son âme plus tard. Bien sûr, il y en a qui sont dans la fête en permanence, qu’ils soient dans la joie ou la tristesse. Ils ont besoin de musique et de boisson, de rires et de danses pour se savoir épanouis. On n’a pas besoin d’une date particulière pour célébrer nos victoires. Quand elles adviennent, elles doivent être célébrées. Certains aiment le faste, d’autres la sobriété et la discrétion. Mais il faut le faire. Tout cela pour dire quoi ? Ne reportons pas notre bonheur au 1er janvier. Le bonheur, c’est tous les jours.

Par Olivier ALLOCHEME

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