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Le triomphe de la vérité

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Interview avec le jeune entrepreneur Martin Nkouei: « L’expérience acquise au niveau du LAAEDD m’a donné de maturité »


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Dans un pays  comme le Bénin, il est rare de rencontrer des jeunes ayant réussi à tirer leur épingle du jeu tout en cumulant les études et l’entrepreneuriat. Même si depuis un certain temps, des exploits se réalisent, les modèles de réussite demeurent des exceptions. Dans ce lot, s’est révélé Martin Nkouei, promoteur et distributeur agréé du riz local étuvé naturellement parfumé Alafia dans tout le sud Bénin. Il est aussi membre du Laboratoire d’anthropologie appliquée et d’éducation au développement durable (LAAEDD) de l’Université d’Abomey-Calavi.

Martin Nkouei, promoteur et distributeur agréé du riz local étuvé Alafia

L’Evènement Précis : Parlez-nous de vous

Je suis Martin Nkouei, socio-anthropologue et membre du laboratoire d’anthropologie appliquée et d’éducation au développement durable (LAAEDD) de l’Université d’Abomey-Calavi. Diplômé en marketing et action commerciale, je suis le promoteur des établissements Nkouei et Fils, distributeur agrée du riz local naturellement parfumé Alafia. Je suis également le directeur commercial de Prosai-Bénin, qui est un acteur dans la transformation du riz local Alafia. Il faut dire que je suis l’agro-alimentation.

Parlez-nous alors de votre entreprise

Les établissements Nkouei, et Fils existent depuis deux ans. Nous avons beaucoup de services. Nous sommes dans les produits congelés avec plusieurs sites de poissonneries, des dépôts Sobebra et distributeur du riz local Alafia. En ce qui concerne le riz local Alafia dont vous me posez la question, il faut d’abord dire que l’entreprise est dans la distribution du riz local étuvé naturellement parfumé Alafia dans tout le sud Bénin. C’est un ensemble d’acteurs qui sont dans le processus que ce soit de la production, de la transformation et de la distribution. Nous sommes en partenariat avec l’URCTR (Union régionale des coopératives transformatrices du riz) Atacora/Donga en collaboration avec le Professionnel des services de l’agro-alimentation et de l’industrie du Bénin. C’est un riz étuvé. Et nous livrons plusieurs tonnes le mois en gros semi gros et détails selon une grille tarifaire en fonction de la quantité.

D’où est partie l’idée de création ?

L’idée de la création existait depuis que j’étais petit. C’est-à-dire l’envie de faire quelque chose, d’être mon propre patron. Je vendais pendant les vacances scolaires des produits chinois. C’est en faisant cela que l’esprit marketing s’est ancré en moi. C’est ce qui m’a poussé après le BAC, a m’inscrit pour une licence en marketing et action sociale à l’Institut universitaires les cours Sonou. Ceci pour avoir des notions proprement dites en la matière.

Puisque vous êtes aussi membre du LAAEDD, quel est l’élément fondamental qui vous a permis de tenir jusqu’à ce jour ?

Au niveau du LAAEDD, nous avons travaillé avec le Professeur Monique Ouassa Kouaro, qui dirige ce laboratoire. Le Professeur Monique Ouassa Kouaro a vraiment changé ma vie puisqu’avec elle, j’ai gagné beaucoup de choses. Elle m’a toujours accompagné sur le plan professionnel, administratif et tout. Parce que sous elle, nous avons mené assez d’activités. Nous allons régulièrement dans les services, distribuer des courriers. Donc le contact avec l’administration. Le contact avec la population, c’est une expérience que j’ai acquis en étant au laboratoire. Et puis les recherches sur le terrain. Nous allions faire des collectes de données pour des enquêtes. Quand j’ai créé mon entreprise, c’est toujours sous la houlette du Professeur Monique Ouassa Kouaro car elle a toujours été informée de toutes mes intentions.

Faites-nous un aperçu de vos difficultés

Les difficultés sont énormes. La première difficulté que nous avons, c’est l’accès au crédit et au financement. Par exemple, c’est difficile à une institution de microfiance de prêter de l’argent sans aucune garantie. En tant que jeune, je n’ai pas encore payé de parcelles… Je me débrouille avec les fonds que je tourne au quotidien. Aussi, c’est difficile d’avoir des jeunes comme nous qui vont écouter des instructions parce que quand tu parles, ils voient que tu es trop jeune pour leur donner des ordres. C’est la grande difficulté que moi j’ai en tant qu’entrepreneur.

Finalement, les expériences au niveau du LAAEDD ne vous pas aidé à surmonter ces difficultés ?

L’expérience acquise au niveau du LAAEDD, c’est cette expérience qui est mon point central. C’est ça qui m’a donné de maturité. D’abord de pourvoir surpasser tout ce qui est vice. Parce que déjà au laboratoire, le Professeur Monique Ouassa Kouaro nous a appris à nous contenter du peu que nous avons et à ne pas se lancer dans la gabegie. Ça m’a permis dès que j’ai commencé par travailler, de ne pas me lancer dans le luxe. Au niveau du LAAEDD, m’a appris à économiser. Et puis quand j’ai toujours des difficultés, je les soumets au Professeur Monique Ouassa Kouaro. Et elle me donne toujours des conseils. Tout cela constitue une grande aide pour moi aujourd’hui.

Un mot à tous ces jeunes qui comptent emboîter vos pas

La première des choses que j’ai à l’endroit de tous ceux qui veulent entreprendre, c’est le sacrifice. Quand on décide d’entreprendre, c’est qu’on est prêt à travailler à plein temps jusqu’au jour où tout sera stable et tu vas jouir des fruits de tes efforts. Ce n’est pas une chose facile. L’autre chose, c’est que si vous entreprenez, il faut s’investir soi-même, même si vous avez des employés. Pour que l’entreprise prospère, c’est qu’il faut se donner soi-même et maîtriser tout le rouage du business du secteur avant de laisser la main aux collaborateurs. Il faut savoir dissocier la caisse de l’entreprise et son portefeuille. Si tu as l’argent dans ton portefeuille, tu peux tout faire avec, mais avec la caisse, tu ne peux pas. Donc, la gestion est primordiale.

Réalisation : Alban Tchalla

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